Edito : Il fait trop chaud ! Comment lutter contre l’aridité (spirituelle) ?
Nous avons tous été impactés par la canicule précoce (et interminable) de ces dernières semaines. Certains en ont plus souffert que d’autres, davantage exposés ou plus fragiles. Si l’intensité et la fréquence annoncée de ces événements extrêmes a de quoi nous inquiéter (et rien ne se passe aujourd’hui qui n’avait été annoncé depuis des décennies *, hélas!) nous continuons pourtant à vivre et à surconsommer de la même manière sans changer quoi que ce soit – ou si peu – à nos habitudes. Alors que nous préparons pour les générations futures des matins qui déchantent car il apparaît de plus en plus clairement que les conditions de vie seront bien plus éprouvantes qu’aujourd’hui, j’ai envie de me pencher plus fondamentalement sur les causes profondes de cette inertie empêchant une véritable transition écologique comme l’appelait de ses voeux le pape François dans son encyclique « Laudato Si ».
Alors que des raisons de croissance économique et de niveau d’emploi à préserver sont fréquemment invoquées pour justifier la poursuite de l’exploitation effrénée des énergies fossiles, mais aussi la mondialisation de la concurrence, l’interdépendance de tout le système socio-économique et financier actuel, on oublie un peu ce qui sous-tend ce processus délétère où l’humanité toute entière semble s’être enfermée : j’ai nommé la course démente au profit. Aux tenants d’un autre modèle de société qui prendrait véritablement en compte l’écologie, l’environnement et le climat (sans oublier la préservation de la biodiversité des espèces), on oppose alors ce qui est souvent présenté comme un axiome : « on ne peut pas revenir en arrière ! Vous voulez retourner à la préhistoire ? »
J’en déduis que derrière ce blocage – ce déni suicidaire **, il y a autre chose : une crise spirituelle qui affecte toute notre société – et le monde. Spirituelle, car l’Homme ne voit plus quelle est sa place dans l’univers ; il s’est érigé lui-même comme la norme de tout, en se faisant dieu. Au lieu de servir la création qui lui a permis d’être ce qu’il est et qui lui permet d’exister, de respirer, de manger…, il s’est retourné contre elle et l’a mise sous sa coupe en la détruisant un peu plus chaque jour. Il s’est dressé aussi contre ses frères, comme Caïn contre Abel, refusant de voir en eux l’image et la ressemblance de son Créateur – qu’il porte aussi lui-même, même si cette ressemblance est ternie ou abîmée. Finalement, l’Homme est devenu son propre ennemi. Et la terre, son berceau, meurt… Oui, la crise à laquelle nous assistons est bien spirituelle, elle a ses racines dans l’ubris humain qui est dénoncé maintes fois dans la bible et que le pape Léon XIV vient de rappeler en parlant de la tentation actuelle d’édifier de « nouvelles tours de Babel » (cf. « Magnifica Humanitas »). ***
S’il y a de l’espoir, c’est dans un sursaut, un réveil spirituel qui doit impérativement se produire ; et c’est là veux-je dire que les disciples de Jésus Christ ont un rôle essentiel à jouer, car ils sont dépositaires d’un message d’amour et de pardon qui est d’après moi seul capable avec la grâce de Dieu de guérir le coeur malade de l’homme. Je prie donc pour que nous soyions tous capables de le vivre et de le transmettre. Toutes les Eglises, toutes les communautés et tous les croyants devraient s’y atteler courageusement et avec une intense ferveur. Il y a urgence ! Il faut remettre de l’amour dans toutes les relations interpersonnelles, intercommunautaires, interreligieuses, les rapports économiques et sociaux, les relations politiques internationales, les échanges mondiaux… Avec l’amour vont le respect et la justice. La foi en un Dieu qui s’est vidé de lui-même par amour de l’Homme est le germe par excellence par lequel peut naître une humanité nouvelle et réconciliée.
Alors si comme moi vous avez envie d’un peu de fraîcheur, commençons par nous rapprocher de la Source vivifiante qui est le Seigneur ; mendions-lui de l’eau, l’eau fraîche de son amour d’abord, l’eau pure de la création ensuite (puisse-t-elle le rester et nous, la préserver). Eau à partager et à offrir largement, comme l’indiquait le verset de l’évangile de Matthieu : « Celui qui donnera un verre d’eau ne restera pas sans récompense » (Mt 10,42).

…Pour vous rafraîchir encore, je vous partage ces quelques citations bibliques à méditer sans modération en ces temps de forte chaleur ; ils sont extrait du site : https://www.infochretienne.com/articles/cinq-versets-pour-garder-lesprit-frais/
« Celui qui croit en moi, des fleuves d’eau vive couleront de son sein. » (Jean 7,38)
« Il me fait reposer dans de verts pâturages, il me dirige près des eaux paisibles. » (Psaume 23,2)
« Mais ceux qui se confient en l’Éternel renouvellent leur force. » (Ésaïe 40,31)
« Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. » (Jean 14,27)
« L’Éternel est ton gardien, l’Éternel est ton ombre à ta main droite. » (Psaume 121,5)
…J’ajouterai ce que j’entends souvent ces jours-ci : “Qui de nous résistera ? c’est un feu dévorant ! Qui de nous résistera ? c’est une fournaise sans fin ! » (=la canicule) . Réponse de Dieu en Isaïe 33,14-16 : « Celui qui va selon la justice et parle avec droiture, qui méprise un gain frauduleux, détourne sa main d’un profit malhonnête, qui ferme son oreille aux propos sanguinaires et baisse les yeux pour ne pas voir le mal, celui-là habitera les hauteurs, hors d’atteinte, à l’abri des rochers. Le pain lui sera donné ; les eaux lui seront assurées. »
… et d’autres versets à trouver vous-mêmes. La meilleure des « clims » !
Bons mois de juillet et d’août, à l’ombre de Ses ailes ! (Ps 57,2)
Le Ploumtion
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(*) cf Interview de Jean-Marc Jancovici, ingénieur français et initiateur du « Shift Project » : https://www.yout-ube.com/watch?v=MoCpLYi2v60&t=87s

(**) Car, comme l’affirme l’agoclimatologue Serge Zaka, « la question n’est désormais plus de savoir si on aura 50 degrés, mais quand ».
(***) Cette prise de conscience et cette interpellation sont salutaires, car « ce que l’homme ne veut pas apprendre par la sagesse, il l’apprendra par la souffrance » (dixit un internaute).

