Le suicide d’un proche laisse un sentiment d’incompréhension, de colère et parfois de culpabilité qui génère de grandes souffrances pour les familles. Rédiger un texte pour la cérémonie d’obsèques peut alors s’avérer très difficile. Pour vous aider, nous avons sélectionné 5 textes d’enterrement à lire lors de l’hommage au défunt pour apporter réconfort et apaisement à l’assemblée réunie pour cet adieu.
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Deux textes de Paul Eluard
« Au bord du vide »
Nous voici aujourd’hui au bord du vide
Puisque nous cherchons partout le visage
que nous avons perdu.
Il était notre avenir et nous avons perdu notre avenir.
Il était des nôtres et nous avons perdu
cette part de nous-mêmes.
Il nous questionnait et nous avons perdu sa question.
Nous voici seuls, nos lèvres serrées sur nos pourquoi.
Nous sommes venus ici chercher,
chercher quelque chose ou quelqu’un.
Chercher cet amour plus fort que la mort.
« La nuit n’est jamais complète »
La nuit n’est jamais complète.
Il y a toujours puisque je le dis,
Puisque je l’affirme,
Au bout du chagrin,
une fenêtre ouverte,
une fenêtre éclairée.
Il y a toujours un rêve qui veille,
désir à combler,
faim à satisfaire,
un cœur généreux,
une main tendue,
une main ouverte,
des yeux attentifs,
une vie : la vie à se partager.

Textes enterrement : des exemples pour exprimer sa peine
« Ma douleur » de Sabine Sicaud
La plante ne dit rien. L’oiseau se tait. Que dire ? Cette douleur est seule au monde, quoi qu’on veuille. Elle n’est pas celles des autres, c’est la mienne. Une feuille a son mal qu’ignore une autre feuille. Et le mal de l’oiseau, l’autre oiseau n’en sait rien.
On ne sait pas. On ne sait pas. Qui se ressemble ? Et même si on se ressemble qu’importe. Il me convient de n’entendre ce soir nulle parole vaine.
J’attends, comme le font derrière la fenêtre, le ciel arbre sans geste et le pinson muet… Une goutte d’eau pure, un peu de vent, qui sait ?
Qu’attendent-ils ? Nous l’attendons ensemble. Le soleil leur a dit qu’il reviendrait, peut-être.
« Je ne comprends rien » de Gao Xingjian
Tout est calme alentour. La neige tombe en silence. Je suis surpris par ce calme. Un calme de paradis. Pas de joie. La joie n’existe que par rapport à la tristesse. Seule tombe la neige. A cet instant, je ne sais où est mon corps, je ne sais d’où vient ce morceau de terre au paradis. Je scrute les environs.
Je ne sais pas que je ne comprends rien, je crois encore que je comprends tout. Les choses se passent derrière moi. Il y a toujours un œil étrange.
Le mieux c’est de faire semblant de comprendre. Faire semblant de comprendre, mais en fait de ne rien comprendre. En réalité, je ne comprends rien, strictement rien. C’est comme ça.
« Nous ne savions pas », d’un anonyme
Nous ne savons pas ce que tu pensais sur plein de choses essentielles. Quelle était cette blessure qui ne s’est jamais fermée et qui t’a précipité dans la détresse? Aujourd’hui nous sommes là pour te dire adieu : c’est tout ce qu’il nous reste.
Nous espérons que tu as rejoint ceux que tu aimais, silencieusement; ceux dont tu as partagé un instant de vie, de bonheur peut-être, un moment de galère; ceux que tu as aidés…
Demain nous aussi nous partirons… Nous laisserons des pauvres sans défense, des enfants sans espoir, mais d’autres poursuivront la tâche commencée.
La lumière qui s’amenuise à la fin du jour s’en va pour revenir au matin… ailleurs. C’est un tout dernier mot d’adieu, gravé dans le temps silencieux.
« A quoi sert ? » de Dorothée Halimi
A quoi sert, de se torturer sur ce qu’on aurait pu, sur ce qu’on aurait dû faire ou ne pas faire. Et sur ce que l’on a réellement fait. Que de regrets difficiles à exprimer qui ne font que rendre plus dense la souffrance. De même les remords, il vaut mieux les taire. Car dans cette affaire de mort, il faut savoir que toujours l’on perd !
Des textes enterrement pour susciter l’espoir…
« L’absent(e) », Eileen Cicoli The Poem
Tu peux pleurer son départ
Ou tu peux sourire parce qu’elle (il) a vécu
Tu peux fermer les yeux et prier pour qu’elle (il) revienne
Ou ouvrir les yeux et voir qu’elle (il) est partie
Ton cœur peut être vide de ne plus la (le) voir
Ou il peut être rempli de l’amour qu’elle (il) a partagé
Tu peux tourner le dos à demain et vivre le passé
Ou tu peux être heureux pour demain à cause du passé
Tu peux te souvenir d’elle et seulement qu’elle (il) n’est plus
Ou tu peux chérir sa mémoire et la (le) laisser vivre
Tu peux pleurer et te renfermer, être vide et tourner le dos
Ou tu peux faire ce qu’elle (il) aurait voulu, sourire, ouvrir les yeux, aimer et aller de l’avant !
« A toi, mon frère », d’une anonyme
Tu as décide de faire le long voyage,
Décider de tourner une page.
Mais qu’es-tu allé chercher ?
Qu’as-tu trouvé de l’autre côté ?
J’espère que ta vie est meilleure,
Que tous tes démons sont allés voir ailleurs !
Sache que tu as laissé une empreinte indélébile,
Et que notre lien restera à jamais indestructible.
Maintenant que tu es avec les anges,
La vie d’en bas doit te sembler étrange ?
Tu sais que parfois je te sens vers moi ?
Et même sans te voir, je sais que tu es là !
J’aimerais savoir comment tu vas,
Alors essaie d’entrer en contact avec moi !
Mais tu feras comme tu l’as toujours fait :
C’est-à-dire quand tu l’auras décidé.

« Des pas dans le sable » Margaret Fishback Powers
Canada, 10 octobre 1964
Une nuit, je fis un rêve :
je marchais sur la plage
avec mon Seigneur.
Sur le ciel noir furent projetés
les épisodes de ma vie,
comme sur un immense écran.
Et sur le sable
je voyais à chaque fois
deux traces de pas :
les miens, et ceux de mon Seigneur.
Après la dernière scène de ma vie,
je me retournai.
Je fus surprise de voir par endroits
les traces d’une seule personne.
Je me rendis compte
que je traversais alors
les moments les plus difficiles
et les plus tristes de ma vie.
Inquiète, je demandai au Seigneur :
« Le jour où j’ai décidé de te suivre
tu m’as dit que tu marcherais toujours avec moi.
Mais je découvre maintenant
qu’aux pires moment de ma vie
il n’y a les empreintes que d’une seule personne.
Pourquoi m’as-tu abandonnée
lorsque j’avais le plus besoin de toi ? »
Il me répondit :
« Mon enfant chérie, je t’aime
et je ne t’abandonnerai
jamais, jamais, jamais,
surtout pas lorsque tu passes par l’épreuve.
Là où une seule personne
a marqué le sable de ses pas,
c’était moi qui te portais. »
RIEN QU’UN PETIT MOT…
Rien qu’un petit mot
pour te dire que l’on ne t’oubliera pas,
que l’on se souvient toujours
de tes cheveux blonds (ou…),
de tes yeux bleus (ou…), de ton sourire radieux.
Rien qu’un petit mot
pour te demander de nous aider à surmonter
les rudes épreuves d’ici-bas.
Pour te supplier de nous envoyer,
du plus profond de ta victoire,
ce petit morceau de bonheur,
qui s’est perdu dans le labyrinthe de la révolte.
Rien qu’un petit mot
pour t’implorer d’effacer les fissures,
les injures, les obstacles, les incompréhensions.
Pour te rappeler que l’on compte sur toi,
que l’on a besoin de ta… ton… (sourire, joie, douceur, enthousiasme, foi…)
enfin, rien qu’un petit mot
pour t’affirmer que l’on t’aime d’un amour si puissant,
que le plus grand palais, que le plus pur rubis,
n’est, en comparaison, qu’éphémère beauté.
Pierre Cocheteux
Jonathan-Pierres Vivantes
Il est urgent de vivre
Puisse la mort de nos proches nous faire prendre conscience que chaque jour passé en vie et en bonne santé est un cadeau pour nous et pour ceux que nous aimons.
Embrassez vos parents, vos frères et sœurs, vos conjoints, vos grand-parents, vos amis…
Serrez-les fort contre vous, car vous ne savez pas de quoi demain sera fait.
Et conduisez-vous chaque jour en pensant à cela de temps à autres,
Cela vous donnera une vie plus lumineuse, plus remplie, plus vraie car tournée vers les autres.
TEXTES BIBLIQUES

QUI POURRA NOUS SÉPARER ?
De la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains (8,31b…-39)
Dieu n’a pas refusé son propre Fils.
S’il l’a donné pour nous tous,
comment pourrait-il avec lui ne pas nous donner tout ?
Qui pourra nous séparer de l’amour du Christ ?
La détresse ? l’angoisse ? la persécution ?
la faim ? le dénuement ? le danger ? le supplice ?
Non, car en tout cela nous sommes les grands vainqueurs
grâce à celui qui nous a aimés.
J’en ai la certitude :
ni la mort ni la vie,
ni les esprits ni les puissances,
ni le présent ni l’avenir,
ni les astres, ni les cieux, ni les abîmes, ni aucune autre créature…
rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu
qui est en Jésus Christ notre Seigneur !
PASSONS SUR L’AUTRE RIVE
Evangile de Jésus-Christ selon saint Marc (4,35-41)
Ce jour-là, le soir venu, Jésus leur dit :
« Passons sur l’autre rive. »
Quittant la foule,
ils emmènent Jésus dans la barque où il se trouvait,
et il y avait d’autres barques avec lui.
Survient un grand tourbillon de vent.
Les vagues se jetaient sur la barque,
au point que déjà elle se remplissait.
Lui, à l’arrière, sur le coussin, dormait.
Ils le réveillent et lui disent :
« Maître, cela ne te fait rien ? Nous périssons ! »
Réveillé, il menaça le vent et dit à la mer : « Silence ! Tais-toi ! »
Le vent tomba, et il se fit un grand calme.
Jésus leur dit :
« Pourquoi avez-vous si peur ? Vous n’avez pas encore de foi ? »
Ils furent saisis d’une grande crainte, et ils se disaient entre eux :
« Qui donc est-il, pour que même le vent et la mer lui obéissent ? »
Intentions de prière :
Intentions de prière pour des circonstances difficiles :
Pour que près de Dieu, …………………………. , tu sois dans la Lumière et dans la Paix
et que de là-haut tu nous réconfortes et nous donne la force de continuer
à vivre et à aimer :
………………………. , nous t’aimons !
Pour N………………(notre…), qui est parti(e ) trop rapidement et nous a
laissés désemparés; pour que sa mort ne soit pas inutile mais fasse s’ouvrir
dans notre cœur de nouvelles sources d’amour, Seigneur, nous te prions.
En ces moments où chacun se demande pourquoi ! En ces moments où on ne
comprend pas ! En ces moments où on est perdu ! Envoie-nous la force et ton
Esprit pour nous montrer le chemin, Seigneur, et nous aider à accepter cette
dure séparation.
La vie est faite de moments de joie, mais aussi de bien des moments de peine
La mort, la souffrance, la maladie ou les accidents nous font parfois crier,
parce que nous n’en pouvons plus. Aide-nous, Père, à rester debout, et donne
nous ta force pour aider nos frères qui sont dans la douleur, nous t’en prions.
Seigneur, nous ne te demandons pas pourquoi N…………………..
nous a quitté, toi seul peut-être tu peux le comprendre,
mais nous te remercions de nous l’avoir donné(e).
Nous te remercions pour l’amour et l’amitié qui émanaient de lui (d’elle),
pour… (on peut évoquer un trait caractéristique).
Aide-nous à garder de lui le meilleur de ce qu’il (elle) nous a apporté, et donne-
nous l’espérance de la revoir auprès de toi.
Pour la famille de N……………………….., pour tous ses amis, proches qui sont aujourd’hui
dans la peine,
pour tous les parents qui dans notre paroisse ou ailleurs ont perdu un enfant,
pour les jeunes qui parfois doivent porter de lourds fardeaux,
ceux qui souffrent et sont découragés,
afin que nous sachions apporter de l’amour à chacun et réconforter ceux qui n’en peuvent plus, nous te prions.
chansons pour un enterrement après un suicide ou un accident :
Il peut être difficile de trouver les bons mots lors d’un hommage à une personne qui s’est suicidée ; quand cela s’avère impossible, la musique est une alternative qui permet d’exprimer ses émotions. Voici six chansons qui peuvent être diffusées lors d’un enterrement pour apporter de la douceur et de l’apaisement lors de la cérémonie.
Les absents ont toujours tort (Louis Chedid)
To)ut passe, tout casse, tout lasse, tout s’efface
T’aurais pu attendre que ton heure vienne
Hier soir, t’es parti sans nous dire au revoir
Je suis sûr que t’as fait ça pour voir
Si ça nous ferait de la peine
Tout seuls, tout seuls, tu nous laisses tout seuls
Sans une explication
Un mot griffonné sur une feuille, une raison
K.O., groggy, tu nous laisses ici
Avec cette foule de questions
Auxquelles, jamais, jamais, je crois, on ne répond
{Refrain:}
Ainsi va la vie, ceux qui restent ont toujours raison
Ainsi va la mort, les absents ont toujours tort
T’imagines pas le nombre de mots qu’il ya
Pour dire que t’es plus là
De conjugaisons à l’imparfait, au passé
Souvenir, souvenir, t’es plus qu’un souvenir
Une photo dans un tiroir
Un mal au coeur qui ne veut pas mourir dans ma mémoire
{Refrain:}
Ainsi va la vie, ceux qui restent ont toujours raison
Ainsi va la mort, les absents ont toujours tort
Tout passe, tout casse, tout lasse, tout s’efface
T’aurais pu attendre que ton heure vienne
Ainsi va la vie, ceux qui restent ont toujours raison
Ainsi va la mort, les absents ont toujours tort
Nos absents (Grand Corps Malade)
C’est pas vraiment des fantômes
Mais leur absence est tellement forte
Qu’elle crée en nous une présence
Qui nous rend faible ou nous supporte
C’est ceux qu’on a aimés qui créent un vide presque tangible
Car l’amour qu’on leur donnait est orphelin et cherche une cible
Pour certains on le savait, on s’était préparé au pire
Mais d’autres ont disparu d’un seul coup, sans prévenir
On leur a pas dit au revoir, ils sont partis sans notre accord
Car la mort a ses raisons que notre raison ignore
Alors on s’est regroupé d’un réconfort utopiste
À plusieurs on est plus fort mais on n’est pas moins triste
C’est seul qu’on fait son deuil, car on est seul quand on ressent
On apprivoise la douleur et la présence de nos absents
Nos absents sont toujours là, à l’esprit, dans nos souvenirs
Sur ce film de vacances, sur ces photos pleines de sourires
Nos absents nous entourent et resteront à nos côtés
Ils reprennent vie dans nos rêves, comme si de rien n’était
On se rassure face à la souffrance qui nous serre le cou
En se disant que là où ils sont, ils ont sûrement moins mal que nous
Alors on marche, on rit, on chante, mais leur ombre demeure
Dans un coin de nos cerveaux, dans un coin de notre bonheur
Nous, on a des projets, on dessine nos lendemains
On décide du chemin, on regarde l’avenir entre nos mains
Et au cœur de l’action, dans nos victoires ou nos enfers
On imagine de temps en temps que nos absents nous voient faire
Chaque vie est un miracle, mais le final est énervant
Je me suis bien renseigné, on n’en sortira pas vivant
Il faut apprendre à l’accepter pour essayer de vieillir heureux
Mais chaque année nos absents sont un petit peu plus nombreux
Chaque nouvelle disparition transforme nos cœurs en dentelle
Mais le temps passe et les douleurs vives deviennent pastel
Ce temps qui, pour une fois, est un véritable allié
Chaque heure passée est une pommade, il en faudra des milliers
Moi, les morts, les disparus, je n’en parle pas beaucoup
Alors j’écris sur eux, je titille mes sujets tabous
Ce grand mystère qui nous attend, notre ultime point commun à tous
Qui fait qu’on court après la vie, sachant que la mort est à nos trousses
C’est pas vraiment des fantômes
Mais leur absence est tellement forte
Qu’elle crée en nous une présence
Qui nous rend faible ou nous supporte
C’est ceux qu’on a aimés qui créent un vide presque infini
Qu’inspirent des textes premier degré
Faut dire que la mort manque d’ironie
Qu’est-ce qui t’a pris ? (Yves Jamait)
Qu’est-ce qui t’a pris ?
Qu’est-ce qui t’est passé par la tête ?
Personne ici
Ne sait mais tout le monde regrette
Qu’est-ce qui t’a pris ?
Qu’est-ce qui t’est passé par la tête ?
Personne ici
Ne sait mais tout le monde regrette
Qu’est-ce qu’on a fait ?
Ou plutôt qu’est-ce qu’on n’a pas fait ?
On sait qu’on sait
Qu’on sait qu’on le saura jamais
Alors on pleure
Et nos larmes dans ton silence
Gorgent nos cœurs
Palliant le vide et l’absence
[Refrain]
Y a ceux qui prient, y a ceux qui boivent
Dans les deux cas, ça sert à rien, mais nous on s’mettra pas à genoux
Y a ceux qui prient, y a ceux qui boivent
Comme nos larmes coulent le vin, alors on boit tant qu’on est beaux
Tout l’monde est là
Tout l’monde est venu pour te voir
Personne n’y croit
Et pourtant c’est pas un bobard
C’est du sanglot
Des phrases qu’on ne finit pas
Que faire des mots
Quand la douleur reste sans voix
Et puis ce cri
Qui hurle au fond de nos entrailles
La faucheuse crie
Nous fouille de sa froide ferraille
[Refrain]
Y a ceux qui prient, y a ceux qui boivent
Dans les deux cas, ça sert à rien, mais nous on s’mettra pas à genoux
Y a ceux qui prient, y a ceux qui boivent
Comme nos larmes coulent le vin, alors on boit tant qu’on est beaux
Qu’est-ce qui t’a pris ?
Qu’est-ce qui t’est passé par la tête ?
Personne ici
Ne sait mais tout le monde regrette
Qu’est-ce qu’on a fait ?
Ou plutôt qu’est-ce qu’on n’a pas fait ?
On sait qu’on sait
Qu’on sait qu’on le saura jamais
Et elle résonne encore moins
Cette voix qui part en éclats
En éclats de rire et de joie
Et elle résonne encore en moi
La voix d’un homme droit
Le Paradis blanc (Michel Berger)
Y’a tant de vagues et de fumée
Qu’on n’arrive plus à distinguer
Le blanc du noir
Et l’énergie du désespoir
Le téléphone pourra sonner
Il n’y aura plus d’abonné
Et plus d’idée
Que le silence pour respirer
Recommencer
Là où le monde a commencé
Je m’en irai dormir dans le paradis blanc
Où les nuits sont si longues qu’on en oublie le temps
Tout seul avec le vent
Comme dans mes rêves d’enfant
Je m’en irai courir dans le paradis blanc
Loin des regards de haine
Et des combats de sang
Retrouver les baleines
Parler aux poissons d’argent
Comme, comme, comme avant
Y’a tant de vagues et tant d’idées
Qu’on n’arrive plus à décider
Le faux du vrai
Et qui aimer ou condamner
Le jour où j’aurai tout donné
Que mes claviers seront usés
D’avoir osé
Toujours vouloir tout essayer
Et recommencer
Là où le monde a commencé
Je m’en irai dormir dans le paradis blanc
Où les manchots s’amusent dès le soleil levant
Et jouent en nous montrant
Ce que c’est d’être vivant
Je m’en irai dormir dans le paradis blanc
Où l’air reste si pur
Qu’on se baigne dedans
À jouer avec le vent
Comme dans mes rêves d’enfant
Comme, comme, comme avant
Parler aux poissons d’argent
Et jouer avec le vent
Comme dans mes rêves d’enfant
Comme avant
Puisque tu pars (Jean-Jacques Goldman)
Puisque l’ombre gagne
Puisqu’il n’est pas de montagne
Au-delà des vents, plus haute que les marches de l’oubli
Puisqu’il faut apprendre
À défaut de le comprendre
À rêver nos désirs et vivre des « ainsi soit-il »
Et puisque tu penses
Comme une intime évidence
Que parfois même tout donner n’est pas forcément suffire
Puisque c’est ailleurs
Qu’ira mieux battre ton cœur
Et puisque nous t’aimons trop pour te retenir
Puisque tu pars
Que les vents te mènent où d’autres âmes plus belles
Sauront t’aimer mieux que nous puisque
L’on ne peut t’aimer plus
Que la vie t’apprenne
Mais que tu restes le même
Si tu te trahissais nous t’aurions tout à fait perdu
Garde cette chance
Que nous t’envions en silence
Cette force de penser que le plus beau reste à venir
Et loin de nos villes
Comme octobre l’est d’avril
Sache qu’ici reste de toi comme une empreinte indélébile
Sans drame, sans larmes
Pauvres et dérisoires armes
Parce qu’il est des douleurs qui ne pleurent qu’à l’intérieur
Puisque ta maison
Aujourd’hui c’est l’horizon
Dans ton exil essaie d’apprendre à revenir
Mais pas trop tard
Dans ton histoire
Garde en mémoire
Notre au revoir
Puisque tu pars
Dans ton histoire (dans ton histoire)
Garde en mémoire (garde en mémoire)
Notre au revoir (notre au revoir)
Puisque tu pars (puisque tu pars)
J’aurais pu fermer
Oublier toutes ces portes
Tout quitter sur un simple geste mais tu ne l’as pas fait
J’aurais pu donner
Tant d’amour et tant de force
Mais tout ce que je pouvais ça n’était pas encore assez
Pas assez
Pas assez
Pas assez
Yeah, pas assez
Dans ton histoire (dans ton histoire)
Garde en mémoire (garde en mémoire)
Notre au revoir (notre au revoir)
Puisque tu pars (puisque tu pars)
Trop tard (Gérard de Palmas)
J’ai fermé toutes les portes
Éteint les lumières
Pensé à toi très fort, assis par terre
Et moi qui étais sûr que tu étais immortelle
Aujourd’hui c’est si dur
Moi en bas, toi au ciel, toi au ciel, toi au ciel
Trop tard pour te le dire, tu es partie
Trop tard pour te l’écrire
Tes yeux ne pourront
Plus jamais me lire
Jamais me lire
Mes souvenirs m’entraînent
Il y a si longtemps
Des regrets, de la peine
J’en ai tellement
Tu m’as donné tes jours
Tes nuits et ton amour
Protégé des mauvais moments
Et des gens autour, autour, autour
Mais c’est trop tard pour te le dire, tu es partie
Trop tard pour te l’écrire
Tes yeux ne pourront
Plus jamais me lire
Jamais me lire
Et quand on devra t’ensevelir
Sur la pierre, on pourra lire
Mais qui pourra lire?
Mais c’est trop tard pour te le dire, tu es partie
Trop tard pour te l’écrire
Tes yeux ne pourront
Plus jamais me lire
Mais c’est trop tard pour te le dire, tu es partie
Mais c’est trop tard pour te l’écrire
Tes yeux ne pourront
Plus jamais me lire
Jamais me lire
Je vole (Michel Sardou)
Mes chers parents, je pars
Je vous aime, mais je pars
Vous n’aurez plus d’enfant, ce soir
Je n’m’enfuis pas, je vole
Comprenez bien, je vole
Sans fumée, sans alcool
Je vole, je vole
C’est jeudi, il est cinq heures cinq
J’ai bouclé une petite valise
Et je traverse doucement l’appartement endormi
J’ouvre la porte d’entrée en retenant mon souffle
Et je marche sur la pointe des pieds
Comme les soirs où je rentrais après minuit
Pour ne pas qu’ils se réveillent
Hier soir, à table
J’ai bien cru que ma mère se doutait de quelque chose
Elle m’a demandé si j’étais malade
Et pourquoi j’étais si pâle
J’ai dit qu’j’étais très bien, tout à fait clair
Je pense qu’elle a fait semblant d’me croire
Et mon père a souri
En passant à côté d’sa voiture
J’ai ressenti comme un drôle de coup
Je pensais qu’ce serait plus dur et plus grisant
Un peu comme une aventure
En moins déchirant
Oh, surtout, ne pas se retourner
S’éloigner un peu plus
Il y a la gare
Et après la gare, il y a l’Atlantique
Et après, l’Atlantique
C’est bizarre, cette espèce de cage
Qui me bloque la poitrine
Ça m’empêche presque de respirer
Je m’demande si, tout à l’heure
Mes parents se douteront
Que j’suis en train de pleurer
Oh, surtout, ne pas se retourner
Ni des yeux, ni d’la tête
Ne pas regarder derrière
Seulement voir c’que j’me suis promis
Et pourquoi
Et où
Et comment
Il est sept heures moins cinq
Je me suis rendormi dans ce train
Qui s’éloigne un peu plus
Oh, surtout, ne plus se retourner
Jamais !
[Refrain]
Mes chers parents, je pars
Je vous aime, mais je pars
Vous n’aurez plus d’enfant, ce soir
Je n’m’enfuis pas, je vole
Comprenez bien, je vole
Sans fumée, sans alcool
Je vole, je vole
Je n’m’enfuis pas, je vole
Comprenez bien, je vole…
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