TEXTES & CHANSONS POUR DES FUNERAILLES APRES UN SUICIDE

Le suicide d’un proche laisse un sentiment d’incompréhension, de colère et parfois de culpabilité qui génère de grandes souffrances pour les familles. Rédiger un texte pour la cérémonie d’obsèques peut alors s’avérer très difficile. Pour vous aider, nous avons sélectionné 5 textes d’enterrement à lire lors de l’hommage au défunt pour apporter réconfort et apaisement à l’assemblée réunie pour cet adieu.

Lire aussi :
EMDR : cette thérapie m’a aidée à surmonter mon deuil (https://www.happyend.life/emdr-temoignage-deuil/)
Suicide d’un proche : la plateforme Espoir accompagne les endeuillés (https://www.happyend.life/plateforme-espoir-accompagnement-deuilsuicide/)
Deuil après un suicide : un long processus (https://www.happyend.life/deuil-suicide/)
Groupes de parole de deuil : en quoi peuvent-ils vous aider ? (https://www.happyend.life/groupes-de-parole-deuil/)
Textes enterrement : 6 exemples à lire à l’enterrement d’un bébé (https://www.happyend.life/textes-enterrement-bebe/)

Deux textes de Paul Eluard

« Au bord du vide »

Nous voici aujourd’hui au bord du vide
Puisque nous cherchons partout le visage
que nous avons perdu.
Il était notre avenir et nous avons perdu notre avenir.
Il était des nôtres et nous avons perdu
cette part de nous-mêmes.
Il nous questionnait et nous avons perdu sa question.
Nous voici seuls, nos lèvres serrées sur nos pourquoi.
Nous sommes venus ici chercher,
chercher quelque chose ou quelqu’un.
Chercher cet amour plus fort que la mort.

« La nuit n’est jamais complète »

La nuit n’est jamais complète.
Il y a toujours puisque je le dis,
Puisque je l’affirme,
Au bout du chagrin,
une fenêtre ouverte,
une fenêtre éclairée.
Il y a toujours un rêve qui veille,
désir à combler,
faim à satisfaire,
un cœur généreux,
une main tendue,
une main ouverte,
des yeux attentifs,
une vie : la vie à se partager.

Textes enterrement : des exemples pour exprimer sa peine

« Ma douleur » de Sabine Sicaud

La plante ne dit rien. L’oiseau se tait. Que dire ? Cette douleur est seule au monde, quoi qu’on veuille. Elle n’est pas celles des autres, c’est la mienne. Une feuille a son mal qu’ignore une autre feuille. Et le mal de l’oiseau, l’autre oiseau n’en sait rien.
On ne sait pas. On ne sait pas. Qui se ressemble ? Et même si on se ressemble qu’importe. Il me convient de n’entendre ce soir nulle parole vaine.
J’attends, comme le font derrière la fenêtre, le ciel arbre sans geste et le pinson muet… Une goutte d’eau pure, un peu de vent, qui sait ?
Qu’attendent-ils ? Nous l’attendons ensemble. Le soleil leur a dit qu’il reviendrait, peut-être.

« Je ne comprends rien » de Gao Xingjian

Tout est calme alentour. La neige tombe en silence. Je suis surpris par ce calme. Un calme de paradis. Pas de joie. La joie n’existe que par rapport à la tristesse. Seule tombe la neige. A cet instant, je ne sais où est mon corps, je ne sais d’où vient ce morceau de terre au paradis. Je scrute les environs.

Je ne sais pas que je ne comprends rien, je crois encore que je comprends tout. Les choses se passent derrière moi. Il y a toujours un œil étrange.
Le mieux c’est de faire semblant de comprendre. Faire semblant de comprendre, mais en fait de ne rien comprendre. En réalité, je ne comprends rien, strictement rien. C’est comme ça.

« Nous ne savions pas », d’un anonyme

Nous ne savons pas ce que tu pensais sur plein de choses essentielles. Quelle était cette blessure qui ne s’est jamais fermée et qui t’a précipité dans la détresse? Aujourd’hui nous sommes là pour te dire adieu : c’est tout ce qu’il nous reste.

Nous espérons que tu as rejoint ceux que tu aimais, silencieusement; ceux dont tu as partagé un instant de vie, de bonheur peut-être, un moment de galère; ceux que tu as aidés…

Demain nous aussi nous partirons… Nous laisserons des pauvres sans défense, des enfants sans espoir, mais d’autres poursuivront la tâche commencée.

La lumière qui s’amenuise à la fin du jour s’en va pour revenir au matin… ailleurs. C’est un tout dernier mot d’adieu, gravé dans le temps silencieux.

« A quoi sert ? » de Dorothée Halimi

A quoi sert, de se torturer sur ce qu’on aurait pu, sur ce qu’on aurait dû faire ou ne pas faire. Et sur ce que l’on a réellement fait. Que de regrets difficiles à exprimer qui ne font que rendre plus dense la souffrance. De même les remords, il vaut mieux les taire. Car dans cette affaire de mort, il faut savoir que toujours l’on perd !

Des textes enterrement pour susciter l’espoir…

« L’absent(e) », Eileen Cicoli The Poem

Tu peux pleurer son départ
Ou tu peux sourire parce qu’elle (il) a vécu
Tu peux fermer les yeux et prier pour qu’elle (il) revienne
Ou ouvrir les yeux et voir qu’elle (il) est partie
Ton cœur peut être vide de ne plus la (le) voir
Ou il peut être rempli de l’amour qu’elle (il) a partagé
Tu peux tourner le dos à demain et vivre le passé
Ou tu peux être heureux pour demain à cause du passé
Tu peux te souvenir d’elle et seulement qu’elle (il) n’est plus
Ou tu peux chérir sa mémoire et la (le) laisser vivre
Tu peux pleurer et te renfermer, être vide et tourner le dos
Ou tu peux faire ce qu’elle (il) aurait voulu, sourire, ouvrir les yeux, aimer et aller de l’avant !

« A toi, mon frère », d’une anonyme

Tu as décide de faire le long voyage,
Décider de tourner une page.
Mais qu’es-tu allé chercher ?
Qu’as-tu trouvé de l’autre côté ?

J’espère que ta vie est meilleure,
Que tous tes démons sont allés voir ailleurs !
Sache que tu as laissé une empreinte indélébile,
Et que notre lien restera à jamais indestructible.

Maintenant que tu es avec les anges,
La vie d’en bas doit te sembler étrange ?
Tu sais que parfois je te sens vers moi ?
Et même sans te voir, je sais que tu es là !

J’aimerais savoir comment tu vas,
Alors essaie d’entrer en contact avec moi !
Mais tu feras comme tu l’as toujours fait :
C’est-à-dire quand tu l’auras décidé.

« Des pas dans le sable » Margaret Fishback Powers
Canada, 10 octobre 1964

Une nuit, je fis un rêve :
je marchais sur la plage
avec mon Seigneur.

Sur le ciel noir furent projetés
les épisodes de ma vie,
comme sur un immense écran.
Et sur le sable
je voyais à chaque fois
deux traces de pas :
les miens, et ceux de mon Seigneur.

Après la dernière scène de ma vie,
je me retournai.
Je fus surprise de voir par endroits
les traces d’une seule personne.
Je me rendis compte
que je traversais alors
les moments les plus difficiles
et les plus tristes de ma vie.

Inquiète, je demandai au Seigneur :
« Le jour où j’ai décidé de te suivre
tu m’as dit que tu marcherais toujours avec moi.
Mais je découvre maintenant
qu’aux pires moment de ma vie
il n’y a les empreintes que d’une seule personne.
Pourquoi m’as-tu abandonnée
lorsque j’avais le plus besoin de toi ? »

Il me répondit :
« Mon enfant chérie, je t’aime
et je ne t’abandonnerai
jamais, jamais, jamais,
surtout pas lorsque tu passes par l’épreuve.
Là où une seule personne
a marqué le sable de ses pas,
c’était moi qui te portais. »

RIEN QU’UN PETIT MOT…

Rien qu’un petit mot
pour te dire que l’on ne t’oubliera pas,
que l’on se souvient toujours
de tes cheveux blonds (ou…),
de tes yeux bleus (ou…), de ton sourire radieux.

Rien qu’un petit mot
pour te demander de nous aider à surmonter
les rudes épreuves d’ici-bas.
Pour te supplier de nous envoyer,
du plus profond de ta victoire,
ce petit morceau de bonheur,
qui s’est perdu dans le labyrinthe de la révolte.

Rien qu’un petit mot
pour t’implorer d’effacer les fissures,
les injures, les obstacles, les incompréhensions.
Pour te rappeler que l’on compte sur toi,
que l’on a besoin de ta… ton… (sourire, joie, douceur, enthousiasme, foi…)
enfin, rien qu’un petit mot
pour t’affirmer que l’on t’aime d’un amour si puissant,
que le plus grand palais, que le plus pur rubis,
n’est, en comparaison, qu’éphémère beauté.

Pierre Cocheteux
Jonathan-Pierres Vivantes

Il est urgent de vivre

Puisse la mort de nos proches nous faire prendre conscience que chaque jour passé en vie et en bonne santé est un cadeau pour nous et pour ceux que nous aimons.

Embrassez vos parents, vos frères et sœurs, vos conjoints, vos grand-parents, vos amis…
Serrez-les fort contre vous, car vous ne savez pas de quoi demain sera fait.
Et conduisez-vous chaque jour en pensant à cela de temps à autres,
Cela vous donnera une vie plus lumineuse, plus remplie, plus vraie car tournée vers les autres.

TEXTES BIBLIQUES

QUI POURRA NOUS SÉPARER ?

De la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains (8,31b…-39)

Dieu n’a pas refusé son propre Fils.
S’il l’a donné pour nous tous,
comment pourrait-il avec lui ne pas nous donner tout ?
Qui pourra nous séparer de l’amour du Christ ?
La détresse ? l’angoisse ? la persécution ?
la faim ? le dénuement ? le danger ? le supplice ?
Non, car en tout cela nous sommes les grands vainqueurs
grâce à celui qui nous a aimés.
J’en ai la certitude :
ni la mort ni la vie,
ni les esprits ni les puissances,
ni le présent ni l’avenir,
ni les astres, ni les cieux, ni les abîmes, ni aucune autre créature…
rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu
qui est en Jésus Christ notre Seigneur !

PASSONS SUR L’AUTRE RIVE

Evangile de Jésus-Christ selon saint Marc (4,35-41)

Ce jour-là, le soir venu, Jésus leur dit :
« Passons sur l’autre rive. »
Quittant la foule,
ils emmènent Jésus dans la barque où il se trouvait,
et il y avait d’autres barques avec lui.
Survient un grand tourbillon de vent.
Les vagues se jetaient sur la barque,
au point que déjà elle se remplissait.
Lui, à l’arrière, sur le coussin, dormait.
Ils le réveillent et lui disent :
« Maître, cela ne te fait rien ? Nous périssons ! »
Réveillé, il menaça le vent et dit à la mer : « Silence ! Tais-toi ! »
Le vent tomba, et il se fit un grand calme.
Jésus leur dit :
« Pourquoi avez-vous si peur ? Vous n’avez pas encore de foi ? »
Ils furent saisis d’une grande crainte, et ils se disaient entre eux :
« Qui donc est-il, pour que même le vent et la mer lui obéissent ? »

Intentions de prière :

Intentions de prière pour des circonstances difficiles :

Pour que près de Dieu, …………………………. , tu sois dans la Lumière et dans la Paix
et que de là-haut tu nous réconfortes et nous donne la force de continuer
à vivre et à aimer :
………………………. , nous t’aimons !

Pour N………………(notre…), qui est parti(e ) trop rapidement et nous a
laissés désemparés; pour que sa mort ne soit pas inutile mais fasse s’ouvrir
dans notre cœur de nouvelles sources d’amour, Seigneur, nous te prions.

    En ces moments où chacun se demande pourquoi ! En ces moments où on ne
    comprend pas ! En ces moments où on est perdu ! Envoie-nous la force et ton
    Esprit pour nous montrer le chemin, Seigneur, et nous aider à accepter cette
    dure séparation.

    La vie est faite de moments de joie, mais aussi de bien des moments de peine
    La mort, la souffrance, la maladie ou les accidents nous font parfois crier,
    parce que nous n’en pouvons plus. Aide-nous, Père, à rester debout, et donne
    nous ta force pour aider nos frères qui sont dans la douleur, nous t’en prions.

    Seigneur, nous ne te demandons pas pourquoi N…………………..
    nous a quitté, toi seul peut-être tu peux le comprendre,
    mais nous te remercions de nous l’avoir donné(e).
    Nous te remercions pour l’amour et l’amitié qui émanaient de lui (d’elle),
    pour… (on peut évoquer un trait caractéristique).
    Aide-nous à garder de lui le meilleur de ce qu’il (elle) nous a apporté, et donne-
    nous l’espérance de la revoir auprès de toi.

    Pour la famille de N……………………….., pour tous ses amis, proches qui sont aujourd’hui
    dans la peine,
    pour tous les parents qui dans notre paroisse ou ailleurs ont perdu un enfant,
    pour les jeunes qui parfois doivent porter de lourds fardeaux,
    ceux qui souffrent et sont découragés,
    afin que nous sachions apporter de l’amour à chacun et réconforter ceux qui n’en peuvent plus, nous te prions.

      chansons pour un enterrement après un suicide ou un accident :

      Il peut être difficile de trouver les bons mots lors d’un hommage à une personne qui s’est suicidée ; quand cela s’avère impossible, la musique est une alternative qui permet d’exprimer ses émotions. Voici six chansons qui peuvent être diffusées lors d’un enterrement pour apporter de la douceur et de l’apaisement lors de la cérémonie.

      Les absents ont toujours tort (Louis Chedid)

      To)ut passe, tout casse, tout lasse, tout s’efface
      T’aurais pu attendre que ton heure vienne
      Hier soir, t’es parti sans nous dire au revoir
      Je suis sûr que t’as fait ça pour voir
      Si ça nous ferait de la peine
      Tout seuls, tout seuls, tu nous laisses tout seuls
      Sans une explication
      Un mot griffonné sur une feuille, une raison
      K.O., groggy, tu nous laisses ici
      Avec cette foule de questions
      Auxquelles, jamais, jamais, je crois, on ne répond

      {Refrain:}
      Ainsi va la vie, ceux qui restent ont toujours raison
      Ainsi va la mort, les absents ont toujours tort

      T’imagines pas le nombre de mots qu’il ya
      Pour dire que t’es plus là
      De conjugaisons à l’imparfait, au passé
      Souvenir, souvenir, t’es plus qu’un souvenir
      Une photo dans un tiroir
      Un mal au coeur qui ne veut pas mourir dans ma mémoire

      {Refrain:}
      Ainsi va la vie, ceux qui restent ont toujours raison
      Ainsi va la mort, les absents ont toujours tort

      Tout passe, tout casse, tout lasse, tout s’efface
      T’aurais pu attendre que ton heure vienne

      Ainsi va la vie, ceux qui restent ont toujours raison
      Ainsi va la mort, les absents ont toujours tort

      Nos absents (Grand Corps Malade)

      C’est pas vraiment des fantômes
      Mais leur absence est tellement forte
      Qu’elle crée en nous une présence
      Qui nous rend faible ou nous supporte
      C’est ceux qu’on a aimés qui créent un vide presque tangible
      Car l’amour qu’on leur donnait est orphelin et cherche une cible

      Pour certains on le savait, on s’était préparé au pire
      Mais d’autres ont disparu d’un seul coup, sans prévenir
      On leur a pas dit au revoir, ils sont partis sans notre accord
      Car la mort a ses raisons que notre raison ignore

      Alors on s’est regroupé d’un réconfort utopiste
      À plusieurs on est plus fort mais on n’est pas moins triste
      C’est seul qu’on fait son deuil, car on est seul quand on ressent
      On apprivoise la douleur et la présence de nos absents

      Nos absents sont toujours là, à l’esprit, dans nos souvenirs
      Sur ce film de vacances, sur ces photos pleines de sourires
      Nos absents nous entourent et resteront à nos côtés
      Ils reprennent vie dans nos rêves, comme si de rien n’était

      On se rassure face à la souffrance qui nous serre le cou
      En se disant que là où ils sont, ils ont sûrement moins mal que nous
      Alors on marche, on rit, on chante, mais leur ombre demeure
      Dans un coin de nos cerveaux, dans un coin de notre bonheur

      Nous, on a des projets, on dessine nos lendemains
      On décide du chemin, on regarde l’avenir entre nos mains
      Et au cœur de l’action, dans nos victoires ou nos enfers
      On imagine de temps en temps que nos absents nous voient faire

      Chaque vie est un miracle, mais le final est énervant
      Je me suis bien renseigné, on n’en sortira pas vivant
      Il faut apprendre à l’accepter pour essayer de vieillir heureux
      Mais chaque année nos absents sont un petit peu plus nombreux

      Chaque nouvelle disparition transforme nos cœurs en dentelle
      Mais le temps passe et les douleurs vives deviennent pastel
      Ce temps qui, pour une fois, est un véritable allié
      Chaque heure passée est une pommade, il en faudra des milliers

      Moi, les morts, les disparus, je n’en parle pas beaucoup
      Alors j’écris sur eux, je titille mes sujets tabous
      Ce grand mystère qui nous attend, notre ultime point commun à tous
      Qui fait qu’on court après la vie, sachant que la mort est à nos trousses

      C’est pas vraiment des fantômes
      Mais leur absence est tellement forte
      Qu’elle crée en nous une présence
      Qui nous rend faible ou nous supporte
      C’est ceux qu’on a aimés qui créent un vide presque infini
      Qu’inspirent des textes premier degré

      Faut dire que la mort manque d’ironie

      Qu’est-ce qui t’a pris ? (Yves Jamait)

      Qu’est-ce qui t’a pris ?
      Qu’est-ce qui t’est passé par la tête ?
      Personne ici
      Ne sait mais tout le monde regrette
      Qu’est-ce qui t’a pris ?
      Qu’est-ce qui t’est passé par la tête ?
      Personne ici
      Ne sait mais tout le monde regrette


      Qu’est-ce qu’on a fait ?
      Ou plutôt qu’est-ce qu’on n’a pas fait ?
      On sait qu’on sait
      Qu’on sait qu’on le saura jamais
      Alors on pleure
      Et nos larmes dans ton silence
      Gorgent nos cœurs
      Palliant le vide et l’absence

      [Refrain]
      Y a ceux qui prient, y a ceux qui boivent
      Dans les deux cas, ça sert à rien, mais nous on s’mettra pas à genoux
      Y a ceux qui prient, y a ceux qui boivent
      Comme nos larmes coulent le vin, alors on boit tant qu’on est beaux

      Tout l’monde est là
      Tout l’monde est venu pour te voir
      Personne n’y croit
      Et pourtant c’est pas un bobard
      C’est du sanglot
      Des phrases qu’on ne finit pas
      Que faire des mots
      Quand la douleur reste sans voix
      Et puis ce cri
      Qui hurle au fond de nos entrailles
      La faucheuse crie
      Nous fouille de sa froide ferraille

      [Refrain]
      Y a ceux qui prient, y a ceux qui boivent
      Dans les deux cas, ça sert à rien, mais nous on s’mettra pas à genoux
      Y a ceux qui prient, y a ceux qui boivent
      Comme nos larmes coulent le vin, alors on boit tant qu’on est beaux

      Qu’est-ce qui t’a pris ?
      Qu’est-ce qui t’est passé par la tête ?
      Personne ici
      Ne sait mais tout le monde regrette
      Qu’est-ce qu’on a fait ?
      Ou plutôt qu’est-ce qu’on n’a pas fait ?
      On sait qu’on sait
      Qu’on sait qu’on le saura jamais

      Et elle résonne encore moins
      Cette voix qui part en éclats
      En éclats de rire et de joie
      Et elle résonne encore en moi
      La voix d’un homme droit

      Le Paradis blanc (Michel Berger)

      Y’a tant de vagues et de fumée
      Qu’on n’arrive plus à distinguer
      Le blanc du noir
      Et l’énergie du désespoir
      Le téléphone pourra sonner
      Il n’y aura plus d’abonné
      Et plus d’idée
      Que le silence pour respirer
      Recommencer
      Là où le monde a commencé
      Je m’en irai dormir dans le paradis blanc
      Où les nuits sont si longues qu’on en oublie le temps
      Tout seul avec le vent
      Comme dans mes rêves d’enfant
      Je m’en irai courir dans le paradis blanc
      Loin des regards de haine
      Et des combats de sang
      Retrouver les baleines
      Parler aux poissons d’argent
      Comme, comme, comme avant
      Y’a tant de vagues et tant d’idées
      Qu’on n’arrive plus à décider
      Le faux du vrai
      Et qui aimer ou condamner
      Le jour où j’aurai tout donné
      Que mes claviers seront usés
      D’avoir osé
      Toujours vouloir tout essayer
      Et recommencer
      Là où le monde a commencé
      Je m’en irai dormir dans le paradis blanc
      Où les manchots s’amusent dès le soleil levant
      Et jouent en nous montrant
      Ce que c’est d’être vivant
      Je m’en irai dormir dans le paradis blanc
      Où l’air reste si pur
      Qu’on se baigne dedans
      À jouer avec le vent
      Comme dans mes rêves d’enfant
      Comme, comme, comme avant
      Parler aux poissons d’argent
      Et jouer avec le vent
      Comme dans mes rêves d’enfant
      Comme avant

      Puisque tu pars (Jean-Jacques Goldman)

      Puisque l’ombre gagne
      Puisqu’il n’est pas de montagne
      Au-delà des vents, plus haute que les marches de l’oubli
      Puisqu’il faut apprendre
      À défaut de le comprendre
      À rêver nos désirs et vivre des « ainsi soit-il »
      Et puisque tu penses
      Comme une intime évidence
      Que parfois même tout donner n’est pas forcément suffire
      Puisque c’est ailleurs
      Qu’ira mieux battre ton cœur
      Et puisque nous t’aimons trop pour te retenir
      Puisque tu pars

      Que les vents te mènent où d’autres âmes plus belles
      Sauront t’aimer mieux que nous puisque
      L’on ne peut t’aimer plus
      Que la vie t’apprenne
      Mais que tu restes le même
      Si tu te trahissais nous t’aurions tout à fait perdu
      Garde cette chance
      Que nous t’envions en silence
      Cette force de penser que le plus beau reste à venir
      Et loin de nos villes
      Comme octobre l’est d’avril
      Sache qu’ici reste de toi comme une empreinte indélébile

      Sans drame, sans larmes
      Pauvres et dérisoires armes
      Parce qu’il est des douleurs qui ne pleurent qu’à l’intérieur
      Puisque ta maison
      Aujourd’hui c’est l’horizon
      Dans ton exil essaie d’apprendre à revenir
      Mais pas trop tard

      Dans ton histoire
      Garde en mémoire
      Notre au revoir
      Puisque tu pars

      Dans ton histoire (dans ton histoire)
      Garde en mémoire (garde en mémoire)
      Notre au revoir (notre au revoir)
      Puisque tu pars (puisque tu pars)

      J’aurais pu fermer
      Oublier toutes ces portes
      Tout quitter sur un simple geste mais tu ne l’as pas fait
      J’aurais pu donner
      Tant d’amour et tant de force
      Mais tout ce que je pouvais ça n’était pas encore assez
      Pas assez
      Pas assez
      Pas assez
      Yeah, pas assez

      Dans ton histoire (dans ton histoire)
      Garde en mémoire (garde en mémoire)
      Notre au revoir (notre au revoir)
      Puisque tu pars (puisque tu pars)

      Trop tard (Gérard de Palmas)

      J’ai fermé toutes les portes
      Éteint les lumières
      Pensé à toi très fort, assis par terre
      Et moi qui étais sûr que tu étais immortelle
      Aujourd’hui c’est si dur
      Moi en bas, toi au ciel, toi au ciel, toi au ciel

      Trop tard pour te le dire, tu es partie
      Trop tard pour te l’écrire
      Tes yeux ne pourront
      Plus jamais me lire
      Jamais me lire

      Mes souvenirs m’entraînent
      Il y a si longtemps
      Des regrets, de la peine
      J’en ai tellement
      Tu m’as donné tes jours
      Tes nuits et ton amour
      Protégé des mauvais moments
      Et des gens autour, autour, autour

      Mais c’est trop tard pour te le dire, tu es partie
      Trop tard pour te l’écrire
      Tes yeux ne pourront
      Plus jamais me lire
      Jamais me lire

      Et quand on devra t’ensevelir
      Sur la pierre, on pourra lire
      Mais qui pourra lire?

      Mais c’est trop tard pour te le dire, tu es partie
      Trop tard pour te l’écrire
      Tes yeux ne pourront
      Plus jamais me lire

      Mais c’est trop tard pour te le dire, tu es partie
      Mais c’est trop tard pour te l’écrire
      Tes yeux ne pourront
      Plus jamais me lire
      Jamais me lire

      Je vole (Michel Sardou)

      Mes chers parents, je pars
      Je vous aime, mais je pars
      Vous n’aurez plus d’enfant, ce soir
      Je n’m’enfuis pas, je vole
      Comprenez bien, je vole
      Sans fumée, sans alcool
      Je vole, je vole

      C’est jeudi, il est cinq heures cinq
      J’ai bouclé une petite valise
      Et je traverse doucement l’appartement endormi
      J’ouvre la porte d’entrée en retenant mon souffle
      Et je marche sur la pointe des pieds
      Comme les soirs où je rentrais après minuit
      Pour ne pas qu’ils se réveillent
      Hier soir, à table
      J’ai bien cru que ma mère se doutait de quelque chose
      Elle m’a demandé si j’étais malade
      Et pourquoi j’étais si pâle
      J’ai dit qu’j’étais très bien, tout à fait clair
      Je pense qu’elle a fait semblant d’me croire
      Et mon père a souri

      En passant à côté d’sa voiture
      J’ai ressenti comme un drôle de coup
      Je pensais qu’ce serait plus dur et plus grisant
      Un peu comme une aventure
      En moins déchirant
      Oh, surtout, ne pas se retourner
      S’éloigner un peu plus
      Il y a la gare
      Et après la gare, il y a l’Atlantique
      Et après, l’Atlantique

      C’est bizarre, cette espèce de cage
      Qui me bloque la poitrine
      Ça m’empêche presque de respirer
      Je m’demande si, tout à l’heure
      Mes parents se douteront
      Que j’suis en train de pleurer
      Oh, surtout, ne pas se retourner
      Ni des yeux, ni d’la tête
      Ne pas regarder derrière
      Seulement voir c’que j’me suis promis
      Et pourquoi
      Et où
      Et comment

      Il est sept heures moins cinq
      Je me suis rendormi dans ce train
      Qui s’éloigne un peu plus
      Oh, surtout, ne plus se retourner
      Jamais !

      [Refrain]
      Mes chers parents, je pars
      Je vous aime, mais je pars
      Vous n’aurez plus d’enfant, ce soir
      Je n’m’enfuis pas, je vole
      Comprenez bien, je vole
      Sans fumée, sans alcool
      Je vole, je vole
      Je n’m’enfuis pas, je vole
      Comprenez bien, je vole…

      Lire aussi :
      EMDR : cette thérapie m’a aidée à surmonter mon deuil (https://www.happyend.life/emdr-temoignage-deuil/)
      Suicide d’un proche : la plateforme Espoir accompagne les endeuillés (https://www.happyend.life/plateforme-espoir-accompagnement-deuilsuicide/)
      Deuil après un suicide : un long processus (https://www.happyend.life/deuil-suicide/)
      Groupes de parole de deuil : en quoi peuvent-ils vous aider ? (https://www.happyend.life/groupes-de-parole-deuil/)
      Textes enterrement : 6 exemples à lire à l’enterrement d’un bébé (https://www.happyend.life/textes-enterrement-bebe/)