Résister

Désolé si je vous inflige encore un article « politique » mais je n’arrive pas à me taire…!

Mais que veut donc Donald Trump ?! – L’ébahissement et la stupeur ont saisi le monde entier après l’annonce hier soir par D. Trump lui-même des nouveaux tarifs douaniers exorbitants qu’il entend appliquer au reste du monde.

« C’est une catastrophe », a déclaré le premier ministre français François Bayrou – catastrophe, précise-t-il, non seulement pour l’économie de l’Europe, mais aussi à terme pour les citoyens américains qui vont s’enfiler une douloureuse inflation, et pour le monde entier qui risque une récession sans précédent. « L’idée que chaque grande région du monde va se refermer sur elle-même et que la guerre commerciale doit être désormais la règle, cette idée présente des dangers qui vont hélas se réaliser dans le temps », a encore ajouté F. Bayrou.

Mais quelle mouche a piqué le remuant président de la plus grande démocratie du monde ?

On sait l’aversion que Trump a pour le multilatéralisme. Que ces mesures sans précédent depuis la dernière guerre fasse mal aux autres nations mêmes amies ou alliées, cela le laisse parfaitement indifférent. D’autre part, il ne fait qu’appliquer les menaces et les promesses qu’il agitait déjà au moment de sa campagne électorale ; sans doute ne l’a-t-on pas vraiment pris au sérieux. La méthode Trump est de jeter tout par terre, tout ce qui avait été patiemment élaboré et construit comme relations de partenariat, de respect mutuel et de confiance pendant ces sept dernières décennies pour mettre l’Europe et le monde hors de danger de voir reprendre une guerre  – avec d’ailleurs l’entier soutien des Etats-Unis : Trump fracasse toute cette construction et ces accords pour jouer ensuite avec les morceaux qu’il agencera à sa propre guise et selon ses seuls intérêts (qu’il prétend être ceux de ses citoyens). On peut légitimement s’attendre à une riposte des pays concernés et de l’UE ; mais avec ou sans riposte, on est de toute façon partis pour une guerre économique sans pitié et un monde ou la loi de la jungle sera plus que jamais la seule règle. Ainsi l’a décidé le roi Trump et sa cour.  

Quelle mouche l’a piqué ? Je pense que la réponse est dans la mise en scène lors de la présentation télévisée faite par le président lui-même de cette décision. Alors qu’il s’agit normalement d’une mesure technique qui aurait pu être présentée par un ministre ou un secrétaire d’Etat à l’économie, Trump comme à son habitude convoque une conférence de presse et organise un grand show dont il est lui-même le centre. Ainsi, il s’adresse bien sûr aux autres pays et partenaires commerciaux pour leur montrer sa toute-puissance de manière éclatante, mais avant tout, à son principal électeur : au petit ouvrier de l’Amérique profonde qui vit modestement et chichement au gré des fermetures d’usines et sans allocations, oublié par son parti démocrate pour qui il votait traditionnellement, peu cultivé et frustré de ne pas avoir accès à la richesse nationale – mais curieusement, et c’est une spécificité américaine, cela ne le gêne pas de voir le pouvoir accaparé par des milliardaires.

Le langage employé par Trump montre bien qu’il se met constamment en campagne électorale pour bétonner et élargir toujours davantage sa base : « C’est le jour de la libération » a-t-il proféré triomphalement devant les caméras. « Ce 2 avril restera dans les livres d’histoire, ce jour où les Américains ont repris le contrôle de leur destin.  Ceux qui ont travaillé dur, ceux qui ont été sur la touche, leur heure est arrivée avec ces droits de douane qui vont permettre d’engranger des milliards de dollars« .  

 »Vous qui étiez sur la touche, la revanche est arrivée pour vous » : bien sûr que c’est un langage et un discours syndical ! Trump s’érige en Robin des bois, défenseur du petit ouvrier américain contre le monde entier qui est fort méchant. « Pendant des décennies, notre pays a été volé, pillé, violé et mis à sac par des pays, proches ou lointain, amis ou ennemis » a expliqué Donald Trump qui estime que les travailleurs et les industriels américains ont été lésés pendant des décennies par des accords de libre-échange qui ont alimenté tout de même la croissance d’un marché américain de 3.000 milliards de dollars pour les produits importés, avec un déficit commercial de plus de 1.200 milliards en matière de biens.

Mais voilà, on ne fait pas dans la dentelle et Trump sort son gros gun, son arme favorite comme il dit : les taxes douanières sur les importations, et il tire sur tout le monde. Seul contre tous, comme dans les bons vieux westerns. Sauf que ses balles risquent fort de lui revenir dans la figure… Et aussi, comme dans les westerns, à la fin des duels, des cadavres gisent dans tous les coins de la ville.   

Je voudrai revenir sur les termes absolument excessifs utilisés par le président dans son show qui était à la fois visuel (le tableau reprenant tous les pays ‘’punis’’ par les droits de douane) et verbal : « notre pays a été volé, pillé, violé et mis à sac ». (Tiens, je croyais que c’étaient surtout les USA – mais ils n’étaient pas les seuls en effet – qui exploitaient partout dans le monde des ressources en se les appropriant sans vergogne via des consortiums géants : pétrole, gaz, richesses minières, etc. – et comme ils avaient fait aussi chez eux lors de la colonisation de l’Amérique au détriment des populations indiennes natives. Que dire aussi de ces projets d’annexion du Groenland, de Panama… ?)

Ce langage outrancier est bien destiné à satisfaire un public déjà acquis, en jouant sur la victimisation et une certaine vision borderline (= voir tout en blanc et noir) du reste du monde. C’est un procédé très dangereux, qui est dans la ligne des tendances complotistes actuelles. Ce discours sans nuances peut conduire à des excès et des dérapages comme celui qui a conduit à l’assaut du Capitole le 6 janvier 2021, voire à préparer des conflits plus importants. Des discours victimaires comparables ont aussi renforcé le sentiment d’injustice et de frustration dans l’Allemagne de 1939.

Trump veut un monde bipolaire, c’est certain. Impossible pour lui de supporter l’idée que les Etats-Unis ne soient plus la première puissance du monde. Rejetant donc la mondialisation actuelle et l’ensemble des règles qui assurent un équilibre des forces et une gestion des tensions via la diplomatie, les Etats-Unis par la voix de leur président semblent bien préférer aujourd’hui une domination sans partage s’effectuant par la vassalisation de tous les « petits pays ». Un nouvel impérialisme pur et dur, illibéral et sans complexes. Dans ce contexte où toutes les relations internationales, commerciales, politiques, scientifiques… sont chamboulées et les acquis civilisationnels remis en question, nous sommes bien partis, disent les experts, pour une période de chaos et d’incertitude effrayante dont on ne sait quand elle prendra fin – d’autant que le président Trump ne cache pas que pour lui, il ne voit pas ce qui pourrait l’empêcher de poursuivre son ‘job’ à la fin de son mandat actuel…

Il est difficile de ne pas se demander comment on en est arrivé là. Malgré tous les garde-fous institutionnels, il semble bien que nos démocraties sont fragiles et que ce qui se passe actuellement outre-Atlantique pourrait bien arriver un jour chez nous en Europe où l’attrait pour les pouvoirs forts séduit une part croissante de nos populations.

Pour terminer, à propos de l’expression utilisée par Trump « notre pays a été violé », je voudrais laisser la parole à une féministe qui n’a pas sa langue en poche, Eve Ensler dite « V », autrice des « Monologues du vagin », qui ont fait le tour du monde et libéré le discours sur la sexualité des femmes. Celle-ci affirme que « Trump, ce menteur compulsif, est en train de violer l’Amérique, les Américains et les américaines. »

C’est un violeur au sens premier, puisqu’il a agressé et harcelé des femmes, mais aussi au sens plus symbolique : « L’Amérique est aujourd’hui gérée par des prédateurs. Nous vivons littéralement un viol: c’est rapide, violent, totalement destructeur. Tout ce que nous avions tenté de construire dans ce pays, que ce soit les droits civils, les droits des femmes, les droits de la communauté LGBTQ+, tout ce que nous avons fait pour créer un monde plus égal et plus juste aux États-Unis, a été détruit et brûlé en trois mois…

« Trump est représentatif d’un narratif américain particulier: le businessman qui ne parle que d’argent, qui vire les gens, etc. Il vit dans la conscience américaine comme une figure de télévision. Il est le pire des rêves américains. Avec lui, nous sommes au zénith du patriarcat: au pouvoir actuellement, il n’y a quasiment que des hommes, et la plupart d’entre eux sont prédateurs. »

Comment résister ? « On ne peut pas négocier avec des violeurs. On ne dit pas à un violeur: «S’il vous plaît, ne faites pas ça». La seule chose à faire est de crier et se débattre. C’est ce que nous devons faire aujourd’hui en Amérique. Il y a quelques jours, Bernie Sanders et Alexandria Ocasio-Cortez ont rassemblé près de 30.000 personnes.Je pense qu’il y aura bientôt de grandes manifestations dans tout le pays. Il va y avoir un soulèvement populaire, car c’est une immense crise sociale qui est en train de se produire. Si nous sommes unis, nous pouvons changer la donne. Et nous devons le faire. Trump n’est pas seulement un danger pour les États-Unis, mais pour l’ensemble de la planète. »

L’Amérique de Trump est en train d’amorcer un grand retour en arrière sur les valeurs d’émancipation, d’égalité de genres, de diversité, etc., comme si ce mouvement progressiste avait avancé trop vite pour une partie de la masse :  

« Au sein de la classe moyenne, certains se sont retrouvés désemparés devant l’évolution de l’égalité et des droits humains. Et quand on vous répète à longueur de journée que les immigrants prennent votre argent ou que les femmes ont un emploi alors que vous n’en avez pas, le ressentiment apparaît. J’étais peut-être un peu naïve de croire que les gens étaient en train d’évoluer et de se départir de ce narratif masculin. Mais on ne peut pas se cacher et vivre dans un État totalitaire fasciste où les hommes détruisent le monde. Nous devons lutter !

Ce n’est pas seulement un travail politique qu’il faut réaliser. C’est beaucoup plus profond. Le travail que nous devons faire est plus interne, il touche à l’éducation, à l’imaginaire. Le rêve américain est mort. L’âge d’or de l’Amérique dont parle Trump ne sera réalisé que pour une poignée de milliardaires. Et c’est la même chose pour la conquête de Mars: elle ne s’adresse qu’à une infime minorité. Mais, hélas, notre histoire est imbibée de ces narratifs. On assiste aujourd’hui à un grand conflit de valeurs: deux mondes s’affrontent.

Et « V » d’appeler le monde artistique américain à se mobiliser :« Les artistes en Amérique doivent être fiers et courageux, prendre des risques, se lever et parler comme on l’a fait dans les années 60 et 70. Toni Morrison disait que, quand les choses deviennent difficiles, c’est le moment où les artistes doivent se mettre au travail. L’art est la seule chose qui permet dépasser la polarisation, de sortir les gens de ces narratifs délétères dans lesquels ils sont englués. L’art agit sur les émotions: lorsque les gens ressentent, ils commencent à changer leurs croyances et leurs points de vue. Je reste optimiste. Mais il faudra se battre. »

[citations extraites de l’interview de « V » par Simon Brunfaut dans ‘’l’Echo’’ du 28 mars 2025  (https://www.lecho.be/culture/litterature/v-eve-ensler-trump-est-en-train-de-violer-l-amerique/10600226.html) ]

Je conclus cette longue réflexion que « V » a bien enrichie :

Si effectivement, je le crois, l’art peut être une arme contre le viol et toutes les formes de suprémacisme et de machisme, de racisme et d’impérialisme, je pense aussi que, en tant que chrétiens, disciples du Nazaréen qui aimait et respectait les femmes et les personnes différentes, les exclus de la société patriarcale, nous avons nous aussi à dire au nom de l’Evangile, dans toutes les situations où la force s’exerce sur le faible, une parole qui libère au lieu d’enfermer, et qui s’oppose fermement à la déshumanisation d’une part essentielle de l’humanité et à toute violence.

Ne laissons pas violer notre conscience !

Bernard Pönsgen, prêtre

Correctif Newsletter :

NEWSLETTER DE L’UP « PAYS DE SAINT REMACLE » DE STAVELOT-FRANCORCHAMPS MARS-AVRIL 2025 (Pâques)

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Horaires de la semaine sainte et de Pâques dans le Doyenné Ardennes (Malmedy-Waimes-Stavelot-Lierneux-Trois Ponts-Theux-Spa-Jalhay) :

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Actualités/infos

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Dimanche 6 avril à 17h30 à Banneux :

échange avec Mgr Coppola, nonce apostolique (ambassadeur du Vatican)

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L’ESPERANCE: CHOISIR ENTRE VIVRE ET SURVIVRE – méditation du Ploumtion 5

On vit quand même une drôle d’époque… ! Le gouvernement français vient de décider – après les pays scandinaves et la Pologne, et la Belgique qui l’envisage – de faire distribuer dans tous les foyers…un « manuel de survie » qui prend en compte quatre risques majeurs :

  • Catastrophe naturelle
  • Pandémie
  • Accident industriel (nucléaire, chimique…)
  • Et enfin… conflit armé !

On se doute que c’est surtout ce dernier risque qui a retenu l’attention. Le copinage récent entre Trump et Poutine sur le dos de l’Ukraine, mais surtout le lâchage complet de l’Europe par les Etats-Unis – traditionnel parapluie militaire de l’Europe depuis la guerre froide, cette situation a fait sursauter toutes les chancelleries européennes qui ont compris que désormais, elles ne devaient plus compter que sur elles-mêmes pour assurer leur défense. Du coup, tous les dirigeants de ces pays devenus soudain sans protecteur sont en train de se demander comment remettre en route une conscience et une solidarité nationale dans leur population, laquelle depuis 80 ans nageait dans un sentiment de sécurité quasi absolu et dont la seule préoccupation était et reste de profiter au maximum de la société de consommation et de ses avantages, garantis par ce sentiment de paix et de sécurité qui paraissait éternel.

On tombe de (très) haut ! Sans m’appesantir sur ces jeux internationaux et militaro-mercantiles qui se passent bien au-dessus de nos têtes, je pense que, malheureusement, au lieu de rassurer et de rendre plus résiliente une population qui se sent de plus en plus déboussolée et inquiète face aux changements radicaux qui agitent le monde, l’effet de ce fameux « manuel de survie » sera à mon avis juste inverse (mais c’est peut-être ce qui est voulu – il faut bien justifier les milliards que l’on va investir dans l’armement). Donc, on va encore rajouter de l’inquiétude et de la peur dans la tête des gens. Et avec cela, très probablement, augmenter cette tendance au repli sur soi qu’on observe déjà un peu partout. Et cela peut être électoralement porteur pour certaines mouvances politiques.

Que conseille donc ce manuel de survie ?

  1. Se protéger. Il s’agit de « se protéger soi, mais aussi protéger les personnes autour : la famille, les voisins… » Il est aussi question du « kit de survie » à avoir chez soi en cas de grave crise. Dans le détail, il est recommandé d’avoir au moins six litres d’eau en bouteille, de disposer d’une dizaine de boîtes de conserve ou encore d’avoir des piles et une lampe torche si l’électricité est coupée. Une radio aussi pour pouvoir se tenir au courant dans son abri pour savoir si la terre est encore habitable… Il est aussi recommandé d’avoir du paracétamol, des compresses et du sérum physiologique dans sa pharmacie. (Se souvient-on de la ruée sur le papier toilette au début du Confinement lors de la pandémie du Covid 19…)
  • Prévenir. La deuxième partie intitulée « Que faire en cas d’alerte ? » s’intéresse à la conduite à tenir en cas de menace imminente. Il est rappelé les numéros d’urgence (pompier, police, Samu…) et la marche à suivre selon le type de crise auquel il faut faire face. Il est indiqué par exemple de bien fermer les portes de son logement en cas d’accident nucléaire et d’éteindre le gaz. (Ben tiens !)
  • S’engager : La dernière partie se veut « civique ». Intitulée « Engagez-vous », elle explique comment s’inscrire dans une réserve, qu’elle soit militaire, numérique ou communale. (Bien sûr, il n’est pas inutile de susciter des réflexes de solidarité pour pouvoir compter sur des volontaires en cas de besoin, mais est-ce que cela ne va pas aussi encourager d’autre part des individus et des groupes « survivalistes » qui s’arment eux-mêmes en prévision des conflits ? – il existe déjà des manuels pour « survivre en cas d’effondrement civilisationnel » qui fleurissent sur internet.)

Cette démarche de former la population à la « survie » a de forts relents de la fin des années 30, de sinistre mémoire, où de telles publications avaient déjà lieu.  

Bon. Moi, je ne suis qu’un petit belge. Mais je suis aussi citoyen européen et citoyen du monde. Et, par-dessus-tout, je suis un chrétien catholique (ce qui veut dire universaliste en grec). Comme mon Dieu, j’ai foi en l’humanité. Donc, je ne me résous, je ne me résigne pas à la guerre – potentielle, possible, probable ou certaine.

Alors, pour remettre les pendules à l’heure, et sans pour autant se mettre la tête dans le sable, je voudrais proposer en guise de « manuel de survie » une autre attitude, inspirée par ma foi : je préfère le terme « de vie » à celui « de survie », car c’est ce à quoi nous invite l’Evangile qui en soi est le meilleur guide que l’on puisse trouver !

Donc, voilà mon « manuel de vie » :

  • Au lieu de « fermer les portes », avoir toujours une porte ouverte et une main tendue pour accueillir celui qui a besoin d’aide. (cf Mt 25,31-40)
  • Me soucier des plus fragiles et chercher à répondre à leurs besoins avant de me protéger moi des autres. (cf Mt 6,26-32)
  • Avoir la « radio » de ma prière branchée en permanence sur l’émetteur Dieu et Sa parole vivante qui réjouit et fortifie le cœur. (cf Mt 6,6 et Mt 7,7-12) – les « piles » avec l’énergie d’En-haut: « La joie de Dieu est votre rempart ». (Neh 8,10)
  • Avoir à portée de main des réserves inépuisables de douceur, d’empathie, d’écoute et d’amour fraternel. (Gal 5,22)
  • Transformer la méfiance et la peur en confiance en refusant les jugements stigmatisant et les excès verbaux des réseaux sociaux (par exemple). (cf Luc 6,37)
  • Toujours dire à son entourage des paroles bonnes et constructives, positives et encourageantes ; refuser le catastrophisme et la sinistrose mais cultiver la bienveillance. (cf Eph 4,29)
  • Voir dans chaque personne, fût-elle la plus abîmée, la plus méchante, la plus repoussante, avant tout un fils, une fille de Dieu comme moi et pour laquelle Jésus a donné aussi sa vie. Choisir de prier pour les ‘persécuteurs’. (cf Mt 5,44)
  • …etc.

Comme le disait Jean-Pierre Delvaux dans l’édito de la matinale (1RCF) de ce 19 mars, en parlant du rapport de la Fondation « Ceci n’est pas une crise » concernant les réactions et le comportement des belges provoqués par l’anxiété dans notre société : « la première chose est de prendre tout ceci au sérieux, avec une bonne dose d’esprit critique ».

Il poursuivait : « Alors, que faire, nous, croyants et humanistes, sinon s’informer et s’informer encore ? Se laisser étonner – et puis : résister ! Cultiver ‘le courage de la nuance’ – ce beau titre de l’ouvrage de Jean Birnboom. Pointer aussi autour de nous tout ce qui est déjà en résistance, en espérance ; et ainsi nous efforcer d’être le sel de la terre. »

« C’est bien ce que je nous souhaite », concluait Jean-Pierre Delvaux, et ce sera aussi ma conclusion.

Le Ploumtion

L’ESPERANCE AVEC BERNANOS – message du Ploumtion n°4

« Qui n’a pas vu la route, à l’aube entre deux rangées d’arbres, toute fraîche, toute vivante, ne sait pas ce que c’est que l’espérance. »

En titillant ma plume ce matin, je me suis rappelé ce texte magnifique de Georges Bernanos, dont les phrases sont serties comme des diamants sur une broche avec l’éclat de la vérité et la solidité de la franche sincérité – phrases qui d’ailleurs ne s’adressent pas qu’aux chrétiens, mais qu’un chrétien devrait sinon connaître par cœur, au moins les méditer souvent !

Voici d’autres perles du même auteur, bien appropriées pour nous aider à approfondir le thème de ce Jubilé : L’ESPERANCE. Je ne les commenterai pas, elles se suffisent à elles-mêmes. Et si nous en choisissions une pour chaque jour, comme une rumination de carême ?

Georges Bernanos (1888-1948)

« L’espérance est une détermination héroïque de l’âme, et sa plus haute forme est le désespoir surmonté. »

« On croit qu’il est facile d’espérer. Mais n’espèrent que ceux qui ont eu le courage de désespérer des illusions et des mensonges où ils trouvaient une sécurité qu’ils prennent faussement pour de l’espérance. »

« L’espérance est un risque à courir, c’est même le risque des risques. L’espérance est la plus grande et la plus difficile victoire qu’un homme puisse remporter sur son âme… »

« On ne va jusqu’à l’espérance qu’à travers la vérité, au prix de grands efforts. Pour rencontrer l’espérance, il faut être allé au-delà du désespoir. Quand on va jusqu’au bout de la nuit, on rencontre une autre aurore. »

«  Le démon de notre cœur s’appelle « À quoi bon ! ». L’enfer, c’est de ne plus aimer. »

« Les optimistes sont des imbéciles heureux, quant aux pessimistes, ce sont des imbéciles malheureux. » (*)

« Neuf fois sur dix, l’optimisme [différent de l’espérance] est une forme sournoise de l’égoïsme, une manière de se désolidariser du malheur d’autrui ou de faire l’autruche. » « Ça ira mieux demain » n’est souvent qu’une variante bien dissimulée d’« après moi, le déluge ».

« On ne saurait expliquer les êtres par leurs vices, mais au contraire par ce qu’ils ont gardé d’intact, de pur, par ce qui reste en eux de l’enfance (**), si profond qu’il faille chercher. Qui ne défend la liberté de penser que pour soi-même est déjà disposé à la trahir. »

« Si l’homme ne pouvait se réaliser qu’en Dieu ? – si l’opération délicate de l’amputer de sa part divine – ou du moins d’atrophier systématiquement cette part jusqu’à ce qu’elle tombe desséchée comme un organe où le sang ne circule plus – aboutissait à faire de lui un animal féroce ? ou pis peut-être, une bête à jamais domestiquée ? Il n’y a qu’un sûr moyen de connaître, c’est d’aimer. »

« Le grand malheur de cette société moderne, sa malédiction, c’est qu’elle s’organise visiblement pour se passer d’espérance comme d’amour ; elle s’imagine y suppléer par la technique, elle attend que ses économistes et ses législateurs lui apportent la double formule d’une justice sans amour et d’une sécurité sans espérance. »

– Ça vous va ? Il y a de quoi moudre dans sa tête et dans son cœur, n’est-ce pas ! Si vous n’en êtes pas fatigué – c’est mon cas, j’adore ! – je vous conseille encore cet autre texte ci-dessous, qui lui n’est pas découpé. Il est tiré d’une autre œuvre du grand Georges Bernanos, Les enfants humiliés. On ne peut s’empêcher de faire des liens avec les situations concrètes et injustes dans lesquelles le monde actuel s’enfonce aveuglément et à corps perdu. Vous trouverez sur wikipedia (https://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Bernanos) une notice biographique de l’écrivain, décédé en 1948, un « géant des lettres » et un visionnaire engagé dont les œuvres m’ont accompagné durant mes études…

« L’espérance, voilà le mot que je voulais écrire. Le reste du monde désire, convoite, revendique, exige, et il appelle tout cela espérer, parce qu’il n’a ni patience, ni honneur : il ne veut que jouir et la jouissance ne saurait attendre, au sens propre du mot. L’attente de la jouissance ne peut s’appeler une espérance, ce serait plutôt un délire, une agonie. D’ailleurs, le monde vit beaucoup trop vite, le monde n’a plus le temps d’espérer. La vie intérieure de l’homme moderne a un rythme trop rapide pour que s’y forme et mûrisse un sentiment si ardent et si tendre. Il hausse les épaules à l’idée de ces chastes fiançailles avec l’avenir. […]

L’espérance est une nourriture trop douce pour l’ambitieux, elle risquerait d’attendrir son cœur. Le monde moderne n’a pas le temps d’espérer, ni d’aimer, ni de rêver. Ce sont les pauvres gens qui espèrent à sa place, exactement comme les saints aiment et expient pour nous. La tradition de l’humble espérance est entre les mains des pauvres, ainsi que les vieilles ouvrières gardent le secret de certains points de dentelles que les mécaniques ne réussissent jamais à imiter. Croyez-vous que puisse être perdu à jamais le travail de ces diligentes, de ces silencieuses abeilles, avec le miel qui déborde de leurs ruches ? Oh ! Bien sûr, personne ne se pose la question parce que la terre est encore aux brutes polytech-niques, mais le jour viendra — ce jour n’est-il pas venu déjà ? Ne sentez-vous pas sur votre front, sur vos mains, la première fraîcheur de l’aube ? —, le jour viendra où ceux qui courent aujourd’hui, hallucinés, derrière des maîtres impitoyables, les maîtres féroces qui prodiguent la vie humaine comme une matière de nul prix, bourrent de vie humaine leurs forges et leurs fourneaux, s’arrêteront épuisés, sur la route qui ne mène nulle part.


Hé bien, alors — mais pourquoi le dire ? — la parole de Dieu sera peut-être accomplie, les doux posséderont la terre simplement parce qu’ils n’auront pas perdu l’habitude de l’espérance dans un monde de désespérés. Ils posséderont la terre, pas pour longtemps ; ils l’auront possédée et ne s’en seront peut-être pas même aperçu, leur masse innocente aura fait pencher la balance, renversé l’équilibre du monde. Vous trouvez ces mots trop grands ? Écoutez-moi bien, ils ne le sont pas encore assez. Vous vous croyez les maîtres de l’opinion universelle, et vous n’en avez exploré que la part la plus accessible, vous êtes les maîtres de l’opinion universelle comme Christophe Colomb débarquant aux Bahamas se croyait maître des Indes.

Et d’ailleurs, permettez-moi de vous le dire, votre colossale machine publicitaire, dans les premières années de sa mise en marche, n’a fait que remuer l’opinion, l’agiter, la brasser. Vous avez appelé les peuples au profit. Mais, à présent, il vous faut agir. Vous avez promis la liquidation d’une société dont vous dissipiez d’ailleurs effrontément les réserves, et les imbéciles continuent à calculer les profits d’une telle opération, alors que vous savez déjà qu’elle ne laissera qu’un passif immense. Alors, il vous faudra créer.

Nous vous avons vus fiers d’une philosophie : celle qui n’accorde à l’homme, à ce bipède, qu’un mobile : l’intérêt ; qu’un dieu : le bonheur ; et qu’une mystique, celle de l’instinct. L’expérience va nous dire ce qu’elle vaut. Vous avez pu jeter bas une société [chrétienne], mais vous n’en reconstruirez pas une autre avec cette espèce d’hommes. Ce que vous aurez abattu, elle le relèvera derrière vous, une fois, dix fois, cent fois, elle ramassera inlassablement tout ce que vous aurez laissé tomber, elle vous le remettra dans la main en souriant. L’image que vous vous faites de la vie est devenue si grossière à votre insu, que vous croyez avoir trouvé dans la violence le dernier secret de la domination, alors que l’expérience démontre chaque jour que l’humble patience de l’homme a constamment mis en échec, depuis des millénaires sans nombre, les forces hagardes de la nature. Vous ne triompherez pas de la patience du pauvre ! »

(Georges Bernanos, Les enfants humiliés. Journal 1939-1940. Première parution en 1949. Gallimard, collection Folio.) 

Paroles prophétiques ! 85 ans plus tard et sous la tyrannie des réseaux sociaux et du « prêt-à-penser » d’une société technocratique et cupide, sourde à tout ce qui n’est pas elle-même, une année Sainte, une année de l’espérance, nous invite à une libération, un nouveau regard sur nos frères en humanité. Quelle grâce !
Et si nous prenions l’Evangile au sérieux, avec Georges ?

«  Que le Dieu de l’espérance vous remplisse de toute joie et de paix dans la foi, afin que vous débordiez d’espérance par la puissance de l’Esprit Saint ! » Rom15,13

Le Ploumtion

(*) NOTE: « Imbécile heureux ou malheureux ? » La vision de Bernanos n’est pas déprimante, pour qui fait l’effort de la comprendre. Chez Bernanos, le refus de l’optimisme (béat) n’était pas abandon de poste, mais conscience de l’effort nécessaire pour s’engager dans le combat et mise en garde contre l’illusion des inconscients qui ne doit pas être confondue avec la véritable espérance. Bernanos lui-même notait que « l’optimisme d’un malade peut faciliter sa guérison ». Il s’empressait toutefois d’ajouter qu’il peut aussi bien accélérer sa mort, « s’il l’encourage à ne pas suivre les prescriptions du médecin ». 

(**) … « Qu’importe ma vie ! Je veux seulement qu’elle reste jusqu’au bout fidèle à l’enfant que je fus. »

Georges Bernanos

Les Grands cimetières sous la lune (1938)

« NOIR, JAUNE… BLUES ! »

On croit parfois que Donald Trump est tombé du ciel comme un OVNI dans une société américaine et un monde qu’on pensait globalement ouverts et résilients et dans lesquels les valeurs démocratiques paraissaient généralement acquises, à l’exception de quelques pays totalitaires et autoritaristes comme la Chine, la Corée du Nord, la Russie,…  

Or, si Trump est arrivé au pouvoir, ce n’est pas par hasard. Il dispose d’une assise électorale solide, avec pour l’instant un soutien assez massif de la population qui souhaite comme lui une diminution (ou même disparition) du rôle de l’Etat « profond » lequel serait remplacé par des hommes « providentiels » à poigne dont le pouvoir ne serait plus gêné par des juges, des journalistes ou des parlementaires.

Nous pourrions dans notre petite belgitude nous sentir à l’abri de ce type de dérive anti-démocratique et populiste. Une série d’enquêtes menées auprès de la population belge contredit cette croyance : L’aspiration à un pouvoir fort n’est pas le seul apanage des citoyens américains !

-Janvier 2023 : Enquête « Noir Jaune Blues », cinq ans après le premier sondage : un belge sur deux souhaite une gouvernance autoritaire.

-Mars 2025 : Enquête « Ceci n’est pas une crise » publiée dans Le Soir : sept belges sur dix souhaitent un leader politique fort sans contre-pouvoirs ! Les belges sont aussi majoritairement demandeurs d’une société plus homogène, plus repliée sur elle-même ; quant à ceux qui désirent une société plus ouverte, ils ne sont plus que 19 % !

La question qu’on ne peut manquer de se poser est évidemment : Comment en est-on arrivé là ?

Déjà lors du premier sondage en 2017, Benoît Scheuer, directeur de l’ins­­­­­­­­­­­­­­­ti­­­­­­­­­­­­­­­tut de sondage Survey&action, constatait : « Nous ne faisons plus société ». « La confiance dans les institutions qui constituent les armatures de la société, s’est effondrée. Pour faire société, il faut également partager des valeurs communes. Or, souligne le sociologue, « jusque récemment, il y avait un consensus, c’était que de génération en génération, on allait vers un mieux. Et c’est pour cette raison qu’on faisait société, c’est collectivement qu’on arrivait à ce résultat-là. Aujourd’hui, c’est le sentiment que nos enfants vivront moins bien que nous qui domine. Il y a une peur de déclassement : 73% des individus pensent qu’il y a de plus en plus d’inégalités sociales en Belgique. » 

Selon l’enquête, six personnes sur dix estimaient déjà en 2017 que l’offre politique actuelle ne répond pas à leurs attentes et plus largement que le système est globalement en échec.

Les Belges sont donc demandeurs d’un pouvoir fort comme le montre la dernière étude en date publiée dans Le Soir. 69% des sondés voudraient « un dirigeant fort qui appelle directement au peuple, un rejet de tous les contre-pouvoirs, de toutes représentations de toutes les élites« . Ce score est 4 points plus élevés qu’en 2023, mais surtout 17 points plus élevés qu’en 2020, lors de la première édition de ce sondage. *

Ce lundi 10 mars, j’entendais Aline Goncalves et Sophie Mergenne dans le journal de 8 heures de la Première RTBF qui commentent cette enquête :

« Sept belges sur dix affirment « subir leur vie » et ont peur pour l’avenir de leurs enfants. C’est ce qui ressort de cette étude « Noir Jaune Blues » qui prend régulièrement le pouls des citoyens, de leur leurs états d’esprit, leurs inspirations, leurs inquiétudes. Ce qui ressort, c’est qu’une majorité des belges se sent abandonnés ; ils ont perdu confiance dans le monde politique et se replient sur eux-mêmes – c’est ce qu’on observait déjà dans les précédentes vagues d’études, mais c’est encore plus marqué. 

« 56 % des belges aspirent à une société du repli ; c’est 10 % de plus qu’il y a 5 ans. Ces citoyens sont en quelque sorte dégoûtés du système, ils ont perdu confiance dans les institutions. D’après Jérôme Van Ruychevelt, chargé d’analyse à la fondation « Ceci n’est pas une crise » : « Il y a une volonté d’une société plus homogène, notamment culturellement (retribalisation) ; il y a une logique d’adhésion à la rhétorique brutale, à l’attaque et à la polémique systématique ; il y a une volonté aussi de penser que « avant, c’était mieux » donc c’est la nostalgie du passé ; et avoir des logiques « boucs émissaires » c’est-à-dire voir tout ce qui est étranger à la communauté comme étant un stigmate dangereux. Aujourd’hui, sept personnes sur dix aspirent à un gouvernement autoritaire dirigé par un leader charismatique, une proportion qui augmente d’année en année. »

« Certaines organisations politiques d’extrême-droite, poursuit-il, ont aussi très bien compris comment fonctionne le cerveau humain : c’est-à-dire qu’en période d’insécurité forte, ou en tout cas de perception d’insécurité, il y a un intérêt à mettre un maximum d’angoisse pour rendre disproportionnés les dangers qui pèsent sur la société de telle manière de pouvoir faire advenir un projet plus autoritaire derrière. »

L’étude « Noir Jaune Blues » montre que la proportion de belges qui aspirent à une société plus ouverte, plus démocratique, plus diversifiée est en recul depuis cinq ans : Juste après les confinements, ils représentaient plus de 30 % de la société, aujourd’hui, seulement 19 % !

Tous les chiffres cités sont proportionnels au niveau d’étude et de culture des sondés. Plus le niveau culturel est bas, plus l’aspiration à un pouvoir fort sans contrepouvoirs est haut, et inversement ; de même le souhait d’une société moins mélangée, le recours aux boucs émissaires et l’agressivité. Les théories complotistes diffusées par les réseaux sociaux amplifient ces phénomènes.

CONCLUSION :

Les résul­­­­­­­­­­­­­­­tats de ces enquêtes ont inter­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­­pellé les jour­­­­­­­­­­­­­­­na­­­­­­­­­­­­­­­listes, le monde asso­­­­­­­­­­­­­­­cia­­­­­­­­­­­­­­­tif, les socio­­­­­­­­­­­­­­­logues… Mais nos manda­­­­­­­­­­­­­­­taires poli­­­­­­­­­­­­­­­tiques s’y sont-ils vrai­­­­­­­­­­­­­­­ment inté­­­­­­­­­­­­­­­res­­­­­­­­­­­­­­­sés, eux qui sont les premiers concer­­­­­­­­­­­­­­­nés ? En France, le mouvement des « Gilets jaunes » connaît actuellement un réveil symptomatique. Chez nous en Belgique, il se pourrait bien que des révoltes sociales et sociétales fassent un jour prochain éclater tout le système et favorisent l’émergence d’un pouvoir fort à la sauce Trump…

Il est temps pour tous ceux (dont nous les chrétiens?) qui croient encore à une société humaniste et démocratique de se réveiller !

Bernard Pönsgen

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(*) Pour arriver à cet à index global, les experts ont mesuré cinq valeurs plus précises à travers un questionnaire (extrait du site de la RTBF) :

  • Gouvernance : le souhait d’un dirigeant fort qui en appelle directement au peuple et qui n’est pas entravé par des contre-pouvoirs (des juges, des journalistes, des intellectuels, etc.). Seule compte la volonté « du peuple » incarnée par un chef qui est perçu comme comprenant vraiment le peuple, qui « nous » représente vraiment.
  • Bouc émissaire : le besoin existentiel de désigner des boucs émissaires comme ennemis du peuple, comme des menaces.
  • Histoire valorisée : la nostalgie d’un passé mythifié, retour à un ordre immuable, « naturel » des choses, des rôles sociaux (les hiérarchies, la loi divine). Les valeurs traditionnelles.
  • Rhétorique : une rhétorique brutale qui dit mes ressentiments, ma colère avec des insultes, des menaces, des humiliations, des moqueries, des outrances, qui « dévoile » des complots.
  • Nation : appel à une homogénéité, une rupture purificatrice, société fermée, ethnique, rejet de la solidarité sauf au sein du groupe primaire.

La plupart de ces scores dépassent les 50%, mais sont en légère baisse par rapport à la dernière vague de sondage. Seule la mesure aspirant à un pouvoir fort est significativement en hausse.