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LE SYNDRÔME DE L’AUTRUCHE (Le Ploumtion n°40)

Le mois d’août dernier, qui vient d’être classé comme le plus chaud jamais enregistré pour l’ensemble de la planète, affichant une température qui n’avait plus été atteinte depuis 125.000 ans selon les scientifiques de L’institut Copernicus – ce mois d’août a vu une grande partie de nos Hautes Fagnes partir en fumée.

À l’échelle du monde et en comparaison avec tous les méga-feux ravageurs qui ont éclaté un peu partout sur tous les continents, la destruction partielle de ce petit havre de nature et de biodiversité peut sembler anecdotique. Il s’agit quand même du plus important incendie de l’histoire moderne de la Belgique : 3.366 hectares (soit un peu plus de 33 km²) ont été calcinés ; cela représente plus de la moitié de la réserve naturelle historique qui fait 5000 hectares, récemment élargie à 6.200 hectares d’espaces protégés.

Pour les habitants de la région, dont je fais partie, cela a été un choc. Pour moi, personnellement, mes’ Fagnes, c’était ma cathédrale, et je ne pouvais pas m’empêcher de comparer l’incendie qui les ravageait à celui de Notre-Dame de Paris en 2019 : un drame qui nous rappelle notre petitesse et la fragilité de ce qui nous est cher.

La mobilisation générale a été à la hauteur du désastre, tant du point de vue des pompiers y compris ceux venus des pays voisins et des agents forestiers, que de la population.

Sera-t-elle suivie d’une prise de conscience de l’enjeu climatique ? Rien n’est moins sûr. Comme le relève l’anthropologue Elise Boutié interrogée sur La Première RTBF, « A la fois des personnes disent : c’est du jamais vu, on est extrêmement choqué. Mais parallèlement, elles disent cela sans le rattacher aux dimensions internationales du changement climatique ni à la dimension politique, et ils essaient ainsi d’en faire un simple accident. Ils essaient de voir quel est le paramètre qui aurait pu ne pas être présent, qui aurait pu en faire un événement moins intense : s’il y avait eu moins de vent, si les pluies étaient arrivées plus tôt… Et selon la position politique ou idéologique des personnes, ce que l’on met derrière le « Si » change. Mais oui, il y a très peu de prise de conscience ».

Les commentaires des journalistes sur les chaînes grand public vont souvent dans le même sens : on se réfugie derrière les détails (le fameux « drapeau rouge » non hissé par exemple), en laissant l’essentiel de côté : la grande question du réchauffement climatique et de son impact sur la vie et la survie de l’humanité si on ne fait rien.

Depuis un certain temps déjà, je me pose cette question : D’où vient ce déni ? Pourquoi cherche-t-on à minimiser, à masquer plus ou moins consciemment ce qui nous dérange ? Même chez les victimes des conséquences de ce changement climatique et qui sont donc les premiers concernés, ce lien n’est ni évident ni souhaitable, dit encore l’anthropologue précitée – comme si on préférait occulter quelque chose que notre cerveau refuse d’envisager. Pourquoi ne réagit-t-on pas ? Que se passe-t-il pour que nous ne luttions pas contre la cause avérée de ces catastrophes et qui est notre mode de vie global, énorme émetteur de gaz à effet de serre ?

Nous n’avons plus l’excuse de la distance : Jusqu’à il y a peu, c’étaient des événements lointains qui de temps en temps parvenaient à notre connaissance plus ou moins attentive : la banquise ou des glaciers qui fondent, des ouragans dévastateurs ou des pluies torrentielles au bout du monde… Autant d’événements qui avaient épargné la Belgique avant qu’elle soit touchée de plein fouet lors des inondations dans la vallée de la Vesdre au cours de l’été 2021. Et à présent, surtout depuis cet été surchauffé de 2026, les conséquences du réchauffement climatique s’immiscent de plus en plus dans notre quotidien : difficile désormais de les ignorer ! La surmortalité due à la chaleur depuis le mois de juin (3.000 morts surnuméraires en Belgique !), la température insupportable dans les logements, les transports publics et les infrastructures qui tombent en panne, des centrales nucléaires à l’arrêt, les dégâts considérables pour l’agriculture… bref, tout le monde ou presque se voit bientôt touché par ce phénomène dont on ne veut pas dire son nom. Tout au plus pourtant parlera-t-on de « canicule exceptionnelle ».

Roxane Beys, écologue et biologiste de la conservation à l’ULB, se demande par exemple ce qu’il adviendra « lorsque les flammes seront éteintes, que le feu quittera les écrans et que l’actualité passera à autre chose« . « Ce que je crains, c’est qu’on classe cet événement, tout comme les inondations de la Vesdre, dans la catégorie des catastrophes exceptionnelles, qu’on rangera parmi les mauvais souvenirs, évidemment, jusqu’à la fois suivante« , explique-t-elle à la RTBF.

Le hic, c’est que l’exception devient de plus en plus la règle. Ce n’est pas seulement la hausse des températures qui est alarmante, c’est sa vitesse vertigineuse. Il y a un effet d’emballement, et il ne faudra pas attendre 2050 pour connaître une planète Terre telle que l’on ne l’a jamais connue.

Alors, notre cerveau est-il décidément programmé pour faire l’autruche ? On invoque les « biais cognitifs », ces phénomènes de distorsion de la réalité, phénomènes inconscients qui trompent notre cerveau (pour éviter peut-être une paralysie totale due à la peur). Selon le psychologue Daniel Kahneman, il faudrait se dégager de l’idée que notre cerveau a pour but de représenter la réalité telle qu’est, mais qu’il a plutôt la fonction de nous permettre de vivre bien – quitte à enjoliver ou à masquer certaines choses.

C’est possible. Les sources de résistance sont nombreuses, et nous les expérimentons nous-mêmes : la mise à distance psychologique, les questions d’identité, le repli pessimiste… et ce phénomène nouveau qui prend de l’ampleur : la lassitude face à l’apocalypse. Ainsi, le fait de voir (presque en boucle cet été) des images de désolation liée au réchauffement climatique peut entraîner une certaine « fatigue de l’apocalypse« , on se blinde et on zappe intellectuellement (et émotionnellement) en évitant de voir l’anormal (ou à l’inverse en s’y habituant). Je connais ainsi des personnes qui ne regardent plus les journaux télévisés pour ne plus être saturés par les mauvaises nouvelles ; d’autres déjeunent paisiblement devant leur écran montrant les sinistrés devant leur habitat détruit…

En tant que chrétien, mais aussi en tant que citoyen du monde et membre de l’humanité, je récuse le complotisme qui nie volontairement la réalité scientifique – ce qui relève désormais de l’aveuglement volontaire et d’une irresponsabilité criminelle envers les générations futures ; je dénonce l’immobilisme des responsables politiques s’ils ne sont pas liés aux lobbys financiers et industriels mais qui caressent leur électorat en évitant soigneusement de prendre des mesures radicales pour sauvegarder le climat et en fermant les yeux et les oreilles aux avertissements pressants des scientifiques. Je me mets personnellement aussi en cause, car que fais-je pour transformer ma propre manière de vivre et de penser, afin de ne pas peser davantage par mon empreinte carbone dans ce processus global ? Peu, je l’avoue. Mais je peux commencer chaque jour, à moins vivre à crédit sur la planète et les générations futures, par un mode de vie plus sobre et plus responsable.

Comme l’écrivait saint Paul : « Je dois vous le dire : le temps est limité. Dès lors, […] que ceux qui font des achats soient comme s’ils ne possédaient pas, ceux qui profitent de ce monde, comme s’ils n’en profitaient pas… car il passe ce monde tel que nous le voyons. » (1Co 30-31)

Voulez-vous commencer avec moi ?  – lisez alors ce qui suit.

Le Ploumtion

« Comme image, comme émotion, comme histoire, l’apocalypse crée en nous l’opportunité d’une réorientation existentielle et questionne en profondeur notre culture. Peut-être que certains de nos modes de vie et de nos façons de penser doivent prendre fin, mourir, pour que d’autres puissent voir le jour« .

Per Espen Stoknes, psychologue et économiste norvégien et prix Nobel de la Paix, auteur d’un TED Talk sur « Comment transformer la lassitude face à l’apocalypse en action contre le réchauffement climatique ?« 

+ + +

Pour prolonger de façon positive cette réflexion et transformer l’espoir en résultats, voici quelques pistes d’action :

  1. S’engager seul risque d’être très difficile tant nous sommes accros aux énergies fossiles et au mode de vie qu’elles permettent, et on risque de se décourager assez rapidement (puisque les autres ne font pas d’effort). Il faut donc impérativement se mettre ensemble pour s’encourager mutuellement à progresser dans un style de vie plus sobre et responsable. Des petits groupes conscientisés partageant leurs expériences peuvent, par contagion, créer des mouvements citoyens, une sorte de soft power climatique qui pourrait susciter des changements comportementaux dans la population.
  2. Réfléchir ensemble et approfondir les données scientifiques en se servant des études, des films documentaires et en se tenant au courant de l’actualité ; savoir en parler autour de soi (sans assommer, avec à propos). Soutenir les actions militantes des jeunes qui protègent la Terre (Adelaïse Charlier, Greta Thunberg…), d’ONG comme Greenpeace, Reporterre, Natagora, Canopea etc ,  ou les initiatives du Service de la Transition du diocèse… Soutenir et encourager les projets politiques qui vont dans le bon sens, en souscrivant aux pétitions ou en manifestant (Marche pour le Climat)…
  3. Se fixer ensemble des objectifs, limités au départ pour qu’ils restent atteignables mais qui pourraient devenir des paliers vers un style de vie alliant sobriété et responsabilité. Se réunir de temps en temps pour évaluer les progrès et les difficultés rencontrées serait une excellente méthode, comme si on suivait un programme de désintoxication analogue à celui qui est pratiqué chez les A.A. (Alcooliques Anonymes). Il s’agit au fond de lutter contre une semblable addiction.
  4. Enfin, AGIR en réduisant son empreinte carbone personnelle et collective : Pour réduire son empreinte carbone au quotidien, il faut agir en priorité sur les transports, le logement et l’alimentation (la consommation).

Transport

  • Privilégier les mobilités douces : Utilisez la marche ou le vélo pour les petits trajets afin de réduire fortement les émissions.
  • Choisir les transports en commun ou le train : Préférez le train à la voiture ou à l’avion pour les plus longues distances.
  • Faire du covoiturage : Partagez vos trajets en voiture pour diminuer le nombre de véhicules sur la route.

Logement et Énergie

  • Baisser le chauffage : Réduire le thermostat de seulement 1 °C (pour viser 19 °C) permet de baisser significativement votre consommation d’énergie.
  • Améliorer l’isolation : Isolez votre habitation pour limiter les déperditions de chaleur et économiser l’énergie.
  • Changer de fournisseur d’énergie : Passez à une offre d’électricité ou de gaz d’origine renouvelable.

Alimentation et Consommation

  • Manger moins de viande : Réduisez notamment votre consommation de viande rouge et privilégiez une alimentation végétale et locale.
  • Acheter de seconde main : Privilégiez les objets et les vêtements d’occasion plutôt que le neuf.
  • Réparer au lieu de jeter : Allongez la durée de vie de vos équipements (appareils électroniques, électroménager) en les faisant réparer.

=>Vous pouvez consulter des conseils plus détaillés sur le site de Hellio ou explorer les 15 gestes d’EcoCO2. Voir aussi le Portail Européen de la Jeunesse (European Youth Portal) : Qu’est-ce que l’empreinte carbone ? Comment la réduire ? – très détaillé !

Bonne Transition vers une sobriété heureuse !

« L’Apocalypse et le Grand Manitou… » (méditation du Ploumtion)

…et quand on aura trop d’eau et des inondations :

« Les Belges n’ont plus la frite », réaction du Ploumtion suite à l’incendie des fagnes

NEWSLETTER DE L’UNITE PASTORALE « PAYS DE SAINT REMACLE » DE STAVELOT-FRANCORCHAMPS – 15 août 2026

Prière à Notre-Dame de l’Assomption

Marie, Notre-Dame de l’Assomption,
Toi qui as été élevée dans la gloire du Ciel,
Regarde avec tendresse notre terre et notre humanité aujourd’hui.

Dans un monde trop souvent assombri par les conflits,
Les crises et les incertitudes du lendemain,
Deviens pour nous le phare qui ranime notre espérance.

Apprends-nous à chanter le Magnificat à notre tour.
Donne-nous le courage de refuser le cynisme et la peur,
Et la force de poser des gestes de justice et de paix.

Toi dont le corps glorieux nous rappelle notre dignité,
Aide-nous à prendre soin des plus fragiles d’entre nous
Et à respecter la Création qui nous est confiée.

Notre-Dame de l’Assomption, marche avec nous.
Garde nos pieds solidement ancrés sur cette terre pour y servir nos frères,
Et nos cœurs grand ouverts vers le Ciel, où tu nous attends.

Amen.

EDITO : LES BELGES N’ONT PLUS LA FRITE !

…Alors c’était vrai !!

C’était finalement vrai, tout ce qu’on nous racontait depuis vingt ans : que le temps, le climat allait changer ; qu’on allait avoir les températures de la Méditerranée en mer du Nord ; que l’on ne saurait plus ou se mettre en été si on n’avait pas une climatisation et que les canicules allaient devenir quelque chose de tout à fait normal ; qu’en hiver on ne pourra plus faire du ski sur nos pentes mais qu’on devra supporter des déluges et des inondations…

On nous avait bien prédit tout ça ! Et bien d’autres choses aussi… comme ce qui est en train d’arriver un peu partout: les incendies de forêt gigantesques, les glaciers et la banquise qui fondent à une telle allure qu’il n’y aura bientôt plus assez de glace pour mettre dans son verre, les espèces animales qui disparaissent et d’autres qui se multiplient (les tiques, les moustiques-tigres et autres charmantes bébêtes)…  Les professionnels du bâtiment sont inquiets car avec les sécheresses intenses qu’on connaît et qu’on connaîtra régulièrement désormais, les constructions sont mises à rude épreuve, les sols bougent et se rétractent et des fissures apparaissent un peu partout. Vérifiez chez vous !

Les agriculteurs, eux, lorgnent sur l’eau qui manque cruellement à leurs cultures. Les vaches mangent déjà les réserves pour le prochain hiver. Des grandes villes s’inquiètent de leur approvisionnement futur en eau potable. Les électriciens s’inquiètent pour leurs centrales nucléaires qui doivent être mises à l’arrêt s’il n’y a pas assez d’eau dans les fleuves pour les refroidir. Et on se prépare à un renchérissement solide du panier de la ménagère. (Déjà qu’il y avait les conséquences de la crise du détroit d’Ormuz, merci Donald !)

Mais ce qu’on n’avait pas prévu, c’est que, peut-être, la Belgique allait être privée de sa frite !

Car en effet, les patates destinées à devenir nos bonnes frites, ces chères bintjes, n’ont pas grandi assez, dans les champs privés de pluie. Or, pour être découpées en bonne frites, celles-ci ont besoin d’atteindre une taille suffisante. Et là, on n’y est pas ! Catastrophe donc pour les producteurs et pour les frituriers, qui doivent chercher d’autres fournisseurs (en Russie peut-être ?) – cela aura une incidence certaine sur les prix.

Bref, les Belges n’ont plus la frite. Profitez bien de votre sachet habituel chez votre friturier favori avant que le réchauffement climatique ne nous laisse que les souvenirs – et des épluchures.

Si cela pouvait encourager nos décideurs à se bouger enfin le c pour renverser la vapeur ? ?? On peut rêver…

Le Ploumtion

« En famille, à la découverte de Stavelot et de saint Remacle » :

UN PARCOURS AGREABLE ET INSTRUCTIF POUR VISITER L’ABBAYE ET SES ENVIRONS DURANT LES VACANCES !

Le Service diocésain de la catéchèse est heureux de vous proposer un nouveau livret de la collection « En famille, à la découverte… » : une promenade à Stavelot, sur les traces de saint Remacle. Cette collection vise à soutenir les familles dans la découverte de la foi à travers des moments simples du quotidien. Chaque livret transforme une balade en une expérience de découverte, de partage et de prière, accessible à tous les âges. Ce livret peut être utilisé de différentes manières : comme proposition à transmettre aux familles, comme support pour une activité de catéchèse ou comme idée de sortie en groupe. Réalisé en collaboration avec l’Unité pastorale « Pays de saint Remacle – Stavelot – Francorchamps », ce parcours s’inscrit dans une série déjà riche. Cinq autres lieux sont proposés : la Collégiale de Huy, le Sanctuaire de Banneux, le Parc du Val-Dieu, le Calvaire de Moresnet-Chapelle et la Cathédrale de Liège.

Le livret est téléchargeable ainsi que les autresde la série sur le site de l’U.P. : (cliquez ICI ou sur la vignette ci-dessous) et est également disponible en format papier sur place à l’accueil de l’abbaye et à l’église paroissiale de Stavelot.

À l’approche des vacances, n’est-ce pas une belle occasion de rafraîchir vos connaissances et de les partager – en famille – avec les plus jeunes ?

Ne manquez pas de consulter :

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« Bleu bleu bleu, le ciel est bleu » (chanson de Marcel Amont,1965) : un été « exceptionnel », vu par le Ploumtion [n°38]

Alors que l’été s’étire langoureusement sous un ciel presque invariablement bleu, je me dis que nous avons bien de la chance de vivre dans notre petit pays du nord de l’Europe. Malgré les canicules que nous avons endurées, nous n’avons pas connu -ou si peu- les excès terrifiants qu’ont vécu les régions situées plus au sud, ravagées par des incendies qu’on n’arrive qu’à grand-peine à maîtriser ou pas du tout. Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont dû déjà être évacuées et ce n’est pas fini.

La superficie des zones détruites par le feu est incroyable : Depuis le début de la saison estivale et l’apparition des vagues de chaleur en mai, les incendies ont ravagé une superficie considérable en Europe, s’élevant à 254 388 hectares brûlés sur l’ensemble du continent. Cela représente un niveau de destruction de 40 % à 60 % supérieur à la moyenne des deux dernières décennies à la même période, selon les données officielles du Système européen d’information sur les feux de forêt (EFFIS).

Le pays le plus durement touché du continent est l’Espagne avec environ 125 000 hectares partis en fumée (actuellement, Madrid est toujours cernée par les flammes). En Italie, les flammes, attisées par des températures extrêmes en Sicile et en Calabre, ont détruit près de 48 000 hectares. La France enregistre un record historique avec environ 44 000 à 46 000 hectares brûlés. Les incendies récents en Gironde et dans les Landes ont entraîné l’évacuation de 40 000 personnes par la route et par bateau… A l’heure où j’écris ceci, la ville d’Arès (Gironde) doit être totalement évacuée par ordre de la préfecture.

Ce sont des scènes d’apocalypse que relaient les chaînes de télévisions et les réseaux sociaux. Des courageux sapeurs-pompiers y ont hélas laissé la vie ; à côté de ces pertes humaines, on ne peut recenser les dizaines de milliers d’animaux qui ont été victimes de ces catastrophes auxquelles ils n’ont aucun moyen d’échapper.

Le reste du monde ne connaît guère un sort plus favorable : En juillet 2026, la saison des incendies a connu une accélération fulgurante à l’échelle mondiale, après un début d’année relativement calme.

Au Canada, environ 3 millions d’hectares sont partis en fumée sur l’ensemble du territoire national. Les fumées massives venues de l’Ontario ont enveloppé d’un brouillard épais toxique des métropoles de l’est des États-Unis comme New York, Chicago et Détroit, provoquant des alertes sanitaires et menaçant même la finale du Mondial 2026 de football ! Aux États-Unis encore, le début d’année a été marqué par de très violents feux précoces dès le mois de mars dans le sud et l’ouest du pays, où plus de 500 000 hectares avaient déjà brûlé avant même le début de l’été. Le continent africain enregistre des records de surfaces brûlées cette année. Une sécheresse extrême en 2026 a transformé l’abondante végétation résiduelle en un immense réservoir de combustible ; la superficie totale touchée par les incendies depuis le début de l’année 2026 s’élève à environ 85 millions d’hectares ( !). Ce bilan, établi principalement sur les quatre premiers mois de l’année, marque un record historique pour le continent.

En Amérique du Sud, le retour d’El Niño assèche sévèrement le nord et le centre du continent. Des feux de forêt de grande ampleur, favorisés par des températures anormalement élevées, détruisent actuellement des pans entiers de forêts tropicales et de zones humides au Brésil et en Bolivie. À l’image du Canada, les régions boréales de Sibérie subissent un réchauffement accéléré. Des incendies géants, déclenchés par la foudre, consument des millions d’hectares de taïga dans des zones reculées et quasi inaccessibles pour les pompiers…

Devant ces chiffres, qui pourrait encore douter de l’impact du réchauffement climatique sur l’état de la planète, et de son principal responsable qui est l’activité humaine ? Et pourtant, il en est toujours qui refusent d’ouvrir les yeux ou se cachent la tête dans le sable. Ainsi un ami pompier rencontré récemment avec qui j’échangeais sur ces problèmes censés concerner toute sa profession, et qui me répondait froidement : « Bof, il y a toujours eu des périodes de réchauffement dans l’histoire, ça passe et puis ça revient à la normale… ». Sauf que, quand le climat s’emballe, ce sera quand « la normale » ? Dans 10.000 ans ? 100.000 ? Dans le sud, en France par exemple, on commence déjà à se battre pour l’eau, devenue ressource précieuse et convoitée…

On a beaucoup entendu dans les médias employer le mot « exceptionnel » à propos de ces événements : records de température exceptionnels, sécheresse exceptionnelle, tempêtes ou orages d’une violence exceptionnelle, risques de coupures de courant suite à des consommations exceptionnelles d’énergie (climatisations…), etc. Et bien sûr, incendies gigantesques provoquant une pénurie exceptionnelle de moyens pour lutter contre le feu…

L’ennui, c’est que l’exceptionnel va devenir la norme, ce l’est déjà ! Chaque année ou presque, on enregistre des chiffres plus élevés, rien n’indique qu’on ralentit ou qu’on revient en arrière. Ces phénomènes sont destinés à durer. Et à s’amplifier encore jusqu’à rendre de nombreuses régions du monde totalement invivables, et d’autres où les conditions de vie seront beaucoup plus difficiles. (On a vu les hospitalisations et la mortalité des personnes fragiles exploser durant et après les canicules).

Les pouvoirs publics le savent – mais feignent souvent de l’ignorer, pour ne pas alarmer une population qui pourrait se retourner contre eux en les rendant responsables de leur inaction. Alors, plutôt que de mettre en place des mesures fortes pour réduire la production de CO² et risquer de mécontenter les gens en les privant d’une infime partie de leur confort, on préfère tergiverser, privilégier « l’adaptation » (laquelle ? Tout climatiser ?) et même comme c’est le cas ces derniers jours en France, carrément tourner le dos à la Transition écologique en annulant par une « Loi d’urgence » tous les efforts consentis depuis dix ans dans ce domaine pour protéger la nature et la santé humaine, sous la pression des lobbys agricoles et industriels. Quelle tristesse !

Je crains le réveil. Il risque d’être très brutal, et les conséquences sociales incalculables pour la démocratie et le vivre-ensemble qui sont déjà fragilisés.

Pourquoi n’écoute-t-on pas les scientifiques ? Est-il déjà trop tard pour essayer de s’obliger à la sobriété, en acceptant enfin de se donner des limites toutes catégories sociales confondues, afin de préserver le Bien commun, cette petite planète qui est notre seul radeau dans l’univers ? – et les générations futures ?

Je voudrais risquer une image. Dimanche dernier, jour de « Grand prix de Formule 1 » à Spa-Francorchamps, je devais rejoindre l’église de Trois-Ponts où j’assurais la messe. En face de moi, sur l’autre côté de la route, s’étirait une colonne sans fin de voitures qui rallaient le circuit en venant en sens contraire pour assister à la compétition. C’était impressionnant, des milliers de voitures l’une derrière l’autre sur une route habituellement peu fréquentée si tôt le matin.

Et il m’est venu soudainement à l’esprit cette pensée : « Bon Dieu, on dirait un exode comme en 1940, alors que plein de gens fuyaient l’arrivée des Allemands ! » – ça devait bouchonner pareillement, même si les véhicules actuels n’ont plus grand-chose à voir avec ceux d’époque à part les 4 roues… 400.000 spectateurs attendus pour cette compétition d’ampleur internationale, un record ! Sans aucun doute la plupart se soucient-ils du réchauffement climatique et de l’avenir de la planète comme de leur première jante en alu ! – Et bien, ma seconde pensée qui m’a traversé alors– et j’espère de tout mon cœur qu’elle ne soit pas prophétique, c’est : « Pourvu Seigneur que, dans peu d’années, ce ne soit un autre exode, comme il y en a déjà tant dans le monde, quand les gens – ces gens que je croise aujourd’hui dans leur voiture – devront peut-être quitter leurs maisons, leurs terres, leur vie… pour fuir et chercher asile en un lieu respirable, à température supportable et sans guerre ! »  

Ne vaut-il pas mieux prévenir que guérir ?

Le Ploumtion  🔥🔥🔥🚒

NEWSLETTER DE L’UNITE PASTORALE « PAYS DE SAINT REMACLE » STAVELOT-FRANCORCHAMPS – JUILLET-AOÛT 2026

Edito : Il fait trop chaud ! Comment lutter contre l’aridité (spirituelle) ?

Nous avons tous été impactés par la canicule précoce (et interminable) de ces dernières semaines. Certains en ont plus souffert que d’autres, davantage exposés ou plus fragiles. Si l’intensité et la fréquence annoncée de ces événements extrêmes a de quoi nous inquiéter (et rien ne se passe aujourd’hui qui n’avait été annoncé depuis des décennies *, hélas!) nous continuons pourtant à vivre et à surconsommer de la même manière sans changer quoi que ce soit – ou si peu – à nos habitudes. Alors que nous préparons pour les générations futures des matins qui déchantent car il apparaît de plus en plus clairement que les conditions de vie seront bien plus éprouvantes qu’aujourd’hui, j’ai envie de me pencher plus fondamentalement sur les causes profondes de cette inertie empêchant une véritable transition écologique comme l’appelait de ses voeux le pape François dans son encyclique « Laudato Si ».

Alors que des raisons de croissance économique et de niveau d’emploi à préserver sont fréquemment invoquées pour justifier la poursuite de l’exploitation effrénée des énergies fossiles, mais aussi la mondialisation de la concurrence, l’interdépendance de tout le système socio-économique et financier actuel, on oublie un peu ce qui sous-tend ce processus délétère où l’humanité toute entière semble s’être enfermée : j’ai nommé la course démente au profit. Aux tenants d’un autre modèle de société qui prendrait véritablement en compte l’écologie, l’environnement et le climat (sans oublier la préservation de la biodiversité des espèces), on oppose alors ce qui est souvent présenté comme un axiome : « on ne peut pas revenir en arrière ! Vous voulez retourner à la préhistoire ? »

J’en déduis que derrière ce blocage – ce déni suicidaire **, il y a autre chose : une crise spirituelle qui affecte toute notre société – et le monde. Spirituelle, car l’Homme ne voit plus quelle est sa place dans l’univers ; il s’est érigé lui-même comme la norme de tout, en se faisant dieu. Au lieu de servir la création qui lui a permis d’être ce qu’il est et qui lui permet d’exister, de respirer, de manger…, il s’est retourné contre elle et l’a mise sous sa coupe en la détruisant un peu plus chaque jour. Il s’est dressé aussi contre ses frères, comme Caïn contre Abel, refusant de voir en eux l’image et la ressemblance de son Créateur – qu’il porte aussi lui-même, même si cette ressemblance est ternie ou abîmée. Finalement, l’Homme est devenu son propre ennemi. Et la terre, son berceau, meurt… Oui, la crise à laquelle nous assistons est bien spirituelle, elle a ses racines dans l’ubris humain qui est dénoncé maintes fois dans la bible et que le pape Léon XIV vient de rappeler en parlant de la tentation actuelle d’édifier de « nouvelles tours de Babel » (cf. « Magnifica Humanitas »). ***

S’il y a de l’espoir, c’est dans un sursaut, un réveil spirituel qui doit impérativement se produire ; et c’est là veux-je dire que les disciples de Jésus Christ ont un rôle essentiel à jouer, car ils sont dépositaires d’un message d’amour et de pardon qui est d’après moi seul capable avec la grâce de Dieu de guérir le coeur malade de l’homme. Je prie donc pour que nous soyions tous désireux de le vivre et de le transmettre. Toutes les Eglises, toutes les communautés et tous les croyants devraient s’y atteler courageusement et avec une intense ferveur. Il y a urgence ! Il faut remettre de l’amour dans toutes les relations interpersonnelles, intercommunautaires, interreligieuses, les rapports économiques et sociaux, les relations politiques internationales, les échanges mondiaux… Avec l’amour vont le respect et la justice. La foi en un Dieu qui s’est vidé de lui-même par amour de l’Homme est le germe par excellence par lequel peut naître une humanité nouvelle et réconciliée.

Alors si comme moi vous avez envie d’un peu de fraîcheur, commençons par nous rapprocher de la Source vivifiante qui est le Seigneur ; mendions-lui de l’eau, l’eau fraîche de son amour d’abord, l’eau pure de la création ensuite (puisse-t-elle le rester et nous, la préserver). Eau à partager et à offrir largement, comme l’indiquait le verset de l’évangile de Matthieu : « Celui qui donnera un verre d’eau ne restera pas sans récompense » (Mt 10,42).

Pour vous rafraîchir encore, je vous partage ces quelques citations bibliques à méditer sans modération en ces temps de forte chaleur ; ils sont extrait du site : https://www.infochretienne.com/articles/cinq-versets-pour-garder-lesprit-frais/

« Celui qui croit en moi, des fleuves d’eau vive couleront de son sein. » (Jean 7,38)

« Il me fait reposer dans de verts pâturages, il me dirige près des eaux paisibles. » (Psaume 23,2)

« Mais ceux qui se confient en l’Éternel renouvellent leur force. » (Ésaïe 40,31)

« Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. » (Jean 14,27)

« L’Éternel est ton gardien, l’Éternel est ton ombre à ta main droite. » (Psaume 121,5)

J’ajouterai ce que j’entends souvent ces jours-ci : “Qui de nous résistera ? c’est un feu dévorant ! Qui de nous résistera ? c’est une fournaise sans fin ! » (=la canicule) . Réponse de Dieu en Isaïe 33,14-16 : « Celui qui va selon la justice et parle avec droiture, qui méprise un gain frauduleux, détourne sa main d’un profit malhonnête, qui ferme son oreille aux propos sanguinaires et baisse les yeux pour ne pas voir le mal, celui-là habitera les hauteurs, hors d’atteinte, à l’abri des rochers. Le pain lui sera donné ; les eaux lui seront assurées. »

… et d’autres à trouver vous-mêmes. La meilleure des « clims » !

Bon mois de juillet et d’août, à l’ombre de Ses ailes ! (Ps 57,2)

Le Ploumtion

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(*) cf Interview de Jean-Marc Jancovici, ingénieur français et initiateur du « Shift Project » : https://www.yout-ube.com/watch?v=MoCpLYi2v60&t=87s

(**) Car, comme l’affirme l’agoclimatologue Serge Zaka, « la question n’est désormais plus de savoir si on aura 50 degrés, mais quand ».

(***) Cette prise de conscience et cette interpellation sont salutaires, car « ce que l’homme ne veut pas apprendre par la sagesse, il l’apprendra par la souffrance » (dixit un internaute).

QUE SE PASSE-T-IL CHEZ NOUS ET AILLEURS ?

Le Service diocésain de la catéchèse est heureux de vous proposer un nouveau livret de la collection « En famille, à la découverte… » : une promenade à Stavelot, sur les traces de saint Remacle. Cette collection vise à soutenir les familles dans la découverte de la foi à travers des moments simples du quotidien. Chaque livret transforme une balade en une expérience de découverte, de partage et de prière, accessible à tous les âges. Ce livret peut être utilisé de différentes manières : comme proposition à transmettre aux familles, comme support pour une activité de catéchèse ou comme idée de sortie en groupe. Réalisé en collaboration avec l’Unité pastorale « Pays de saint Remacle – Stavelot – Francorchamps », ce parcours s’inscrit dans une série déjà riche. Cinq autres lieux sont proposés : la Collégiale de Huy, le Sanctuaire de Banneux, le Parc du Val-Dieu, le Calvaire de Moresnet-Chapelle et la Cathédrale de Liège.

Le livret est téléchargeable ainsi que les autresde la série sur le site de l’U.P. : (cliquez ICI ou sur la vignette ci-dessous) et est également disponible en format papier sur place à l’accueil de l’abbaye et à l’église paroissiale de Stavelot.

À l’approche des vacances, n’est-ce pas une belle occasion de rafraîchir vos connaissances et de les partager – en famille – avec les plus jeunes ?

Triduum des malades à Banneux

Le traditionnel Triduum de l’arrondissement de Verviers aura lieu cette année du 9 au 13 juillet 2026.

Vous êtes jeunes ou moins jeunes, valides, malades ou avec un handicap, seuls, en famille ou en maison de repos, venez vivre cinq jours de ressourcement aux côtés de la Vierge des Pauvres, entourés de bénévoles attentionnés. Nous accueillerons également très volontiers les jeunes à partir de 16 ans, et les adultes désireux de nous seconder durant ces cinq jours (s’inscrire au préalable : 0485/ 996 428).

Infirmières présentes tout le séjour.
Possibilité de chambres équipées d’un lit médical.

Ne manquez pas de consulter :

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« L’ETE S’RA CHAUD » …ET NOTRE COEUR ? Réflexion sur l’empathie par le Ploumtion (n°36)

Cliquez ICI ou sur l’image

échos de la Journée mondiale des réfugiés (20 juin)

La Journée mondiale des réfugiés a eu lieu le samedi 20 juin 2026. Organisée chaque année par L’ONU, c’est une journée pour reconnaître la force et le courage de millions de personnes contraintes de fuir leur foyer à cause de conflits ou de persécutions. Elle a pour but aussi de mettre en lumière les droits, les besoins et les aspirations légitimes de ces personnes. A ce propos, je nous invite à relire la Résolution émise en 2014 déjà par la Plate-forme Oecuménique de l’Euregio Meuse-Rhin : « La fuite n’est pas un crime, la fuite est un droit humain! » (clic sur l’image)

Elle est signée par: les Synodes de différentes églises évangéliques (Aachen, Jülich, Krefeld-Viersen, Moers), le Conseil synodal des églises protestantes de Belgique (VPKB), le Moderamen élargi du Limbourg de l’église protestante des Pays-Bas (PKN), le Conseil diocésain des catholiques du diocèse d’Aix-la-Chapelle, Mgr Jean-Pierre Delville évêque de Liège, Mgr Fr. Wiertz, évêque de Roermond, le Service pour l’Oecuménisme et la Mission de l’église évangélique du Rheinland -région du Bas-Rhin, et par Südwind – Institut pour l’économie et l’oecuménisme de Siegburg.

Cliquez ICI pour la lire ou la télécharger (version française).

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