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Un Président sous influence (évangélique) – Le Ploumtion n°32

« Seigneur, nous vous prions de continuer à donner au président Trump la force dont il a besoin pour guider notre grand pays. »

Cette prière énoncée par un pasteur évangélique américain le 5 mars dernier n’a pas en soi de quoi nous surprendre, nous qui sommes habitués dans notre pays à ce genre de prière, par exemple lors du « Te Deum », célébration qui a lieu deux fois l’an (le 21 juillet et le 15 novembre). (*)

La différence -elle est de taille-, c’est que chez nous cette intervention religieuse est strictement cadrée et a lieu dans les grands lieux de culte nationaux tels que la cathédrale des Saints Michel et Gudule où elle se déroule en présence de la famille royale et de représentants de la Nation et des différents Pouvoirs. Tandis que la prière que je viens de citer, elle, se passe de plus en plus régulièrement dans le fameux bureau ovale de la Maison Blanche, et ce en présence des caméras de toute la presse qui diffusent ces images dans toute l’Amérique. On peut y voir le Président Donald Trump, assis derrière son bureau, et entouré d’une trentaine de chrétiens nationalistes lui imposant les mains très solennellement au nom du Très-Haut qui lui a confié la mission messianique de redresser le pays et de « rendre à l’Amérique sa grandeur » en rétablissant les lois de Dieu.

Travis Johnson, de la « Pathway Church »

Ces images nous choquent, car nous sentons bien la récupération politique qu’il y a derrière ces démonstrations publiques. « Donald Trump est le premier président américain à organiser des prières dans le bureau ovale », confie le reporter de France Télévision A. Filippi. « Depuis un an, les chrétiens nationalistes murmurent à l’oreille du président. Ils se voient comme des soldats de Dieu à la reconquête idéologique de l’Amérique. Au premier rang, Travis Johnson, pasteur évangélique à la Pathway Church, l’un des plus influents. « À ce moment-là, je prie pour qu’il soit fort, courageux. Trump a été institué par Dieu, et Dieu l’utilise comme son instrument. Il y a des milliers de pasteurs qui sont venus à la Maison-Blanche cette année. On parle avec Trump. C’est le président le plus ouvert aux gens de foi que je n’aie jamais vu », raconte-t-il à France Télévisions. »

Paula White-Cain, « Le Royaume Inébranlable, accéder à l’autorité et à l’identité »

L’un des premiers décrets de Donald Trump a été d’instaurer un ’bureau de la foi’ à la Maison-Blanche, dirigé par une de ses proches, la pasteure évangélique Paula White-Cane, une télévangéliste qui a fait fortune en vendant des bénédictions Celle-ci vend aussi Donald Trump comme sauveur de l’Amérique « Dire non à Donald Trump, c’est dire non à Dieu », assure-t-elle. « J’ai tous les droits et l’autorité pour déclarer la Maison-Blanche comme une terre sainte », se targue-t-elle.

Il n’est pas douteux que la mise en scène dans le bureau ovale a été savamment travaillée : un Donald Trump béni et adoubé par une armée pasteurs évangéliques. « C’est un combat pour le christianisme, pour les valeurs judéo-chrétiennes, surtout la morale chrétienne. Il y a vraiment un bénéfice mutuel entre nous les évangéliques et le président Trump », explique le pasteur Ken Peters de l’Eglise patriotique du Tennessee.  

Evidemment, Trump en attend lui-même aussi de son côté un avantage, à quelques mois des élections de mi-mandat qu’il redoute. Ce n’est pas la première fois que le Président, en difficulté dans sa guerre en Iran et critiqué par une partie de son électorat à cause de l’inflation et du marasme économique dans lequel le pays s’enfonce, se pose en envoyé messianique : des photos travaillées avec l’I.A. circulent, le montrant avec les mains du Christ sur ses épaules, ou encore lui-même revêtu d’une robe rouge et imposant les mains sur un malade au regard plein de reconnaissance et de ferveur… Il aurait cependant été contraint de retirer cette dernière sous la pression essentiellement des chrétiens catholiques scandalisés – mais sa base évangélico-nationaliste reste inébranlable, chauffée à blanc par des pasteurs qui comme Travis Johnson, ne cachent pas leurs intentions : « On n’est pas là pour faire des vaguelettes. On est là pour prendre le pouvoir » ajoute-t-il encore, cité par une journaliste de France Télévision.

Ces chrétiens extrémistes sont infiltrés au plus haut sommet de l’État. Ils ont fait passer des lois anti-transgenres ou anti-avortement, mais sont aussi envoyés en délégation diplomatique officielle et sont des soutiens indéfectibles d’Israël. « Notre rôle n’est pas juste spirituel, mais géopolitique. Et Israël est le seul rempart contre l’extrémisme islamique », estime Travis Johnson qui était justement là à la Maison Blanche quand Benjamin Netanyahou est venu exposer à Trump son plan d’attaquer l’Iran.

Cela n’est pas pour rassurer, n’est-ce pas ? Un Président erratique et influençable à la tête de la plus grande puissance du monde ! Et il n’est pas le seul : autour de lui, des collaborateurs haut placés (placés par lui) ne cachent pas leur ferveur religieuse pour justifier leurs actions. Par exemple, le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, est un chrétien nationaliste convaincu. En témoignent ses tatouages : une croix des croisades, et sur son bras cette inscription « Dieu le veut » à côté d’armes. En pleine conférence de presse sur l’Iran, il cite des versets de la Bible : « Béni soit le Seigneur, mon rocher qui exerce mes mains au combat, mes doigts à la bataille ! ».

Pete Hegseth, secrétaire d’Etat à la Guerre

On n’ignore pas non plus les sentiments religieux du vice-président J.D. Vance, récent converti au catholicisme, mais un catholicisme plutôt… de combat! (post-libéral). Il serait le favori des nationalistes chrétiens à travers une alliance entre évangéliques et catholiques ultraconservateurs. Parallèlement, certains cadres du gouvernement comme la porte-parole de la Maison Blanche Karoline Leavitt se laissent volontiers filmer en train de prier « Seigneur Jésus, donnez-moi la force ! » avant de parler aux journalistes… Inimaginable chez nous !

Mais même aux « States » où la religion n’est pas un tabou et où l’on donne du « Dieu bénisse l’Amérique » à tous les discours, ce jeu collusif entre le pouvoir politique et les influenceurs religieux sent tellement à plein nez la manipulation que mis à part les milieux complotistes qui voient déjà arriver les cavaliers de l’Apocalypse et la Grande Bataille décisive entre Dieu, son messie D. Trump et le Mal, les chrétiens plus raisonnables commencent à se poser des questions – car se sentant utilisés. On peut espérer un sursaut de conscience, même si rien n’est jamais gagné en cette matière sensible.

La prégnance des influenceurs religieux est extrêmement forte dans les réseaux sociaux et une bonne partie des médias. La force de leur discours réside dans le fait qu’il tiendrait sa légitimité de Dieu lui-même. Cela court-circuite toute opposition, et fait au bout du compte taxer d’anté-christ celui qui remettrait en cause la parole et le rôle du « messie » ainsi dénommé. Même le pape Léon en a fait les frais, en témoigne la récente diatribe qui a eu lieu entre lui et Donald Trump – mais où le pontife catholique a su dire avec résolution sa position face aux divagations de Trump -sans citer son nom- et condamner les orientations indéfendables de son administration, en particulier concernant la politique de l’immigration et la guerre.

La base électorale de Donald Trump reste très forte, soudée par une idéologie politico-religieuse nationaliste qui rappelle par certains côtés les moments les plus sombres de l’histoire. Une grande partie des américains de la middel-class et de la low-class qui se sont vus délaissés et méprisés durant des décennies par la classe dirigeante au pouvoir, garde une rancœur profonde et un très grand sentiment de revanche dont Trump a très bien su jouer. Les pasteurs évangélistes ont réussi à rassembler derrière eux près de 30% des votants américains – avec en plus un redécoupage systématique du territoire imposé pour favoriser les républicains.

J.D. Vance, Vice-Président des U.S.A.

Ces chrétiens nationalistes, c’est selon les spécialistes, la base la plus solide de l’électorat de Trump. « Trump sait que ce sont ses électeurs les plus dévoués. Ce sont des gens qui le soutiendront, quoi que Trump fasse. Il peut instiguer un coup d’État, il peut aller envahir un autre pays, ils continueront à le soutenir », analyse Matthew D. Taylor, chercheur associé à l’université de Georgetown (États-Unis), cité par la journaliste Diane Schlienger de France Télévision.

La crise qui s’annonce semble devoir rebattre les cartes, si le ‘messie’ n’arrive pas à réaliser ses promesses alors qu’il se trouve englué dans le conflit iranien et que la situation économique se dégrade à vue d’oeil. Mais la « stratégie Trump » n’a-t-elle pas toujours été la fuite en avant, aveugle et obstinée ? Dès lors, on peut craindre le pire…

Nos Eglises reconnues ne devraient-elles pas être plus promptes à dénoncer fermement et clairement (comme le fait le pape Léon) les interprétations abusives et utilisations manipulatrices de la foi et du message chrétien, qu’elles proviennent de leurs propres rangs ou de l’extérieur ? Chez nous, en Europe, certains courants de droite ou de droite extrême n’hésitent pas à se camoufler sous une coloration de « défense des valeurs (dites) chrétiennes » pour avancer leur propre programme…  

Le Ploumtion

(*) Ce serait bien plus étonnant et certainement source de scandale chez nos voisins en France où la séparation des Eglises et de l’Etat est bien plus formelle et incisive qu’en Belgique !

ORMUZ ET L’EQUIPAGE TERRE : UN PASSAGE ETROIT (Le Ploumtion n°30)

« Ormuz », cela vous dit quelque chose ? Cela devrait : on n’entend plus que ce nom-là depuis quelques semaines ! Pratiquement inconnu du grand public avant le début de cette guerre – encore une ! – , aujourd’hui ce nom d’Ormuz, plus précisément « détroit d’Ormuz », fait la une de tous les journaux et est dans toutes les conversations. Le prix de l’essence à la pompe n’est pas pour rien dans cette célébrité inattendue… et comme un jeu de dominos, la hausse du prix de l’énergie dont nous sommes très gourmands (et dépendants) entraîne une flambée des coûts en cascade. Le monde entier s’agite, les places boursières en premier. Et on craint une crise mondiale qui ferait s’effondrer tout le système économique : un cataclysme !

Quoi qu’on pense du régime iranien – qui n’a rien d’une démocratie mais qui par contre a pas mal de sang sur les mains – , ou de la légitimité de l’intervention américano-israélienne et de la façon brutale dont celle-ci est menée sans égard pour les populations civiles qui paient comme d’habitude la folie des dirigeants, on ne peut qu’admirer l’astuce déployée par les autorités iraniennes : La fermeture du détroit d’Ormuz, qui est une manœuvre extrêmement intelligente que bizarrement Trump et ses stratèges n’auraient pas prévue.

Le blocage de cette artère maritime où transite pas moins de 20% du pétrole et du gaz consommé dans le monde est un enjeu vital pour le commerce mondial – et une gifle pour le président américain que ses électeurs risquent de désavouer. Cela me rappelle une histoire célèbre de l’antiquité, je crois d’après mes souvenirs qu’elle vient d’Ovide (les métamorphoses) – mais que Trump ne devait sans doute pas connaître : celle des organes du corps humain qui veulent se choisir un roi. En voici un conte librement inspiré :  

« Quand le corps humain fut créé, toutes les parties voulaient en être le Chef.
Le cerveau : puisque je commande tout et que je pense pour tout le monde, je devrais être le Chef !
Les pieds : puisque nous transportons le corps là où il le désire, nous devrions être le Chef !
Les mains disaient : puisque nous faisons tout le travail et gagnons de l’argent pour entretenir tout le corps, nous devrions être le Chef !
Et ainsi de suite pour le cœur, les yeux, les oreilles et les poumons…
Mais le trou du c. se fit aussi entendre et exigea d’être élu Chef. Les autres parties du corps éclatèrent de rire à l’idée qu’un trou du c. puisse être le Chef !

Alors, l’anus se mit en colère, et refusa de fonctionner. Il se bloqua et empêcha tout transit.

L’effet ne se fit pas attendre. Bientôt le cerveau devint fiévreux, les yeux devinrent vitreux, les pieds trop faibles pour marcher, les mains pendaient sans force, le cœur et les poumons luttèrent pour survivre…
Finalement, à bout de nerfs, le corps entier et tous ses membres furent d’accord pour que le trou du c. soit élu Chef ! Et celui-ci accepta alors de laisser passer les
 matières si importantes que lui seul pouvait évacuer.

Moralité : La renommée ou la grandeur ne suffisent pas pour diriger le monde, ou pour résister aux puissants : un petit peut très bien y arriver s’il a les bonnes cartes en main (et les bons leviers).

…Et ce sacré détroit d’Ormuz a du moins le mérite de nous faire prendre conscience de l’extrême dépendance que l’ensemble du monde entretient avec les énergies fossiles – honteusement privilégiées par Trump qui a tout fait pour saborder les efforts vers une transition énergétique en faveur du renouvelable. On pourrait sourire de ce boomerang qui lui revient en pleine figure, si de notre côté nous n’entretenions pas nous aussi une complaisance douteuse avec ce type d’énergie (le pétrole) et les bienfaits qu’il nous procure.

Au fond, est-ce que toute notre civilisation, notre façon si confortable de vivre ne repose-t-elle pas sur une consommation toujours plus importante de cette source d’énergie que nous imaginions inépuisable (elle ne l’est pas) et sans conséquences graves sur l’environnement (elle ne l’est pas non plus) ? Oui, reconnaissons-le : on s’est laissé petit à petit dorloter dans un confort tel qu’on n’en avait jamais connu auparavant dans toute l’histoire humaine, et séduire par une capacité extraordinaire en termes de mobilité, de voyages, d’exploits de toutes sortes… jusqu’à même aller sur la lune ou sur mars (ce qui n’est pas d’un très grand intérêt pour les milliards de gens qui souffrent aujourd’hui encore de la pauvreté ou de malnutrition). Tout cela grâce au pétrole.

Ormuz est un signal – mais ce n’est pas le seul – qui nous rappelle que cet « âge d’or » ou de cocagne ne peut pas durer éternellement, et qu’il peut s’arrêter un jour très brutalement. Le réchauffement climatique qui s’emballe, la raréfaction des matières premières essentielles telles que l’eau potable, l’air pur, la terre non polluée ou les sols non dégradés, ainsi que le déclin de la biodiversité qui s’aggrave de plus en plus, menaçant même les océans…, tout cela doit nous faire prendre conscience que le mur est proche pour que la viabilité sur notre planète devienne problématique ; on n’est pas loin du non-retour – juste une question de génération.

Pouvons-nous encore ignorer ceux qui tirent la sonnette d’alarme ? Ne devons-nous pas, comme les hongrois viennent de le faire, remettre à leur place ceux parmi les dirigeants qui sont, soit préoccupés de leur seuls intérêts électoralistes, soit vendus aux multinationales et au pouvoir de l’argent ? Et se choisir pour nous-mêmes une autre manière de vivre, de produire et de consommer, qui soit plus respectueuse de la magnifique Terre où Dieu nous a donné de naître, et de tous ses habitants… Même si ce n’est pas facile ! Il ne sera jamais facile de changer, de se changer ; tout seul on n’y arrivera probablement pas, mais ensemble…  Le pape François avait beaucoup invité croyants comme non croyants à s’engager résolument dans ce chemin de conversion écologique et humaine (Laudato Si). D’aucuns poursuivent ce travail essentiel, qu’ils soient bénis !

Plutôt que la guerre pour les ressources, pour le prestige ou la domination, réinventons la solidarité (entre peuples, nations et tous les humains quels que soient leur race, leur sexe, leur culture et religion), ce principe de solidarité qui a si bien réussi à l’humanité pour s’élever. Refusons l’unilatéralisme égoïste et dominateur, l’exploitation des pauvres et de la terre. Je terminerai ce petit plaidoyer en citant l’astronaute Christina Koch, de retour de la mission Artemis (comme quoi même une expédition spatiale peut aider à ouvrir les yeux) :

« Ce qui m’a frappée, ce n’était pas nécessairement la Terre elle-même, mais toute cette obscurité qui l’entourait. La Terre n’était qu’un simple canot de sauvetage suspendu, immobile, dans l’univers… »  Et, a-t-elle ajouté, « s’il y a une chose que je sais désormais, c’est celle-ci: Planète Terre, vous êtes un équipage ! »  

Il est temps que l’équipage Terre se serre les coudes et vise juste, car le passage est plus étroit que celui d’Ormuz !

Le Ploumtion

Comment aider les populations déplacées – en particulier au Liban – prises en otage par les belligérants et dont les conditions de vie sont devenues intenables ?

La situation au MoyenOrient s’aggrave. Des milliers de familles ont besoin d’aide. Donnez. Offrez nourriture, eau et soins médicaux aux victimes du conflit. Votre don sauve des vies. Depuis 167 ans, L’Œuvre d’Orient est engagée pour soutenir les chrétiens d’Orient dans 23 pays au Moyen-Orient, Afrique, Europe et Inde. Pour plus de renseignements sur la situation et faire un don, consultez les pages suivantes :

OEUVRE D’ORIENT : https://oeuvre-orient.fr/

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« Israël, qu’as-tu fait de ta vocation ? » – (Le Ploumtion n°29)

On le sait, il a fallu des millénaires pour que l’humanité émerge lentement de la barbarie dans le fonctionnement de ses sociétés, pour passer de la violence gratuite et de la vengeance disproportionnée et sans limite, à la notion d’Etat de droit substituant à la violence privée une « violence institutionnelle » canalisée par un corpus légal, la rendant limitée à des formes de réparation ou de punition mesurée.

Dans cette évolution, le peuple d’Israël a eu un rôle éminent au travers de la révélation biblique qui a fait œuvre de civilisation en tempérant la vengeance d’abord par la « loi du Talion » (œil pour œil, dent pour dent) sensée empêcher d’entrer dans des spirales de rétorsions infinies ; laquelle loi du Talion a été ensuite revisitée et même inversée dans les enseignements du rabbi Jésus prônant le pardon et l’amour des ennemis (cf Mt 5,43-48).

Parallèlement sous l’influence de cette culture judéo-chrétienne, la valeur inaliénable de la personne humaine s’est vue de plus en plus fortement affirmée, la vie devant être respectée, protégée par ce tabou biblique « tu ne tueras pas » (Ex 20,13 – Dt 5,17) – tabou qui a mis des siècles à être transposé dans les législations, ce qui n’est pas encore réalisé dans un certain nombre de pays qui appliquent toujours la peine de mort.

Au cours des siècles, Israël en tant que peuple élu a tenté d’incarner cette vocation de transmettre l’ordre divin aux nations, en développant une vision de l’Homme et de la société conforme au projet de Dieu. Cette vision implique l’égalité, la justice et le respect des autres qu’ils soient juifs ou non, la protection des plus faibles et l’accueil des étrangers qu’on ne doit pas exploiter (Ex 23,9 : « Souviens-toi que tu as été un immigré au pays d’Egypte »; cf aussi Lév 19,34 et Dt 27,19 etc…).

Cette élection et cette vocation particulières, le peuple juif les a payées un prix très lourd, ayant été durant des siècles principalement au cours de sa diaspora, la cible de la haine et de la violence meurtrière des autres peuples où il résidait, jouant dans bien des cas le rôle de « bouc émissaire ». La persécution, qui a cependant connu des moments relativement brefs d’accalmie, a culminé dans l’horreur de la « Shoah » perpétrée par les Nazis, où six millions de Juifs ont trouvé la mort dans les camps d’extermination.

À ce peuple sans terre rescapé de l’holocauste, il était certainement juste (même si c’était aussi dans le but se donner bonne conscience pour les pays « qui savaient » ) d’accorder après ce drame innommable le droit de retourner dans le pays où ses ancêtres avaient vécu et d’y créer un Etat hébreu ; cette décision des Nations-Unies, adoptée le 29 novembre 1947, prévoyait de partager la Palestine et de créer deux États (un État juif et un État arabe, la zone de Jérusalem placée sous administration internationale). Hélas, cette décision prise sans l’aval des populations palestiniennes autochtones allait créer un autre drame, celui des réfugiés palestiniens, et susciter bien des guerres dont celle qui se déroule en ce moment et qui oppose Israël à ses voisins.

La destruction de centaines de villages palestiniens, la confiscation de biens et de terres aux Palestiniens, se traduisant par des massacres et des exactions régulières des colons juifs extrémistes à l’encontre de la population palestinienne, l’emprise militaire et politique totale d’Israël sur les territoires annexés de force et l’arrogance affichée par un gouvernement d’extrême-droite dopé dans ses autojustifications et ses rêves de restauration du « Grand Israël », tout cela a conduit pour finir au massacre du 7 octobre 2024 commis par les fanatiques du Hamas et qui a fait 1200 victimes du côté israélien.

On sait la suite : ce traumatisme violent a permis à Netanyahou et à sa clique de se lancer dans une nouvelle guerre, absolue celle-là, contre tous les ennemis d’Israël – le Hamas palestinien, le Hezbollah libanais, l’Iran – au nom d’une menace existentielle qu’il faut éradiquer totalement quitte à ce que les populations civiles (palestiniennes, libanaises) soient déplacées ou simplement éliminées si elles protègent involontairement ou sont otages des combattants « terroristes ».

Au nom de ce droit d’Israël à se défendre et à se protéger de ces menaces, on a assisté, tétanisés, d’abord à la destruction totale de Gaza par les bombardements israéliens (les plus intenses depuis ceux de la dernière guerre mondiale qui ont détruit les villes allemandes comme Dresde…) puis à la mise sous coupe des survivants privés de soins, d’eau et de nourriture, d’écoles, d’hôpitaux et d’infrastructures nécessaires à la survie. Le nombre de victimes recensées de cet acharnement froidement impitoyable est évalué à 75.000 personnes, directement ou indirectement du fait de cette opération de « nettoyage » que plusieurs organisations internationales ont qualifiées de génocide.

Ensuite, cela a été – à la faveur de l’intervention américaine en Iran soutenues par l’aviation israélienne, les opérations militaires au Liban où de nouveau les villes comme Beyrouth et les villages du sud près de la frontières ont été systématiquement pilonnés et de plus on annonce prochainement une occupation permanente du territoire sud-libanais par les forces israéliennes. Du côté libanais, un millier de personnes auraient déjà perdu la vie dans cette opération (contre moins d’une dizaine de soldats israéliens).

Tout ceci a eu lieu sans qu’il y ait de réaction particulièrement forte de la part de la communauté internationale et des pays occidentaux : juste quelques déclarations de principe appelant à la modération et au respect du droit humanitaire. Mais il n’y a eu aucune condamnation ferme à l’encontre d’Israël ni de sanctions, à l’exception (notable et critiquée) d’une convocation au Tribunal Pénal International (TPI) du premier israélien Netanyahou, convocation restée sans suite, s’entend bien. La clique sioniste d’extrême-droite au pouvoir en Israël se sent le vent en poupe et les mains libres ; son projet de ‘Grand Israël’ avec les anciens territoires bibliques (qui ne font pas partie des frontières définies par l’ONU), enfin débarrassés de leurs « parasites » palestiniens, lui semble à portée de mains… « Dieu a donné cette terre à un seul peuple », et cela justifie tout pour les fanatiques religieux distillant cette idéologie raciste hélas de plus en plus partagée en Israël, même dans les franges de la population plus à gauche et qui en ont assez de ce sentiment permanent d’insécurité…

Je pense qu’on est dans l’impasse la plus totale. Et je redoute l’avenir, car les graines d’injustice, de violence et d’intolérance qui ont été semées depuis la création de l’Etat d’Israël ont toutes poussé et portent déjà les germes des conflits futurs. ISRAËL N’AURA JAMAIS LA PAIX ! Les enfants qui depuis leur naissance n’auront connu que la guerre et les injustes spoliations reproduiront ce que les générations précédentes ont-elles-mêmes connu, dans un cycle inéluctable qui doit bien faire rire le Diable.

J’en suis douloureusement attristé, profondément découragé, car ce pays est non seulement celui où Jésus a marché et prêché sa magnifique vision universelle d’un Royaume pacifique et non-violent, ouvert à tous les hommes et les femmes ; il est aussi celui où, conduit par un rêve de liberté soutenu par l’intuition d’un Dieu bienveillant et soucieux de l’humain, un peuple s’est affranchi de l’esclavage en Egypte et a construit une civilisation basée sur des lois et des principes qui ont fini, avec l’apport du christianisme, par inspirer après bien des péripéties et détours ce qu’on appellera des siècles plus tard la « philosophie des Lumières » et les « Droits de l’Homme ». Un vivre-ensemble où toutes les nations et confessions peuvent trouver leur place et collaborer pacifiquement pour œuvrer à un développement au service de l’humain dans un esprit d’équité et de responsabilité… Après avoir été la victime de l’idéologie raciste et suprémaciste du nazisme, le peuple juif avec son Etat qu’il avait conçu sur des valeurs et une organisation démocratiques, aurait pu servir d’exemple pour toutes les nations du monde entier !

On en est loin, aujourd’hui !! La déception est immense, et la consternation devant tant de souffrances endurées ou à venir… !

Jusqu’où cela ira-t-il ? Le déni d’humanité ne semble pas devoir s’arrêter. Dernier stade de cette escalade : la loi sur la peine de mort pour ceux qui portent atteinte à la vie d’un citoyen israélien « dans le but de nuire à l’état d’Israël et à la renaissance du peuple juif dans son pays », loi qui vient d’être promulguée à la Knesset (parlement israélien) à l’initiative des faucons de la droite extrême, dont le ministre de la sécurité nationale Itamar Ben-Gvir qui a éructé sa joie lors de l’adoption de cette loi qui vise bien évidemment les Palestiniens défendant leur maison ou leur famille, et non pas les citoyens juifs israéliens qui s’en prennent aux habitants palestiniens de Cisjordanie lesquels sont souvent molestés et tués par les colons comme ça arrive de manière régulière, ou par l’armée.

Plusieurs capitales européennes, Paris, Berlin, Rome, Londres, se sont inquiétées dimanche dans un communiqué commun en disant que si ce texte passait (c’est désormais chose faite), et bien ils risqueraient de remettre en cause, je cite, « les engagements d’Israël en matière de principes démocratiques ». C’est donc l’État de droit qui est affaibli, et derrière, c’est l’image démocratique de ce pays qui est profondément abîmée (mais n’est-ce pas aussi le cas actuellement pour les Etats-Unis, la Turquie et d’autres pays?) – et cela ne manquera pas hélas d’alimenter l’antisémitisme dans le monde où les amis d’Israël risquent de prendre de plus en plus distance…

L’autorité palestinienne, elle, affirme, que cette loi vise simplement à légaliser les exécutions extrajudiciaires qui existent aujourd’hui. En Cisjordanie, plus de 1000 Palestiniens sont morts depuis le 7 octobre 2023, soit sous le feu de l’armée, soit de colons juifs, régulièrement sans qu’il y ait de poursuites judiciaires. Donc c’est en effet l’état de droit qui est aujourd’hui affaibli, probablement aussi pour des raisons électoralistes et populistes, relèvent les opposants, puisque des élections approchent dans peu de temps. Une campagne électorale qui pourrait être immorale et irrationnelle, faisant appel au plus sombre de l’âme humaine.

J’aime profondément le peuple juif d’Israël, et de la même façon, le peuple palestinien ; j’ai eu l’occasion de visiter ce pays il y a des années, émerveillé du génie créatif des uns et de l’accueil extrêmement généreux des autres, rêvant de ce que ces deux cultures pourraient réaliser si elles se reconnaissaient complémentaires plutôt qu’adversaires.  

En conséquence, horrifié par ce qui advient actuellement et inquiet des souffrances subies ou infligées et de celles des peuples voisins entraînés dans cette guerre, en tant que chrétien mais aussi simplement frère humain, je voudrais interpeller ceux qui possèdent la force, et le pouvoir d’arrêter cette folie, avec ces mots semblables à ceux que Jean-Paul II avait lancés à la France qu’il invitait alors à se souvenir de son baptême :

« PEUPLE D’ISRAËL, QU’AS-TU FAIT DE TA VOCATION ? »     

AS-TU OUBLIÉ QUE LES PROMESSES DIVINES QUI T’ONT ÉLU, SONT POUR QUE TU SOIS RESPONSABLE DE LA VIE ET DU BIEN DE TOUS CEUX QUI DEMEURENT CHEZ TOI, ET QUE LA TERRE, EN DÉFINITIVE, N’APPARTIENT QU’À DIEU, C’EST-À-DIRE À TOUS ?

RÉVEILLE-TOI ! SOUVIENS-TOI QUE TON DIEU SE TROUVE TOUJOURS DU CÔTÉ DES OPPRIMÉS ET NON DU CÔTÉ DES VIOLENTS ;
LA VRAIE PAIX, LE « SHALOM » NE PEUT VENIR DES ARMES, MAIS SEULEMENT DU DIALOGUE, DU PARDON, DE LA SOLIDARITÉ ET DE L’HUMANITÉ QUI SOIGNENT LES BLESSURES ET OUVRENT L’AVENIR DANS UN ESPRIT DE JUSTICE ET DE RESPECT.

CHEMIN DIFFICILE CERTES, ET MÊME CRUCIFIANT, MAIS SEUL PORTEUR D’ESPOIR POUR LES GÉNÉRATIONS FUTURES.

ASSEZ DE SANG, ASSEZ DE LARMES !

QUE LE DIEU UNIQUE DES JUIFS, DES ARABES MUSULMANS OU CHRÉTIENS BÉNISSE CETTE TERRE DÉCHIRÉE ET QU’IL A TANT AIMÉE !

SHALOM ! SALAAM ! PAIX AUX HOMMES DE BONNE VOLONTÉ !

Le Ploumtion

P.S. Article partagé : L’Archevêque de Téhéran, Mgr Matthieu (un Belge !) souhaite que cesse la logique des représailles dans le Golfe – Vatican News https://share.google/KSxY5Vc8VoYiuaDzK

NEWSLETTER DE L’UNITE PASTORALE « PAYS DE SAINT REMACLE STAVELOT-FRANCORCHAMPS » – PÂQUES 2026

Ne manquez pas de consulter :

(ou cliquez ICI)

FÊTES PASCALES DANS NOTRE UNITE PASTORALE

Samedi 28 mars (Rameaux) : messe à 17h Francheville / 18h Côo
Dimanche 29 mars (Rameaux) : messe à 9h Francorchamps / 10h30 Stavelot
Mardi 31 mars (mardi-saint) : 18h messe et confessions à Stavelot (ch. de semaine)

Jeudi 2 avril (Jeudi-saint) : Dernière Cène à 18h Stavelot / 19h Wavreumont (et confessions à 14h30) / 19h30 Francorchamps
Vendredi 3 avril (Vendredi-saint) : chemin de croix à 11h15 Maison de retraite / 15h Stavelot / 15h Francorchamps / 15h Wavreumont
Office de la Passion à 19h30 Hockai / 20h Wavreumont
Samedi 4 avril (Samedi-saint) : Vigile pascale à 17h Francheville / 18h Ster (chorale Crisnir) / 18h Stavelot (m. des familles) / 22h Wavreumont
Dimanche 5 avril (Pâques) : messe du jour de Pâques à 9h Francorchamps / 10h Wavreumont / 10h30 Stavelot

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Méditation du Padre: « Le petit pont de buis »

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Communiqué des évêques de france – La guerre au Moyen-Orient et comment aider les populations

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Invitations

Communiqué des évêques de france – La guerre au Moyen-Orient

Comment aider les populations déplacées – en particulier au Liban – prises en otage par les belligérants et dont les conditions de vie sont devenues intenables ?

La situation au MoyenOrient s’aggrave. Des milliers de familles ont besoin d’aide. Donnez. Offrez nourriture, eau et soins médicaux aux victimes du conflit. Votre don sauve des vies. Depuis 167 ans, L’Œuvre d’Orient est engagée pour soutenir les chrétiens d’Orient dans 23 pays au Moyen-Orient, Afrique, Europe et Inde. Pour plus de renseignements sur la situation et faire un don, consultez les pages suivantes :

OEUVRE D’ORIENT : https://oeuvre-orient.fr/

N.B. La collecte du Jeudi Saint dans toutes les paroisses sera consacrée à la « Terre Sainte » via la Custode : voir lettre de la nonciature de Belgique : LETTRE CUSTODE

L’APPEL À LA PAIX DU 4 FÉVRIER (Le Ploumtion n°28)

Le 4 février 2019, le pape François avait rencontré à Abou Dabi Ahmed el-Tayeb, Grand Imam d’Al-Azhar au cours de son voyage apostolique aux Emirats-Unis et a signé avec lui un « document sur la fraternité humaine pour la paix dans le monde et la coexistence commune ». Ce texte a par la suite inspiré la résolution des Nations unies qui a désigné le 4 février comme la « Journée internationale de la fraternité humaine ».
La mosquée Al-Azhar fondée en 970 est une des plus anciennes mosquées du Caire et le siège de l’université sunnite al-Azhar, la plus ancienne université islamique encore active au monde après Quaraouiyine au Maroc et l’université Zitouna en Tunisie (cit. Wikipédia).

Dans le contexte actuel de guerres au Moyen-Orient, en Ukraine et dans plusieurs autres contrées, avec leurs cortèges de souffrances et de malheurs qui cristalliseront les haines futures, je me suis senti poussé à ressortir quelques extraits de ce texte magnifique émanant de deux des plus hautes autorités spirituelles du monde et qui appelle avec force tous les humains à chercher et trouver les chemins de la paix et de la réconciliation : Il parle entre autres d’une « troisième guerre mondiale par morceaux », expression lancée par le pape François et qui semble correspondre de plus en plus à ce que l’on observe un peu partout dans le monde actuellement.

PUISSENT TOUS LES CHRÉTIENS COMME VOUS ET MOI, AVEC NOS FRÈRES ET SŒURS DE CONFESSION MUSULMANE, ÊTRE ENSEMBLE PROMOTEURS DE CET ESPRIT DE PAIX QUI A SES RACINES DANS LE MEILLEUR DE CES DEUX TRADITIONS RELIGIEUSES, ET PUISSENT AUSSI LES CROYANTS DE CONFESSION JUIVE AINSI QUE TOUS LES HOMMES ET LES FEMMES DE BONNE VOLONTÉ, VOULOIR ÉGALEMENT S’Y ASSOCIER : CELA NE DOIT-IL PAS ÊTRE L’OBJET DE NOTRE PRIÈRE, DE TOUTE URGENCE ?

Le Ploumtion

Voici donc ces extraits :

Au nom de Dieu qui a créé tous les êtres humains égaux en droits, en devoirs et en dignité, et les a appelés à coexister comme des frères entre eux, pour peupler la terre et y répandre les valeurs du bien, de la charité et de la paix.

Au nom de l’âme humaine innocente que Dieu a interdit de tuer, affirmant que quiconque tue une personne est comme s’il avait tué toute l’humanité et que quiconque en sauve une est comme s’il avait sauvé l’humanité entière.

Au nom des pauvres, des personnes dans la misère, dans le besoin et des exclus que Dieu a commandé de secourir comme un devoir demandé à tous les hommes et, d’une manière particulière, à tout homme fortuné et aisé.

Au nom des orphelins, des veuves, des réfugiés et des exilés de leurs foyers et de leurs pays ; de toutes les victimes des guerres, des persécutions et des injustices ; des faibles, de ceux qui vivent dans la peur, des prisonniers de guerre et des torturés en toute partie du monde, sans aucune distinction.

Au nom des peuples qui ont perdu la sécurité, la paix et la coexistence commune, devenant victimes des destructions, des ruines et des guerres.

Au nom de la « fraternité humaine » qui embrasse tous les hommes, les unit et les rend égaux.

Au nom de cette fraternité déchirée par les politiques d’intégrisme et de division, et par les systèmes de profit effréné et par les tendances idéologiques haineuses, qui manipulent les actions et les destins des hommes.

Au nom de la liberté, que Dieu a donnée à tous les êtres humains, les créant libres et les distinguant par elle.

Au nom de la justice et de la miséricorde, fondements de la prospérité et pivots de la foi.

Au nom de toutes les personnes de bonne volonté, présentes dans toutes les régions de la terre.

Au nom de Dieu et de tout cela,

Al-Azhar al-Sharif – avec les musulmans d’Orient et d’Occident –, conjointement avec l’Eglise catholique – avec les catholiques d’Orient et d’Occident –, déclarent adopter la culture du dialogue comme chemin ; la collaboration commune comme conduite ; la connaissance réciproque comme méthode et critère.

NOUS – CROYANTS EN DIEU, DANS LA RENCONTRE FINALE AVEC LUI ET DANS SON JUGEMENT –, PARTANT DE NOTRE RESPONSABILITÉ RELIGIEUSE ET MORALE, ET PAR CE DOCUMENT, NOUS DEMANDONS À NOUS-MÊMES ET AUX LEADERS DU MONDE, AUX ARTISANS DE LA POLITIQUE INTERNATIONALE ET DE L’ÉCONOMIE MONDIALE, DE S’ENGAGER SÉRIEUSEMENT POUR RÉPANDRE LA CULTURE DE LA TOLÉRANCE, DE LA COEXISTENCE ET DE LA PAIX; D’INTERVENIR, DÈS QUE POSSIBLE, POUR ARRÊTER L’EFFUSION DE SANG INNOCENT, ET DE METTRE FIN AUX GUERRES, AUX CONFLITS, À LA DÉGRADATION ENVIRONNEMENTALE ET AU DÉCLIN CULTUREL ET MORAL QUE LE MONDE VIT ACTUELLEMENT.

Nous nous adressons aux intellectuels, aux philosophes, aux hommes de religion, aux artistes, aux opérateurs des médias et aux hommes de culture en toute partie du monde, afin qu’ils retrouvent les valeurs de la paix, de la justice, du bien, de la beauté, de la fraternité humaine et de la coexistence commune, pour confirmer l’importance de ces valeurs comme ancre de salut pour tous et chercher à les répandre partout.
[…]
En conclusion nous souhaitons que cette Déclaration :

-soit une invitation à la réconciliation et à la fraternité entre tous les croyants, ainsi qu’entre les croyants et les non croyants, et entre toutes les personnes de bonne volonté ;
soit un appel à toute conscience vivante qui rejette la violence aberrante et l’extrémisme aveugle ; appel à qui aime les valeurs de tolérance et de fraternité, promues et encouragées par les religions ;
soit un témoignage de la grandeur de la foi en Dieu qui unit les cœurs divisés et élève l’esprit humain ;
-soit un symbole de l’accolade entre Orient et Occident, entre Nord et Sud, et entre tous ceux qui croient que Dieu nous a créés pour nous connaître, pour coopérer entre nous et pour vivre comme des frères qui s’aiment.

Ceci est ce que nous espérons et cherchons à réaliser, dans le but d’atteindre une paix universelle dont puissent jouir tous les hommes en cette vie.

Abou Dabi, le 4 février 2019

Sa Sainteté Pape François Grand Imam d’Al-Azhar Ahmad Al-Tayyeb

[L’intégralité du document peux être lue ou téléchargée sur le site du Saint-Siège au Vatican https://www.vatican.va/content/francesco/fr/travels/2019/outside/documents/papa-francesco_20190204_documento-fratellanza-umana.html].
À lire ou à écouter aussi le message du pape Léon XIV lors de l’Angélus de ce Dimanche des Rameaux : «Jésus Roi de la paix», face à la violence du monde » https://share.google/ZJm5yjVG3AFgV8k1S (Vatican News)