Réflexion iconoclaste : « à quoi bon le carême ? »
(Le Ploumtion n°26)
À quoi bon le carême ? Voilà une question qu’il serait bon de se poser, n’est-ce pas ? Si d’aventure vous ne vous l’êtes pas déjà posée un jour… Et si vous ne faites pas partie de ces gens qui ne se posent jamais de questions.
À quoi bon le carême :
Les résolutions ? Mon Dieu, est-ce que je peux compter celles que j’ai déjà tenues, les compter sur les doigt d’une main ? Tôt ou tard, on finit par les oublier…
La conversion ? Quand je vois ce qui se passe dans le monde, la guerre en Ukraine, à Gaza, au Soudan… et l’arrogance de certains « maîtres du monde », la course au profit, l’indifférence de ceux qui veulent toujours plus de plaisir, de confort… j’ai l’impression que ce n’est pas moi mais plutôt eux qui ont besoin de conversion !
Je ne suis quand même pas un si mauvais chrétien que cela…
Alors, à quoi bon le carême ?
Est-ce juste un rite, une habitude qu’on renouvelle chaque année parce que c’est comme cela ? Pour donner une certaine couleur au temps qui passe…
Et si le carême nous était donné pour choisir la vie ?…………..
Il y a un chemin qui conduit à la vie et un chemin qui conduit à la mort, et il s’agit donc de prendre le bon chemin : « Choisis la vie ! » (cf Dt 30,20)
Dans le livre de la Genèse, l’arbre qui est au milieu du jardin, c’est l’arbre de Vie : une façon symbolique à la Bible de nous dire que le projet de Dieu est tout entier orienté depuis les origines de la création vers la vie et vers la Vie de Dieu. Dieu nous crée vivants pour nous partager sa vie divine.
Or, les forces de mort sont à l’œuvre elles aussi, en nous et autour de nous. Nous ne le savons que trop bien ! Tant de choses nous tirent vers le bas.
À chaque moment de notre vie, que nous le sachions ou pas, chaque fois que nous prenons une décision, que nous posons un geste ou une parole, nous faisons un pas dans une ou dans l’autre direction. Nous entrons dans une logique de vie ou de mort, qui se cristallise en nous petit à petit.
Et c’est finalement tout l’enjeu du carême de nous retrouver face à ces deux chemins et à reposer un choix fondamental : Oui, je choisis la Vie ! C’est la question qui nous sera posée dans la nuit de Pâques à laquelle tout ce carême nous prépare avec les catéchumènes. Et bien, à ce grand moment ou liturgiquement nous sera demandé si nous renonçons au chemin qui conduit à la mort, le chemin du péché, Satan qui est l’auteur du péché, et si nous choisissons le chemin de la vie, de la Vie éternelle dont la porte d’entrée est la foi : « Crois-tu en Dieu ? » « Oui, je crois ! – et je crois qu’il m’ouvre et qu’il m’offre sa Vie. »
Alors, si vous êtes d’accord d’emprunter ce chemin, voici les outils – ou panneaux indicateurs, qui nous accompagnent chaque année aussi afin d’exercer notre cœur, notre sentiment, notre volonté : afin que notre choix de la vie soit vraiment un choix. Choisir Dieu ne se fait pas à la légère, il faut y mettre le prix. Et c’est aussi pour cela qu’on le vit ce carême en communauté, en Eglise, pour s’encourager les uns les autres : « C’est par là ! C’est la bonne direction ! »
Ces outils : le jeûne, la prière, le partage. Rien de bien neuf n’est-ce pas ; mais derrière ces mots qui sont appelés à devenir des attitudes de vie, c’est toute une entreprise de libération, une grâce de liberté qui nous permettra de mieux aimer, de mieux croire, de mieux nous donner. À condition bien sûr de le vivre pour le Seigneur et avec Lui, dans le secret. C’est dans le secret et l’obscurité de la terre où est déposée la graine que peuvent se vivre les plus belles germinations !
J’ajouterais peut-être aussi un quatrième outil : le silence. « Ferme la porte de ta chambre et fais SILENCE.» Silence pour mieux rencontrer notre Dieu, silence pour mieux nous écouter entre nous. Voilà un quatrième pilier précieux pour laisser Dieu faire son travail, mais si difficile à atteindre dans le bruit de nos vies. Faisons donc du Silence un élément constitutif de notre carême. Du coup, voilà, je vais me taire !
Bon carême. Choisis donc la Vie !
Le Ploumtion
Carême de partage
Haïti : résister, c’est faire vivre la solidarité.
En cette période bousculée par les guerres et les crises, le chemin de conversion du Carême s’offre à toutes les personnes qui le veulent comme un temps pour se mettre encore plus singulièrement à l’écoute de l’Esprit de Dieu – esprit de vie et de justice – et pour s’ouvrir avec le regard de la foi aux plus vulnérables de la grande famille humaine. Ce Carême nous invite à porter tout particulièrement notre attention sur Haïti où, aujourd’hui, 4,9 millions d’Haïtiennes et d’Haïtiens ont du mal à se nourrir. Huit personnes sur dix réduisent le nombre de leurs repas pour survivre. Les paysans et paysannes doivent réduire les surfaces cultivées : les semences et engrais coûtent trop cher, entraînant une spirale de la faim… POUR DECOUVRIR LES PROJETS D’ENTRAIDE & FRATERNITE à HAÏTI, CLIQUEZ SUR CE LIEN :BROCHURE HAÏTI ; ou encore regardez la VIDEO publiée sur YouTube (CLIQUEZ ICI)
Votre don de Carême sera reçu avec reconnaissance sur le compte BE68 0000 0000 3434 d’Entraide et Fraternité (communication : 7366), en ligne sur www.entraide.be ou encore via les réseaux sociaux de l’ONG (Facebook et Instagram). Une attestation fiscale est délivrée pour les dons à partir de 40 € par an. En paroisse, les collectes spéciales « Carême de Partage » auront lieu les week-ends des 14-15 mars et 28-29 mars. Bon et fécond Carême à toutes et à tous.
POURQUOI LA TRANSITION ECOLOGIQUE N’AVANCE-T-ELLE PAS ? QU’EST-CE QUI LA FREINE ?
Entretien avec François Gemenne -un liégeois- spécialiste de la geopolitique du climat. Cliquez ICI !
PROCHAINE RENCONTRE DE « LECTIO DIVINA » (partage biblique): Jeudi 12 mars 2026 à 14h, chez Françoise Bonnetin, rue du Centre 63 à Francorchamps. POUR TOUS ! (rens: 0493/50.53.18)
N’ayant perso aucun compte Instagram, Snapchat, TikTok,… mais juste un Facebook pour pouvoir accéder à certaines infos (difficile d’y échapper), je suis mal placé, je l’avoue, pour traiter du sujet qui retient aujourd’hui notre attention : « Faut-il ou non interdire les réseaux sociaux aux plus jeunes ? »
N’empêche que le sujet est sur la table. L’adoption cette semaine par la France, après l’Australie et possiblement avant d’autres pays, d’une loi interdisant l’accès aux dits réseaux par les enfants de moins de 15 ans, cette adoption fait beaucoup de vagues. Moi qui suis de la ‘vieille génération’, je ne suis donc évidemment pas touché par cette interdiction et je n’en souffre aucunement vu mon peu de pratique – et ma méfiance – pour ce moyen de communication qui est devenu en quelques années incontournable pour toute une tranche de la population mondiale, et en tout cas de la plus jeune.
Mais qu’en est-il ? Y a-t-il réellement une dépendance vis-à-vis de ces médias, et un risque pour la santé mentale des plus jeunes ?
D’abord, l’addiction aux réseaux sociaux n’est pas qu’une impression. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), environ un adolescent sur dix présente des signes cliniques de dépendance. C’est à partir de 2001 que des sites web de réseautage social en ligne ont commencé à apparaître. MSN Messenger fut le premier réseau social à marquer le début d’une nouvelle ère du tchat numérique sur Internet, notamment chez les jeunes et les adolescents. C’est avec l’essor de Facebook, créé en 2004 et devenant public en 2006, que les termes de « médias sociaux » sont couramment utilisés. L’utilisation de ceux-ci connait une importante augmentation dans les années qui suivent : aujourd’hui, il en existe plus de 200 dans le monde. Ainsi, dès la fin des années 2000, ils sont largement entrés dans les mœurs ; les plus connus chez nous sont TikTok, Insta, Snapchat et encore un peu Facebook dont le public a fort vieilli et est déserté par les plus jeunes, davantage attirés par TikTok entre autres (produit par la Chine).
Le principe est simple : à partir d’une identité et d’un compte anonyme avec pseudo ou avatar, il est désormais possible de faire partie d’une ‘communauté’ qui partage les même intérêts, en échangeant et interagissant avec les autres membres pour partager des contenus, textos, photos, enregistrements filmés, etc. Cela favorise évidemment la possibilité et la recherche de rencontres selon les profils souhaités. Pour maintenir l’attention des utilisateurs, des algorithmes de recommandation analysent vos comportements (ce que vous regardez, ce que vous aimez) pour vous proposer des contenus ou des amis « affinitaires ». Le résultat est que se tissent des liens de plus en plus forts entre utilisateurs de même goûts, opinions et sensibilités, et que, particulièrement chez les adolescents – en quête d’identité -, une forme d’addiction risque très vite de s’installer.
Certains, dans la sphère commerciale mais aussi politique, ont très vite compris l’intérêt de ces réseaux et de leur influence pour manipuler et orienter les esprits afin de favoriser des comportements d’achat, des choix électoraux, ou encore par exemple de répandre des idéologies complotistes ou extrémistes (qu’elles soient de droite, de gauche, religieuses ou laïques). D’ailleurs, une nouvelle profession est née de cette révolution technologique et sociale : les influenceurs-ceuses. Les jeunes sont particulièrement réceptifs à ces injonctions qui leur donnent le sentiment d’appartenir à une même communauté qu’ils ont choisie.
Aujourd’hui, si l’usage des réseaux sociaux n’est pas assimilé à une drogue, il est incontestablement un fait de société qui n’a jamais fait l’objet de tentatives de régulation en dehors de la sphère familiale où certains parents essaient malgré tout de limiter son usage chez leurs enfants ou de mettre en garde sur certains contenus malsains. La récente interdiction chez nos voisins français qui vise les moins de 15 ans a donc fait l’effet d’une bombe et a été diversement commentée : soit, on a trouvé cette décision formidable : « Les réseaux sociaux, un poison pour les enfants, ils sont complètement addicts, ils n’en dorment plus, ils sont épuisés physiquement et moralement, ils ne peuvent plus se concentrer à l’école, les parents n’en peuvent plus et ne savent plus comment faire, enfin une loi qui vient éradiquer ce fléau… » ; soit (surtout chez les jeunes) on la critique comme une atteinte à la liberté ou en dénonçant une certaine hypocrisie : « Vous les adultes, les parents, vous saluez l’interdiction des réseaux sociaux aux ados, mais vous-mêmes, vous passez votre temps sur votre téléphone à scroller toute la journée ! »
Bref, les avis sont tranchés et la polémique pas près de s’éteindre. Ce qui est certain et bien établi par les études qui ont été réalisées, c’est que depuis le développement des réseaux sociaux surtout dans les années 2010, la santé mentale des jeunes s’est très brutalement dégradée, les troubles anxieux et dépressifs ont explosé, plus 145% de cas de dépression majeure chez les adolescentes américaines, plus 161% pour les jeunes hommes, plus 140% pour les jeunes adultes de 18 à 35 ans. Les dégâts sont déjà considérables : la privation sociale, les jeunes voient moins physiquement leurs amis, le manque de sommeil, les jeunes ne dorment pas assez pour la construction de leur cerveau, la perte de l’attention qui impacte la scolarité et l’addiction à des contenus inappropriés, violents, sexuels ou liés à l’automutilation et au suicide. Les problèmes d’estime de soi : La comparaison constante avec des standards irréalistes d’apparence et de réussite fragilise l’image de soi. Des troubles dépressifs : Une étude de l’AP-HP citée dans une récente émission de RCF estime que les réseaux sociaux pourraient être responsables de 600 000 cas supplémentaires de dépression chez les adolescents en France… En fait, on se demande si ne rien faire (ou laisser faire) n’équivaut pas à sacrifier tout une génération ? C’est un sujet éminemment grave.
Maintenant, faut-il ou non passer par une interdiction légale ? Pour Grégoire Bost, directeur du laboratoire de psychologie, du développement et de l’éducation de l’enfant au CNRS, invité sur le plateau de RCF, l’interdiction seule ne répond pas à ces enjeux ; c’est même en réalité l’aveu d’une faiblesse politique face à la complexité du rôle parental concernant les usages numériques. Il dit, je le cite, « il faut des moments où dans la famille, personne n’est sur un écran, ce sont des moments où l’on se parle, et se parler, c’est la clé des interactions sociales et humaines, particulièrement pour les enfants. » Du bon sens, oui, mais les parents eux-mêmes ne sont-ils pas dépassés, qui sont eux-mêmes rivés tout le temps à leurs écrans ? Il y a du travail pour tous les addictologues…
C’est toute une réflexion de société qu’il faudrait avoir, avec cette évolution vers un monde de plus en plus numérique et connecté. En tant que chrétiens, ne devons-nous pas y être particulièrement attentifs puisque Dieu a inscrit la relation au cœur de l’humain -et même de sa chair-pour le faire grandir en tant qu’être incomplet qui ne peut s’accomplir que dans cet échange ?
Alors, comment savoir si on est soi-même addict ? Je vous invite à faire l’expérience de regarder dans vos paramètres combien d’heures vous passez à scroller sur les différents réseaux, sous la rubrique « bien-être et contrôle parental ». Vous serez étonnés ! Bien sûr, une addiction problématique n’est le fait que d’une minorité d’individus, mais cela commence souvent insensiblement.
En fait, l’addiction est un dérèglement du système de la récompense qui à la base est utile à notre survie car il nous fait reproduire des comportements positifs pour la pérennité de notre espèce. Mais arrivé à un certain stade, quand ce système de la récompense est trop sollicité, il nous enferme dans un cercle vicieux avec un effet de manque qui veut sans cesse recréer et accroître la récompense. C’est le principe des algorithmes, ce système mis en place par les grandes plateformes qui connaissent grâce à leurs équipes de chercheurs tous les secrets de notre cerveau et surtout comment le rendre dépendants : ils utilisent notre circuit de la récompense et notamment les effets de la dopamine sur nos comportements. La dopamine c’est ce messager chimique produit par notre cerveau pour transmettre des informations à nos circuits cérébraux. La dopamine est notamment produite lorsque nous sommes satisfaits et que nous sommes récompensés. Ce circuit est associé à un sentiment de bien-être et cela nous pousse à recommencer l’expérience satisfaisante. Or, comme par hasard toute la stratégie des réseaux sociaux est de nous pousser à rester connectés grâce à des stratégies comme « les petits pouces en l’air, les Like », et cette impression d’appartenir à une communauté chaleureuse qui pense comme nous, qui nous amènent un sentiment de bien-être instantané et nous donnent envie de le ressentir à nouveau !
Alors, si vous pensez que vous passez trop de temps sur les réseaux, comme reprendre le contrôle ? Je vous propose quelques astuces au niveau personnel de Joëlle Iland, coach & formatrice. :
• Couper les notifications et les signaux qui nous conditionnent.
• Mettre votre téléphone de côté pour ne pas le voir pour moins de tentation
• Passer votre smartphone en mode noir et blanc le rendant moins attractif
• Choisir des occupations bien-être et sociales
• Apprendre à faire avec : garder nos smartphones pour leur utilité et leur place d’objet – sans plus.
Et si vous êtes parents, s’il faut certainement limiter voire interdire l’usage des réseaux (et du smartphone) à vos enfants avant un certain âge où ils deviennent capables de discerner, il est en tout cas nécessaire de dialoguer toujours avec eux, et d’informer le mieux possible et le plus tôt possible sur les risques éventuels. Et puis, ne faut-il pas montrer l’exemple ? Une ballade dans la nature en famille vaut certainement mieux que deux heures passées à « scroller » !
En conclusion, essayez d’intégrer ces petites astuces dans votre quotidien et vous verrez que vous pourrez reprendre le contrôle et consacrer du temps à votre bien-être et créer des liens « en vrai » en levant les yeux de vos « écrans de fumée » !
Prenez soin de vous et regardez le beau partout autour de vous ! Dieu vous bénisse, lui qui a le meilleur réseau social, celui de la prière et de la ‘communion des saints’ – à consommer sans modération !
Le Président du Monde, Donald Trump, vient de lancer solennellement le « Conseil pour la Paix » (Board of Peace) à Davos, en marge du sommet international sur l’économie qu’il a ainsi en quelque sorte confisqué. Ce ‘plus prestigieux conseil d’administration du monde’ comme il l’appelle, est bien sûr dirigé par lui-même s’autoproclamant dans les statuts président à vie. Donc, Donald est bien président du monde, qu’il entend gérer à sa façon.
De la soixantaine de pays -dont la Russie- invités à participer à ce club très fermé (droit d’entrée : un milliard de dollars, rien que ça), une dizaine d’affidés de la politique trumpienne ou du personnage ont répondu présent, une douzaine d’autres sympathisants assisteront à la cérémonie. Les autres ont décliné poliment. La Russie, elle, « étudie la question ». Quels sont donc ces pays ‘pacifistes’ ? Qui a accepté de rejoindre Trump ?
Citons-les : Hongrie -seul membre de la CE-, Maroc, Turquie, Israël (évidemment), les Émirats arabes unis, la Biélorussie de Youkachenko (soutien actif de la Russie en guerre contre l’Ukraine), Argentine, Paraguay, Albanie, Arménie, Azerbaïdjan, Égypte, Arabie saoudite, Pakistan (puissance nucléaire), Ouzbékistan, Kazakhstan, Indonésie, Vietnam, Kosovo, Qatar, Bahreïn, Jordanie.
Intéressant de se pencher sur le profil de ces dirigeants si passionnés par la cause de la paix : Le Financial Time de jeudi décrit ainsi ce Conseil de la paix qui, souligne-t-il, regroupe 6 monarques absolus, 3 anciens apparatchiks soviétiques, 2 régimes soutenus par l’armée et un dirigeant recherché par la Cour Pénale Internationale, en l’occurrence Netanyahou. « Les plus grands dirigeants de la terre », les appelle ce cher Donald ; « ce sont mes amis, d’ailleurs, je les aime tous ! »
Cela pourrait porter à sourire (jaune), mais il ne faut pas sous-estimer ces soutiens de Trump et de sa volonté de reconfigurer complètement les équilibres mondiaux à son avantage et à celui des USA. Trump exècre l’ONU, il exècre le multilatéralisme, mais ce machin qu’il lance pour supplanter l’ONU et son Conseil de Sécurité qu’il considère (un peu à juste titre quand même) comme inefficace, obsolète et donc inutile, cette nouvelle entité entièrement à sa botte a pour but en plus du prestige qu’il est sensé lui rapporter, lui, le ‘Président de la Paix’, de définir de nouveaux blocs d’influence constitués sur des rapports de force.
Hélas, il faut bien reconnaître que l’ONU est devenue une naine politique en quelques décennies. Héritière de la Société des Nations créée après la guerre, elle regroupe actuellement quand même 180 pays, et avait pour objet en premier lieu de trouver des solutions pour éviter de futurs conflits ou arrêter ceux en cours. Mais elle a rarement pu les empêcher : combien de résolutions sont restées lettre morte à cause du fameux droit de veto dont usaient en particulier les américains pour protéger leur allié Israël par exemple ?
L’objectif de Trump en lançant son ‘Conseil pour la Paix’ – et l’objectif depuis le départ de son administration est de mettre à bas justement ce qui demeure de l’ordre international post-45 et nous ramener dans une ère du bilatéralisme ou la loi du plus fort-prime. Donc bref, ce ‘machin’ n’a pas pour objet de créer un nouveau système multilatéral : son objectif, il faut le dire très simplement, c’est de créer un outil qui lui permette par une sorte d’OPA de mettre en place un nouvel ordre international, bilatéraliste, violent, où les relations sont frontales et les alliances de circonstances. Les derniers exemples en date, ceux du Venezuela et du Groenland, ne laissent aucun doute à ce sujet.
Trump n’est pas lui-même responsable de la déliquescence de l’ONU qui n’existe aujourd’hui pratiquement plus que par ses grandes agences humanitaires, PNUD, l’UNICEF, etc., et est en fait totalement absente des grands dossiers internationaux, totalement absente de l’Ukraine, Gaza… où elle est présente uniquement sur l’humanitaire. Le Président Donald n’avait plus qu’à donner le coup de grâce en construisant son système à côté de cette coquille vide. Ce qui est fait. Ses appels à une collaboration du Conseil de Sécurité avec son Conseil pour la Paix pour ‘faire des choses extraordinaires ensemble’ ne semble devoir seulement donner le change car c’est bien lui qui aura toujours la main.
Le discours triomphaliste (et en grande partie mensonger) de Trump sur les « paix » qu’il a selon lui imposées ‘dans 8 guerres’ est aussi une poudre aux yeux, juste un cosmétique pour ses fans électeurs, ou l’art de mettre la poussière sous le tapis. Ces guerres dont les causes n’ont jamais été traitées mais juste occultées avec les moyens de ‘persuasion’ économiques ou autres dont dispose Trump finiront toujours par renaître… et dans plusieurs cas elles n’ont jamais cessé. Le cynisme quand il affirme qu’à Gaza, « il n’y a plus que quelques ‘petits foyers’ (de guerre), « on a très très bien réussi… on n’entend plus parler de gens qui ont faim et on va tout reconstruire ». Au profit de qui ? Je doute que ce soit à celui des Gazaouis, des palestiniens… Et, en effet, on n’en entend plus parler. Les morts ne font plus de bruit.
Comme tout un chacun, j’ai été frappé d’horreur le matin de ce premier janvier 2026 en apprenant par les chaînes de radio et de télévision qui en traitaient en direct, le drame qui a ôté la vie à des dizaines de jeunes et blessé (souvent gravement) près d’une centaine d’autres lors du réveillon de la Saint-Sylvestre dans un bar-discothèque de cette station des Alpes suisses.
Cet incendie meurtrier dont les causes semblent devoir être attribuées à la négligence dans les mesures de sécurité, a plongé de très nombreuses familles dans un deuil extrêmement douloureux mais aussi à travers elles, tout un pays et diverses autres nations dont certaines victimes étaient des ressortissants : France, Italie et même notre Belgique – une jeune Belge de 17 ans était de ces jeunes fêtards que la mort a brutalement arrachés à ses proches.
Les circonstances atroces de ce drame nous ont tous tétanisés, rendus muets. Devant tant de souffrances, peut-on faire autre chose que se taire ? N’est-ce pas la plus élémentaire marque de respect à avoir, que de garder le silence et de ne proférer aucune parole même se voulant consolatrice, celle-ci ne pouvant manquer que de tomber à plat et aviver encore la douleur ?
Voilà justement le sujet que je voudrais aborder avec vous. Si dans les grandes douleurs, les catastrophes et les tragédies qui frappent aveuglément ci et là, le silence, selon l’adage, est d’or, quelle parole, quelle attitude l’Eglise et ses membres ou ses représentants peuvent-ils alors avoir pour témoigner d’une possible espérance comme les y invite l’Evangile ? N’est-ce pas incongru, voire extrêmement maladroit ?
J’en étais là dans mon questionnement quand j’ai entendu peu de temps après à la radio-RCF dans l’émission des « grands témoins » présentée par Louis Daufresne, le témoignage d’un prêtre du diocèse de Sion dans le Valais, le Père Joël Pralong, par ailleurs de formation infirmier en psychiatrie et auteur de nombreux ouvrages. Il rejoint en fait une conviction que je porte ancrée en moi depuis toujours et qui m’a animée tout au long de mon ministère: Devant la souffrance, et en particulier quand celle-ci est extrême et touche de nombreuses personnes, des collectivités ou des nations entières, l’Eglise en tant que fraternité rassemblée autour du Christ et solidaire de tous les hommes et femmes dont elle partage la condition, l’Eglise ne peut pas faire que se taire ; elle doit aussi oser une parole, des gestes concretsqui témoignent de cette solidarité, mais aussi de la Présence de celui qui nous sauve, le Christ Jésus. Et cela ne doit pas venir seulement de sa hiérarchie, mais aussi de sa base, de tous les chrétiens proches ou plus lointains mais qui veulent se faire les prochains (cf Lc 10,29 ss) de ceux qui traversent le gouffre du désespoir, « les ténèbres et l’ombre de la mort ».
Dans ce témoignage de compassion et de proximité envers ceux qui sont victimes de ces tragédies, ceux qui ont mission de pasteurs ont évidemment une responsabilité particulière pour donner à leur communauté un message fort, un message d’amour, de foi et d’espérance qui les éclaire et les soutienne – alors que ces drames peuvent impacter leur foi. J’en ai toujours été fort conscient. Cela a commencé, je crois, lorsque jeune prêtre, j’ai été moi-même secoué et interpellé par certains événements qui nous ont marqués tragiquement ainsi que nos contemporains :
Je me souviens en particulier de la guerre de Bosnie en 1995 et du massacre de Srebrenica avec ses charniers ; de la guerre du Kosovo (1998-1999) et de ses atrocités ; plus ancien mais près de nous, le drame du stade du Heisel du 29 mai 1985… Et puis plus tard, les tremblements de terre qui ont fait des milliers de victimes : à Sumatra (26/12/2004 – 230.000 victimes) ; à Haïti (12/01/2010) -plus de 200.000 morts ; le séisme au Japon suivi du tsunami provoquant la catastrophe de Fukushima le 11 mars 2011 (25.000 morts ou disparus)… et puis d’autres encore… N’oublions pas l’attentat du 11 septembre 2001sur les tours jumelles du World Trade center à New York (3000 morts) et qui a frappé de stupeur le monde entier…
On pourrait allonger indéfiniment la liste. Les drames qui ont touché le plus notre petite Belgique ne manquent pas non plus : les attentats islamiques du 22 mars 2016 à Molenbeek et à l’aéroport de Zaventem, suivant de près ceux en France de Charlie Hebdo (7 janv. 2015) et du Bataclan (16 nov. 2015). Mais l’événement abject et sordide le plus médiatisé, qui a suscité la plus grande émotion et la manifestation la plus imposante de toute l’histoire de notre pays, est assurément le calvaire mis à jour des petites filles Julie et Mélissa (1995) et des autres victimes de prédateurs sexuels vers la même époque : An, Eefje, Sabine et Laetitia… La population entière a été traumatisée par ces révélations. (Un certain temps après, ça a été au tour de l’Eglise d’être mise sur la sellette après la mise en examen de l’évêque de Bruges et les centaines de dénonciations d’actes d’abus sur des mineurs commis par des religieux, qui ont défrayé la chronique…). Les sujets actuels, eux, tournent souvent autour de Gaza, de l’Ukraine ou de l’Iran.
Bref, face à tous ces événements dramatiques qui m’interpellent autant qu’ils choquent et consternent nos paroissiens (et la population en général, chrétienne ou non),à chaque fois, je me sens poussé à réagir ; en tant que prêtre, mais aussi en tant qu’homme, frère en humanité. Je le fais en en parlant dans mes homélies, en rédigeant aussi des messages que je publiais ensuite sur internet ou déposais dans les églises. Plus simplement parfois, en en discutant lors des réunions et rencontres informelles. Quand les autorités ecclésiastiques, les évêques publient des déclarations (mais cela arrive parfois tardivement), évidemment je les diffuse.
Le plus souvent, ces réflexions sont nourries par ma foi mais aussi par une sensibilité que je veux « vulnérable », capable de partager authentiquement l’émotion et les questionnements, la colère et la révolte. Il reste pour moi fondamental de partager la tristesse, la douleur de mes contemporains, en donnant droit à l’expression du scandale que représente la souffrance des innocents : ces drames interpellent en effet nos croyances en un Dieu bon qui veut le bonheur des hommes. Sans vouloir faire de l’apologétique, je me sens toujours appelé à rendre compte de l’espérance chrétienne, qui ne se résume pas à de bons sentiments et des consolations faciles du genre : « Ils ont souffert, après ce sera mieux dans le Royaume… ». Ainsi, à de très nombreuses reprises, j’ai payé de ma personne : j’ai chaque fois ouvert mon cœur pour dire ma peine et ma compassion, mais aussi ce que, depuis mon for intérieur, moi Bernard, disciple du Christ Jésus, je devais dire en Son nom… et qui n’était pas facile ! Pour cela, il me fallait constamment casser l’image d’un dieu impassible et manipulateur, pour proposer une autre, celle du Dieu de Jésus Christ : un Dieu vulnérable qui se laisse toucher, qui pleure avec nous et nous accompagne… nous fait sortir de nos impasses de mort…
Cette image-là, pour être crédible, doit forcément être reflétée quelque part dans le comportement de celui qui la représente. C’est une exigence à laquelle je pense que nous, hommes (et femmes) de foi, nous devons répondre – tout en n’occultant pas pour la cause nos propres doutes ou difficultés face à l’intolérable. Comme Job, nous osons questionner Dieu. Je me souviens encore comment, alors jeune vicaire, j’avais crié, pleuré et engueulé Dieu quand j’ai dû accompagner pour la première fois une famille qui venait de perdre son enfant – avant qu’Il ne mette dans mon cœur et mon esprit Sa douceur pour la soutenir…
Alors donc que je venais d’apprendre le drame de Crans-Montana, ce que Joël Pradong, prêtre du diocèse de Sion, a partagé ensuite sur les ondes de RCF m’a rejoint instantanément. Je me suis dit : Mais bon, voilà quelqu’un qui ne parle pas la langue de bois ni n’occulte la peine, la douleur, avec des formules toutes faites. J’ai été touché par son témoignage. Je vous invite à le lire aussi ou à l’écouter (sur RCF podcast *), quand il nous parle du cœur, de « ce cœur qui ne vient pas nous donner une réponse logique, mais vient nous donner quelque chose de transcendant qui nous dépasse complètement, soudainement, et par lequel on se sent frère et sœur de tous et solidaire de tous… »
Ce qu’il dit aussi, c’est que même si on ne croit en rien, il y a quelque chose de transcendant dans l’homme, qui est beaucoup plus fort que ce qui lui arrive. Cela, je l’ai expérimenté au travers des nombreuses funérailles que j’ai célébrées – entre autres celles de jeunes partis trop tôt : Au départ, les gens disent ne croire en rien, mais après un certain temps, « la personne, le défunt est avec moi, celui ou celle qui est parti.e est devenu.e ma force » disent-ils.
Il y a là quelque chose qui n’est pas logique, rationnel, mais qui relève de ce sentiment qu’on est tous frères ou sœurs, faits à l’image de Dieu. On est évidemment dans l’émotionnel, et les gens inconsciemment cherchent une réponse que la raison seule ne peut pas donner : elle ne peut venir que du cœur. C’est donc ce langage-là que nous croyants nous devons tenir devant ceux que frappe le malheur : celui du cœur, uniquement. Et nous méfier par-dessus tout des réponses toutes faites et soi-disant consolatrices que nous fournit notre théologie ou notre raison bien-pensante.
Quand il y a une catastrophe, l’Eglise doit être là, l’Eglise doit se déplacer, être avec.« On n’est plus une Eglise reconnue qui a le vent en poupe », dit le Père Pradong, mais pourtant, ajoute-t-il, l’Eglise aujourd’hui demeure le lieu de la consolation et du témoignage fraternel. « C’est le témoignage qui doit être la réponse, humblement, humblement. » L’engagement et la solidarité des gens, eh bien c’est cela qui touche. Et la prière vient spontanément au secours. « L’Eglise, conclut-il, elle est un message d’espérance alors qu’on pensait que la foi était morte… » Ces drames nous réveillent.
J’ai rédigé ce témoignage à l’intention de tous et spécialement de mes frères prêtres, diacres… avec lesquels je partage la mission de parler de Celui qui nous sauve. Merci de m’avoir lu.
Le Ploumtion
(*) Père Joël Pralong : « Dans l’épreuve, l’Église devient un lieu de parole et de consolation » Un article rédigé par Colombe Vissac – RCF, le 6 janvier 2026 – Modifié le 6 janvier 2026
« On est dans l’effondrement, et donc dans l’émotionnel », explique le père Joël Pralong. Face à un événement traumatisant, la raison vacille et ne suffit plus : seul demeure ce qu’il appelle le « langage du cœur ». Dans ces moments-là, la présence simple et spontanée devient essentielle. L’émotion marque alors un retour à l’essentiel et favorise naturellement la solidarité et l’empathie.
« Nous devenons tous frères et sœurs », souligne-t-il. De nombreux jeunes se sont sentis directement concernés par le drame. « Ils n’ont pas d’autre langage que la présence : ils sont solidaires, ils pleurent ensemble, ils se prennent dans les bras. » Leur compassion s’exprime avant tout par cette proximité, souvent plus précieuse que les mots. Certains témoignent également d’une foi vécue de manière très concrète, notamment par la prière.
Le père Joël Pralong évoque à ce propos le témoignage bouleversant d’une jeune fille de 17 ans. Coincée sous des victimes, elle raconte avoir serré une petite croix dans sa main et prié : « Seigneur, je suis trop jeune pour mourir. J’aimerais encore vivre. Mais si je dois mourir, alors je mourrai. » Tentant de passer sa main entre les corps, elle est finalement aperçue, puis sauvée. “Il y a quelque chose de très fort de l’ordre de la mort, de la résurrection.” explique l’ancien supérieur du séminaire de Sion.
L’Église, lieu de consolation
Dans l’épreuve, l’Église demeure un lieu de consolation. Dimanche dernier, malgré le froid, des centaines de personnes ont assisté à la messe célébrée à l’extérieur de la chapelle Saint-Christophe de Crans-Montana. Dans son homélie, Mgr Jean-Marie Lovey, évêque du diocèse de Sion a rappelé que « Dieu n’est pas ailleurs que là où un enfant de cette terre souffre ».
Face à un événement que la raison seule ne peut pas expliquer, on assiste à un retour au spirituel. Le président de la Confédération suisse a lui-même appelé à prier pour les victimes et leurs familles. « Voilà comment le langage du cœur se concrétise », observe le père Joël Pralong.
Selon lui, le rôle de l’Église n’est pas d’apporter des explications aux faits, mais de porter un message de soutien et d’espérance. Elle ne cherche pas la reconnaissance, mais se tient aux côtés de ceux qui souffrent, partageant leur douleur.
« De la faiblesse de l’horreur surgit une force »
Interrogé sur la question du sens et sur l’idée d’un drame attribué au hasard ou à la seule responsabilité humaine, le père Joël Pralong cite l’Evangile selon saint Luc et la tour de Siloé, “qui tombe et qui écrase 18 personnes (…) les gens en sont terrorisés (…) ils cherchent les coupables (…) ou alors, ces gens-là étaient coupables, puisque la tour leur est tombée dessus. Et Jésus a une bonne réponse. Il balaye cette culpabilité. Et puis, simplement, devant l’horreur, il invite les gens à se convertir. Ça veut dire que, quelles que soient les situations de mal, Dieu est toujours du côté de ceux qui souffrent.”
Ces drames font naître une recherche de lumière à laquelle aucune réponse intellectuelle ne suffit. “La seule réponse possible vient du cœur”, affirme-t-il, avec cette conviction que Dieu est présent, à l’image de saint Paul : “Je peux tout en celui qui me rend fort. »
Les étapes du deuil
Ancien infirmier en psychiatrie, le père Joël Pralong distingue plusieurs phases dans le processus de deuil. Après l’émotion vient la colère, marquée par la recherche de responsabilités. Cette étape sera particulièrement éprouvante, tant pour les familles que pour les personnes mises en cause.
Cette colère est centrale souligne d’ailleurs le père Joël, “la colère est quelque chose qui nous préserve du gouffre aussi, qui nous préserve de nous jeter dans le désespoir, explique-t-il, il y aura un moment difficile, mais ce moment difficile va être nécessaire pour faire la lumière, ça ne va rien changer à l’événement (…) il va permettre aux personnes aussi de comprendre pourquoi elles sont victimes.”
Ce n’est qu’à ce moment-là que l’Église est appelée à porter un message de pardon et de réconciliation. Non pour nier la légitimité de la colère, mais pour éviter qu’elle ne devienne enfermante, grâce à un accompagnement humain et spirituel inscrit dans la durée.
Puissent ces pensées aider le plus possible de nos amis et proches à accueillir Celui qui est Lumière et dont parle le Prologue de Jean, le Verbe divin qui veut habiter tous les coeurs. N’hésitez pas à transmettre ce lien et à le diffuser autour de vous.
J’en profite pour vous souhaiter à chacun-e une bonne année dans laLumière de la Vie sans laquelle nous trébuchons et nous nous cognons à tous les impedimenta -les obstacles- au lieu d’en faire des tremplins pour aimer !
Le Ploumtion (padre Bernard)
Jésus dit : « Moi, je suis la lumière du monde. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, il aura la lumière de la vie. » (Jn 8,12)
« Tant que vous avez la lumière, marchez dans la lumière afin que les ténèbres ne vous surprennent point: croyez en la lumière, afin que vous soyez des enfants de lumière. » (Jn 12,35-36)