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NEWSLETTER DE L’U.P. « PAYS DE SAINT REMACLE » DE STAVELOT-FRANCORCHAMPS – 16.11.2024 https://paysdesaintremacle.wordpress.com/

Le pape François a annoncé un jubilé à Rome en 2025. Cette tradition proclamée par le pape Boniface VIII remonte à 1300. Elle a lieu tous les 25 ans. Le Dicastère pour l’Évangélisation est chargé de l’évènement. 32 à 40 millions de pèlerins sont attendus dans la capitale romaine au cours de cette Année Sainte. (voir proposition de pèlerinage plus bas). Le Jubilé 2025 s’ouvrira officiellement le mardi 24 décembre 2024 à 19 heures, avec la Célébration Eucharistique présidée par le Pape François sur la Place Saint-Pierre. Après la Messe aura lieu le rite d’Ouverture de la Porte Sainte. Elle se clôturera le mardi 6 janvier 2026.

Mais le Jubilé ne se vit pas qu’à Rome, loin de là ! Tous les diocèses et donc tous les catholiques du monde sont invités à le célébrer, et surtout, à vivre un renouvellement spirituel. En effet, pour l’Église catholique, le Jubilé est une période spéciale de grâce, de miséricorde et de renouveau où les croyants sont invités à se tourner vers Dieu pour obtenir le pardon de leurs péchés (notemment en accueillant l’indulgence plénière) et renouveler leur engagement de foi.

Le dernier jubilé en date est celui de l’an 2000. Décrété par le pape Jean-Paul II, il s’est tenu du 24 décembre 1999 au 6 janvier 2001, afin de marquer le passage au nouveau millénaire ainsi que la célébration de l’Incarnation du Fils de Dieu, Jésus-Christ, deux mille ans auparavant. Ce fut un très fort moment de communion mondiale pour les chrétiens autour du renouveau de la foi et de l’appel à une humanité unie, plus que jamais nécessaire.

En plus des jubilés « ordinaires », célébrés tous les 25 ans, peuvent se tenir des jubilés « extraordinaires », en fonction de circonstances exceptionnelles. C’est le cas par exemple de l’année 2015-2016 (« Jubilé de la Miséricorde »), proclamée sainte par le pape François, et célébrant le cinquantenaire de la clôture du concile Vatican II.

Le thème pour ce Jubilé 2025 est « Pèlerins d’Espérance ». Il rejoint celui qui avait été mis en avant lors de la visite du pape François en Belgique en septembre dernier. Le Vicariat du Brabant Wallon s’est déjà mis en route pour approfondir ce thème au cours d’une journée de formation (voir article Cathobel) ; je retiens quelques lignes de l’intervention du théologien Rick Van Lier, coordinateur scientifique à l’Ecclésia Lab. « Ce dernier a éveillé notre regard, écrit Cathobel, sur ce qui germe dans l’Eglise de Belgique : les baptêmes d’adultes par exemple. Il a relevé les postures qui favorisent l’espérance :

  • Tournez votre regard vers ce qui pousse. Cessez de contempler avec nostalgie ce qui disparait;
  • Considérez ce qui est humble. Dieu en fera ce qu’il entend;
  • Réjouissez vous de la diversité. Découragez l’uniformité;
  • Espérez avec lucidité. Cultivez le regard large, long et patient;
  • Osez des choses nouvelles. »

Ne pourrions-nous pas déjà nous en inspirer ? « Laissons-nous inspirer par la comparaison du figuier : dès que ses branches deviennent tendres et que sortent les feuilles, vous savez que l’été est proche. » (Mc 13,28)

Lisez ici la synthèse de son intervention

Voici un bon plan pour visiter Rome et célébrer le jubilé 2025 ⤵️

… Et si vous partiez à Rome pour le grand jubilé 2025 ?Le jubilé a toujours représenté dans la vie de l’Église un évènement d’une grande importance spirituelle, ecclésiale et sociale… (Jubilé 2025 – Iubilaeum 2025: pèlerins de l’espérance Source: www.iubilaeum2025.va)

Une proposition est de le vivre avec un groupe belge en lien avec la radio 1RCF Belgique, guidée par Jean-Luc Moens, logement dans le lieu emblématique de la Trinité des Monts. Pour plus d’informations, programme et inscription, nous vous invitons à consulter le lien suivant : https://trinitadeimonti.net/…/pelerinage-sur-les-pas…/ Informations : 019/51.38.04, marc.fichers@gmail.com

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(lectio divina: mot latin signifiant à peu près « lecture spirituelle ou divine »)

Bientôt, l’Avent… Comme le suggère l’article du Bulletin paroissial de ce mois « Vivre l’Avent comme une attente vivifiante » dans ses pistes pour vivre ce temps spécial dans un climat d’attente, de prière et de joie, ne pourrions-nous pas remettre au coeur de nos journées la méditation de la Parole de Dieu ?

Un moyen simple et facilement accessible est la « lectio divina » qui propose une méditation biblique priante, laquelle peut être vécue seul-e ou en groupe, et constitue une sorte d’itinéraire spirituel pour s’approcher du texte et surtout de Dieu à travers quelques étapes précises. Il ne faut aucune compétence particulière pour vivre cette méditation, simplement être dans une disposition d’accueil de ce que le Seigneur veut nous dire personnellement dans sa Parole.

Vivre cette expérience en petit groupe de 2 à 6 personnes permet, par l’écho que chacun reçoit des autres sur la façon dont résonne en eux la parole choisie, de s’enrichir mutuellement au travers de cette écoute sans jugement ni comparaison : on reste dans l’accueil, pas dans le débat. Chacun.e s’exprime librement, sans obligation. La prière clôture cette rencontre qui ne dure pas plus d’une heure. Un modérateur aide au déroulement des différentes étapes dans un climat fraternel où chacun devient de plus en plus disciple de Celui « qui a les paroles de la vie éternelle » (Jean 6,68).

Quelques personnes m’ont déjà manifesté leur intérêt pour cette démarche ; si vous êtes également curieux-se de vivre au moins une fois cette expérience, contactez-moi. (Aucune date n’a encore été fixée pour une première rencontre ni le lieu, cela dépendra des désirs et possibilités des candidat.e.s.)

Abbé Bernard Pönsgen, bernard.ponsgen@gmail.com0493/50.53.18

Je déclare la paix

DECLARATION DE PAIX

Convaincu que tous les humains sont appelés à devenir un jour frères, et que la paix ne peut se construire que dans la justice et l’amour de ceux qui sont différents de moi, je déclare la paix en refusant tout esprit de guerre et de suprémacisme pour moi-même et pour le monde où je vis.

Dans ce but, je m’engage solennellement à respecter les principes suivants : 

Je m’engage à respecter la liberté personnelle de chacun et son intégrité, la liberté d’expression et de conscience, en refusant toute violence verbale ou physique, contrainte, menace ou pression et en privilégiant le dialogue franc et ouvert.

Je m’engage à tout mettre en œuvre pour que chacun ait le droit d’avoir ses propres convictions religieuses ou philosophiques et de les exercer, sans lui imposer mes opinions ou mes croyances mais en cherchant à le connaître pour mieux comprendre son point de vue, même si je ne le partage pas.

Je m’engage à promouvoir l’égalité entre les femmes et les hommes, à respecter la dignité de la personne humaine ; je m’engage à n’adopter aucune attitude sexiste ou raciste et donc, à ne pas faire subir à une personne ou à un groupe des discriminations qui seraient fondées sur le genre, l’orientation sexuelle, le handicap, l’âge, l’origine ethnique ou tout autre préjugé dévalorisant.

Je m’engage à refuser le mensonge, les fausses informations (fake news) destinées à nuire ou à salir la réputation d’autres personnes, et à ne pas les répandre.

Je m’engage à me battre pour que dans le cadre où je vis, familial, sociétal, les droits des plus faibles soient respectés et que la sensibilisation au respect, à la responsabilité, à l’entraide et à la solidarité, soient au cœur de l’éducation.

Je m’engage à ce que dans mes choix de vie et de consommation, il y ait le moins possible de conséquences négatives en termes de justice sociale et économique, en termes de respect de l’environnement et de la biosphère ; je m’engage à être attentif aux conditions de vie des habitants des pays qui font l’objet d’une exploitation au bénéfice direct ou indirect des collectivités dans lesquelles j’évolue.

Je m’engage enfin à promouvoir et défendre en les faisant miennes, les valeurs sur lesquelles s’est construite et continue à se construire l’Europe, en particulier l’élimination de la pauvreté et le respect des Droits de l’Homme, dans un espace de liberté et de démocratie qui unit les peuples et les nations.

Je m’oppose à tout extrémisme démagogique, et je milite pour que ces Droits et ces Valeurs puissent être appliqués dans le monde entier, y compris vis-à-vis des personnes de toute origine qui fuient leur pays à cause des menaces sur leur vie résultant des guerres, des dictatures, des catastrophes climatiques ou de la misère.

Fait à…, le …                                      

NOM, PRÉNOM et SIGNATURE :

« Des décennies durant, le monde a semblé avoir tiré leçon de tant de guerres et d’échecs et s’orienter lentement vers de nouvelles formes d’intégration. […] Mais l’histoire est en train de donner des signes de recul. Des conflits anachroniques considérés comme dépassés s’enflamment, des nationalismes étriqués, exacerbés, pleins de ressentiments et agressifs réapparaissent. Dans plus d’un pays, une idée d’unité du peuple et de la nation, imprégnée de diverses idéologies, crée de nouvelles formes d’égoïsme et de perte du sens social sous le prétexte d’une prétendue défense des intérêts nationaux. Ceci nous rappelle que chaque génération doit faire siens les luttes et les acquis des générations passées et les conduire à des sommets plus hauts encore. C’est là le chemin. Le bien, comme l’amour également, la justice et la solidarité ne s’obtiennent pas une fois pour toutes ; il faut les conquérir chaque jour. Il n’est pas possible de se contenter de ce qui a été réalisé dans le passé et de s’installer pour en jouir comme si cette condition nous conduisait à ignorer que beaucoup de nos frères subissent des situations d’injustice qui nous interpellent tous ».

Pape François, Fratelli tutti, n°10-11 *

« Le monde n’a pas besoin de paroles creuses, mais de témoins convaincus, d’artisans de paix ouverts au dialogue sans exclusions ni manipulations. En effet, on ne peut parvenir vraiment à la paix que lorsqu’il y a un dialogue convaincu d’hommes et de femmes qui cherchent la vérité au-delà des idéologies et des opinions diverses. La paix est un édifice « sans cesse à construire » *, un chemin que nous faisons ensemble, en cherchant toujours le bien commun et en nous engageant à maintenir la parole donnée et à respecter le droit. Dans l’écoute réciproque, la connaissance et l’estime de l’autre peuvent se développer jusqu’à reconnaître, dans l’ennemi, le visage d’un frère. Le processus de paix est donc un engagement qui dure dans le temps. C’est un travail patient de recherche de la vérité et de la justice qui honore la mémoire des victimes et qui ouvre, pas à pas, à une espérance commune plus forte que la vengeance. »

(*) (Lumen Gentium, concile Vatican II)

Pape François, Message pour la journée mondiale de la paix, 1er janvier 2020.

LE RETOUR DE LA FORCE

Ce matin 7 novembre, les premières pages et les titres de la presse traduisaient unanimement un fort sentiment d’inquiétude, voire de désarroi. J’ai relevé quelques-uns de ces titres les plus marquants (in RTBF Actus 7.11.2024) :

« Le revoilà » (De Morgen)

« Le choc Trump, Acte II. » (La Libre)

« Trump prend sa revanche, plus dangereux, plus en colère et plus puissant que jamais. » (De Standaard)

« Plus personne maintenant n’arrêtera Trump. » (Het Laatste Nieuws)

« Et maintenant ? » demandent Le Soir et L’Avenir.

Oui, et maintenant ? Quel avenir pour les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient ? Quel futur pour l’Otan et l’Europe ? Quel lendemain pour la démocratie ? Quel espoir encore pour les femmes, les minorités, les migrants, l’environnement et le climat ?  Le monde entier se pose ces questions après cette victoire. Et bien d’autres tout aussi dérangeantes. Car le phénomène Trump ou ‘’Maga’’ pourrait bien faire tache d’huile chez nous et ailleurs dans le monde.

Car comme l’écrit le commentateur dans Le Monde, « ils [les Américains] ont choisi en toute connaissance de cause. En 2016, les électeurs américains ignoraient à quoi ressemblerait une présidence Trump. Cette fois, non seulement les électeurs américains connaissaient parfaitement le candidat Trump – jusque dans ses comportements les moins glorieux, mais surtout, le candidat est encore plus radical qu’il y a 8 ans. Son électorat SAIT où ce président va les emmener, et il en redemande« .

Kamala Harris dans un discours, déclarait en parlant de toutes ces dérives outrancières, intolérantes, vulgaires, racistes et misogynes : »ce n’est pas ce que nous sommes. Ce n’est pas l’Amérique« . Il s’avère pourtant que malheureusement, c’est exactement ce qu’est aujourd’hui l’Amérique,ou en tout cas une partie majoritaire de ce continent, et celane va probablement pas se limiter aux Etats-Unis. « L’ère Trump ne s’ouvre pas que pour les Etats-Unis, écrit Le Soir. C’est une nouvelle ère politique conquérante qui va s’ouvrir pour le Monde. » « Donald Trump n’est plus l’anomalie, il est désormais la norme. » (De Standaart)

Comme l’écrit l’Avenir – en donnant froid dans le dos, « Aux 4 coins du Vieux Continent, d’autres petits Trump attendent désormais leur heure de gloire« . La montée des extrêmes-droites un peu partout dans le monde semble donner raison à ce sombre pronostic.

Qu’est-ce qui a fait pencher la balance en faveur du populiste Trump et pousser les indécis, les latinos et même les femmes à l’élire ? On pointe les promesses économiques du candidat, sur fond d’inflation qui frappe davantage les revenus les plus bas. Sans doute que ce thème, davantage exploité par Trump que par Harris, a joué dans la compétition. Mais ce qui ressort peut-être davantage, c’est semble-t-il sa façon de paraître et de s’exprimer. Brutale. Viriliste. Sans nuances. Méprisante pour les adversaires (qu’il traite d’ennemis). Il a su chauffer les esprits avec un charisme certain en permettant à des foules entières d’Américains tant de condition modeste qu’issus de la ‘’middle class’’ de se projeter dans ce personnage qui catalyse à la fois leurs aspirations et leurs frustrations. Grâce à lui, ils peuvent proclamer tout haut les pensées auparavant inavouables, en quelque sorte il a libéré la parole en donnant une sorte de ‘caution morale’ à ce qui n’était pas politiquement ni chrétiennement correct. Ainsi que l’écrit le journaliste de l’Echo, c’est le « triomphe des pulsions ». Le discours rationnel est balayé au profit des affects par la démagogie de Donald Trump, orfèvre en la matière.

Hélas pour Kamala Harris, l’Amérique a manqué une deuxième fois son rendez-vous avec l’Histoire en refusant d’élire une femme à sa présidence.

Le plus étonnant peut-être est le soutien très marqué des chrétiens, y compris les catholiques, dévolu au candidat Trump. Les évangélistes l’ont sacré défenseur de la loi anti-avortement (malgré quelques ambigüités de Trump qui n’a voulu s’aliéner aucun camp) ; mieux, ils en ont fait un ‘’messie’’ envoyé de Dieu qui doit rétablir l’ordre conservateur et la morale (sic). Les catholiques voient aussi un lui un défenseur des valeurs dites chrétiennes – le sont-elles vraiment ?

Comme au temps de Jésus, on confond le Royaume de Dieu avec un ordre social et politique, une puissance qui impose une façon de concevoir le monde et une morale à tous les citoyens d’un pays. Derrière cette conception religieuse où la société est soumise aux lois divines (qui est aussi la vision de l’Islam, nota bene), il y a un piège énorme que le Christ a dénoncé maintes fois en rappelant que « son royaume n’est pas de ce monde » : ce piège, ainsi que le souligne Aymeric Christensen, directeur de la rédaction de l’hebdomadaire La Vie, c’est de préférer une loi d’apparence chrétienne à la liberté évangélique ; prétendre instaurer par le haut un ordre social fondé sur des « valeurs » chrétiennes.

Nous savons à quelles dérives cela a conduit dans l’Histoire…

Mais derrière tout cela, derrière ce pari risqué de voter pour une sorte de messie à qui on remet sa conscience personnelle en plus de tous les pouvoirs, est-ce qu’il n’y aurait pas, se demande Christensen, – y compris chez les chrétiens – une fascination malsaine pour la force et le pouvoir ? (…Il n’y a pas que dans les stades!)

« Richer, safer, stronger » (plus riches, plus sécurisés, plus forts) : ce sont les trois mots-clés de la campagne de Donald Trump pour électriser les foules et se les rallier à lui. De la sorte, en délaissant tout ce qui unit et rassemble au-delà des différences, en rejetant la solidarité, il est clair que le débat politique ne peut que jouer toujours davantage sur les instincts, instillant la haine et la polarisation. Comment construire sur ces bases une société où toutes les composantes cohabitent harmonieusement ?

=>Est-ce qu’il ne serait pas temps pour tous les chrétiens (chez nous et partout dans le monde) de choisir non pas le chemin de la force, que le Christ a refusé, mais celui de la solidarité et de la fraternité qui abat les murs et les frontières ?

La seule puissance légitime aux yeux de Dieu, c’est celle de l’amour. Ne l’oublions jamais.

Bernard

NEWSLETTER DE L’U.P. « PAYS DE SAINT REMACLE » STAVELOT-FRANCORCHAMPS DU MOIS DE NOVEMBRE 2024

« Après la pluie » : le film sur les inondations

Rejoignez-nous le jeudi 7 novembre à 20h au Moviemills de Malmedy pour la projection de « Après la pluie », un documentaire poignant sur les inondations survenues dans la vallée de la Vesdre et de l’Ourthe en 2021. Elle sera suivie d’un débat en présence des réalisateurs et de Marc Elsen, psychologue de première ligne.

Invitation : le 11 novembre de 9h à 17h30 : journée annuelle pour les personnes séparées-divorcées : « Séparation, divorce… Et les enfants? » Avec Jean-Michel Longneaux, philosophe à l’UNamur. Inscription auprès de Danielle Schyns – 0472/62.01.84. ou par email : wavreumont11.11@gmail.com

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Du 7 au 17 novembre 2024, les Belges ont rendez-vous avec la solidarité internationale. Comme chaque année, durant ces 11 jours, des milliers de volontaires se mobilisent pour collecter des fonds visant à financer des projets concrets de développement portés par des ONG belges et leurs partenaires du Sud : entre autres dans l’est du Congo et à Haïti, ainsi qu’en Afrique centrale.

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(mot latin signifiant à peu près « lecture spirituelle ou divine »

Bientôt, l’Avent… Comme le suggère l’article du Bulletin paroissial de ce mois « Vivre l’Avent comme une attente vivifiante » dans ses pistes pour vivre ce temps spécial dans un climat d’attente, de prière et de joie, ne pourrions-nous pas remettre au coeur de nos journées la méditation de la Parole de Dieu ?

Un moyen simple et facilement accessible est la « lectio divina » qui propose une méditation biblique priante, laquelle peut être vécue seul-e ou en groupe, et constitue une sorte d’itinéraire spirituel pour s’approcher du texte et surtout de Dieu à travers quelques étapes précises. Il ne faut aucune compétence particulière pour vivre cette méditation, simplement être dans une disposition d’accueil de ce que le Seigneur veut nous dire personnellement dans sa Parole.

Vivre cette expérience en petit groupe de 2 à 6 personnes permet, par l’écho que chacun reçoit des autres sur la façon dont résonne en eux la parole choisie, de s’enrichir mutuellement au travers de cette écoute sans jugement ni comparaison : on reste dans l’accueil, pas dans le débat. Chacun.e s’exprime librement, sans obligation. La prière clôture cette rencontre qui ne dure pas plus d’une heure. Un modérateur aide au déroulement des différentes étapes dans un climat fraternel où chacun devient de plus en plus disciple de Celui « qui a les paroles de la vie éternelle » (Jean 6,68).

Quelques personnes m’ont déjà manifesté leur intérêt pour cette démarche ; si vous êtes également curieux-se de vivre au moins une fois cette expérience, contactez-moi. (Aucune date n’a encore été fixée pour une première rencontre ni le lieu, cela dépendra des désirs et possibilités des candidat.e.s.)

Abbé Bernard Pönsgen, bernard.ponsgen@gmail.com0493/50.53.18

VOUS AVEZ DIT : SAINTS ? –  Méditation pour le 1er novembre

Le premier novembre, on fête en une fois tous les saints : Cela a donné le nom de « Toussaint ». Cette fête chrétienne a des racines profondes (7è siècle) ; cependant, en ce début du 21è siècle, avec le recul avéré du culte des saints en occident et malgré les efforts des derniers papes pour en proposer beaucoup de nouveaux plus récents à la dévotion des fidèles et dépoussiérer l’image que l’on pouvait avoir de ces personnages, le mot « saint » lui-même (et la notion de « sainteté » ) ne semble plus guère parler à nos contemporains. Il disparaît peu à peu du langage et ne subsiste pour ainsi dire que dans les appellations de lieux – surtout en France : Saint-Quentin-en-Yvelines, Saint-Maur-des-Fossés, Saint-Germain-en-Laye… ou dans des expressions comme « à la Saint-Glin-Glin ». On lui préfère dans les conversations ou dans les publications le mot « sain », sans « t » : Tant le souci d’une qualité de vie terrestre a remplacé dans nos pays dits développés la préoccupation des fins dernières et de l’accès à un bonheur céleste devenu hypothétique !

Aussi, à l’approche de cette fête particulière (où le souvenir familial des défunts a d’ailleurs éclipsé le sens propre de la célébration de la Toussaint), je me suis interrogé sur la signification originelle de ces termes de « saint » et de « sainteté » – et sur la manière de leur redonner une pertinence et un intérêt pour aujourd’hui. Je vous partage ici quelques-unes de mes réflexions.

Quand j’étais enfant, j’ai été abreuvé de lectures de vies de saints (surtout des B.D.) ; c’étaient de belles histoires, et ces personnages devenus familiers étaient pour moi non seulement de possibles modèles, mais aussi des amis à qui j’aimais penser : saint Bernard (évidemment), saint Jean Bosco et Dominique Savio, sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, saint François d’Assise, etc. Tous me parlaient, me disaient quelque chose de Dieu.

Ces vies concrètes de personnages réels avec leur caractère, leurs enthousiasmes et leurs difficultés, mais davantage encore les clins d’œil que leur union à Dieu faisait surgir au milieu de leurs tribulations, leur inspirant des paroles et des actions inédits, surprenants et inspirants, tout cela, me faisait ressentir combien la foi est quelque chose qui a pour vocation de s’incarner, qui se donne à voir et à vivre au travers de notre épaisseur humaine dont elle révèle ainsi la Beauté : beauté qui est le reflet de celle de Dieu lui-même, le seul Saint !

On n’est pas encore à la définition de la sainteté, mais on s’en rapproche ! On va dire pour l’instant que c’est peut-être, non pas une « qualité » parce que dans ce cas-là il y en aurait qui seraient plus saints et d’autres moins saints – comme des bons points, et on pourrait même dans cette façon de voir que je ne partage pas, suggérer un « permis à points » pour aller au ciel ! – mais plutôt un état, quelque chose qui surgit de l’être profond quand il est habité par Dieu, son Esprit.

En disant cela, on postule que notre Source, la source de notre être est ailleurs qu’en nous-même ; elle est en Dieu. Et c’est quand nous sommes connectés à notre Source que nous sommes saints – donc, pas par nous-mêmes !

Ainsi, la sainteté est quelque chose – un attribut – qui appartient en propre à Dieu, qui fait partie de son essence. Il est LE SAINT, comme il est LE Bon, LE Beau, L’Eternel… « Dieu seul est bon » (Lc 18 :19). Cependant, nulle part je n’ai trouvé de définition précise sur ce qu’est fondamentalement la sainteté. On la confond souvent avec la perfection, ou le fait d’être séparé, au-dessus des autres afin d’être vénéré (confusion avec le mot « sacré »). Or ce n’est absolument pas vrai ! Nul besoin d’être parfait pour être saint – d’ailleurs tous les saints avaient leurs petits ou leurs gros défauts, y compris les Apôtres. La perfection morale n’est pas la sainteté, même si cette idée est encore fort répandue dans la tête des gens et même des croyants. D’ailleurs Jésus lui-même a ‘canonisé’ un certain nombre de gens qui ne l’auraient sans doute pas été aujourd’hui par l’Eglise catholique vu leur curriculum vitae : Marie-Madeleine, Simon-Pierre, le bon larron, etc.

Précisément, l’exemple de Marie-Madeleine dont la tradition rapporte qu’elle est une ancienne prostituée, peut nous éclairer sur ce qu’est la véritable sainteté. Jésus dit d’elle « qu’il lui sera beaucoup pardonné, parce qu’elle a beaucoup aimé. » (Lc 7 :47). Le maître-mot est donc l’AMOUR. Quand on parle de sainteté, on parle d’amour ! La sainteté de Dieu n’est autre que son Amour infini. Il ne sait rien faire d’autre que cela : aimer, de mille façons. C’est son être profond, sa ‘nature’ : Car « Dieu est amour » comme l’écrit le disciple bien-aimé saint Jean (1 Jn 4 :8.16)

Et le secret de la sainteté est donc peut-être là : se laisser aimer par Dieu, par Jésus, pour aimer à notre tour comme Lui et avec Lui. L’amour couvre les péchés et fait retrouver une certaine innocence, comme c’est le cas pour Marie-Madeleine qui couvrait les pieds de Jésus de ses larmes et les essuyait de ses cheveux. Il faut avoir fait cette expérience d’être aimé et pardonné gratuitement, pour entrer dans cette dynamique où l’offrande de soi répond au don qui est fait. Nous sommes tous aimés de Dieu, nous sommes tous appelés à devenir saints – et nous le sommes déjà quand Dieu par son Esprit vit en nous, et nous anime, nous pousse à aimer. Ce n’est donc pas si difficile qu’on croit ! Mais il est dur parfois pour certaines personnes d’accepter de se laisser aimer par Dieu, surtout si on ne s’aime pas soi-même… Il y a là un obstacle à faire sauter, et il faut demander cette grâce dans la prière ou mieux dans une bonne confession auprès d’un prêtre qui peut nous aider.

Donc, la sainteté à la portée de tous ! Sans se prendre la tête. Sans concours de moralité. Mais « se tenir humblement en présence du Seigneur et marcher avec Lui pour faire le bien », répandre le bien (cf Michée 6 :8). Comme l’expliquait la ‘petite Thérèse’ dans son autobiographie, il n’y a pas besoin de se tenir sur la pointe des pieds pour devenir un(e) saint(e) – sous peine d’attraper vite des crampes ! Mais il faut s’engager sur le chemin de l’amour, celui qui est précisément exposé dans les « Béatitudes ». Chemin à parcourir avec tout ce qu’on est – ce qu’on a ou qu’on n’a pas ; peu importe, le Seigneur fait feu de tout bois. Retenir que c’est Lui qui fait l’essentiel du travail ! Mais ne pas arrêter de marcher…

Mais comment rendre attrayant pour nos contemporains ce vocable de « saint » ou de « sainteté » qui leur paraît si désuet et dégoulinant de dévotion de sacristie ?

Je ne pense pas qu’il faille le remplacer – d’ailleurs on ne le pourrait pas, il est au cœur de la Révélation de Dieu, inscrit en lettres de feu dans la Bible : le Kadosh, la Valeur de Dieu. On le chante au début de la prière eucharistique : Saint, saint, saint le Seigneur…

Mais ne pourrions-nous pas l’associer à un autre mot, celui que Jésus lui-même a donné à ceux qui le suivaient : « Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ignore ce que fait son maître. Maintenant, je vous appelle mes amis. »  (Jn 15 :15)

N’est-ce pas la meilleure et la plus concrète définition de la sainteté, le plus beau titre aussi qu’on puisse donner à celui ou celle qui accueille Dieu et son Amour dans sa vie : « ami.e de Dieu » ?

Et ceux-là, heureux sont-ils !

Bernard P.

DANGER !

Je suis confondu. Atterré. Le Conseil européen qui vient de s’achever à Bruxelles n’a traité que d’un seul sujet : l’immigration. C’est à dire : les solutions pour bloquer l’immigration. Même pas un mot de la précarité grandissante, encore moins du réchauffement climatique et des mesures à mettre en place au niveau européen…  Ce thème de l’immigration est porté par les partis de l’U.E. qui sont soit d’extrême-droite, soit alliés à l’extrême droite, et qui sont majoritaires. Cela en dit long sur la déliquescence des « valeurs européennes » ! Qui se préoccupe des raisons pour lesquelles ces gens, ces humains, ces semblables quittent leur pays au prix de mille dangers pour essayer de trouver un refuge ?

Et ça ne va pas mieux Outre-Atlantique : on retient son souffle en attendant le verdict des urnes du 5 novembre (déjà présenté comme contestable par les conseillers juridiques de Donald Trump en cas d’échec ou de balance). Les Etats dits « Unis » d’Amérique sont profondément fracturés. Si Mme Harris affiche des positions plus modérées * que le candidat à la mèche blonde (ce qui n’est pas difficile), son programme n’est pas vraiment explicite et reste très discret au sujet de la politique migratoire, Quant au candidat républicain, il assume sans problème son nationalisme (et isolationnisme « America first ») qu’il utilise comme levier électoral. Ses déclarations font froid dans le dos : Récemment, il a qualifié Vladimir Poutine de plutôt intelligent d’avoir envahi l’Ukraine et a salué le bilan militaire de la Russie dans les conflits historiques.

L’ancien président ne cache pas son admiration pour les dirigeants autocrates (la semaine dernière, il a déclaré à une foule de fans enthousiastes que « personne n’est meilleur, plus intelligent ou meilleur dirigeant que Viktor Orbán [de Hongrie] » ) ainsi que pour les dictateurs : Plusieurs membres de son ancienne équipe ont corroboré qu’ils l’avaient souvent entendu faire l’éloge de personnalités telles que le Nord-Coréen Kim Jong Un, le Russe Vladimir Poutine, le Chinois Xi Jinping et, à plus d’une occasion, le dirigeant nazi Adolf Hitler ; en particulier il a déclaré que « Hitler avait fait de bonnes choses ». Et à l’époque où il siégeait à la Maison Blanche il aurait déclaré à huis clos : « J’ai besoin du genre de généraux qu’avait Hitler »… des propos qui ont fait réagir son ancien chef de cabinet qui l’a qualifié de fasciste.

« Il aime traiter avec d’autres grands, et des grands comme Erdogan en Turquie peuvent mettre des gens en prison sans avoir à demander la permission à qui que ce soit. C’est ce qu’il aime », a confirmé son ancien conseiller à la sécurité nationale, John Bolton. « Ce sont des hommes de poigne, des gars durs qui savent gouverner » lache encore Trump. Cette façon d’exercer le pouvoir le fascine indubitablement. Il a d’ailleurs dit lors de la précédente campagne, que s’il était élu, il serait dictateur « un jour » – sous-entendu pour « remettre de l’ordre » – puis serait à nouveau un président agissant « constitutionnellement ».

Ces discours font mouche chez une grande partie de l’électorat américain, mais aussi de plus en plus chez les citoyens européens où les mots « ordre », « sécurité », « protectionnisme », « nous les gens de souche », « le droit du sang » … percolent dans la soupe politique et dans les mentalités. On s’y habitue, on les fait siens sans en avoir l’air. On oublie que le régime nazi a fondé son idéologie sur ces slogans.

Le premier ministre israélien Netanyahou a déclaré aujourd’hui que sa guerre est « une guerre de civilisation ». De quel côté est la civilisation ? On a peine a reconnaître dans ces bombardements où des milliers de civils, femmes et enfants perdent la vie, une action civilisée ! Des bombes d’une tonne équivalent TNT sont utilisée actuellement au Sud-Liban et à Beyrouth pour liquider des activistes du Hezbollah. Cela veut dire qu’à chaque explosion, non seulement un immeuble est rasé, mais un quartier entier est dévasté. Est-ce cela la civilisation ?

Tout cela, quatre-vingt ans à peine après le suicide de Hitler, cela donne à réfléchir !

Est-ce déjà l’annonce d’une Guerre Mondiale à venir ? Quand il n’y a plus de conscience, la guerre est la seule option.

Il est temps que les forces démocratiques, chrétiennes et non chrétiennes, se réveillent !

Bernard Pönsgen

(*) Comme l’écrit Claude Semal cette semaine dans l’Asymptomatique : « Je serais américain, je voterais sans hésiter pour écarter Trump, qui cumule à peu près tous les défauts de la terre. Mais je n’aurais pas pour autant confiance dans les projets futurs de Kamala Harris. Je me réjouis bien sûr de ce qu’elle soit une femme, et une femme noire […]. Mais dans un pays où toute la vie politique est financée par les grosses fortunes et les grosses entreprises, dont les très puissants lobbies de l’armement, de la pétrochimie et de l’automobile, par quel miracle un programme réellement progressiste, pacifiste et humaniste pourrait-il émerger et s’imposer dans les urnes et dans les médias ? »