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L’intelligence artificielle va-t-elle devenir ou remplacer Dieu ?  (Le Ploumtion n° 28)

Depuis quelques temps, des livres ou interviews de spécialistes de l’I.A. ou de philosophes comme Yuval Noah Harari et Gabrielle Halpern (autrice de « Intelligence artificielle. Et l’homme créa Dieu » ed. Hermann) que je cite dans cette réflexion, m’ont alerté sur ce qui semble se profiler dans l’évolution du rapport entre l’humain et l’intelligence artificielle, et qui pose question : L’intelligence artificielle va-t-elle finalement remplacer Dieu ?

Ce n’est pas incongru de se le demander, car les attentes vis-à-vis de ce nouveau développement et outil technologique sont telles, qu’il se pourrait qu’on transfère sur l’I.A. des éléments qui appartiennent depuis la nuit des temps au rapport qu’entretient l’humanité avec le divin (au sens large). Cela semble déjà être le cas.

Il y a de plus en plus une projection sur l’intelligence artificielle d’attributs qui autrefois étaient seulement propres à la divinité, à Dieu : l’omniscience, la non-visibilité comme un « esprit divin », la présence démultipliée ou omniprésence, l’accessibilité directe et l’immédiateté, voire même l’omnipotence : Comme Dieu, l’I.A. peut tout, sait tout, voit tout ! Les ‘hallucinations’ ou erreurs fantaisistes et aberrantes qui ont parfois émaillé ses débuts et parfois surgissent encore n’ont pas découragé ses promoteurs-adorateurs. L’humain lui délègue de plus en plus de secteurs de son existence : Non plus seulement l’exécution de tâches fastidieuses et chronophages qui demandent beaucoup de calculs et de recherches, mais il lui confie aussi des domaines qui lui étaient auparavant réservés – et qui faisaient souvent l’objet d’une « confrontation en miroir » avec un spécialiste : par exemple, la recherche d’un partenaire en amour et l’évaluation des compatibilités, la gestion de la vie familiale, des relations sociales ou de travail, la santé et la maladie avec la recherche de diagnostic et de traitements, les questions relatives à la quête du sens et de la recherche de solutions aux souffrances psychologiques ou morales, etc. Ce spécialiste (psychologue, thérapeute, médecin, agent matrimonial, conseiller conjugal, coach professionnel, prêtre ou directeur spirituel…) se voit aujourd’hui de plus en plus remplacé par ce confident extraordinaire qu’est l’I.A. : disponible à toute heure du jour et de la nuit, quasiment gratuit (à part certaines ‘offrandes’ qui vont nourrir le dieu I.A., tirées de notre intimité : les données de notre vie personnelle), empathique et toujours à l’écoute, et avec une panoplie de solutions « miracles » auxquelles on ne demande qu’à croire…

Bref, plus besoin d’intermédiaire entre soi-même et Dieu et le bonheur, la santé, le succès : L’I.A. prend leur place, et même se substitue à Dieu. Mieux que Dieu qui lui est le plus souvent silencieux quand on l’interroge (à moins de consulter la Bible mais qui n’est pas un outil très simple et pratique à utiliser, convenons-en), l’I.A., nouvel aruspice ou ‘puissance supérieure’, répond toujours, elle, et ses milliards d’algorithmes fournissent des solutions qui paraissent assez raisonnables et applicables pour le « croyant » qui la consulte. Comme l’écrit Gabrielle Halpern : « Que fait une société face au silence divin ? Elle invente un dieu bavard, accessible 24h sur 24 qui, lui au moins, ne nous abandonnera pas. »

Croyez-vous que j’exagère ? Non, c’est bien en route : Selon certains sondages, une personne sur deux (et chez les jeunes la proportion doit être encore bien plus élevée) préfère désormais interroger une I.A. plutôt qu’un proche, un parent ou un collègue. Comme si l’I.A. possédait plus de sagesse et d’expérience de vie qu’une personne proche qui vous connaît… mais au fond, après tout, l’I.A. ne commence -t-elle pas à me connaître moi aussi avec tout ce que je lui livre sur moi-même ? Peut-être me connaît-elle mieux que moi-même déjà… comme Dieu. Et Juval Noah Harari, auteur de « Homo Deus » (Albin Michel), affirme dans les colonnes du New York Time que « d’ici cinq ans, les I.A. sont susceptibles de devenir des personnes morales dans au moins certains pays ». Pour la première fois, une technologie pourrait posséder des droits et interagir comme un humain (ce qui ne manquerait pas de complexifier radicalement nos systèmes légaux et sociaux).

Si cela peut prêter à sourire chez ceux qui ne connaissent et n’utilisent l’intelligence artificielle que de loin, un grand nombre de scientifiques et la plupart de ceux qui analysent nos sociétés dans leur rapport à la tech sont unanimes à déclarer que l’I.A. est en train de révolutionner radicalement le rapport de l’homme au monde, à lui-même… et à Dieu (avec ou sans majuscule). Le monde de l’enseignement est déjà confronté depuis les débuts de l’I.A. à ce basculement qui après l’internet pourrait rendre la tâche enseignante et l’apprentissage lui-même totalement obsolète… Non seulement le monde de l’entreprenariat et des entreprises a vite compris les potentialités de l’I.A. dans la course à l’efficacité, au rendement et au profit, mais les militaires eux-mêmes cherchent et ont déjà commencé à déléguer à des I.A. -donc à des non-humains- des décisions qu’elles peuvent prendre infiniment plus vite que les humains qui doivent analyser des quantités de données pour évaluer l’intensité d’une menace et programmer une riposte : ça fait évidemment froid dans le dos, surtout si on évoque une menace nucléaire. Apparemment, selon des informations entendues ce matin, l’attaque américaine qui a fait des dizaines de jeunes adolescentes tuées dans une école en Iran au début de la semaine, cette attaque aurait été programmée sur base de renseignements erronés fournis par une intelligence artificielle travaillant pour le Pentagone… Cela ne manque pas de choquer et d’interpeller !

Finalement, pour nous chrétiens, alors que les religions traditionnelles en occident sont toujours davantage en perte de vitesse, et face à l’émergence de cette nouvelle réalité technologique à répercussion culturelle et morale exponentielle pour toute l’humanité (car on ne pourra jamais revenir en arrière, c’est une fait), finalement la question que nous pouvons nous poser est : Est-ce que l’intelligence artificielle va, à terme, remplacer/devenir Dieu ?

Grosse question !

Ainsi que l’écrit Gabrielle Halpern dans son livre, c’est bien d’une question de foi qu’il s’agit. « Ce qui est déroutant avec cet outil, c’est qu’il semble avoir été conçu pour répondre aux angoisses et besoins les plus profonds de l’être humain, comme celui de croire en quelque chose – y compris pour les athées. Hannah Arendt rappelait à quel point les relations humaines sont fondées sur la foi. Elle citait Luther, pour qui Dieu existe parce que les hommes ont besoin d’une personne en qui avoir entièrement confiance. Or, ce n’est pas anodin que l’intelligence artificielle émerge au XXIe siècle. Le XXe siècle a été celui des horreurs : nous avons perdu toute confiance en l’être humain et en Dieu, devenu silencieux. »(G. Halpern, Intelligence artificielle. Et l’homme créa Dieu).

En réalité, la foi que nous accordons à l’IA nous met face à notre perte de foi en Dieu et en l’homme : l’homme en tant qu’être en relation – en communion avec lui-même, avec le monde qui l’entoure et avec un Quelqu’un ou quelque chose qui donne sens à l’univers et que nous appelons Dieu. L’homme, qui veut (comme dans la Genèse) avoir la maîtrise de tout, ne peut pas accepter sa faiblesse et apprendre la démaîtrise, alors il crée un dieu à sa mesure, qu’il peut utiliser – manipuler à sa guise, à l’opposé du Dieu des chrétiens, des juifs ou des musulmans. Ce dieu est l’I.A. On pourrait même avancer qu’elle est l’objet d’espérances messianiques dans le contexte d’effondrement des valeurs et des systèmes politiques, économiques et de la biosphère écologique mondiaux.

Remettriez-vous votre vie entre les mains d’une machine dont l’intelligence n’est humaine qu’en apparence ? Personnellement, moi : non. Je préfère m’en remettre au Dieu d’Abraham, d’Isaac, de Jacob et de Jésus, plutôt qu’à cette « prothèse d’humanité » comme la décrit Gabrielle Halpern. Me confier à un Dieu que je n’ai pas construit avec mes projections personnelles et qui me déroutera toujours en me faisant vivre des exodes imprévus mais qui me font grandir en tant qu’homme fait pour vivre en relation harmonieuse et paisible avec tout le vivant. L’I.A. au contraire semble avoir condensé en elle en se voulant ‘neutre’ le génie, les qualités mais aussi les tares de tout l’humain : elle peut servir au meilleur, mais aussi au pire comme la langue d’Esope. En tout cas, si elle peut parfois être un bon serviteur, il vaut mieux éviter qu’elle devienne un maître (cf Mt 6,24).

Les religions (dont la chrétienne) devront tenir compte de cette émergence et des modifications apportées par l’intelligence artificielle dans le rapport qu’entretient l’homme avec Dieu, rapport qui risque sinon d’être effacé-remplacé, pour le moins d’être contaminé par un utilitarisme manipulateur orgueilleux rappelant une certaine histoire d’arbre de la connaissance… (Genèse 1).

J’invite ceux qui voudraient approfondir à lire l‘intégralité de l’interview de Gabrielle Halpern dans le cadre de l’émission « Les Grands Témoins » par Louis Defresne sur Radio Notre-Dame : CLIQUEZ SUR CE LIEN.

Le Ploumtion

CORRECTIF : La boîte de Pandore (Le Ploumtion n° 27)

Deux erreurs se sont glissées lors de la rédaction hâtive de l’article susnommé, merci de noter :

Au lieu de « on parle actuellement de 20.000 morts du côté iranien » [§ 6], il faut lire : « on parle actuellement d’environ 1.350 civils tués du côté iranien [selon l’agence France-Presse et Reuters, d’après les chiffres provisoires donnés par le Croissant Rouge iranien], auquels il faut ajouter les militaires visés directement par les frappes et dont le nombre pourrait être beaucoup plus élevé mais sur lequel les autorités iraniennes ne communiquent rien. »

Au lieu de « nous sommes le 8 mai«  [§ 10], il faut lire : « nous sommes le 8 mars (journée de la Femme) »

Retrouvez l’intégralité de l’article corrigé sur ce lien: https://paysdesaintremacle.be/2026/03/08/la-boite-de-pandore-le-ploumtion-n-27/

P.S. La première confusion vient peut-être d’une autre info (confirmée par plusieurs sources) selon laquelle la Russie embaucherait des africains, citoyens kénians en particulier mais aussi des ressortissants d’autres pays d’Afrique, soit-disant pour leur fournir un travail et une formation en Russie mais en réalité pour les envoyer combattre sur le front ukrainien ou, si ce sont des filles, comme main-d’oeuvre dans les usines de fabrication de drones et de munitions. Ces nouveaux esclaves ou chair à canon ainsi trompés par des recruteurs seraient actuellement déjà au nombre de 20.000. Le gouvernement kénian a introduit par son ambassade une réclamation pour qu’on rapatrie ses ressortissants…

La boîte de Pandore (Le Ploumtion n° 27)

Peux-je en ce beau début de mars lancer encore un « message du Ploumtion » à connotation politique ? Le Concile Vatican II a dit que « il n’est rien de vraiment humain qui ne trouve écho » dans le cœur des chrétiens. Cette affirmation, issue de l’esprit du Concile Vatican II et reflétée notamment dans la constitution Gaudium et Spes, souligne l’engagement de l’Église à être présente dans le monde moderne. Elle signifie que tout ce qui touche à la dignité, à la souffrance et à la destinée humaine est l’affaire des chrétiens.

Donc, je persiste à m’élever contre une guerre – une nouvelle! – qui n’a aucune légitimité et qui fait déjà des milliers de morts. Je parle de celle qui a lieu actuellement en Iran et au Liban, entraînant possiblement d’autres pays du Golfe – qui n’ont rien demandé – dans une spirale mortifère de peur et de crise.

Cette guerre n’a pas de légitimité parce qu’elle a été initiée sans aucun mandat, ni du Congrès américain ni des Nations-Unies, à la seule volonté de Trump qui se comporte toujours davantage en autocrate tout-puissant, et celle de son « partenaire » israélien Netanyahou lequel après Gaza se lance dans une autre fuite en avant qui lui évite de perdre son poste et d’être traîné en justice. Triste faillite du droit international, et davantage encore de l’entièreté de la communauté internationale qui semble tétanisée et plus que jamais impuissante (ou indolente) devant les actes criminels des « maîtres de guerre ».

Comprenez-moi bien : je n’ai absolument aucune sympathie pour le régime des mollahs iraniens, une clique qui n’hésite pas à massacrer son propre peuple pour se maintenir au pouvoir, et les « Gardiens de la Révolution », cette milice islamiste fanatisée qui a autant de sang sur les mains que la Gestapo. Personne ne regrettera la chute de ce régime monstrueux (à part ses alliés du Hezbollah libanais) ; mais il y a la manière !! Des bombardements massifs sans déploiement au sol et surtout sans négociation n’ont jamais suffi à faire tomber une dictature, au contraire, souvent ils contribuent à resserrer la population et même les opposants autour des dirigeants dans un élan de patriotisme.

D’ailleurs, il n’est pas certain que le régime s’écroulera si vite, la bête n’est pas morte et même si les infrastructures militaires iraniennes, fabriques de drones ou de missiles sont bien touchées, il est presque certain que le régime va s’enfermer dans une logique jusqu’au-boutiste par défi et parce qu’il n’a pas d’autre choix pour « sauver son honneur » ou la face – un sentiment très fort dans la mentalité orientale que les américains sous-estiment certainement. L’Iran, mis en demeure de capituler sans conditions et sans négociations, n’aura pas d’autre choix que de se battre jusqu’au bout en entraînant le pays tout entier et la population civile dans un désastre complet – une pratique semblable à celle de la « terre brûlée ».

Cet enchaînement suicidaire risque malheureusement de devenir réalité, les américains l’apprendront à leurs dépens. La guerre, qui se voulait « opération éclair » comme au Vénézuéla, aura et a déjà un coût humain qui ne peut que s’amplifier davantage au fur et à mesure qu’elle se prolonge : on parle actuellement d’environ 1.350 civils tués du côté iranien [selon l’agence France-Presse et Reuters, d’après les chiffres provisoires donnés par le Croissant Rouge iranien], auquels il faut ajouter les militaires visés directement par les frappes et dont le nombre pourrait être beaucoup plus élevé mais sur lequel les autorités iraniennes ne communiquent rien, contre …6 soldats américains tués sur une de leurs bases par une attaque iranienne au Koweit. Réaction de Trump : « Nous allons venger les courageux et formidables soldats qui ont donné leur vie pour l’Amérique » – en fait, des réservistes affectés à une unité de soutien, pas du tout de combat. Ce terme de vengeance utilisé par Trump a fait sursauter pas mal de connaisseurs du milieu militaire de ce côté de l’Atlantique, qui expliquent qu’on enseigne les futurs soldats à agir « sans passion et sans haine », en se concentrant sur la mission. (N.B. Enseigner aux soldats à se battre sans haine est un principe fondamental de l’éthique militaire professionnelle et du droit de la guerre, visant à transformer le combat en un acte technique et discipliné plutôt qu’en une décharge émotionnelle.) Encore un tabou qui saute !

Combien de morts et de victimes collatérales faudra-t-il encore pour que Trump et son acolyte Netanyahou se rendent compte qu’ils ont mis le feu à une poudrière ? Car après la guerre, il y a… la guerre ! Celle-ci ne s’éteindra pas après un cessez-le-feu obtenu par la force, car les semences de haine et de vengeance vont se propager partout, provoquant actions de guérilla, déstabilisation régionale et attentats dans le monde entier (partout où il y a des symboles américains). N’oublions pas que ‘Daesh’ est né des suites de la guerre en Irak !

L’attitude de Trump est d’autant plus cynique que, après avoir promis au peuple iranien qui manifestait contre le régime de venir à son secours, il déclare maintenant que son objectif est non pas de délivrer les iraniens du régime islamiste, mais qu’il souhaite seulement pouvoir nommer lui-même le successeur du guide suprême Khamenei qu’il a fait abattre – successeur à sa botte évidemment, comme au Vénézuéla. Une gifle pour tous ceux qui espéraient voir disparaître le régime ! Comme quoi Trump s’en fout de maintenir des corrompus ou des dictateurs au pouvoir, du moment qu’il peut mettre la main sur les ressources des pays et dicter sa loi à ces marionnettes.

Donc, nous voici une nouvelle fois en guerre (je dis « nous » car le monde est un village). Mais ça ne semble pas choquer grand-monde de ce côté-ci du monde : La vie semble continuer comme si de rien n’était, on fait ses courses, son sport, ses émissions de loisirs ; on s’inquiète seulement d’une augmentation du prix de l’essence et des répercussions sur l’économie mondiale et in fine sur son propre portefeuille… Les curés prêchent toujours l’amour de Dieu et du ‘prochain’ (mais l’Iran c’est loin) sans faire aucune allusion au conflit en cours qui concerne quand même des frères et des sœurs en humanité – et même des chrétiens, car il y a des communautés chrétiennes minoritaires très anciennes en Iran (arméniennes, assyriennes et chaldéennes -catholiques) et au Liban (maronites). Les médias belges dans leurs journaux télévisés ou radiodiffusés parlent bien de la guerre, mais d’une façon assez détachée, insistant surtout sur les malheureux touristes ou résidents belges à Dubaï ou dans d’autres pays du Moyen-Orient qu’on rapatrie à grand-peine et que des journalistes « de terrain » interviewent à qui mieux mieux pour leur faire exprimer leur ressenti et leur contrariété (je compatis). L’autre sujet concerne évidemment les répercussions économiques du conflit, le risque de manque d’approvisionnement en gaz dû au blocage du détroit d’Ormuz… Qui s’intéresse aux morts ?

Et au peuple iranien ? J’ai connu des iraniens, j’en ai d’ailleurs baptisé – toute une famille qui a choisi de devenir officiellement chrétienne. La fierté, le courage et la dignité de ces gens est extraordinaire ; à côté d’eux, je me suis parfois demandé qui étaient vraiment un peuple civilisé : nous ou eux ? – Je penchais pour la deuxième option. Car franchement, nous sommes un peuple avachi dans son confort et qui a oublié peut-être les luttes qu’il a dû entreprendre pour sa liberté et sa dignité, celle d’une nation qui a résisté à la dictature nazie, celle des femmes (nous sommes le 8 mars « journée de la Femme »), celle des travailleurs et du prolétariat, celle des enfants et du droit à l’éducation, celle des personnes différentes et du respect des genres quels qu’ils soient… Combats qui ne sont pas terminés, certes, et certainement pas non plus en Iran et en Orient, mais serons-nous aussi aux côtés de ces gens, les iraniens, qui ne sont pas moins intelligents et humains que nous, une nation cultivée qui produit le plus d’ingénieurs au monde entier et des sommets de littérature et d’art extraordinaire – et où les femmes et les jeunes rêvent de s’affranchir des diktats d’une théocratie ultraconservatrice ?  

L’Iran et sa nation – comme la Palestine du reste, et le Liban… – mérite qu’on s’intéresse plus à lui que comme un « fait divers » lointain, ou un « problème » que nos amis américains et israélien vont résoudre ‘gentiment’ à notre place. Si les chancelleries européennes et nos élus ne bougent pas, c’est à nous de manifester pour dénoncer ce qui est injuste, et réclamer une autre solution que les tapis de bombes. Si nous belges, européens, continuons de craindre le président fou mégalomane Trump et ses rétorsions, nous le paierons un jour beaucoup plus cher, et nous aurons perdu notre dignité.

«La stabilité et la paix ne se construisent pas par des menaces réciproques ni avec des armes, qui sèment la destruction, la souffrance et la mort, mais seulement par un dialogue raisonnable, sincère et responsable».  

«Face à la possibilité d’une tragédie d’ampleur énorme, j’exhorte les parties impliquées à assumer la responsabilité morale de stopper cette spirale de la violence avant qu’elle n’entraîne une fracture irréparable».

Pape Léon XIV, lors de l’Angélus place Saint-Pierre à Rome, le 1 mars 2026

NEWSLETTER DU « PAYS DE SAINT REMACLE » STAVELOT-MALMEDY – invitations carême 2026

EDITO : Le carême et le fromage

Vous est-il déjà arrivé, comme à moi, de « louper » un carême ? De vous retrouver à Pâques au même point de départ que le mercredi des cendres, c’est-à-dire plein de bonnes intentions, mais sans grand changement dans votre vie ?

Quelle est la raison de cette amnésie – de cette défaite sans combat ? 

Je crois avoir trouvé la raison.  

Une fable de La Fontaine la décrit parfaitement ; je l’ai juste un petit peu adaptée pour qu’elle colle à l’évangile de ce dimanche, celui des Tentations de Jésus au désert :

Vous êtes prêts ? Je commence :

Or donc, le mercredi des cendres, tel un certain corbeau, nous perchons sur notre arbre du carême, tenant en notre bec le beau fromage de nos résolutions bien fraîches. Et le diable (le renard) par l’odeur alléché, nous tient à peu près ce langage:

– « Mais, bonjour! Que tu es bien, quel beau chrétien tu fais! Comme Dieu doit être content de toi : pratiquant du dimanche, fidèle en amour, soigneux au travail, honnête en affaires, soucieux du prochain. Sans mentir, sans mentir, Si tous les chrétiens étaient comme toi, l’Eglise irait franchement mieux qu’elle ne va actuellement. Mais… que vois-je là que tu tiens en bouche : une liste de résolutions de carême? Prière, jeûne, aumône… Quoi ! Tu ne crois quand même pas que ces résolutions soient faites pour toi? Un bon chrétien comme toi! »

– « Prier plus? Comme si tu ne priais déjà pas assez… Ce n ‘est pas à un type comme toi que l’Eglise adresse cette exhortation. Elle vise ceux qui ne prient jamais. Laisse tomber (ton fromage)! »

– « Jeûner? Comme Si tu allais au restaurant tous les jours ou comme si tu ne vivais que pour manger… Et puis, fais attention à ton boulot : n’arrive pas avec des jambes de coton et des maux de tête. Cette exhortation ne vise que les bons vivants, les rentiers. Laisse tomber (ton fromage)! »

– « Faire l’aumône? Tout d’abord, c’est du paternalisme. Et même s’ils ont inventé le mot « partage », c’est encore pour créer des « assistés ». Quoi? Avec ce que tu gagnes par mois, ce serait encore toi qui devrais partager, alors que ceux qui ont les moyens restent assis sur leurs bons de caisse! Sois bon, mais pas bonasse. Laisse tomber (ton fromage) ! »

…… Ce langage, le diable ne nous le tient pas le soir du mercredi des cendres : nous trouverions la feinte un peu grosse, et nous aurions la puce à l’oreille. Il ne nous tient pas ce langage, même pas les dix premiers jours du Carême : nous sommes encore tellement contents de nos performances!

C’est vers le onzième jour que le renard approche de l’arbre, au moment où nous sommes mûrs comme un camembert qui s’abandonne, au moment où nos résolutions de prière, de jeûne et d’aumône commencent à nous peser. C’est la faille que le diable attendait patiemment pour s’y insinuer: « laisse tomber! »

On connaît la suite : le corbeau, à ces mots, ne se sent plus de joie. Il ouvre un large bec, laissant tomber sa proie.

Et voilà ! C’est cuit pour cette année ! Les textes de la liturgie, les homélies de mon curé ou des diacres, les campagnes de solidarité : tout cela tombe à l’eau… On n’est assurément pas fier de soi. Et, tel le corbeau de la fable, on jure, mais un peu tard, qu’on ne nous y prendra plus.

Pour le corbeau, sa résolution vint effectivement trop tard, car il perdit le seul fromage qu’il possédait. Heureusement, nous sommes plus chanceux que le corbeau, car nous avons des fromages de réserve : en effet, l’Eglise, chaque année, nous offre un nouveau carême, une nouvelle chance. A nous de ne pas la laisser tomber dans la gueule du renard. Disons : dans la gueule du diable !

Et pour cela, il faut être conscient de l’enjeu. Cet enjeu, c’est de retrouver notre liberté intérieure, celle qu’avaient perdu nos premiers parents symboliques dans le récit de la Genèse. Pas facile! aujourd’hui dans notre société, la tentation est partout, elle en est même le moteur.  Et elle se camoufle si bien, les suggestions du renard sont partout, dans les pubs, sur les réseaux sociaux, tout ce qui nous invite à nous comparer aux autres, à nous prendre pour de petits dieux… « Vous le valez bien! » Et tous les corbeaux chantent en choeur : « Crôa, crôa, crôa ! » 

Comment allons-nous donc essayer d’éviter cette année l’amnésie, et démasquer les astuces  du renard qui tourne déjà autour de nous ?… 

Chacun son truc, mais je vous invite si je puis me permettre à tenir un petit carnet dans lequel vous inscrirez en première page : « Jésus je t’aime », ou « Merci Dieu qui me libères » ; 

– Et sur la deuxième page, les renards qui vous collent le plus aux basques : l’orgueil, la colère, la rancune, la jalousie, la paresse spirituelle, le manque d’empathie, le « moi je », etc, je ne vais pas vous faire toute la liste, vous les connaissez comme moi. 

– Chaque soir ou chaque semaine, vous faites un petit bilan : Est-ce que j’ai gardé mon fromage? L’ai-je lâché trop vite? Comment me suis-je fait rouler? – et les victoires avec l’aide du Seigneur.  

– Le dimanche, au cours de la messe, vous présenterez mentalement votre carnet au Seigneur – sans vous vanter mais en demandant son aide, et avec la Communauté qui célèbre l’Eucharistie, vous poserez des gestes qui vous engagent (comme par exemple la collecte du Carême de Partage) et qui vous préparent à proclamer notre foi baptismale au cours de la Veillée pascale. 

– N’hésitez pas non plus à vous réconcilier durant le Carême, en demandant le sacrement de pénitence : rien de tel pour faire fuir les renards ! 

=> Ainsi, la Source baptismale pourra à nouveau couler librement et faire chanter nos cœurs tournés vers la Lumière de Vie, la Résurrection, et nous pourrons participer pleinement à la joie des nouveaux baptisés de Pâques.

Tenons donc fermement notre fromage dans notre bec jusqu’au jour de Pâques (et au-delà!), où nous pourrons rire au nez et à la barbe du renard.  Bon Carême ! 

Bulletin paroissial

Invitations :

La Scène Malmedy

Le 30 mars 2024, soyez prêts pour l’incontournable : Les hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus – Mise à jour 2.0 ! 💫

Un show unique, mêlant rires et réflexions sur l’égalité hommes-femmes 🚻

Paul Dewandre vous fera voyager dans les méandres des logiques masculines et féminines, et vous vous exclamerez : « Ah, si j’avais compris tout cela plus tôt ! » 😅

Soyez au rendez-vous pour une soirée inoubliable qui a déjà séduit plus de deux millions de spectateurs 🤩

Réservez vos places dès à présent ⤵
💻https://www.lascenemalmedy.be
📩info@lascenemalmedy.be
☎ +32 (0)80 87 01 16

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Spiritualité

Partage :

Carême de partage

Haïti : résister, c’est faire vivre la solidarité.

En cette période bousculée par les guerres et les crises, le chemin de conversion du Carême s’offre à toutes les personnes qui le veulent comme un temps pour se mettre encore plus singulièrement à l’écoute de l’Esprit de Dieu – esprit de vie et de justice – et pour s’ouvrir avec le regard de la foi aux plus vulnérables de la grande famille humaine. Ce Carême nous invite à porter tout particulièrement notre attention sur Haïti où, aujourd’hui, 4,9 millions d’Haïtiennes et d’Haïtiens ont du mal à se nourrir. Huit personnes sur dix réduisent le nombre de leurs repas pour survivre. Les paysans et paysannes doivent réduire les surfaces cultivées : les semences et engrais coûtent trop cher, entraînant une spirale de la faim… POUR DECOUVRIR LES PROJETS D’ENTRAIDE & FRATERNITE à HAÏTI, CLIQUEZ SUR CE LIEN : BROCHURE HAÏTI ; ou encore regardez la VIDEO publiée sur YouTube (CLIQUEZ ICI)

Votre don de Carême sera reçu avec reconnaissance sur le compte BE68 0000 0000 3434 d’Entraide et Fraternité (communication : 7366), en ligne sur www.entraide.be ou encore via les réseaux sociaux de l’ONG (Facebook et Instagram). Une attestation fiscale est délivrée pour les dons à partir de 40 € par an. En paroisse, les collectes spéciales « Carême de Partage » auront lieu les week-ends des 14-15 mars et 28-29 mars. Bon et fécond Carême à toutes et à tous.

POURQUOI LA TRANSITION ECOLOGIQUE N’AVANCE-T-ELLE PAS ? QU’EST-CE QUI LA FREINE ?

Entretien avec François Gemenne -un liégeois- spécialiste de la geopolitique du climat. Cliquez ICI !

NEWSLETTRE DE L’UNITE PASTORALE « PAYS DE SAINT REMACLE » STAVELOT-FRANCORCHAMPS – février mars 2026

Mercredi 18 février : entrée en Carême

18h00           imposition des cendres à Stavelot

19h30           imposition des cendres à Francorchamps

À quoi bon le carême ? Voilà une question qu’il serait bon de se poser, n’est-ce pas ? Si d’aventure vous ne vous l’êtes pas déjà posée un jour… Et si vous ne faites pas partie de ces gens qui ne se posent jamais de questions.

À quoi bon le carême :

Les résolutions ? Mon Dieu, est-ce que je peux compter celles que j’ai déjà tenues, les compter sur les doigt d’une main ? Tôt ou tard, on finit par les oublier…

La conversion ? Quand je vois ce qui se passe dans le monde, la guerre en Ukraine, à Gaza, au Soudan… et l’arrogance de certains « maîtres du monde », la course au profit, l’indifférence de ceux qui veulent toujours plus de plaisir, de confort… j’ai l’impression que ce n’est pas moi mais plutôt eux qui ont besoin de conversion !

Je ne suis quand même pas un si mauvais chrétien que cela…

Alors, à quoi bon le carême ?

Est-ce juste un rite, une habitude qu’on renouvelle chaque année parce que c’est comme cela ? Pour donner une certaine couleur au temps qui passe… 

Et si le carême nous était donné pour choisir la vie ?…………..

Il y a un chemin qui conduit à la vie et un chemin qui conduit à la mort, et il s’agit donc de prendre le bon chemin : « Choisis la vie ! » (cf Dt 30,20)

Dans le livre de la Genèse, l’arbre qui est au milieu du jardin, c’est l’arbre de Vie : une façon symbolique à la Bible de nous dire que le projet de Dieu est tout entier orienté depuis les origines de la création vers la vie et vers la Vie de Dieu. Dieu nous crée vivants pour nous partager sa vie divine.

Or, les forces de mort sont à l’œuvre elles aussi, en nous et autour de nous. Nous ne le savons que trop bien ! Tant de choses nous tirent vers le bas.

À chaque moment de notre vie, que nous le sachions ou pas, chaque fois que nous prenons une décision, que nous posons un geste ou une parole, nous faisons un pas dans une ou dans l’autre direction. Nous entrons dans une logique de vie ou de mort, qui se cristallise en nous petit à petit.  

Et c’est finalement tout l’enjeu du carême de nous retrouver face à ces deux chemins et à reposer un choix fondamental : Oui, je choisis la Vie ! C’est la question qui nous sera posée dans la nuit de Pâques à laquelle tout ce carême nous prépare avec les catéchumènes. Et bien, à ce grand moment ou liturgiquement nous sera demandé si nous renonçons au chemin qui conduit à la mort, le chemin du péché, Satan qui est l’auteur du péché, et si nous choisissons le chemin de la vie, de la Vie éternelle dont la porte d’entrée est la foi : « Crois-tu en Dieu ? » « Oui, je crois ! – et je crois qu’il m’ouvre et qu’il m’offre sa Vie. »

Alors, si vous êtes d’accord d’emprunter ce chemin, voici les outils – ou panneaux indicateurs, qui nous accompagnent chaque année aussi afin d’exercer notre cœur, notre sentiment, notre volonté : afin que notre choix de la vie soit vraiment un choix. Choisir Dieu ne se fait pas à la légère, il faut y mettre le prix. Et c’est aussi pour cela qu’on le vit ce carême en communauté, en Eglise, pour s’encourager les uns les autres : « C’est par là ! C’est la bonne direction ! »

Ces outils : le jeûne, la prière, le partage. Rien de bien neuf n’est-ce pas ; mais derrière ces mots qui sont appelés à devenir des attitudes de vie, c’est toute une entreprise de libération, une grâce de liberté qui nous permettra de mieux aimer, de mieux croire, de mieux nous donner. À condition bien sûr de le vivre pour le Seigneur et avec Lui, dans le secret. C’est dans le secret et l’obscurité de la terre où est déposée la graine que peuvent se vivre les plus belles germinations !

J’ajouterais peut-être aussi un quatrième outil : le silence. « Ferme la porte de ta chambre et fais SILENCE.» Silence pour mieux rencontrer notre Dieu, silence pour mieux nous écouter entre nous. Voilà un quatrième pilier précieux pour laisser Dieu faire son travail, mais si difficile à atteindre dans le bruit de nos vies. Faisons donc du Silence un élément constitutif de notre carême. Du coup, voilà, je vais me taire !

Bon carême. Choisis donc la Vie !

Le Ploumtion

Carême de partage

Haïti : résister, c’est faire vivre la solidarité.

En cette période bousculée par les guerres et les crises, le chemin de conversion du Carême s’offre à toutes les personnes qui le veulent comme un temps pour se mettre encore plus singulièrement à l’écoute de l’Esprit de Dieu – esprit de vie et de justice – et pour s’ouvrir avec le regard de la foi aux plus vulnérables de la grande famille humaine. Ce Carême nous invite à porter tout particulièrement notre attention sur Haïti où, aujourd’hui, 4,9 millions d’Haïtiennes et d’Haïtiens ont du mal à se nourrir. Huit personnes sur dix réduisent le nombre de leurs repas pour survivre. Les paysans et paysannes doivent réduire les surfaces cultivées : les semences et engrais coûtent trop cher, entraînant une spirale de la faim… POUR DECOUVRIR LES PROJETS D’ENTRAIDE & FRATERNITE à HAÏTI, CLIQUEZ SUR CE LIEN : BROCHURE HAÏTI ; ou encore regardez la VIDEO publiée sur YouTube (CLIQUEZ ICI)

Votre don de Carême sera reçu avec reconnaissance sur le compte BE68 0000 0000 3434 d’Entraide et Fraternité (communication : 7366), en ligne sur www.entraide.be ou encore via les réseaux sociaux de l’ONG (Facebook et Instagram). Une attestation fiscale est délivrée pour les dons à partir de 40 € par an. En paroisse, les collectes spéciales « Carême de Partage » auront lieu les week-ends des 14-15 mars et 28-29 mars. Bon et fécond Carême à toutes et à tous.

POURQUOI LA TRANSITION ECOLOGIQUE N’AVANCE-T-ELLE PAS ? QU’EST-CE QUI LA FREINE ?

Entretien avec François Gemenne -un liégeois- spécialiste de la geopolitique du climat. Cliquez ICI !