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LE RETOUR DE LA FORCE

Ce matin 7 novembre, les premières pages et les titres de la presse traduisaient unanimement un fort sentiment d’inquiétude, voire de désarroi. J’ai relevé quelques-uns de ces titres les plus marquants (in RTBF Actus 7.11.2024) :

« Le revoilà » (De Morgen)

« Le choc Trump, Acte II. » (La Libre)

« Trump prend sa revanche, plus dangereux, plus en colère et plus puissant que jamais. » (De Standaard)

« Plus personne maintenant n’arrêtera Trump. » (Het Laatste Nieuws)

« Et maintenant ? » demandent Le Soir et L’Avenir.

Oui, et maintenant ? Quel avenir pour les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient ? Quel futur pour l’Otan et l’Europe ? Quel lendemain pour la démocratie ? Quel espoir encore pour les femmes, les minorités, les migrants, l’environnement et le climat ?  Le monde entier se pose ces questions après cette victoire. Et bien d’autres tout aussi dérangeantes. Car le phénomène Trump ou ‘’Maga’’ pourrait bien faire tache d’huile chez nous et ailleurs dans le monde.

Car comme l’écrit le commentateur dans Le Monde, « ils [les Américains] ont choisi en toute connaissance de cause. En 2016, les électeurs américains ignoraient à quoi ressemblerait une présidence Trump. Cette fois, non seulement les électeurs américains connaissaient parfaitement le candidat Trump – jusque dans ses comportements les moins glorieux, mais surtout, le candidat est encore plus radical qu’il y a 8 ans. Son électorat SAIT où ce président va les emmener, et il en redemande« .

Kamala Harris dans un discours, déclarait en parlant de toutes ces dérives outrancières, intolérantes, vulgaires, racistes et misogynes : »ce n’est pas ce que nous sommes. Ce n’est pas l’Amérique« . Il s’avère pourtant que malheureusement, c’est exactement ce qu’est aujourd’hui l’Amérique,ou en tout cas une partie majoritaire de ce continent, et celane va probablement pas se limiter aux Etats-Unis. « L’ère Trump ne s’ouvre pas que pour les Etats-Unis, écrit Le Soir. C’est une nouvelle ère politique conquérante qui va s’ouvrir pour le Monde. » « Donald Trump n’est plus l’anomalie, il est désormais la norme. » (De Standaart)

Comme l’écrit l’Avenir – en donnant froid dans le dos, « Aux 4 coins du Vieux Continent, d’autres petits Trump attendent désormais leur heure de gloire« . La montée des extrêmes-droites un peu partout dans le monde semble donner raison à ce sombre pronostic.

Qu’est-ce qui a fait pencher la balance en faveur du populiste Trump et pousser les indécis, les latinos et même les femmes à l’élire ? On pointe les promesses économiques du candidat, sur fond d’inflation qui frappe davantage les revenus les plus bas. Sans doute que ce thème, davantage exploité par Trump que par Harris, a joué dans la compétition. Mais ce qui ressort peut-être davantage, c’est semble-t-il sa façon de paraître et de s’exprimer. Brutale. Viriliste. Sans nuances. Méprisante pour les adversaires (qu’il traite d’ennemis). Il a su chauffer les esprits avec un charisme certain en permettant à des foules entières d’Américains tant de condition modeste qu’issus de la ‘’middle class’’ de se projeter dans ce personnage qui catalyse à la fois leurs aspirations et leurs frustrations. Grâce à lui, ils peuvent proclamer tout haut les pensées auparavant inavouables, en quelque sorte il a libéré la parole en donnant une sorte de ‘caution morale’ à ce qui n’était pas politiquement ni chrétiennement correct. Ainsi que l’écrit le journaliste de l’Echo, c’est le « triomphe des pulsions ». Le discours rationnel est balayé au profit des affects par la démagogie de Donald Trump, orfèvre en la matière.

Hélas pour Kamala Harris, l’Amérique a manqué une deuxième fois son rendez-vous avec l’Histoire en refusant d’élire une femme à sa présidence.

Le plus étonnant peut-être est le soutien très marqué des chrétiens, y compris les catholiques, dévolu au candidat Trump. Les évangélistes l’ont sacré défenseur de la loi anti-avortement (malgré quelques ambigüités de Trump qui n’a voulu s’aliéner aucun camp) ; mieux, ils en ont fait un ‘’messie’’ envoyé de Dieu qui doit rétablir l’ordre conservateur et la morale (sic). Les catholiques voient aussi un lui un défenseur des valeurs dites chrétiennes – le sont-elles vraiment ?

Comme au temps de Jésus, on confond le Royaume de Dieu avec un ordre social et politique, une puissance qui impose une façon de concevoir le monde et une morale à tous les citoyens d’un pays. Derrière cette conception religieuse où la société est soumise aux lois divines (qui est aussi la vision de l’Islam, nota bene), il y a un piège énorme que le Christ a dénoncé maintes fois en rappelant que « son royaume n’est pas de ce monde » : ce piège, ainsi que le souligne Aymeric Christensen, directeur de la rédaction de l’hebdomadaire La Vie, c’est de préférer une loi d’apparence chrétienne à la liberté évangélique ; prétendre instaurer par le haut un ordre social fondé sur des « valeurs » chrétiennes.

Nous savons à quelles dérives cela a conduit dans l’Histoire…

Mais derrière tout cela, derrière ce pari risqué de voter pour une sorte de messie à qui on remet sa conscience personnelle en plus de tous les pouvoirs, est-ce qu’il n’y aurait pas, se demande Christensen, – y compris chez les chrétiens – une fascination malsaine pour la force et le pouvoir ? (…Il n’y a pas que dans les stades!)

« Richer, safer, stronger » (plus riches, plus sécurisés, plus forts) : ce sont les trois mots-clés de la campagne de Donald Trump pour électriser les foules et se les rallier à lui. De la sorte, en délaissant tout ce qui unit et rassemble au-delà des différences, en rejetant la solidarité, il est clair que le débat politique ne peut que jouer toujours davantage sur les instincts, instillant la haine et la polarisation. Comment construire sur ces bases une société où toutes les composantes cohabitent harmonieusement ?

=>Est-ce qu’il ne serait pas temps pour tous les chrétiens (chez nous et partout dans le monde) de choisir non pas le chemin de la force, que le Christ a refusé, mais celui de la solidarité et de la fraternité qui abat les murs et les frontières ?

La seule puissance légitime aux yeux de Dieu, c’est celle de l’amour. Ne l’oublions jamais.

Bernard

NEWSLETTER DE L’U.P. « PAYS DE SAINT REMACLE » STAVELOT-FRANCORCHAMPS DU MOIS DE NOVEMBRE 2024

« Après la pluie » : le film sur les inondations

Rejoignez-nous le jeudi 7 novembre à 20h au Moviemills de Malmedy pour la projection de « Après la pluie », un documentaire poignant sur les inondations survenues dans la vallée de la Vesdre et de l’Ourthe en 2021. Elle sera suivie d’un débat en présence des réalisateurs et de Marc Elsen, psychologue de première ligne.

Invitation : le 11 novembre de 9h à 17h30 : journée annuelle pour les personnes séparées-divorcées : « Séparation, divorce… Et les enfants? » Avec Jean-Michel Longneaux, philosophe à l’UNamur. Inscription auprès de Danielle Schyns – 0472/62.01.84. ou par email : wavreumont11.11@gmail.com

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Du 7 au 17 novembre 2024, les Belges ont rendez-vous avec la solidarité internationale. Comme chaque année, durant ces 11 jours, des milliers de volontaires se mobilisent pour collecter des fonds visant à financer des projets concrets de développement portés par des ONG belges et leurs partenaires du Sud : entre autres dans l’est du Congo et à Haïti, ainsi qu’en Afrique centrale.

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(mot latin signifiant à peu près « lecture spirituelle ou divine »

Bientôt, l’Avent… Comme le suggère l’article du Bulletin paroissial de ce mois « Vivre l’Avent comme une attente vivifiante » dans ses pistes pour vivre ce temps spécial dans un climat d’attente, de prière et de joie, ne pourrions-nous pas remettre au coeur de nos journées la méditation de la Parole de Dieu ?

Un moyen simple et facilement accessible est la « lectio divina » qui propose une méditation biblique priante, laquelle peut être vécue seul-e ou en groupe, et constitue une sorte d’itinéraire spirituel pour s’approcher du texte et surtout de Dieu à travers quelques étapes précises. Il ne faut aucune compétence particulière pour vivre cette méditation, simplement être dans une disposition d’accueil de ce que le Seigneur veut nous dire personnellement dans sa Parole.

Vivre cette expérience en petit groupe de 2 à 6 personnes permet, par l’écho que chacun reçoit des autres sur la façon dont résonne en eux la parole choisie, de s’enrichir mutuellement au travers de cette écoute sans jugement ni comparaison : on reste dans l’accueil, pas dans le débat. Chacun.e s’exprime librement, sans obligation. La prière clôture cette rencontre qui ne dure pas plus d’une heure. Un modérateur aide au déroulement des différentes étapes dans un climat fraternel où chacun devient de plus en plus disciple de Celui « qui a les paroles de la vie éternelle » (Jean 6,68).

Quelques personnes m’ont déjà manifesté leur intérêt pour cette démarche ; si vous êtes également curieux-se de vivre au moins une fois cette expérience, contactez-moi. (Aucune date n’a encore été fixée pour une première rencontre ni le lieu, cela dépendra des désirs et possibilités des candidat.e.s.)

Abbé Bernard Pönsgen, bernard.ponsgen@gmail.com0493/50.53.18

VOUS AVEZ DIT : SAINTS ? –  Méditation pour le 1er novembre

Le premier novembre, on fête en une fois tous les saints : Cela a donné le nom de « Toussaint ». Cette fête chrétienne a des racines profondes (7è siècle) ; cependant, en ce début du 21è siècle, avec le recul avéré du culte des saints en occident et malgré les efforts des derniers papes pour en proposer beaucoup de nouveaux plus récents à la dévotion des fidèles et dépoussiérer l’image que l’on pouvait avoir de ces personnages, le mot « saint » lui-même (et la notion de « sainteté » ) ne semble plus guère parler à nos contemporains. Il disparaît peu à peu du langage et ne subsiste pour ainsi dire que dans les appellations de lieux – surtout en France : Saint-Quentin-en-Yvelines, Saint-Maur-des-Fossés, Saint-Germain-en-Laye… ou dans des expressions comme « à la Saint-Glin-Glin ». On lui préfère dans les conversations ou dans les publications le mot « sain », sans « t » : Tant le souci d’une qualité de vie terrestre a remplacé dans nos pays dits développés la préoccupation des fins dernières et de l’accès à un bonheur céleste devenu hypothétique !

Aussi, à l’approche de cette fête particulière (où le souvenir familial des défunts a d’ailleurs éclipsé le sens propre de la célébration de la Toussaint), je me suis interrogé sur la signification originelle de ces termes de « saint » et de « sainteté » – et sur la manière de leur redonner une pertinence et un intérêt pour aujourd’hui. Je vous partage ici quelques-unes de mes réflexions.

Quand j’étais enfant, j’ai été abreuvé de lectures de vies de saints (surtout des B.D.) ; c’étaient de belles histoires, et ces personnages devenus familiers étaient pour moi non seulement de possibles modèles, mais aussi des amis à qui j’aimais penser : saint Bernard (évidemment), saint Jean Bosco et Dominique Savio, sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, saint François d’Assise, etc. Tous me parlaient, me disaient quelque chose de Dieu.

Ces vies concrètes de personnages réels avec leur caractère, leurs enthousiasmes et leurs difficultés, mais davantage encore les clins d’œil que leur union à Dieu faisait surgir au milieu de leurs tribulations, leur inspirant des paroles et des actions inédits, surprenants et inspirants, tout cela, me faisait ressentir combien la foi est quelque chose qui a pour vocation de s’incarner, qui se donne à voir et à vivre au travers de notre épaisseur humaine dont elle révèle ainsi la Beauté : beauté qui est le reflet de celle de Dieu lui-même, le seul Saint !

On n’est pas encore à la définition de la sainteté, mais on s’en rapproche ! On va dire pour l’instant que c’est peut-être, non pas une « qualité » parce que dans ce cas-là il y en aurait qui seraient plus saints et d’autres moins saints – comme des bons points, et on pourrait même dans cette façon de voir que je ne partage pas, suggérer un « permis à points » pour aller au ciel ! – mais plutôt un état, quelque chose qui surgit de l’être profond quand il est habité par Dieu, son Esprit.

En disant cela, on postule que notre Source, la source de notre être est ailleurs qu’en nous-même ; elle est en Dieu. Et c’est quand nous sommes connectés à notre Source que nous sommes saints – donc, pas par nous-mêmes !

Ainsi, la sainteté est quelque chose – un attribut – qui appartient en propre à Dieu, qui fait partie de son essence. Il est LE SAINT, comme il est LE Bon, LE Beau, L’Eternel… « Dieu seul est bon » (Lc 18 :19). Cependant, nulle part je n’ai trouvé de définition précise sur ce qu’est fondamentalement la sainteté. On la confond souvent avec la perfection, ou le fait d’être séparé, au-dessus des autres afin d’être vénéré (confusion avec le mot « sacré »). Or ce n’est absolument pas vrai ! Nul besoin d’être parfait pour être saint – d’ailleurs tous les saints avaient leurs petits ou leurs gros défauts, y compris les Apôtres. La perfection morale n’est pas la sainteté, même si cette idée est encore fort répandue dans la tête des gens et même des croyants. D’ailleurs Jésus lui-même a ‘canonisé’ un certain nombre de gens qui ne l’auraient sans doute pas été aujourd’hui par l’Eglise catholique vu leur curriculum vitae : Marie-Madeleine, Simon-Pierre, le bon larron, etc.

Précisément, l’exemple de Marie-Madeleine dont la tradition rapporte qu’elle est une ancienne prostituée, peut nous éclairer sur ce qu’est la véritable sainteté. Jésus dit d’elle « qu’il lui sera beaucoup pardonné, parce qu’elle a beaucoup aimé. » (Lc 7 :47). Le maître-mot est donc l’AMOUR. Quand on parle de sainteté, on parle d’amour ! La sainteté de Dieu n’est autre que son Amour infini. Il ne sait rien faire d’autre que cela : aimer, de mille façons. C’est son être profond, sa ‘nature’ : Car « Dieu est amour » comme l’écrit le disciple bien-aimé saint Jean (1 Jn 4 :8.16)

Et le secret de la sainteté est donc peut-être là : se laisser aimer par Dieu, par Jésus, pour aimer à notre tour comme Lui et avec Lui. L’amour couvre les péchés et fait retrouver une certaine innocence, comme c’est le cas pour Marie-Madeleine qui couvrait les pieds de Jésus de ses larmes et les essuyait de ses cheveux. Il faut avoir fait cette expérience d’être aimé et pardonné gratuitement, pour entrer dans cette dynamique où l’offrande de soi répond au don qui est fait. Nous sommes tous aimés de Dieu, nous sommes tous appelés à devenir saints – et nous le sommes déjà quand Dieu par son Esprit vit en nous, et nous anime, nous pousse à aimer. Ce n’est donc pas si difficile qu’on croit ! Mais il est dur parfois pour certaines personnes d’accepter de se laisser aimer par Dieu, surtout si on ne s’aime pas soi-même… Il y a là un obstacle à faire sauter, et il faut demander cette grâce dans la prière ou mieux dans une bonne confession auprès d’un prêtre qui peut nous aider.

Donc, la sainteté à la portée de tous ! Sans se prendre la tête. Sans concours de moralité. Mais « se tenir humblement en présence du Seigneur et marcher avec Lui pour faire le bien », répandre le bien (cf Michée 6 :8). Comme l’expliquait la ‘petite Thérèse’ dans son autobiographie, il n’y a pas besoin de se tenir sur la pointe des pieds pour devenir un(e) saint(e) – sous peine d’attraper vite des crampes ! Mais il faut s’engager sur le chemin de l’amour, celui qui est précisément exposé dans les « Béatitudes ». Chemin à parcourir avec tout ce qu’on est – ce qu’on a ou qu’on n’a pas ; peu importe, le Seigneur fait feu de tout bois. Retenir que c’est Lui qui fait l’essentiel du travail ! Mais ne pas arrêter de marcher…

Mais comment rendre attrayant pour nos contemporains ce vocable de « saint » ou de « sainteté » qui leur paraît si désuet et dégoulinant de dévotion de sacristie ?

Je ne pense pas qu’il faille le remplacer – d’ailleurs on ne le pourrait pas, il est au cœur de la Révélation de Dieu, inscrit en lettres de feu dans la Bible : le Kadosh, la Valeur de Dieu. On le chante au début de la prière eucharistique : Saint, saint, saint le Seigneur…

Mais ne pourrions-nous pas l’associer à un autre mot, celui que Jésus lui-même a donné à ceux qui le suivaient : « Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ignore ce que fait son maître. Maintenant, je vous appelle mes amis. »  (Jn 15 :15)

N’est-ce pas la meilleure et la plus concrète définition de la sainteté, le plus beau titre aussi qu’on puisse donner à celui ou celle qui accueille Dieu et son Amour dans sa vie : « ami.e de Dieu » ?

Et ceux-là, heureux sont-ils !

Bernard P.

DANGER !

Je suis confondu. Atterré. Le Conseil européen qui vient de s’achever à Bruxelles n’a traité que d’un seul sujet : l’immigration. C’est à dire : les solutions pour bloquer l’immigration. Même pas un mot de la précarité grandissante, encore moins du réchauffement climatique et des mesures à mettre en place au niveau européen…  Ce thème de l’immigration est porté par les partis de l’U.E. qui sont soit d’extrême-droite, soit alliés à l’extrême droite, et qui sont majoritaires. Cela en dit long sur la déliquescence des « valeurs européennes » ! Qui se préoccupe des raisons pour lesquelles ces gens, ces humains, ces semblables quittent leur pays au prix de mille dangers pour essayer de trouver un refuge ?

Et ça ne va pas mieux Outre-Atlantique : on retient son souffle en attendant le verdict des urnes du 5 novembre (déjà présenté comme contestable par les conseillers juridiques de Donald Trump en cas d’échec ou de balance). Les Etats dits « Unis » d’Amérique sont profondément fracturés. Si Mme Harris affiche des positions plus modérées * que le candidat à la mèche blonde (ce qui n’est pas difficile), son programme n’est pas vraiment explicite et reste très discret au sujet de la politique migratoire, Quant au candidat républicain, il assume sans problème son nationalisme (et isolationnisme « America first ») qu’il utilise comme levier électoral. Ses déclarations font froid dans le dos : Récemment, il a qualifié Vladimir Poutine de plutôt intelligent d’avoir envahi l’Ukraine et a salué le bilan militaire de la Russie dans les conflits historiques.

L’ancien président ne cache pas son admiration pour les dirigeants autocrates (la semaine dernière, il a déclaré à une foule de fans enthousiastes que « personne n’est meilleur, plus intelligent ou meilleur dirigeant que Viktor Orbán [de Hongrie] » ) ainsi que pour les dictateurs : Plusieurs membres de son ancienne équipe ont corroboré qu’ils l’avaient souvent entendu faire l’éloge de personnalités telles que le Nord-Coréen Kim Jong Un, le Russe Vladimir Poutine, le Chinois Xi Jinping et, à plus d’une occasion, le dirigeant nazi Adolf Hitler ; en particulier il a déclaré que « Hitler avait fait de bonnes choses ». Et à l’époque où il siégeait à la Maison Blanche il aurait déclaré à huis clos : « J’ai besoin du genre de généraux qu’avait Hitler »… des propos qui ont fait réagir son ancien chef de cabinet qui l’a qualifié de fasciste.

« Il aime traiter avec d’autres grands, et des grands comme Erdogan en Turquie peuvent mettre des gens en prison sans avoir à demander la permission à qui que ce soit. C’est ce qu’il aime », a confirmé son ancien conseiller à la sécurité nationale, John Bolton. « Ce sont des hommes de poigne, des gars durs qui savent gouverner » lache encore Trump. Cette façon d’exercer le pouvoir le fascine indubitablement. Il a d’ailleurs dit lors de la précédente campagne, que s’il était élu, il serait dictateur « un jour » – sous-entendu pour « remettre de l’ordre » – puis serait à nouveau un président agissant « constitutionnellement ».

Ces discours font mouche chez une grande partie de l’électorat américain, mais aussi de plus en plus chez les citoyens européens où les mots « ordre », « sécurité », « protectionnisme », « nous les gens de souche », « le droit du sang » … percolent dans la soupe politique et dans les mentalités. On s’y habitue, on les fait siens sans en avoir l’air. On oublie que le régime nazi a fondé son idéologie sur ces slogans.

Le premier ministre israélien Netanyahou a déclaré aujourd’hui que sa guerre est « une guerre de civilisation ». De quel côté est la civilisation ? On a peine a reconnaître dans ces bombardements où des milliers de civils, femmes et enfants perdent la vie, une action civilisée ! Des bombes d’une tonne équivalent TNT sont utilisée actuellement au Sud-Liban et à Beyrouth pour liquider des activistes du Hezbollah. Cela veut dire qu’à chaque explosion, non seulement un immeuble est rasé, mais un quartier entier est dévasté. Est-ce cela la civilisation ?

Tout cela, quatre-vingt ans à peine après le suicide de Hitler, cela donne à réfléchir !

Est-ce déjà l’annonce d’une Guerre Mondiale à venir ? Quand il n’y a plus de conscience, la guerre est la seule option.

Il est temps que les forces démocratiques, chrétiennes et non chrétiennes, se réveillent !

Bernard Pönsgen

(*) Comme l’écrit Claude Semal cette semaine dans l’Asymptomatique : « Je serais américain, je voterais sans hésiter pour écarter Trump, qui cumule à peu près tous les défauts de la terre. Mais je n’aurais pas pour autant confiance dans les projets futurs de Kamala Harris. Je me réjouis bien sûr de ce qu’elle soit une femme, et une femme noire […]. Mais dans un pays où toute la vie politique est financée par les grosses fortunes et les grosses entreprises, dont les très puissants lobbies de l’armement, de la pétrochimie et de l’automobile, par quel miracle un programme réellement progressiste, pacifiste et humaniste pourrait-il émerger et s’imposer dans les urnes et dans les médias ? »

Transmettre… Quoi ? à qui ? Et pour quoi ?

Une rencontre récente avec un responsable diocésain de la catéchèse lors d’un conseil décanal, dont le sujet était : « La catéchèse renouvelée : où en sommes-nous cinq ans après ? » a fait monter en moi quelques réflexions.

D’abord un constat : La catéchèse des enfants n’attire plus guère, malgré tous les efforts mis en place pour la rendre attrayante et l’inscrire dans un contexte de liberté et de souplesse en supprimant ou réduisant les « obligations ». Le nombre de catéchisés (première communion mais surtout la profession de foi) est en baisse constante à peu près partout ; quant à ceux qui préparent la confirmation, il y a longtemps que le mouvement était amorcé. Cela pose pas mal de questions pour l’avenir des communautés chrétiennes.

La « catéchèse renouvelée » se veut décloisonnée, intergénérationnelle, communautaire. C’était le projet du diocèse lancé en 2019 après une très large consultation. Mais qu’il est difficile d’y arriver, tant les moyens humains (et l’intérêt) font souvent défaut ! On peut bien sûr justifier de cette désaffection par les crises que traverse l’Eglise actuellement et qui sans aucun doute ont un impact dans les familles en relativisant chez les parents la nécessité de transmettre quelque chose de la foi à leurs enfants. On parle déjà depuis des années de crise de la transmission

Justement à ce propos, je me suis interrogé sur ce que nous, les responsables pastoraux, mais aussi les animateurs de la catéchèse, les parents chrétiens – il y en a encore ! – , sur ce que nous voulons précisément transmettre : Que voulons-nous faire aimer à nos jeunes ? Jésus-Christ ? L’Evangile ? L’Eglise ? Notre héritage catholique, avec ses traditions et ses rites ? Des valeurs auxquelles nous sommes plus ou moins attachés ? Selon ce point de départ, nos objectifs et nos attitudes seront probablement différentes…

Quoi qu’il en soit, très souvent, nous nous heurtonsà un mur, les jeunes en question ne manifestant qu’un intérêt très limité (et qui cesse dès qu’on a décroché la récompense : la communion, la profession de foi…) pour ce qui leur apparaît comme quelque chose de tout-à-fait déconnecté avec leur vie.

Et si ce mur, c’était nous qui l’érigions ? Cela m’est apparu en découvrant que le questionnement était assez semblable pour les enseignants chargés de faire aimer la lecture à leurs élèves. La lecture, beurk ! – à l’ère des réseaux sociaux et des loisirs numériques… D’après une enquête Ipsos, un jeune de 16 à 19 ans sur trois ne lit pas du tout dans le cadre de ses loisirs ; et la tendance va en croissant. En fait, il se pourrait que les pierres avec lesquelles nous élevons le mur qui sépare les enfants, les jeunes et sans doute d’autres de la recherche attractive d’une vie de foi, soient les mêmes que celles qu’utilisent les « pédagogues » pour bâtir une muraille entre les jeunes et les livres.

Quelles sont ces ‘pierres d’achoppement’ ? Ces pierres, c’est de faire passer le dogme (« Il faut lire », « il faut croire », « il faut entrer dans l’Eglise ») avant la relation à l’enfant, aux jeunes. C’est notre obsession du résultat – et notre inquiétude sur notre aptitude à la pédagogie. « Nous autres, pédagogues, nous sommes usuriers pressés. Détenteurs du Savoir, nous le prêtons contre intérêts. Il faut que cela rende. Et vite, faute de quoi, c’est de nous-mêmes que nous doutons. » (Daniel Pennac, Comme un roman, Gallimard 1992)

Dans le cadre de l’enseignement de la lecture, les raisons de cette urgence, de ce besoin de rendement sont clairement identifiées, sinon justifiées : la nécessité de réussir ses études, d’acquérir des outils, des bagages conceptuels ou culturels (pourvu qu’ils n’apparaissent pas obsolètes à nos jeunes immergés dans l’ère de l’immédiateté et du zapping…).

Mais en Eglise, c’est quoi notre excuse, notre urgence ? Pourquoi sommes-nous à ce point obsédés de rendement ? Comment avons-nous glissé de « Je vous ai dit tout cela pour que ma joie soit en vous » (Jn 15,11) à : « c’est notre objectif qu’ils apprennent tout cela » ?

S’il y a quelque chose à « transmettre », n’est-ce pas d’abord avant tout une VIE ? – qu’elle soit spirituelle ou autre. Et dans ce cas, la transmission se vit dans les deux sens, du jeune vers l’adulte et de l’adulte vers le jeune. Arrêtons d’être les « possesseurs du savoir » ; soyons des vivants !  Je pense que souvent, nous essayons de faire boire des « ânes » qui n’ont pas soif alors que nous n’avons pas vraiment soif nous-mêmes : où en sommes-nous de notre recherche de foi, de vie et de sens ? Ne nous sommes-nous pas arrêtés en chemin voici longtemps… ?

Pour ceux que cela intéresserait, je me propose avec l’accord de M. le curé de lancer un groupe de partage biblique (Lectio divina) pour tout, adulte, jeune, qui aimerait sur base des paroles offertes dans les évangiles échanger avec d’autres sur la vie, la foi, l’amour, la mort, l’espérance… Aucune connaissance préalable requise !  Contactez-moi :

Abbé Bernard Pönsgen

Bernard.ponsgen@gmail.com

0493/50 53 18

« Il en est du règne de Dieu comme d’un homme qui jette en terre la semence : nuit et jour, qu’il dorme ou qu’il se lève, la semence germe et grandit, il ne sait comment. » (Mc 4,26)

NEWSLETTER DE L’U.P. « PAYS DE SAINT REMACLE » STAVELOT-FRANCORCHAMPS DU 13 AU 20 OCTOBRE 2024

du 14 au 18 octobre 2024, le Vicariat de la Santé propose une Semaine de l’accompagnement spirituel en milieu hospitalier.  Le Vicariat de la Santé du diocèse de Liège a implémenté cette « semaine de l’accompagnement spirituel » pour sensibiliser les acteurs de la santé mais aussi le public – les chrétiens et les autres – à cette dimension importante du soin (le « care ») qui s’adresse à tout l’humain. Elle se déroule en particulier dans tous les hôpitaux, cliniques… où des équipes d’aumônerie sont actives. Renseignement et outils sur le site du Vicariat de la Santé.  Si cet accompagnement vous parle et que vous êtes intéressés à vous former pour vivre ce service avec d’autres, contactez l’abbé B.Ponsgen, aumônier de la clinique Reine Astrid de Malmedy.

Dimanche 13 Oct. À 17h à la chapelle de Ster, Concert d’automne de la Chorale « CRISNIR » de SterAvec la participation du Quatuor à cordes « Projet Ephémère. Entrée 8 € à partir de 14 ans. Réception à la salle l’Aurore après le concert.

Jeudi 17 Oct. À 20h au réfectoire des moines de l’abbaye de Stavelot : Dans le cadre des Fêtes septennales de Saint Remacle, Conférence de Mme Brigitte Neuray : « Les recherches archéologiques à l’Abbaye de Stavelot des origines à l’an mille« . Madame Neuray retracera l’histoire de l’Abbaye de Stavelot depuis ses origines à l’an mille. Les origines ont été peu explorées ainsi qu’avant sa construction. Aller jusqu’à l’an mille depuis les origines, c’est aussi parcourir une longue période historique et ses avancées dans le domaine de la construction. Madame Neuray a fait partie et aussi dirigé l’équipe d’archéologues qui a eu la chance de pouvoir fouiller la totalité du site de l’Abbatiale dans de bonnes conditions. Ses publications concernant ce site majeur sont toujours très attendues. Nous aurons la chance de l’écouter à nouveau et aussi de lui poser nos questions. Pour toutes et tous, amateurs d’histoire locale ou de la grande histoire.

Dimanche 20 octobre, 98e journée mondiale de la Mission universelle de l’Église : « Invitez tout le monde ». Comme le rappelle le pape François dans son Message pour la Journée Mondiale des Missions 2024, « L’évangélisation est une sortie inlassable vers toute l’humanité pour inviter tout le monde à la fête du Seigneur ». C’est à cette mission que Missio convie chaque baptisé.e tout au long de la campagne missionnaire 2024-2025. C’est dans cet esprit de solidarité universelle que Missio a choisi cette année de mettre en lumière l’Église-sœur du Sri Lanka pour laquelle la collecte sera réalisée dans les paroisses. Sur notre site Internet, vous trouverez assez d’informations pour contribuer au fonds de solidarité universelle de l’Église et nous aider ainsi à soutenir l’Église du Sri Lanka, via le numéro de compte de Missio : BE19 0000 0421 1012.

Connaissez-vous le site de l’unité pastorale « Pays de Saint Remacle » de Stavelot-Francorchamps ?   Ce site internet vous informe sur la vie et les activités dans notre Unité et ses différentes communautés paroissiales ; en plus de horaires des messes et des informations concernant la pastorale des baptêmes, des mariages, la catéchèse, etc., vous y trouverez des réflexions sur l’actualité et les évènements religieux, des homélies, des invitations pour des concerts ou autres manifestations culturelles ou caritatives. Si vous ne le connaissez pas encore, emportez un des flyers au fond de votre église ou bien surfez sur https://paysdesaintremacle.wordpress.com . Bonne visite !