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Bienvenue au nouvel évêque de Rome ! …et merci à un homme donné, un prêtre offert !

Ce matin, en récitant la liturgie des heures, j’apercevais sur les toits qui m’environnaient une cheminée qui rejetait dans le ciel bleu sa fumée grise. Cela m’a rappelé l’événement qui agitait l’Eglise et le monde en ce moment : l’élection du futur pape qui devait succéder à François, pape hors normes s’il en était – et qui a ouvert encore davantage les fenêtres après le Concile Vatican II.

« Habemus papam ». La joie indescriptible de la foule massée place Saint-Pierre depuis l’apparition de la fumée blanche et attendant de savoir le nom de l’élu, cette joie atteignait tous les catholiques du monde reliés par la télévision ou la radio à ce moment historique. L’événement a eu une portée mondiale, vraiment universelle ; en effet, les médias de tous les continents – même ceux des pays communistes comme la Chine ou réputés d’autres religions comme l’Iran par exemple, se sont tous ensemble branchés sur le micro-Etat du Vatican pour relayer toutes les minutes de l’annonce du nouveau Pape, dont la figure revêt étonnamment dans ce monde troublé et éclaté qui est le nôtre, un caractère de « sage universel ».  

Bienvenue donc à Roberto – désormais Léon XIV, pape américain-italien-français-péruvien, religieux augustinien, dont les premières paroles et surtout les premières décisions seront fort attendues et analysées, tout comme le sont déjà son parcours et son origine. Le choix de son nom de pontife annonce déjà une couleur particulière, une sorte de filiation spirituelle avec le pape de « Rerum Novarum », la grande encyclique sociale.

La question : François était-il un ovni, traversant l’Histoire avec des paroles et des gestes forts, mais sans que cela aboutisse à un engagement et des actes concrets de l’Eglise qui modifient durablement sa présence et son témoignage dans le monde ?

Le nouveau pontife semble avoir accepté cet héritage qu’il dit vouloir assumer et poursuivre dans un climat d’ouverture et de conciliation. Apaiser et continuer, mais aussi ouvrir à de nouveaux horizons pour l’Eglise dans la situation du monde et de l’histoire qui est celle d’aujourd’hui : Voilà l’objectif qui semble ressortir de la toute première prise de parole du nouveau pape, alors qu’il était visiblement ému, devant la foule innombrable serrée sur la place Saint-Pierre : « La paix soit avec vous tous ! »

« La paix soit avec vous tous ! » : c’est la première salutation du Christ ressuscité, le Bon pasteur qui a donné sa vie pour le troupeau de Dieu. Je voudrais moi aussi que ce salut de paix entre dans vos cœurs, qu’il parvienne à vos familles, à tous les hommes, où qu’ils soient, à tous les peuples, à toute la terre. Que la paix soit avec vous!

C’est la paix du Christ ressuscité, une paix désarmée et une paix désarmante, humble et persévérante. Elle vient de Dieu, de Dieu qui nous aime tous inconditionnellement. […] Dieu vous aime tous, et le mal ne prévaudra pas! Nous sommes tous entre les mains de Dieu. C’est pourquoi, sans crainte, unis main dans la main avec Dieu et les uns avec les autres, allons de l’avant. Nous sommes les disciples du Christ. Le Christ nous précède. Le monde a besoin de sa lumière. L’humanité a besoin de Lui comme un pont vers Dieu et son amour. Aidez-vous aussi les uns les autres à construire des ponts, par le dialogue, par la rencontre, tous unis pour être un seul peuple toujours dans la paix. »

En somme, l’aventure de l’Eglise ne fait que commencer… Nous y sommes tous embarqués, « pour marcher ensemble, en tant qu’Eglise unie, toujours à la recherche de la paix, de la justice, cherchant toujours à travailler comme des hommes et des femmes fidèles à Jésus-Christ, sans crainte, pour annoncer l’Évangile, pour être missionnaires. »

Et, avec le visage souriant de François auquel Léon XIV a voulu rendre un hommage appuyé, une bénédiction d’un nouveau pape qui veut être lui aussi du peuple et dans le peuple :  « Je suis un augustinien, fils de saint Augustin, qui a dit: «Avec vous, je suis chrétien et pour vous, évêque». En ce sens, nous pouvons tous marcher ensemble vers cette patrie que Dieu a préparée pour nous. »

« Un évêque ne doit pas être un petit prince assis en son royaume, il doit être proche du peuple qu’il sert et marcher avec lui, souffrir avec lui », déclarait-il également en 2024 dans une interview à Vatican News.

Peut-être cela aidera-t-il l’Eglise d’aujourd’hui à dépasser le malheureux clivage progressistes-conservateurs qui la mine comme une maladie et dessert son témoignage ?

Nos prières pour vous, Saint-Père, et merci au nom de tous les fidèles de l’Eglise de Jésus Christ d’avoir accepté cette lourde tâche et difficile mission !

Le Ploumtion

NEWSLETTER DE L’U.P. « PAYS DE SAINT REMACLE » STAVELOT-FRANCORCHAMPS / 5 MAI 2025

Pour le découvrir, cliquez sur l’image ci-dessus ou sur : https://paysdesaintremacle.wordpress.com/bulletin-paroissial/

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Suite à l’article précédent (« L’espérance des mères et le sort de Gaza »), plusieurs personnes m’ont demandé comment elles pouvaient agir concrètement pour sauver les enfants de Gaza affamés et assoifés à cause du blocus mis en place par Israël. Nous pouvons interpeller notre gouvernement belge afin qu’il fasse pression sur l’Etat hébreu et son premier ministre Netanyahou, en signant la pétition en ligne lancée par l’ONG Oxfam que vous trouverez en cliquant sur le lien ci-après : #SpeakUpForPalestine ; il est possible aussi de faire un don à différentes ONG afin de relancer l’aide alimentaire à la population de Gaza – une fois qu’Israël aura accepté de lever le blocus. MERCI DE TOUT COEUR POUR LES ENFANTS ET LES MERES DE GAZA ! Le Ploumtion (Bernard Pönsgen)

DERNIER MESSAGE URBI ET ORBI
DU PAPE FRANÇOIS
PÂQUES 2025

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Le futur conclave : une guerre ou une expérience de communion ?

Lire à ce sujet l’homélie du 2ème dimanche de Pâques « D’un seul coeur » : cliquez ICI.

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MESSAGE DE L’ABBE VITAL NLANDU, DOYEN DES ARDENNES : cliquez ICI.

Une tribune de l’écrivain Eric-Emmanuel Schmitt dans « Le Monde » du 22.04 : cliquez sur le lien ci-dessous

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L’ESPERANCE DES MERES ET LE SORT DE GAZA, par le Ploumtion (n°8)

Alors que chez nous vient de s’ouvrir le « mois de Marie » plein de douceur et de tendresse, que les catholiques célèbrent par des chants, des processions et prières du rosaire adressés à leur maman du ciel, et que l’on se prépare aussi à fêter nos mamans de la terre…, ailleurs, sur ce bout de terre maudit qu’est la bande de Gaza, d’autres mamans pleurent de ne plus pouvoir nourrir leurs enfants qui meurent à petit feu.

J’ai été violemment choqué de voir les images et le reportage diffusé hier soir vendredi sur la RTBF, montrant ces mères se battant pour un peu d’eau ou de soupe, les visages et les corps émaciés des enfants, leurs regards désespérés…, et choqué aussi de constater une fois de plus l’inertie et le désintérêt coupable des gouvernements du monde entier pour ce qui se qui se passe à Gaza et qui est une vraie monstruosité, un crime de guerre que d’aucuns ne manquent pas de qualifier de génocide – accusation qui se voit de jour en jour confirmée par les événements.

Les organisations humanitaire – qui ont aussi payé le prix du sang pour leur action héroïque sur le terrain – ont dénoncé une nouvelle fois ce vendredi une situation qui, si elle perdure encore (et rien ne permet de penser qu’elle ne durera pas), conduira à une mort certaine et atroce des milliers d’enfants, de vieillards et de personnes faibles. Cette situation est évidemment due au blocus alimentaire que l’Etat d’Israël et son armée impose depuis des mois sur tout le territoire de l’enclave palestinienne. Blocus qui contrevient au droit humanitaire et international le plus fondamental, des Droits de l’Homme aux accords de Genève concernant les populations civiles en temps de guerre.

« Des milliers de personnes vont mourir, à commencer par les plus vulnérables », a expliqué Gavin Kelleher, un responsable de l’accès humanitaire, qui travaille pour le Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC) et récemment rentré de Gaza. Plus tôt, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) avait prévenu que « la réponse humanitaire à Gaza est au bord de l’effondrement » et imploré d’agir de toute urgence, « faute de quoi Gaza s’enfoncera encore plus profondément dans un chaos dont aucun effort humanitaire ne pourra la sortir ». La mort est au bout du processus, et rien qu’elle.

Imploré qui ? … qui doit-on implorer ?

– Israël et son gouvernement d’extrémistes mené par le radical et sans scrupules Netanyahou, qui, selon ses propres affirmations, ne reculera devant rien ni aucun massacre pour éradiquer totalement le Hamas ?

– Le Hamas, pour qu’ils déposent enfin les armes et libèrent les otages encore vivants en cessant de se cacher derrière la population martyrisée ?

– Les gouvernements et la diplomatie des grandes puissances mondiales focalisées sur leurs stratégies de domination et de conquête, plus concernées par leur rivalité économique et politique (le « MAGA ») que par le sort des peuples et des minorités ? 

– Les opinions publiques et les citoyens des démocraties européennes, plus soucieux en ce printemps ensoleillé et bientôt l’été, d’organiser leurs vacances à l’étranger et réserver leur séjour, en profitant de l’offre exponentielle de transport aérien vers des destinations exotiques – sauf évidemment vers des pays comme l’Ukraine, Gaza, la Somalie… ?

– Le Conseil de Sécurité des Nations Unies, empêtré dans ses incessants vetos et tellement discrédité et réputé incapable – puisqu’en effet aucune des résolutions de l’ONU n’a jamais été respectée par Israël comme d’ailleurs celles qui délimitaient le territoire entre Israël et Palestine, bafouées par une colonisation illégale intense et des annexions de fait… ?

– Le Dieu des chrétiens ou celui des musulmans ? La Sainte Vierge ?

Peut-être en effet aurait-on plus de chance de ce côté-là pour apprendre ce que signifie être humain, avoir le sens de l’humanité !

Dans ce drame qui se joue devant nos yeux, je me sens aussi impuissant que tout un chacun, mais je refuse de détourner le regard : Je veux donner la parole aux mères, afin de lutter contre l’indifférence qui condamne tous ces enfants de Dieu à la mort sans un soupir.  Je me souviens de ma propre maman qui pleurait devant les images diffusées en ce temps-là par la télévision, de ces enfants du Sahel que la famine réduisait à l’état de squelettes vivants aux grands yeux interrogatifs…

Nous devons nous souvenir de nos propres mères pour compatir vraiment avec celles qui ont le cœur déchiré, transpercé par le glaive de voir mourir leur enfant sans qu’elles ne puissent rien faire – évidemment, nous voilà au pied de la Croix avec Marie.

Que tous les décideurs et les influenceurs du monde entier, les combattants de tous les bords, pensent à leur mère qui leur a donné la vie et qui a veillé sur eux en se sacrifiant souvent-toujours, et choisissent enfin le camp de la vie : C’est celui des mères, un camp qui n’a fondamentalement ni race ni nationalité ni religion ni autre catégorie sociale ou politique de séparation, de discrimination, d’idéologie de haine ou de vengeance, rien pouvant justifier la guerre par n’importe quel moyen, où meurent des enfants.

Je sais bien que, des deux côtés des protagonistes de ce drame, des mères plus ou moins fanatisées crient vengeance car elles sont comme « Rachel qui pleure ses enfants et ne veut pas être consolée, parce qu’ils ne sont plus » (Mt 2, 18 – Jr 31,15) ; mais il y en a aussi beaucoup qui, pleurant silencieusement comme Marie au pied de la Croix de son fils, espèrent en Dieu et croient encore en l’humain, en la vie. Elles se font solidaires en partageant ce qu’il leur reste pour vivre, comme la veuve de Sarepta (Rois 17,8-16). Nous en avons aussi connu de telles dans les camps nazis de la mort ; en elles, femmes et mères, c’est l’Humanité qui est préservée !  

Avec ces mères flambeaux d’espérance et combattantes de la vie, sachons, nous aussi, choisir le camp de la vie, refuser la haine et nous engager pour faire bouger les lignes chez les décideurs et les combattants en en appelant à notre commune humanité, celle reçue précisément de nos mamans ! Ne serait-ce pas la meilleure façon de leur souhaiter une « bonne fête » ?

Le Ploumtion  – publié le 3 mai 2025 à Stavelot

NOTE : Suite à l’article précédent, plusieurs personnes m’ont demandé comment elles pouvaient agir concrètement pour sauver les enfants de Gaza affamés et assoifés à cause du blocus mis en place par Israël. Nous pouvons interpeller notre gouvernement belge afin qu’il fasse pression sur l’Etat hébreu et son premier ministre Netanyahou, en signant la pétition en ligne lancée par l’ONG Oxfam que vous trouverez en cliquant sur le lien ci-après : #SpeakUpForPalestine ; il est possible aussi de faire un don à différentes ONG afin de relancer l’aide alimentaire à la population de Gaza – une fois qu’Israël aura accepté de lever le blocus. MERCI DE TOUT COEUR POUR LES ENFANTS ET LES MERES DE GAZA ! Le Ploumtion

Complément : Article de Nina Larson – Agence France-Presse à Genève :

Après deux mois de blocus total à Gaza, les opérations humanitaires «au bord de l’effondrement»

Deux mois après le début du blocus total imposé par Israël à l’entrée de l’aide à Gaza, les organisations humanitaires ont dressé vendredi un tableau terrible d’enfants affamés et de bagarres pour avoir de l’eau. Quelque 2,4 millions de personnes vivent dans l’étroit territoire palestinien dans des conditions catastrophiques, après 18 mois d’une guerre qui a fait au moins 52 500 morts, essentiellement civils côté palestiniens.

Les autorités israéliennes ne laissent entrer aucune aide humanitaire dans le but avoué de forcer le mouvement islamiste Hamas, qui contrôle le territoire, à libérer les otages qu’il détient encore depuis son attaque du 7-Octobre 2023 en Israël. Selon l’armée israélienne, 58 sont toujours retenus à Gaza, dont 34 sont morts.

Depuis le début du blocus, les Nations unies n’ont eu de cesse d’alerter sur l’illégalité de la mesure au regard du droit humanitaire international, mais aussi sur les risques réels de famine. Le Programme alimentaire mondial (PAM) a annoncé il y a une semaine avoir distribué ses « derniers stocks de nourriture » aux cantines et les 25 boulangeries que soutient l’organisation ont aussi fermé leurs portes faute de farine et de fioul.

« Blocus mortel »

« Les stocks alimentaires sont désormais quasiment épuisés », a renchéri Olga Cherevko, porte-parole de l’agence humanitaire des Nations unies (OCHA), lors d’une liaison vidéo de Gaza avec les journalistes à Genève. « Les cantines communautaires ont commencé à fermer et de plus en plus de personnes souffrent de la faim », selon elle, évoquant des informations faisant état de décès d’enfants et d’autres personnes vulnérables en raison de la malnutrition. « Le blocus est mortel » et « l’accès à l’eau devient également impossible », avertit la responsable, qui travaille à Gaza depuis dix ans.

Elle interrompt son intervention pour expliquer qu’au moment même où elle parle à la presse « juste en bas de ce bâtiment, des gens se battent pour avoir de l’eau ». « Un camion-citerne vient d’arriver, et les gens s’entretuent pour de l’eau », a-t-elle décrit. « Nous avons constaté une augmentation de ce que nous appellerions des pillages par nécessité à travers Gaza… Ce qui se passe maintenant, c’est l’effondrement orchestré de l’ordre civil », souligne Gavin Kelleher.

Ghada Alhaddad, responsable média pour l’ONG Oxfam International à Gaza raconte avoir vu une mère acheter une tomate pour 5 shekels (1,90 $CA) et couper le fruit pour le partager avec ses 4 enfants.

Pour M. Kelleher, Israël « a également créé une situation dans laquelle les Palestiniens ne peuvent pas cultiver leur propre nourriture » ou pêcher. « Gaza est en ruines, les rues sont jonchées de décombres… Souvent, les cris à glacer le sang des blessés s’élancent au ciel après le bruit assourdissant d’une nouvelle explosion », raconte Mme Cherevko.

« Abomination »

Elle a également dénoncé les déplacements massifs, la quasi-totalité de la population de Gaza ayant été forcée de se déplacer à de nombreuses reprises, pour trouver un semblant d’abri ou pour répondre aux injonctions israéliennes. Depuis que le cessez-le-feu de quelques semaines a échoué mi-mars, « plus de 420 000 personnes ont été à nouveau contraintes de fuir, beaucoup avec seulement leurs vêtements sur le dos, pris pour cible, arrivant dans des abris surpeuplés » pendant que les bombardements se poursuivent.

Le directeur des urgences de l’Organisation mondiale de la Santé, Mike Ryan, a quant à lui qualifié la situation à Gaza d’« abomination ».

« Nous brisons le corps et l’esprit des enfants de Gaza. Nous affamons les enfants de Gaza, si nous n’agissons pas, nous serons complices de ce qui se passe sous nos yeux », a-t-il dit jeudi lors d’une conférence de presse. Mme Cherevko acquiesce, fustigeant les décideurs qui « ont regardé en silence les interminables scènes d’enfants ensanglantés, de membres amputés, de parents en deuil défiler rapidement sur leurs écrans, mois après mois ».

« Combien de sang faudra-t-il encore verser avant qu’on ne dise assez ? »

Nina Larson

Publié vendredi 2 mai 2025 à 17h05

FUNERAILLES DE FRANCOIS, vues par le Ploumtion (n°7) : UNE ESPERANCE CONTAGIEUSE ET INARRÊTABLE !

Ce samedi matin, j’étais comme beaucoup d’entre vous devant ma télévision pour suivre – participer en direct à la célébration des funérailles de François sur la place Saint-Pierre de Rome, qui pour quelques heures est devenue la « place du Monde entier » : En effet, rarement en ce lieu il y a eu autant de visages et de tenues aussi divers et colorés, reflétant l’universalité de l’Eglise – un peu comme à la Pentecôte !  Juste retour des choses pour quelqu’un qui a réellement été le « curé du monde » avec un souci des plus petites brebis, des plus éloignées aussi de son troupeau, y compris de celles qui ne font pas partie de la bergerie ! Toujours, il a renvoyé les catholiques vers les « périphéries » et prôné une Eglise en sortie.

Le monde était donc au rendez-vous sur cette place, avec en surcroît les centaines de millions de téléspectateurs ou de croyants de toutes confessions, qui, chez eux dans leur maison ou dans les monastères, les communautés religieuses, les fraternités, s’associaient dans la prière à cette célébration. Ce qui m’a frappé en voyant les images, c’est le climat à la fois de recueillement mais aussi de joie, émanant de la foule rassemblée une dernière fois autour de son cher pape François. Une joie contenue, émue, mais sereine, douce et forte – dans la confiance que le Saint-Père défunt continuera à veiller sur le troupeau auprès du Seigneur qui l’accueille.

La reconnaissance aussi pour le témoignage qu’il a donné tout au long de son pontificat et de sa vie de l’importance qu’il accordait à chaque personne humaine, quelle que soit son origine, son sexe, sa race, son statut social, ses convictions philosophiques ou religieuses, et la valeur unique et irremplaçable de chacune d’elle aux yeux de Dieu – spécialement les plus pauvres et les plus faible, les plus méprisés dont il a constamment pris la défense. À travers ses paroles et ses gestes, dérangeants pour certains, tous se sont sentis accueillis, reconnus, aimés de Dieu. Il n’a pas voulu, dans ses volontés dernières, qu’on repousse les pauvres de Rome qui voudraient assister à ses funérailles : selon un des journalistes, il fallait carrément les enjamber pour accéder à la salle de presse !

L’adieu prié à la fin de la célébration par les chrétiens d’Orient, auxquels François était profondément attaché, m’a aussi particulièrement ému.

Curé-berger du monde, François portait sur lui « l’odeur des brebis », selon son mot qu’il avait adressé un jour aux prêtres : « Un berger doit être avec ses moutons, il doit même en porter l’odeur ! » Image réaliste, comme bien d’autres qu’il employait volontiers pour illustrer ses exhortations tant aux fidèles qu’aux responsables religieux qu’il mettait constamment en garde contre la déviation du cléricalisme, dénoncée comme un obstacle à l’amour et à la communion, un péché gravissime de l’Eglise selon lui. Parallèlement, le chantier qu’il a entrepris concernant l’Eglise entière pour y implémenter une nouvelle culture, celle de la synodalité, a rendu espoir à ceux qui continuaient de souffrir d’une Eglise trop pyramidale que le Concile n’avait pas suffit à convertir à la coresponsabilité et à l’égale dignité de tous les baptisés.

L’exigence et l’exemple de sobriété qui étaient propres à François resteront aussi comme une signature de son pontificat. Il a voulu simplifier la pompe et les cérémonials du Vatican et de la papauté dont la « richesse » fait encore souvent scandale – en tout cas l’étalage vaniteux qu’on en faisait chez certains prélats de la curie ; lui qui se contentait de peu a réduit les privilèges dont jouissaient ces derniers. Les funérailles de ce jour ont été à son image, d’une grande simplicité malgré l’immense foule, les évêques et tous les chefs d’Etat rassemblés : le rituel est exactement le même que pour n’importe quel baptisé, et le cercueil décoré d’une simple croix, posé directement à terre sans catafalque, disait bien que celui qu’on enterrait était d’abord un homme comme nous, qui comme tout homme, vient de la terre et retourne à la terre.

La sobriété qui a accompagné le pèlerinage du pape François en ce monde est en cohérence avec le message et l’appel radical adressé à nous et à l’humanité avec son texte marquant ‘’Laudato Si’’ pour exhorter au respect et à la protection de la nature dont nous faisons partie, une relation nouvelle avec l’environnement dans une optique chrétienne d’écologie intégrale.  

L’héritage de François n’a pas fini d’être reçu, exploré et exploité. Il a semé des graines, des graines d’espérance qui vont germer et transformer l’Eglise en profondeur, comme elles ont déjà touché et transformé nos cœurs malades que Jésus par son amour guérit.

Témoin et acteur de la miséricorde et de la tendresse divine pour tous les pécheurs, les malades dans leur chair ou leur âme et les personnes éloignées de Dieu ou de l’Eglise, enseveli dans cette même miséricorde en cette veille de la fête qui porte le même nom (Dimanche de la Divine Miséricorde) et que son prédécesseur saint Jean-Paul II avait instituée, François a magnifiquement porté le prénom qu’il a lui-même choisi et qui était son programme pastoral : Que la Vierge Marie, Mère de Miséricorde, saint François d’Assise et tous les saints du ciel viennent à sa rencontre et l’accueillent auprès de Celui qu’il a si bien servi !

François, pape mais aussi homme de convictions et de solidarités, a réveillé, suscité une nouvelle espérance dans l’Eglise et pour le monde : rien ne pourra l’arrêter !  « Spes non condundit »  – l’espérance ne déçoit pas – (Rm 5, 5).  À chacun de nous, il a confié le flambeau de l’espérance. Soyons au rendez-vous pour accompagner le futur nouveau pape sur ce chemin commun d’humanisation, de fraternité et de reconnaissance envers notre Créateur et sa création, pour y entraîner l’humanité de demain.  Que François nous bénisse tous !

Le Ploumtion

…comme le petit nuage (clin d’oeil) qui se baladait au-dessus de la basilique Saint-pierre au moment où François la quittait…

[revoir la matinée entière sur YouTube (TF1) : cliquez sur l’image ci-dessous]

François

Un pape est mort.

Pardon : François est mort.

…Francesco, Franciscus, Francis, Franck, Franciszek…

Cet homme était d’abord un prénom ; prénom qu’il s’était choisi le jour de son élection, en référence à saint François d’Assise. Comme il l’a expliqué quelques jours plus tard, « François est le nom de la paix. Et c’est ainsi que ce nom est entré dans mon cœur. »

Très Saint-Père, me permettez-vous de vous dire que ce prénom que vous avez si bien porté est aussi entré dans notre cœur aujourd’hui comme celui d’un homme, d’un chrétien qui ne s’est pas seulement battu pour la cause de Dieu, mais aussi pour celle de l’Homme, des femmes et des hommes qui constituent l’humanité et que vous avez tous appelés vos frères (encyclique Fratelli tutti). Vous avez ouvert tant de portes ! Bien des petits, des pauvres, des malades, des pécheurs, des immigrés, des ‘personnes différentes’ ou exclues… se sont sentis rejoints et aimés par vous, et par vous de Dieu ! Quel bel et fort exemple vous avez donné à l’Eglise, que vous souhaitiez voir devenir « un hôpital de guerre » pour tous les blessés de la vie.  

J’ajouterai, si vous voulez bien, que ces témoignages reçus au travers de vos paroles et de vos gestes m’ont profondément marqué -comme beaucoup de mes frères dans le ministère- et influencé ma façon d’être prêtre. Je vous en suis profondément reconnaissant. Votre pontificat restera pour moi celui d’une Eglise qui vit et pratique largement la miséricorde et la réconciliation, l’ouverture à tous sans exclusive ni préférence – en tout cas, selon l’exemple que vous nous avez donné. C’est ce que je retiendrai personnellement de l’œuvre que Dieu vous a donné de réaliser au cours de ces 12 années.

Sans doute, les commentateurs retiendront un certain nombre d’autres aspects de votre pontificat et de votre personnalité, qu’ils souligneront avec plus ou moins de sympathie ou de critique, selon leur sensibilité, leur conviction ou lieu idéologique. C’est normal. On vous trouvait trop à gauche pour les conservateurs, trop à droite pour les progressistes… En fait, cela ne vous détournait pas de vos engagements ; pour vous l’Evangile n’est ni de gauche ni de droite ! On vous a décrit aussi comme autoritaire, têtu, peu sensible aux questions féministes, fermé au mariage des prêtres ou à l’ordination des femmes et rigide dans les domaines éthiques tels que l’avortement, l’euthanasie… C’est souvent une question d’angle par lequel ces situations sont abordées, car le respect des personnes était profondément inscrit dans votre credo personnel (« qui suis-je, moi, pour juger ? ») – mais est-ce que vous vous sentiez le droit de changer la doctrine elle-même ? Vous n’étiez que le pape, après tout, et ces questions délicates demandent le discernement et l’adhésion de l’ensemble de la communauté ecclésiale, éclairée par l’Esprit Saint, pour oser des décisions qui soient évangéliquement justes. L’Eglise ne se prononce pas à la légère quand elle engage la foi et la vie de tous les croyants.

Très Saint-Père, que je suis heureux de ne pas être à votre place ! Quelle responsabilité sur vos épaules, car vous deviez en toutes choses garantir et protéger l’unité de l’Eglise. C’est pour ce travail-là que le Seigneur vous avait choisi et envoyé. C’est la mission première de l’évêque de Rome, serviteur des serviteurs. Merci de l’avoir remplie avec les charismes qui vous étaient propres : votre humilité, votre bienveillance, votre persévérance, votre attention aux plus fragiles et aux petits, votre ouverture aux ‘périphéries’, et surtout votre amour de Jésus et de son Cœur de berger auquel vous avez essayé de ressembler tout au long de votre mission de prêtre et d’évêque. Votre humour aussi, votre bonhomie, votre délicatesse, votre sagesse humaine et spirituelle qui rejoignait directement les plus grands comme les plus simples. Cela nous faisait voir le pape comme quelqu’un qui est au fond pareil à nous, proche de chacun. Je me plais à imaginer Jésus agissant de la sorte avec les gens qu’il rencontrait.

Alors, encore, cher pape François, un sincère et énorme MERCI !  Que le Seigneur vous accueille avec toutes les brebis dont vous avez pris soin en Son nom et avec le Poverelleo, le petit pauvre d’Assise qui, avec saint Ignace, a été votre modèle. Que Dieu vous garde en Sa paix et vous accorde le repos bien mérité près de Lui. Continuez de prier pour nous et pour tout le peuple chrétien qui poursuit sa marche vers le Royaume : Ce chemin que vous avez contribué à baliser, nous le parcourrons en « pèlerins d’espérance », tous ensemble avec le successeur que Dieu nous enverra, dans la confiance que le Seigneur ressuscité marche toujours avec nous comme à Emmaüs !

Bernard, prêtre

Réflexion :

Depuis le moment où, ce matin, la nouvelle du décès du pape François est tombée, les chaînes de radio et télévision ont toutes interrompu leur programme pour improviser des émissions spéciales toute la journée : il est question de façon interrompue du pape François, de son style, de ses priorités pastorales, de ses relations publiques et de sa communication, des répercussions internationales de sa « politique », etc. Le ton des journaux est évidemment varié selon les tendances idéologiques ; ainsi, certaines chaînes ont choisi de faire intervenir des représentants de la laïcité ou des religieux non-conformistes comme Gabriel Ringlet pour insister unilatéralement et lourdement sur la question douloureuse de la pédocriminalité dans l’Eglise, un dossier qui selon eux ternirait le pontificat de François – déballage assez indécent à mon avis le jour même de son décès. Je crois que le pape a fait ce qu’il fallait faire (Benoît XVI avait déjà commencé), imposant pratiquement dès le début de son pontificat à tout évêque ou responsable qui aurait connaissance de tels faits de les dénoncer immédiatement à la justice civile, de faire droit aux exigences de réparation, et en demandant que les causes de ces déviations et de ces crimes soient analysées aux fins d’éviter leur réitération.

Cela étant, le ton général des commentaires est assez positif ; on est même étonné qu’on accorde autant d’importance à cet événement dans un monde -surtout en occident- où l’Eglise n’a plus du tout le même poids et où le nombre des fidèles est en forte décroissance. Même si on prend en compte la fascination qu’exercent aujourd’hui dans la sphère médiatique et populaire les personnages «vedettes», les maîtres et les puissants qui dirigent le monde – qu’on les craigne ou qu’on les admire – je me dis qu’il y a peut-être aussi encore une autre raison à cet intérêt : Au fond, si dans notre société tellement sécularisée et laïcisée, la disparition et le remplacement d’un chef religieux semble provoquer un tel séisme, est-ce que ce ne serait pas quelque part la manifestation qu’il existe dans la conscience collective comme une attente obscure vis-à-vis de cette institution et du personnage qui la représente – le pape : une attente de sagesse, d’équilibre et de permanence dans un monde et une société en pleine ébullition culturelle, morale, sociale et politique, en perte de repères et avec un fort sentiment d’instabilité et de fragilité tant écologique que du vivre-ensemble mondial, et où l’avenir semble peu assuré voire gravement compromis… Le manque de spiritualité réelle dans cette culture consumériste et matérialiste qui est celle où nous baignons peut aussi créer un ‘appel d’air’ pour une partie de nos contemporains – surtout chez les jeunes (voir le nombre grandissant de convertis et de néo-catéchumènes). Il faudra accueillir cette attente, ces demandes, et les transformer en vraie rencontre !

En somme comme disait un commentateur, nous sommes peut-être- l’Eglise est probablement à un tournant, parce que la société est à un tournant… ! L’Eglise -soutenue par l’Esprit-Saint- saisira-t-elle l’occasion ?

BP

Triduum pascal (tableau horaires 2025)

Chers amis du « Pays de Saint Remacle », soeurs et frères,

Christ est ressuscité, alléluia ! Il s’est levé du tombeau dont il a roulé la pierre, il nous a délivrés de la puissance du Mal par sa croix bénie ! Que ces jours saints et ce temps de Pâques nous affermissent chacune et chacun dans l’ESPERANCE et nous poussent à la partager partout autour de nous ! Saintes et joyeuses fêtes pascales à toutes et tous !

Le clergé de l’unité « Pays de Saint Remacle » et le conseil pastoral

HORAIRES DU TRIDUUM ET DE PÂQUES DANS LE DOYENNE ARDENNES : Cliquez ICI .