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NEWSLETTER DE L’U.P. « PAYS DE SAINT REMACLE » STAVELOT-FRANCORCHAMPS (Pâques 2025)

Chers amis du « Pays de Saint Remacle », soeurs et frères,

Voici le beau Temps de Pâques qui nous revient, avec la semaine sainte qui le prépare en lui donnant son sens : celui qui aime vaincra la mort ! Vivons ces jours saints en communion avec toute l’Eglise universelle (vraiment universelle puisque cette année, nos frères orthodoxes célèbrent Pâques à la même date que nous) : avec les chrétiens d’Orient, particulièrement en Palestine, au Liban, en Syrie, Iran… qui souffrent beaucoup, partageant les difficultés des populations où ils vivent, mais avec en sus souvent des persécutions ; avec tous ceux qui, au Congo et en Afrique, en Ukraine, en Amérique latine (le Pérou, objectif du carême de partage cette année) ou dans tous les pays d’Asie, luttent aux côtés des habitants pour améliorer leurs conditions de vie et apporter de l’ESPERANCE au nom de leur foi en Jésus Christ sauveur.

Christ est ressuscité, alléluia ! Il s’est levé du tombeau dont il a roulé la pierre, il nous a délivrés de la puissance du Mal par sa croix bénie ! Que ces jours saints et ce temps de Pâques nous affermissent chacune et chacun dans l’ESPERANCE et nous poussent à la partager partout autour de nous ! Saintes et joyeuses fêtes pascales à toutes et tous !

Le clergé de l’unité « Pays de Saint Remacle » et le conseil pastoral

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13-14 avril au Carmel de Mehagne/Liège :

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« L’ESPERANCE COMME UNE CORDE » – méditation du Ploumtion n°6

« l’espérance est une corde qui nous relie à une vérité pas encore vécue ».

Depuis plusieurs jours, je me demandais ce que le « Ploumtion » (votre serviteur, sobriquet inventé pour ne pas me prendre au sérieux) pourrait bien vous partager dans la suite de ses méditations sur le thème de l’Espérance.  Je séchais, je l’avoue… et puis, l’actualité, comme toujours, accaparait mon esprit et ma plume (enfin, ma souris…).

Et voilà que cette phrase notée un jour au hasard de mes lectures, remonte tout-à-coup à ma mémoire. Un trait de lumière !

« L’espérance est une corde qui nous relie à une vérité pas encore vécue ».

J’ignore totalement qui en est l’auteur. Mais elle a nourri chez moi une réflexion que j’aimerais vous partager. Le mot clé de cette définition est « vérité ». Si notre espérance repose sur un mensonge, ce n’est pas de l’espérance, c’est un simple désir ou un vœu pieux. Si nous attachons notre espérance à autre chose que la vérité, et plus particulièrement la vérité révélée par Dieu dans sa Parole, nous serons probablement déçus.

Le monde aujourd’hui regorge d’une quantité phénoménale d’assertions mensongères et de fausses promesses, qui nous sont servies aussi bien par la politique politicienne que par la société de consommation. Le bonheur est à portée de mains ! « Toutes les idoles du pays, ces dieux que j’aimais, ne cessent d’étendre leurs ravages, et l’on se rue à leur suite » (Ps 15,3). Des mirages ! Et qui sont relayés par l’énorme machine médiatique au service des grandes industries et des gens au pouvoir, des influenceurs du moment.

Au bout du compte, ces promesses fallacieuses finissent tôt ou tard par laisser un goût amer, avec une cohorte toujours plus grande de gens qui se retrouvent largués sur le bord du chemin, sans plus d’espoir avec leurs rêves brisés… Le résultat est que beaucoup finissent par ne plus croire en rien ; ils ne savent plus faire la différence entre le mensonge et la vérité : Tout devient suspect, manipulation, « fake news »… On est vacciné – croit-on – contre tous les discours, les institutions, les religions elles-mêmes – ce qu’on appelle souvent d’un mot : le « système ». De cette façon, cette déception et cette défiance nourrissent le complotisme, qui en fait constitue en lui-même un amalgame et un échafaudage de croyances -les plus fantaisistes et les plus délirantes parfois- dans lesquelles on s’enferme radicalement, refusant toute discussion et toute argumentation rationnelle et nuancée. Ce complotisme développe une vision sombre et pessimiste de l’avenir et une forme de repli qui se situe directement à l’opposé de la vertu chrétienne de l’Espérance.

Or, ce dont notre monde a le plus besoin aujourd’hui, c’est bien justement l’espérance ! C’est le moteur qui fait avancer les femmes et les hommes, les tire de la stagnation et du désenchantement pour se mettre à rechercher une vie meilleure et à construire une société plus humaine. On ne peut pas tuer l’espérance, parce que si on tue l’espérance, on tue aussi l’homme – la vie ! Mais pour exister, l’espérance a besoin d’un objet, et cet objet est une Vérité : quelque chose de définitif, d’irrécusable et de non falsifiable. Pour moi, cette Vérité est Quelqu’un, c’est Dieu lui-même. « J’ai mis mon espoir dans le Seigneur, je suis sûr de sa parole » (Ps 129,5 ; Ps 40,1). C’est le Christ « le chemin, la Vérité… » (Jn 14,6).

Quoi de plus solide, de plus stable ? Mais suivre le Christ, s’attacher à sa parole de vérité, c’est avant tout vivre une expérience existentielle : je le vois bien lorsque j’accompagne des catéchumènes ou des recommençants qui (re)découvrent la foi chrétienne. C’est presque toujours suite à une expérience personnelle, une rencontre salutaire qui a bouleversé leur vie, qu’ils se mettent à chercher à approfondir ce qu’ils ont perçu comme une Vérité. Cette dimension existentielle est soulignée dans la phrase :

« L’espérance est une corde qui nous relie à une vérité pas encore vécue ».

En effet, quand on a expérimenté quelque chose de Dieu qui nous a ébloui comme un éclat de sa Vérité, nous comprenons du coup que cette Vérité ne se dévoile qu’au fur et à mesure que nous cherchons à la vivre concrètement dans notre propre existence. On est vis-à-vis d’elle dans un rapport qui n’est pas simplement d’adhésion intellectuelle, mais dans une « praxis » qui nous transforme en vivant la Parole du Christ c-à-d en l’exerçant concrètement. Elle devient vraie, véridique, en moi, en nous. Donc, il est juste de dire que cette « vérité pas encore vécue » est toujours devant nous, comme une parole à accueillir et à vivre nouvellement chaque jour pour qu’elle réalise ce qu’elle dit.

Voilà donc le chemin chrétien qui est un chemin d’espérance, puisque nous tendons vers cette Vérité, une Vérité ultime mais qui se donne à vivre pas à pas, petit à petit, en nous dévoilant Dieu qui est notre à-venir. Espérer, c’est m’attacher chaque jour à cette parole de vérité pour la faire advenir dans ma vie et la laisser me changer et changer le monde. Tout un travail, en somme ! Mais qui a besoin pour cela de l’Esprit-Saint… et de la « corde » !

« L’espérance est une corde qui nous relie à une vérité pas encore vécue ».

Et j’en viens enfin à la corde, parce que c’est cette image qui m’a frappé, bien sûr. De quoi est faite une corde ? De torons de plusieurs fils patiemment tressés, entortillés les uns avec les autres en les serrant fort pour que la corde devienne solide et ne lache point lorsqu’elle subira des tractions.

Cette image me parle, et je me dis qu’elle est bien adaptée à nous qui essayons tant bien que mal d’être dans l’espérance et la foi alors que nous vivons dans ce monde qui peut être si dur et désespérant, avec en plus nos propres fragilités et nos doutes… En fait, on ne peut pas -ou très difficilement- espérer tout seul ! Les hommes et les femmes d’espérance et de combat, les ‘blocs de granit’, cela ne se rencontre pas à tous les coins de rue ! On est plus souvent ballotés entre scepticisme, résignation, fatalisme, et malgré tout, l’envie de se raccrocher à quelque chose de lumineux, quelque chose de solide qui nous empêche de dériver vers le doute absolu… une corde par exemple.

Eh bien, si chacune et chacun d’entre nous, mes amis, nous apportions notre petit fil d’espérance si fragile à la Communauté pour l’unir à celui des autres en une tresse bien serrée, les torons que nous formerions deviendraient une corde incassable ! Et sur cette corde qui est aussi pour moi quelque part l’image du Christ, d’innombrables autres femmes et hommes, jeunes et âgés, de tous milieux et de chemins divers, pourraient se greffer et pourquoi pas, finalement, entourer le monde entier de ce lien d’Espérance et de Fraternité par lequel Dieu nous attirera tous à Lui !

…J’aimerais vous dire que c’est ce que, modestement, nous essayons de vivre dans nos groupes de « Lectio divina », groupes fraternels de partage de foi, d’espérance et de vie… Qu’est-ce qui vous empêcherait de nous rejoindre ?

Bonne montée vers le sommet de Pâques, et surtout… ne lâchez pas la corde !

Le Ploumtion

Résister

Désolé si je vous inflige encore un article « politique » mais je n’arrive pas à me taire…!

Mais que veut donc Donald Trump ?! – L’ébahissement et la stupeur ont saisi le monde entier après l’annonce hier soir par D. Trump lui-même des nouveaux tarifs douaniers exorbitants qu’il entend appliquer au reste du monde.

« C’est une catastrophe », a déclaré le premier ministre français François Bayrou – catastrophe, précise-t-il, non seulement pour l’économie de l’Europe, mais aussi à terme pour les citoyens américains qui vont s’enfiler une douloureuse inflation, et pour le monde entier qui risque une récession sans précédent. « L’idée que chaque grande région du monde va se refermer sur elle-même et que la guerre commerciale doit être désormais la règle, cette idée présente des dangers qui vont hélas se réaliser dans le temps », a encore ajouté F. Bayrou.

Mais quelle mouche a piqué le remuant président de la plus grande démocratie du monde ?

On sait l’aversion que Trump a pour le multilatéralisme. Que ces mesures sans précédent depuis la dernière guerre fasse mal aux autres nations mêmes amies ou alliées, cela le laisse parfaitement indifférent. D’autre part, il ne fait qu’appliquer les menaces et les promesses qu’il agitait déjà au moment de sa campagne électorale ; sans doute ne l’a-t-on pas vraiment pris au sérieux. La méthode Trump est de jeter tout par terre, tout ce qui avait été patiemment élaboré et construit comme relations de partenariat, de respect mutuel et de confiance pendant ces sept dernières décennies pour mettre l’Europe et le monde hors de danger de voir reprendre une guerre  – avec d’ailleurs l’entier soutien des Etats-Unis : Trump fracasse toute cette construction et ces accords pour jouer ensuite avec les morceaux qu’il agencera à sa propre guise et selon ses seuls intérêts (qu’il prétend être ceux de ses citoyens). On peut légitimement s’attendre à une riposte des pays concernés et de l’UE ; mais avec ou sans riposte, on est de toute façon partis pour une guerre économique sans pitié et un monde ou la loi de la jungle sera plus que jamais la seule règle. Ainsi l’a décidé le roi Trump et sa cour.  

Quelle mouche l’a piqué ? Je pense que la réponse est dans la mise en scène lors de la présentation télévisée faite par le président lui-même de cette décision. Alors qu’il s’agit normalement d’une mesure technique qui aurait pu être présentée par un ministre ou un secrétaire d’Etat à l’économie, Trump comme à son habitude convoque une conférence de presse et organise un grand show dont il est lui-même le centre. Ainsi, il s’adresse bien sûr aux autres pays et partenaires commerciaux pour leur montrer sa toute-puissance de manière éclatante, mais avant tout, à son principal électeur : au petit ouvrier de l’Amérique profonde qui vit modestement et chichement au gré des fermetures d’usines et sans allocations, oublié par son parti démocrate pour qui il votait traditionnellement, peu cultivé et frustré de ne pas avoir accès à la richesse nationale – mais curieusement, et c’est une spécificité américaine, cela ne le gêne pas de voir le pouvoir accaparé par des milliardaires.

Le langage employé par Trump montre bien qu’il se met constamment en campagne électorale pour bétonner et élargir toujours davantage sa base : « C’est le jour de la libération » a-t-il proféré triomphalement devant les caméras. « Ce 2 avril restera dans les livres d’histoire, ce jour où les Américains ont repris le contrôle de leur destin.  Ceux qui ont travaillé dur, ceux qui ont été sur la touche, leur heure est arrivée avec ces droits de douane qui vont permettre d’engranger des milliards de dollars« .  

 »Vous qui étiez sur la touche, la revanche est arrivée pour vous » : bien sûr que c’est un langage et un discours syndical ! Trump s’érige en Robin des bois, défenseur du petit ouvrier américain contre le monde entier qui est fort méchant. « Pendant des décennies, notre pays a été volé, pillé, violé et mis à sac par des pays, proches ou lointain, amis ou ennemis » a expliqué Donald Trump qui estime que les travailleurs et les industriels américains ont été lésés pendant des décennies par des accords de libre-échange qui ont alimenté tout de même la croissance d’un marché américain de 3.000 milliards de dollars pour les produits importés, avec un déficit commercial de plus de 1.200 milliards en matière de biens.

Mais voilà, on ne fait pas dans la dentelle et Trump sort son gros gun, son arme favorite comme il dit : les taxes douanières sur les importations, et il tire sur tout le monde. Seul contre tous, comme dans les bons vieux westerns. Sauf que ses balles risquent fort de lui revenir dans la figure… Et aussi, comme dans les westerns, à la fin des duels, des cadavres gisent dans tous les coins de la ville.   

Je voudrai revenir sur les termes absolument excessifs utilisés par le président dans son show qui était à la fois visuel (le tableau reprenant tous les pays ‘’punis’’ par les droits de douane) et verbal : « notre pays a été volé, pillé, violé et mis à sac ». (Tiens, je croyais que c’étaient surtout les USA – mais ils n’étaient pas les seuls en effet – qui exploitaient partout dans le monde des ressources en se les appropriant sans vergogne via des consortiums géants : pétrole, gaz, richesses minières, etc. – et comme ils avaient fait aussi chez eux lors de la colonisation de l’Amérique au détriment des populations indiennes natives. Que dire aussi de ces projets d’annexion du Groenland, de Panama… ?)

Ce langage outrancier est bien destiné à satisfaire un public déjà acquis, en jouant sur la victimisation et une certaine vision borderline (= voir tout en blanc et noir) du reste du monde. C’est un procédé très dangereux, qui est dans la ligne des tendances complotistes actuelles. Ce discours sans nuances peut conduire à des excès et des dérapages comme celui qui a conduit à l’assaut du Capitole le 6 janvier 2021, voire à préparer des conflits plus importants. Des discours victimaires comparables ont aussi renforcé le sentiment d’injustice et de frustration dans l’Allemagne de 1939.

Trump veut un monde bipolaire, c’est certain. Impossible pour lui de supporter l’idée que les Etats-Unis ne soient plus la première puissance du monde. Rejetant donc la mondialisation actuelle et l’ensemble des règles qui assurent un équilibre des forces et une gestion des tensions via la diplomatie, les Etats-Unis par la voix de leur président semblent bien préférer aujourd’hui une domination sans partage s’effectuant par la vassalisation de tous les « petits pays ». Un nouvel impérialisme pur et dur, illibéral et sans complexes. Dans ce contexte où toutes les relations internationales, commerciales, politiques, scientifiques… sont chamboulées et les acquis civilisationnels remis en question, nous sommes bien partis, disent les experts, pour une période de chaos et d’incertitude effrayante dont on ne sait quand elle prendra fin – d’autant que le président Trump ne cache pas que pour lui, il ne voit pas ce qui pourrait l’empêcher de poursuivre son ‘job’ à la fin de son mandat actuel…

Il est difficile de ne pas se demander comment on en est arrivé là. Malgré tous les garde-fous institutionnels, il semble bien que nos démocraties sont fragiles et que ce qui se passe actuellement outre-Atlantique pourrait bien arriver un jour chez nous en Europe où l’attrait pour les pouvoirs forts séduit une part croissante de nos populations.

Pour terminer, à propos de l’expression utilisée par Trump « notre pays a été violé », je voudrais laisser la parole à une féministe qui n’a pas sa langue en poche, Eve Ensler dite « V », autrice des « Monologues du vagin », qui ont fait le tour du monde et libéré le discours sur la sexualité des femmes. Celle-ci affirme que « Trump, ce menteur compulsif, est en train de violer l’Amérique, les Américains et les américaines. »

C’est un violeur au sens premier, puisqu’il a agressé et harcelé des femmes, mais aussi au sens plus symbolique : « L’Amérique est aujourd’hui gérée par des prédateurs. Nous vivons littéralement un viol: c’est rapide, violent, totalement destructeur. Tout ce que nous avions tenté de construire dans ce pays, que ce soit les droits civils, les droits des femmes, les droits de la communauté LGBTQ+, tout ce que nous avons fait pour créer un monde plus égal et plus juste aux États-Unis, a été détruit et brûlé en trois mois…

« Trump est représentatif d’un narratif américain particulier: le businessman qui ne parle que d’argent, qui vire les gens, etc. Il vit dans la conscience américaine comme une figure de télévision. Il est le pire des rêves américains. Avec lui, nous sommes au zénith du patriarcat: au pouvoir actuellement, il n’y a quasiment que des hommes, et la plupart d’entre eux sont prédateurs. »

Comment résister ? « On ne peut pas négocier avec des violeurs. On ne dit pas à un violeur: «S’il vous plaît, ne faites pas ça». La seule chose à faire est de crier et se débattre. C’est ce que nous devons faire aujourd’hui en Amérique. Il y a quelques jours, Bernie Sanders et Alexandria Ocasio-Cortez ont rassemblé près de 30.000 personnes.Je pense qu’il y aura bientôt de grandes manifestations dans tout le pays. Il va y avoir un soulèvement populaire, car c’est une immense crise sociale qui est en train de se produire. Si nous sommes unis, nous pouvons changer la donne. Et nous devons le faire. Trump n’est pas seulement un danger pour les États-Unis, mais pour l’ensemble de la planète. »

L’Amérique de Trump est en train d’amorcer un grand retour en arrière sur les valeurs d’émancipation, d’égalité de genres, de diversité, etc., comme si ce mouvement progressiste avait avancé trop vite pour une partie de la masse :  

« Au sein de la classe moyenne, certains se sont retrouvés désemparés devant l’évolution de l’égalité et des droits humains. Et quand on vous répète à longueur de journée que les immigrants prennent votre argent ou que les femmes ont un emploi alors que vous n’en avez pas, le ressentiment apparaît. J’étais peut-être un peu naïve de croire que les gens étaient en train d’évoluer et de se départir de ce narratif masculin. Mais on ne peut pas se cacher et vivre dans un État totalitaire fasciste où les hommes détruisent le monde. Nous devons lutter !

Ce n’est pas seulement un travail politique qu’il faut réaliser. C’est beaucoup plus profond. Le travail que nous devons faire est plus interne, il touche à l’éducation, à l’imaginaire. Le rêve américain est mort. L’âge d’or de l’Amérique dont parle Trump ne sera réalisé que pour une poignée de milliardaires. Et c’est la même chose pour la conquête de Mars: elle ne s’adresse qu’à une infime minorité. Mais, hélas, notre histoire est imbibée de ces narratifs. On assiste aujourd’hui à un grand conflit de valeurs: deux mondes s’affrontent.

Et « V » d’appeler le monde artistique américain à se mobiliser :« Les artistes en Amérique doivent être fiers et courageux, prendre des risques, se lever et parler comme on l’a fait dans les années 60 et 70. Toni Morrison disait que, quand les choses deviennent difficiles, c’est le moment où les artistes doivent se mettre au travail. L’art est la seule chose qui permet dépasser la polarisation, de sortir les gens de ces narratifs délétères dans lesquels ils sont englués. L’art agit sur les émotions: lorsque les gens ressentent, ils commencent à changer leurs croyances et leurs points de vue. Je reste optimiste. Mais il faudra se battre. »

[citations extraites de l’interview de « V » par Simon Brunfaut dans ‘’l’Echo’’ du 28 mars 2025  (https://www.lecho.be/culture/litterature/v-eve-ensler-trump-est-en-train-de-violer-l-amerique/10600226.html) ]

Je conclus cette longue réflexion que « V » a bien enrichie :

Si effectivement, je le crois, l’art peut être une arme contre le viol et toutes les formes de suprémacisme et de machisme, de racisme et d’impérialisme, je pense aussi que, en tant que chrétiens, disciples du Nazaréen qui aimait et respectait les femmes et les personnes différentes, les exclus de la société patriarcale, nous avons nous aussi à dire au nom de l’Evangile, dans toutes les situations où la force s’exerce sur le faible, une parole qui libère au lieu d’enfermer, et qui s’oppose fermement à la déshumanisation d’une part essentielle de l’humanité et à toute violence.

Ne laissons pas violer notre conscience !

Bernard Pönsgen, prêtre

Correctif Newsletter :

NEWSLETTER DE L’UP « PAYS DE SAINT REMACLE » DE STAVELOT-FRANCORCHAMPS MARS-AVRIL 2025 (Pâques)

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voir: https://paysdesaintremacle.wordpress.com/horaire-des-messes/

Horaires de la semaine sainte et de Pâques dans le Doyenné Ardennes (Malmedy-Waimes-Stavelot-Lierneux-Trois Ponts-Theux-Spa-Jalhay) :

Pour consulter les horaires, cliquez sur l’image

Actualités/infos

TOUT SAVOIR SUR LA CAMPAGNE DE CARÊME :

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Dimanche 6 avril à 17h30 à Banneux :

échange avec Mgr Coppola, nonce apostolique (ambassadeur du Vatican)

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L’ESPERANCE: CHOISIR ENTRE VIVRE ET SURVIVRE – méditation du Ploumtion 5

On vit quand même une drôle d’époque… ! Le gouvernement français vient de décider – après les pays scandinaves et la Pologne, et la Belgique qui l’envisage – de faire distribuer dans tous les foyers…un « manuel de survie » qui prend en compte quatre risques majeurs :

  • Catastrophe naturelle
  • Pandémie
  • Accident industriel (nucléaire, chimique…)
  • Et enfin… conflit armé !

On se doute que c’est surtout ce dernier risque qui a retenu l’attention. Le copinage récent entre Trump et Poutine sur le dos de l’Ukraine, mais surtout le lâchage complet de l’Europe par les Etats-Unis – traditionnel parapluie militaire de l’Europe depuis la guerre froide, cette situation a fait sursauter toutes les chancelleries européennes qui ont compris que désormais, elles ne devaient plus compter que sur elles-mêmes pour assurer leur défense. Du coup, tous les dirigeants de ces pays devenus soudain sans protecteur sont en train de se demander comment remettre en route une conscience et une solidarité nationale dans leur population, laquelle depuis 80 ans nageait dans un sentiment de sécurité quasi absolu et dont la seule préoccupation était et reste de profiter au maximum de la société de consommation et de ses avantages, garantis par ce sentiment de paix et de sécurité qui paraissait éternel.

On tombe de (très) haut ! Sans m’appesantir sur ces jeux internationaux et militaro-mercantiles qui se passent bien au-dessus de nos têtes, je pense que, malheureusement, au lieu de rassurer et de rendre plus résiliente une population qui se sent de plus en plus déboussolée et inquiète face aux changements radicaux qui agitent le monde, l’effet de ce fameux « manuel de survie » sera à mon avis juste inverse (mais c’est peut-être ce qui est voulu – il faut bien justifier les milliards que l’on va investir dans l’armement). Donc, on va encore rajouter de l’inquiétude et de la peur dans la tête des gens. Et avec cela, très probablement, augmenter cette tendance au repli sur soi qu’on observe déjà un peu partout. Et cela peut être électoralement porteur pour certaines mouvances politiques.

Que conseille donc ce manuel de survie ?

  1. Se protéger. Il s’agit de « se protéger soi, mais aussi protéger les personnes autour : la famille, les voisins… » Il est aussi question du « kit de survie » à avoir chez soi en cas de grave crise. Dans le détail, il est recommandé d’avoir au moins six litres d’eau en bouteille, de disposer d’une dizaine de boîtes de conserve ou encore d’avoir des piles et une lampe torche si l’électricité est coupée. Une radio aussi pour pouvoir se tenir au courant dans son abri pour savoir si la terre est encore habitable… Il est aussi recommandé d’avoir du paracétamol, des compresses et du sérum physiologique dans sa pharmacie. (Se souvient-on de la ruée sur le papier toilette au début du Confinement lors de la pandémie du Covid 19…)
  • Prévenir. La deuxième partie intitulée « Que faire en cas d’alerte ? » s’intéresse à la conduite à tenir en cas de menace imminente. Il est rappelé les numéros d’urgence (pompier, police, Samu…) et la marche à suivre selon le type de crise auquel il faut faire face. Il est indiqué par exemple de bien fermer les portes de son logement en cas d’accident nucléaire et d’éteindre le gaz. (Ben tiens !)
  • S’engager : La dernière partie se veut « civique ». Intitulée « Engagez-vous », elle explique comment s’inscrire dans une réserve, qu’elle soit militaire, numérique ou communale. (Bien sûr, il n’est pas inutile de susciter des réflexes de solidarité pour pouvoir compter sur des volontaires en cas de besoin, mais est-ce que cela ne va pas aussi encourager d’autre part des individus et des groupes « survivalistes » qui s’arment eux-mêmes en prévision des conflits ? – il existe déjà des manuels pour « survivre en cas d’effondrement civilisationnel » qui fleurissent sur internet.)

Cette démarche de former la population à la « survie » a de forts relents de la fin des années 30, de sinistre mémoire, où de telles publications avaient déjà lieu.  

Bon. Moi, je ne suis qu’un petit belge. Mais je suis aussi citoyen européen et citoyen du monde. Et, par-dessus-tout, je suis un chrétien catholique (ce qui veut dire universaliste en grec). Comme mon Dieu, j’ai foi en l’humanité. Donc, je ne me résous, je ne me résigne pas à la guerre – potentielle, possible, probable ou certaine.

Alors, pour remettre les pendules à l’heure, et sans pour autant se mettre la tête dans le sable, je voudrais proposer en guise de « manuel de survie » une autre attitude, inspirée par ma foi : je préfère le terme « de vie » à celui « de survie », car c’est ce à quoi nous invite l’Evangile qui en soi est le meilleur guide que l’on puisse trouver !

Donc, voilà mon « manuel de vie » :

  • Au lieu de « fermer les portes », avoir toujours une porte ouverte et une main tendue pour accueillir celui qui a besoin d’aide. (cf Mt 25,31-40)
  • Me soucier des plus fragiles et chercher à répondre à leurs besoins avant de me protéger moi des autres. (cf Mt 6,26-32)
  • Avoir la « radio » de ma prière branchée en permanence sur l’émetteur Dieu et Sa parole vivante qui réjouit et fortifie le cœur. (cf Mt 6,6 et Mt 7,7-12) – les « piles » avec l’énergie d’En-haut: « La joie de Dieu est votre rempart ». (Neh 8,10)
  • Avoir à portée de main des réserves inépuisables de douceur, d’empathie, d’écoute et d’amour fraternel. (Gal 5,22)
  • Transformer la méfiance et la peur en confiance en refusant les jugements stigmatisant et les excès verbaux des réseaux sociaux (par exemple). (cf Luc 6,37)
  • Toujours dire à son entourage des paroles bonnes et constructives, positives et encourageantes ; refuser le catastrophisme et la sinistrose mais cultiver la bienveillance. (cf Eph 4,29)
  • Voir dans chaque personne, fût-elle la plus abîmée, la plus méchante, la plus repoussante, avant tout un fils, une fille de Dieu comme moi et pour laquelle Jésus a donné aussi sa vie. Choisir de prier pour les ‘persécuteurs’. (cf Mt 5,44)
  • …etc.

Comme le disait Jean-Pierre Delvaux dans l’édito de la matinale (1RCF) de ce 19 mars, en parlant du rapport de la Fondation « Ceci n’est pas une crise » concernant les réactions et le comportement des belges provoqués par l’anxiété dans notre société : « la première chose est de prendre tout ceci au sérieux, avec une bonne dose d’esprit critique ».

Il poursuivait : « Alors, que faire, nous, croyants et humanistes, sinon s’informer et s’informer encore ? Se laisser étonner – et puis : résister ! Cultiver ‘le courage de la nuance’ – ce beau titre de l’ouvrage de Jean Birnboom. Pointer aussi autour de nous tout ce qui est déjà en résistance, en espérance ; et ainsi nous efforcer d’être le sel de la terre. »

« C’est bien ce que je nous souhaite », concluait Jean-Pierre Delvaux, et ce sera aussi ma conclusion.

Le Ploumtion