VOUS AVEZ DIT : SAINTS ? –  Méditation pour le 1er novembre

Le premier novembre, on fête en une fois tous les saints : Cela a donné le nom de « Toussaint ». Cette fête chrétienne a des racines profondes (7è siècle) ; cependant, en ce début du 21è siècle, avec le recul avéré du culte des saints en occident et malgré les efforts des derniers papes pour en proposer beaucoup de nouveaux plus récents à la dévotion des fidèles et dépoussiérer l’image que l’on pouvait avoir de ces personnages, le mot « saint » lui-même (et la notion de « sainteté » ) ne semble plus guère parler à nos contemporains. Il disparaît peu à peu du langage et ne subsiste pour ainsi dire que dans les appellations de lieux – surtout en France : Saint-Quentin-en-Yvelines, Saint-Maur-des-Fossés, Saint-Germain-en-Laye… ou dans des expressions comme « à la Saint-Glin-Glin ». On lui préfère dans les conversations ou dans les publications le mot « sain », sans « t » : Tant le souci d’une qualité de vie terrestre a remplacé dans nos pays dits développés la préoccupation des fins dernières et de l’accès à un bonheur céleste devenu hypothétique !

Aussi, à l’approche de cette fête particulière (où le souvenir familial des défunts a d’ailleurs éclipsé le sens propre de la célébration de la Toussaint), je me suis interrogé sur la signification originelle de ces termes de « saint » et de « sainteté » – et sur la manière de leur redonner une pertinence et un intérêt pour aujourd’hui. Je vous partage ici quelques-unes de mes réflexions.

Quand j’étais enfant, j’ai été abreuvé de lectures de vies de saints (surtout des B.D.) ; c’étaient de belles histoires, et ces personnages devenus familiers étaient pour moi non seulement de possibles modèles, mais aussi des amis à qui j’aimais penser : saint Bernard (évidemment), saint Jean Bosco et Dominique Savio, sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, saint François d’Assise, etc. Tous me parlaient, me disaient quelque chose de Dieu.

Ces vies concrètes de personnages réels avec leur caractère, leurs enthousiasmes et leurs difficultés, mais davantage encore les clins d’œil que leur union à Dieu faisait surgir au milieu de leurs tribulations, leur inspirant des paroles et des actions inédits, surprenants et inspirants, tout cela, me faisait ressentir combien la foi est quelque chose qui a pour vocation de s’incarner, qui se donne à voir et à vivre au travers de notre épaisseur humaine dont elle révèle ainsi la Beauté : beauté qui est le reflet de celle de Dieu lui-même, le seul Saint !

On n’est pas encore à la définition de la sainteté, mais on s’en rapproche ! On va dire pour l’instant que c’est peut-être, non pas une « qualité » parce que dans ce cas-là il y en aurait qui seraient plus saints et d’autres moins saints – comme des bons points, et on pourrait même dans cette façon de voir que je ne partage pas, suggérer un « permis à points » pour aller au ciel ! – mais plutôt un état, quelque chose qui surgit de l’être profond quand il est habité par Dieu, son Esprit.

En disant cela, on postule que notre Source, la source de notre être est ailleurs qu’en nous-même ; elle est en Dieu. Et c’est quand nous sommes connectés à notre Source que nous sommes saints – donc, pas par nous-mêmes !

Ainsi, la sainteté est quelque chose – un attribut – qui appartient en propre à Dieu, qui fait partie de son essence. Il est LE SAINT, comme il est LE Bon, LE Beau, L’Eternel… « Dieu seul est bon » (Lc 18 :19). Cependant, nulle part je n’ai trouvé de définition précise sur ce qu’est fondamentalement la sainteté. On la confond souvent avec la perfection, ou le fait d’être séparé, au-dessus des autres afin d’être vénéré (confusion avec le mot « sacré »). Or ce n’est absolument pas vrai ! Nul besoin d’être parfait pour être saint – d’ailleurs tous les saints avaient leurs petits ou leurs gros défauts, y compris les Apôtres. La perfection morale n’est pas la sainteté, même si cette idée est encore fort répandue dans la tête des gens et même des croyants. D’ailleurs Jésus lui-même a ‘canonisé’ un certain nombre de gens qui ne l’auraient sans doute pas été aujourd’hui par l’Eglise catholique vu leur curriculum vitae : Marie-Madeleine, Simon-Pierre, le bon larron, etc.

Précisément, l’exemple de Marie-Madeleine dont la tradition rapporte qu’elle est une ancienne prostituée, peut nous éclairer sur ce qu’est la véritable sainteté. Jésus dit d’elle « qu’il lui sera beaucoup pardonné, parce qu’elle a beaucoup aimé. » (Lc 7 :47). Le maître-mot est donc l’AMOUR. Quand on parle de sainteté, on parle d’amour ! La sainteté de Dieu n’est autre que son Amour infini. Il ne sait rien faire d’autre que cela : aimer, de mille façons. C’est son être profond, sa ‘nature’ : Car « Dieu est amour » comme l’écrit le disciple bien-aimé saint Jean (1 Jn 4 :8.16)

Et le secret de la sainteté est donc peut-être là : se laisser aimer par Dieu, par Jésus, pour aimer à notre tour comme Lui et avec Lui. L’amour couvre les péchés et fait retrouver une certaine innocence, comme c’est le cas pour Marie-Madeleine qui couvrait les pieds de Jésus de ses larmes et les essuyait de ses cheveux. Il faut avoir fait cette expérience d’être aimé et pardonné gratuitement, pour entrer dans cette dynamique où l’offrande de soi répond au don qui est fait. Nous sommes tous aimés de Dieu, nous sommes tous appelés à devenir saints – et nous le sommes déjà quand Dieu par son Esprit vit en nous, et nous anime, nous pousse à aimer. Ce n’est donc pas si difficile qu’on croit ! Mais il est dur parfois pour certaines personnes d’accepter de se laisser aimer par Dieu, surtout si on ne s’aime pas soi-même… Il y a là un obstacle à faire sauter, et il faut demander cette grâce dans la prière ou mieux dans une bonne confession auprès d’un prêtre qui peut nous aider.

Donc, la sainteté à la portée de tous ! Sans se prendre la tête. Sans concours de moralité. Mais « se tenir humblement en présence du Seigneur et marcher avec Lui pour faire le bien », répandre le bien (cf Michée 6 :8). Comme l’expliquait la ‘petite Thérèse’ dans son autobiographie, il n’y a pas besoin de se tenir sur la pointe des pieds pour devenir un(e) saint(e) – sous peine d’attraper vite des crampes ! Mais il faut s’engager sur le chemin de l’amour, celui qui est précisément exposé dans les « Béatitudes ». Chemin à parcourir avec tout ce qu’on est – ce qu’on a ou qu’on n’a pas ; peu importe, le Seigneur fait feu de tout bois. Retenir que c’est Lui qui fait l’essentiel du travail ! Mais ne pas arrêter de marcher…

Mais comment rendre attrayant pour nos contemporains ce vocable de « saint » ou de « sainteté » qui leur paraît si désuet et dégoulinant de dévotion de sacristie ?

Je ne pense pas qu’il faille le remplacer – d’ailleurs on ne le pourrait pas, il est au cœur de la Révélation de Dieu, inscrit en lettres de feu dans la Bible : le Kadosh, la Valeur de Dieu. On le chante au début de la prière eucharistique : Saint, saint, saint le Seigneur…

Mais ne pourrions-nous pas l’associer à un autre mot, celui que Jésus lui-même a donné à ceux qui le suivaient : « Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ignore ce que fait son maître. Maintenant, je vous appelle mes amis. »  (Jn 15 :15)

N’est-ce pas la meilleure et la plus concrète définition de la sainteté, le plus beau titre aussi qu’on puisse donner à celui ou celle qui accueille Dieu et son Amour dans sa vie : « ami.e de Dieu » ?

Et ceux-là, heureux sont-ils !

Bernard P.

DANGER !

Je suis confondu. Atterré. Le Conseil européen qui vient de s’achever à Bruxelles n’a traité que d’un seul sujet : l’immigration. C’est à dire : les solutions pour bloquer l’immigration. Même pas un mot de la précarité grandissante, encore moins du réchauffement climatique et des mesures à mettre en place au niveau européen…  Ce thème de l’immigration est porté par les partis de l’U.E. qui sont soit d’extrême-droite, soit alliés à l’extrême droite, et qui sont majoritaires. Cela en dit long sur la déliquescence des « valeurs européennes » ! Qui se préoccupe des raisons pour lesquelles ces gens, ces humains, ces semblables quittent leur pays au prix de mille dangers pour essayer de trouver un refuge ?

Et ça ne va pas mieux Outre-Atlantique : on retient son souffle en attendant le verdict des urnes du 5 novembre (déjà présenté comme contestable par les conseillers juridiques de Donald Trump en cas d’échec ou de balance). Les Etats dits « Unis » d’Amérique sont profondément fracturés. Si Mme Harris affiche des positions plus modérées * que le candidat à la mèche blonde (ce qui n’est pas difficile), son programme n’est pas vraiment explicite et reste très discret au sujet de la politique migratoire, Quant au candidat républicain, il assume sans problème son nationalisme (et isolationnisme « America first ») qu’il utilise comme levier électoral. Ses déclarations font froid dans le dos : Récemment, il a qualifié Vladimir Poutine de plutôt intelligent d’avoir envahi l’Ukraine et a salué le bilan militaire de la Russie dans les conflits historiques.

L’ancien président ne cache pas son admiration pour les dirigeants autocrates (la semaine dernière, il a déclaré à une foule de fans enthousiastes que « personne n’est meilleur, plus intelligent ou meilleur dirigeant que Viktor Orbán [de Hongrie] » ) ainsi que pour les dictateurs : Plusieurs membres de son ancienne équipe ont corroboré qu’ils l’avaient souvent entendu faire l’éloge de personnalités telles que le Nord-Coréen Kim Jong Un, le Russe Vladimir Poutine, le Chinois Xi Jinping et, à plus d’une occasion, le dirigeant nazi Adolf Hitler ; en particulier il a déclaré que « Hitler avait fait de bonnes choses ». Et à l’époque où il siégeait à la Maison Blanche il aurait déclaré à huis clos : « J’ai besoin du genre de généraux qu’avait Hitler »… des propos qui ont fait réagir son ancien chef de cabinet qui l’a qualifié de fasciste.

« Il aime traiter avec d’autres grands, et des grands comme Erdogan en Turquie peuvent mettre des gens en prison sans avoir à demander la permission à qui que ce soit. C’est ce qu’il aime », a confirmé son ancien conseiller à la sécurité nationale, John Bolton. « Ce sont des hommes de poigne, des gars durs qui savent gouverner » lache encore Trump. Cette façon d’exercer le pouvoir le fascine indubitablement. Il a d’ailleurs dit lors de la précédente campagne, que s’il était élu, il serait dictateur « un jour » – sous-entendu pour « remettre de l’ordre » – puis serait à nouveau un président agissant « constitutionnellement ».

Ces discours font mouche chez une grande partie de l’électorat américain, mais aussi de plus en plus chez les citoyens européens où les mots « ordre », « sécurité », « protectionnisme », « nous les gens de souche », « le droit du sang » … percolent dans la soupe politique et dans les mentalités. On s’y habitue, on les fait siens sans en avoir l’air. On oublie que le régime nazi a fondé son idéologie sur ces slogans.

Le premier ministre israélien Netanyahou a déclaré aujourd’hui que sa guerre est « une guerre de civilisation ». De quel côté est la civilisation ? On a peine a reconnaître dans ces bombardements où des milliers de civils, femmes et enfants perdent la vie, une action civilisée ! Des bombes d’une tonne équivalent TNT sont utilisée actuellement au Sud-Liban et à Beyrouth pour liquider des activistes du Hezbollah. Cela veut dire qu’à chaque explosion, non seulement un immeuble est rasé, mais un quartier entier est dévasté. Est-ce cela la civilisation ?

Tout cela, quatre-vingt ans à peine après le suicide de Hitler, cela donne à réfléchir !

Est-ce déjà l’annonce d’une Guerre Mondiale à venir ? Quand il n’y a plus de conscience, la guerre est la seule option.

Il est temps que les forces démocratiques, chrétiennes et non chrétiennes, se réveillent !

Bernard Pönsgen

(*) Comme l’écrit Claude Semal cette semaine dans l’Asymptomatique : « Je serais américain, je voterais sans hésiter pour écarter Trump, qui cumule à peu près tous les défauts de la terre. Mais je n’aurais pas pour autant confiance dans les projets futurs de Kamala Harris. Je me réjouis bien sûr de ce qu’elle soit une femme, et une femme noire […]. Mais dans un pays où toute la vie politique est financée par les grosses fortunes et les grosses entreprises, dont les très puissants lobbies de l’armement, de la pétrochimie et de l’automobile, par quel miracle un programme réellement progressiste, pacifiste et humaniste pourrait-il émerger et s’imposer dans les urnes et dans les médias ? »

Transmettre… Quoi ? à qui ? Et pour quoi ?

Une rencontre récente avec un responsable diocésain de la catéchèse lors d’un conseil décanal, dont le sujet était : « La catéchèse renouvelée : où en sommes-nous cinq ans après ? » a fait monter en moi quelques réflexions.

D’abord un constat : La catéchèse des enfants n’attire plus guère, malgré tous les efforts mis en place pour la rendre attrayante et l’inscrire dans un contexte de liberté et de souplesse en supprimant ou réduisant les « obligations ». Le nombre de catéchisés (première communion mais surtout la profession de foi) est en baisse constante à peu près partout ; quant à ceux qui préparent la confirmation, il y a longtemps que le mouvement était amorcé. Cela pose pas mal de questions pour l’avenir des communautés chrétiennes.

La « catéchèse renouvelée » se veut décloisonnée, intergénérationnelle, communautaire. C’était le projet du diocèse lancé en 2019 après une très large consultation. Mais qu’il est difficile d’y arriver, tant les moyens humains (et l’intérêt) font souvent défaut ! On peut bien sûr justifier de cette désaffection par les crises que traverse l’Eglise actuellement et qui sans aucun doute ont un impact dans les familles en relativisant chez les parents la nécessité de transmettre quelque chose de la foi à leurs enfants. On parle déjà depuis des années de crise de la transmission…

Justement à ce propos, je me suis interrogé sur ce que nous, les responsables pastoraux, mais aussi les animateurs de la catéchèse, les parents chrétiens – il y en a encore ! – , sur ce que nous voulons précisément transmettre : Que voulons-nous faire aimer à nos jeunes ? Jésus-Christ ? L’Evangile ? L’Eglise ? Notre héritage catholique, avec ses traditions et ses rites ? Des valeurs auxquelles nous sommes plus ou moins attachés ? Selon ce point de départ, nos objectifs et nos attitudes seront probablement différentes…

Quoi qu’il en soit, très souvent, nous nous heurtonsà un mur, les jeunes en question ne manifestant qu’un intérêt très limité (et qui cesse dès qu’on a décroché la récompense : la communion, la profession de foi…) pour ce qui leur apparaît comme quelque chose de tout-à-fait déconnecté avec leur vie.

Et si ce mur, c’était nous qui l’érigions ? Cela m’est apparu en découvrant que le questionnement était assez semblable pour les enseignants chargés de faire aimer la lecture à leurs élèves. La lecture, beurk ! – à l’ère des réseaux sociaux et des loisirs numériques… D’après une enquête Ipsos, un jeune de 16 à 19 ans sur trois ne lit pas du tout dans le cadre de ses loisirs ; et la tendance va en croissant. En fait, il se pourrait que les pierres avec lesquelles nous élevons le mur qui sépare les enfants, les jeunes et sans doute d’autres de la recherche attractive d’une vie de foi, soient les mêmes que celles qu’utilisent les « pédagogues » pour bâtir une muraille entre les jeunes et les livres.

Quelles sont ces ‘pierres d’achoppement’ ? Ces pierres, c’est de faire passer le dogme (« Il faut lire », « il faut croire », « il faut entrer dans l’Eglise ») avant la relation à l’enfant, aux jeunes. C’est notre obsession du résultat – et notre inquiétude sur notre aptitude à la pédagogie. « Nous autres, pédagogues, nous sommes usuriers pressés. Détenteurs du Savoir, nous le prêtons contre intérêts. Il faut que cela rende. Et vite, faute de quoi, c’est de nous-mêmes que nous doutons. » (Daniel Pennac, Comme un roman, Gallimard 1992)

Dans le cadre de l’enseignement de la lecture, les raisons de cette urgence, de ce besoin de rendement sont clairement identifiées, sinon justifiées : la nécessité de réussir ses études, d’acquérir des outils, des bagages conceptuels ou culturels (pourvu qu’ils n’apparaissent pas obsolètes à nos jeunes immergés dans l’ère de l’immédiateté et du zapping…).

Mais en Eglise, c’est quoi notre excuse, notre urgence ? Pourquoi sommes-nous à ce point obsédés de rendement ? Comment avons-nous glissé de « Je vous ai dit tout cela pour que ma joie soit en vous » (Jn 15,11) à : « c’est notre objectif qu’ils apprennent tout cela » ?

S’il y a quelque chose à « transmettre », n’est-ce pas d’abord avant tout une VIE ? – qu’elle soit spirituelle ou autre. Et dans ce cas, la transmission se vit dans les deux sens, du jeune vers l’adulte et de l’adulte vers le jeune. Arrêtons d’être les « possesseurs du savoir » ; soyons des vivants !  Je pense que souvent, nous essayons de faire boire des « ânes » qui n’ont pas soif alors que nous n’avons pas vraiment soif nous-mêmes : où en sommes-nous de notre recherche de foi, de vie et de sens ? Ne nous sommes-nous pas arrêtés en chemin voici longtemps… ?

Pour ceux que cela intéresserait, je me propose avec l’accord de M. le curé de lancer un groupe de partage biblique (Lectio divina) pour tout, adulte, jeune, qui aimerait sur base des paroles offertes dans les évangiles échanger avec d’autres sur la vie, la foi, l’amour, la mort, l’espérance… Aucune connaissance préalable requise !  Contactez-moi :

Abbé Bernard Pönsgen

Bernard.ponsgen@gmail.com

0493/50 53 18

« Il en est du règne de Dieu comme d’un homme qui jette en terre la semence : nuit et jour, qu’il dorme ou qu’il se lève, la semence germe et grandit, il ne sait comment. » (Mc 4,26)

NEWSLETTER DE L’U.P. « PAYS DE SAINT REMACLE » STAVELOT-FRANCORCHAMPS DU 13 AU 20 OCTOBRE 2024

du 14 au 18 octobre 2024, le Vicariat de la Santé propose une Semaine de l’accompagnement spirituel en milieu hospitalier.  Le Vicariat de la Santé du diocèse de Liège a implémenté cette « semaine de l’accompagnement spirituel » pour sensibiliser les acteurs de la santé mais aussi le public – les chrétiens et les autres – à cette dimension importante du soin (le « care ») qui s’adresse à tout l’humain. Elle se déroule en particulier dans tous les hôpitaux, cliniques… où des équipes d’aumônerie sont actives. Renseignement et outils sur le site du Vicariat de la Santé.  Si cet accompagnement vous parle et que vous êtes intéressés à vous former pour vivre ce service avec d’autres, contactez l’abbé B.Ponsgen, aumônier de la clinique Reine Astrid de Malmedy.

Dimanche 13 Oct. À 17h à la chapelle de Ster, Concert d’automne de la Chorale « CRISNIR » de Ster !  Avec la participation du Quatuor à cordes « Projet Ephémère. Entrée 8 € à partir de 14 ans. Réception à la salle l’Aurore après le concert.

Jeudi 17 Oct. À 20h au réfectoire des moines de l’abbaye de Stavelot : Dans le cadre des Fêtes septennales de Saint Remacle, Conférence de Mme Brigitte Neuray : « Les recherches archéologiques à l’Abbaye de Stavelot des origines à l’an mille« . Madame Neuray retracera l’histoire de l’Abbaye de Stavelot depuis ses origines à l’an mille. Les origines ont été peu explorées ainsi qu’avant sa construction. Aller jusqu’à l’an mille depuis les origines, c’est aussi parcourir une longue période historique et ses avancées dans le domaine de la construction. Madame Neuray a fait partie et aussi dirigé l’équipe d’archéologues qui a eu la chance de pouvoir fouiller la totalité du site de l’Abbatiale dans de bonnes conditions. Ses publications concernant ce site majeur sont toujours très attendues. Nous aurons la chance de l’écouter à nouveau et aussi de lui poser nos questions. Pour toutes et tous, amateurs d’histoire locale ou de la grande histoire.

Dimanche 20 octobre, 98e journée mondiale de la Mission universelle de l’Église : « Invitez tout le monde ». Comme le rappelle le pape François dans son Message pour la Journée Mondiale des Missions 2024, « L’évangélisation est une sortie inlassable vers toute l’humanité pour inviter tout le monde à la fête du Seigneur ». C’est à cette mission que Missio convie chaque baptisé.e tout au long de la campagne missionnaire 2024-2025. C’est dans cet esprit de solidarité universelle que Missio a choisi cette année de mettre en lumière l’Église-sœur du Sri Lanka pour laquelle la collecte sera réalisée dans les paroisses. Sur notre site Internet, vous trouverez assez d’informations pour contribuer au fonds de solidarité universelle de l’Église et nous aider ainsi à soutenir l’Église du Sri Lanka, via le numéro de compte de Missio : BE19 0000 0421 1012.

Connaissez-vous le site de l’unité pastorale « Pays de Saint Remacle » de Stavelot-Francorchamps ?   Ce site internet vous informe sur la vie et les activités dans notre Unité et ses différentes communautés paroissiales ; en plus de horaires des messes et des informations concernant la pastorale des baptêmes, des mariages, la catéchèse, etc., vous y trouverez des réflexions sur l’actualité et les évènements religieux, des homélies, des invitations pour des concerts ou autres manifestations culturelles ou caritatives. Si vous ne le connaissez pas encore, emportez un des flyers au fond de votre église ou bien surfez sur https://paysdesaintremacle.wordpress.com . Bonne visite !

7 octobre 2023 – 7 octobre 2024.

Un an et combien de morts, de part et d’autre… ? De blessés ? De destructions, de vies à jamais broyées et de rêves écrasés sous les bombes… ?

J’assiste comme vous depuis un an, impuissant, à ce déchaînement de violence qui s’abat sur le Proche-Orient depuis l’attaque meurtrière du Hamas ce jour fatidique du 7 octobre, qui pour les chrétiens catholiques correspond à la fête de Notre-Dame du Rosaire. Il ne semble guère y avoir de rapport entre ces deux faits.

Cependant, la fête de Notre-Dame du Rosaire aurait été instituée suite à la bataille de Lépante en 1570 contre les Turcs. Les puissances de l’époque se disputaient alors le contrôle de la méditerranée. Mis en échec devant Malte en 1565 par la défense héroïque des chevaliers de l’ordre de Malte, les Turcs continuèrent pourtant leurs offensives sur ce qu’on appelait alors « la chrétienté », au point qu’en 1570 le pape Pie V invita les princes occidentaux chrétiens à se joindre à la « sainte Ligue » de résistance – une croisade – qu’il voulait mettre en place. Seuls les Espagnols, Venise et les différentes principautés italiennes répondent à l’appel du Pape. La division religieuse du protestantisme rend indifférente une bonne partie de l’Europe.

En infériorité numérique, en navires comme en hommes, les chrétiens sont néanmoins galvanisés par les harangues de leur chef, Don Juan d’Autriche, qui les exhorte au nom du « Dieu des armées » et qui leur distribue en quantité médailles, scapulaires et rosaires. La bataille tourne à l’avantage des chrétiens et les Turcs sont défaits. Le pape Pie V attribue la victoire à l’intercession de la sainte Vierge et fixe une fête de Notre-Dame des Victoires à la date du 7 octobre. Plus tard, la fête prend le nom de fête de Notre-Dame du Rosaire.

On a du mal aujourd’hui à comprendre qu’on puisse se réclamer d’une volonté divine pour justifier une guerre, ou attribuer à une intervention de la Mère de Dieu ou d’un autre saint, la victoire sur les ennemis. Certains, pourtant, se servent toujours de cette justification lorsque leurs intérêts sont en jeu. Le mot même de « croisade » contre « l’axe du mal » – n’a-t-il pas été évoqué par le président américain George W. Bush lors d’une allocution au lendemain des attentats du 11 septembre 2001 pour qualifier l’intervention des forces américaines contre l’Irak de Saddam Hussein ?

Aujourd’hui, il semblerait qu’on est pareillement sorti de la rationalité dans le conflit qui oppose Israël non seulement au Hamas et au Hezbollah, mais aux populations de Gaza, de Cisjordanie et du Liban qui paient très cher les frais d’une guerre qui se veut « totale », selon les mots du premier ministre d’Israël. Pour éradiquer le mal, la capacité des organisations terroristes de frapper à nouveau, jusqu’où peut-on aller ? Sans justice, il ne pourra y avoir de paix. Or, chez les extrémistes juifs ou palestiniens, iraniens, on dénie clairement de part et d’autre le droit d’exister en tant que peuple, ou Etat. Chaque coup reçu en entraîne un autre, plus fort, en réponse – sans aucun respect pour les civils innocents. Ce qu’on appelle pudiquement « les dégâts collatéraux » est complètement négligé. Et les discours sont aussi meurtriers que les armes : il est même question chez certains de « guerre d’extermination » pour « nettoyer ethniquement » des territoires…  Cela nous rappelle de tristes souvenirs : la guerre entre la Serbie et les musulmans de Bosnie-Herzégovine (Srebrenica), le Rwanda, le Kosovo, … et même la Shoah.

Pourquoi l’histoire doit-elle sans cesse se répéter ? Il faudra bien qu’un jour les humains apprennent à vivre ensemble quelle que soit leur culture, leur race, leur religion… et sans que ce soit le droit du plus fort qui doive toujours gagner. Mais quel long chemin à faire, quand les armes se seront tues ! La haine, la rancœur et le désir de vengeance, elles, ne désarment pas si vite. Pour aider ces peuples à s’engager sur ce chemin de réconciliation, les chrétiens n’auraient-ils pas une certaine mission que l’Evangile leur confère, ces chrétiens d’Orient qui ont eux aussi payé un lourd tribut à cause de cette guerre : beaucoup sont partis mais certains sont restés, et témoignent que le vivre-ensemble est possible si on s’accepte d’abord en tant qu’humains, et fils du même Dieu. Joignons nos prières aux leurs, et donnons chez nous le même exemple d’accueil et de respect des différences !

Bernard Pönsgen


L’œuvre de la justice sera la paix, Et le fruit de la justice le repos et la sécurité pour toujours. Isaïe 32,17

Semez selon la justice, moissonnez selon la miséricorde, Défrichez-vous un champ nouveau! Il est temps de chercher l’Eternel, Jusqu’à ce qu’il vienne, et répande pour vous la justice.
Osée 10,12

Tout ce que vous lierez sur la terre, sera lié dans le ciel, et tout ce que vous aurez délié sur la terre, sera délié dans le ciel.

Matthieu 18,18

NOUS SOMMES EN GUERRE

Ce 4 octobre, fête de saint François d’Assise et clôture du mois pour la Création, je voulais vous partager ces lignes :   

« Ne vous mentez pas, nous sommes en guerre. En fait, la paix n’existe pas. Nous n’en connaissons que des simulacres. Pour que la paix devienne un jour réalité, il faudrait non seulement que tous les humains la désirent, mais également qu’ils évoquent la même chose quand ils en parlent. Or, personne ne lui donne un sens identique. Pour certains, la paix n’est qu’une situation permettant d’exploiter les populations, pour d’autres d’exploiter la nature, pour d’autres encore de favoriser leur nation ou d’entasser de l’argent dans les coffres-forts. En réalité, les gens, surtout les dirigeants et les puissants, attendent de la paix un bénéfice comparable à celui de la guerre : leur profit, leur impunité, le maintien de leurs privilèges, leur plaisir immédiat plutôt que le salut de l’humanité ou des générations à venir. Abandonnons cette illusion de paix et engageons-nous dans la véritable guerre, celle qui a commencé sans prévenir et que nous devons remporter.

Vous, les adultes, vous érigez la consommation en but, la concurrence en modèle unique. Vous corrompez notre enfance et les années qui suivront votre départ. Ni matures ni responsables, vous, les adultes, vous ne méritez pas ce titre. Nous sommes en guerre. Qui est l’ennemi ? Nous-mêmes, cette humanité arrogante, pleine d’insouciance ! »

Éric-Emmanuel SCHMITT, La Lumière du bonheur, pp. 331-333

XXX

Ces mots mis dans la bouche de Britta Thorensen, personnage du roman de l’auteur et fac-simile de la jeune activiste écologiste Greta Thunberg, ont des accents de vérité car ils mettent le doigt sur l’illusion que nous avons tous d’un ‘état de paix’ qui n’est qu’apparent parce qu’il repose sur des rapports de force économiques et financiers et qui sont pour l’instant en notre faveur, mais qui sont complètement défavorables et même destructeurs envers de nombreuses autres parties du monde, et, à terme, à l’ensemble de l’humanité nous compris.

Je fais partie de ces adultes que Greta Thunberg prend souvent à partie. Je ne sais pas quel monde nous allons laisser aux générations suivantes – je n’ai pas d’enfants, cela ne m’empêche pas d’être hanté par cette question. Je voudrais quand je rendrai mon dernier souffle ne pas devoir me dire : Qu’as-tu fait – ou pas fait – pour que les enfants du futur ne tombent pas dans un monde en guerre complète et totale ? (C’est ce que nous prédisent beaucoup d’observateurs et de scientifiques qui analysent l’état de la planète.) 

Éric-Emmanuel Schmitt parle en effet lui aussi de guerre : « Nous sommes en guerre », fait-il dire à son personnage Gretta Thunberg. Mais ne nous trompons pas de guerre ! Nous ne sommes pas en guerre contre les migrants, les réfugiés qui par milliers et bientôt par millions, essayeront de se soustraire à un sort complètement injuste qui les condamne à une mort lente ou une existence épouvantable dans des conditions dont aucun de nous ne voudrait. Eux aussi sont victimes – avant nous – de nos comportements inconsidérés et de leurs impacts sur le climat. Nous ne sommes pas en guerre contre les touristes, ceux qui prennent occasionnellement l’avion pour s’offrir des vacances bien méritées et découvrir des pays qui ont bien besoin de cette manne financière. Mais nous sommes en guerre contre les opérateurs touristiques, les propriétaires de paquebots géants, les avionneurs et les gestionnaires d’installations aéroportuaires qui avec le soutien de leur gouvernement augmentent sans cesse l’offre et permettent un surtourisme qui génère de plantureux bénéfices pour eux, et une dégradation catastrophique de l’environnement – du climat.

Nous pouvons continuer cette énumération. Nous ne sommes pas en guerre contre les automobilistes, en particulier ceux qui n’ont pas les moyens de s’offrir une voiture électrique coûteuse, ni contre les petits propriétaires ou locataires qui faute de moyens ne peuvent pas investir dans des panneaux photovoltaïques, isoler leur habitation ou installer des pompes à chaleur. Mais nous sommes en guerre contre les gros producteurs de pétrole et de gaz qui ont si bien su rendre nos économies dépendantes des combustibles fossiles avec la complicité des puissants ; nous sommes en guerre contre les lobbys industriels et les gouvernements qui retardent autant qu’ils peuvent l’application de mesures visant à créer une mobilité propre où la voiture personnelle prend moins de place, et un habitat sain et moins gourmand en énergie, accessible à tous quel que soient leurs revenus. Nous ne sommes pas en guerre contre le petit paysan brésilien qui met le feu à un petit coin de la forêt amazonienne pour planter ses cultures vivrières et nourrir sa famille, mais nous sommes en guerre contre les grands consortiums agro-alimentaires qui importent à grande échelle des milliers de tonnes de soja pour produire chez nous de la viande, et qui obligent les amazoniens à défricher d’immenses zones boisées pour produire ce soja ou l’huile de palme utilisée dans notre industrie de transformation alimentaire.  

Ne nous trompons donc pas de guerre. Mais que nous le voulions ou non, nous y sommes tous engagés, co-responsables, car laisser faire, c’est consentir à ce que l’on obère définitivement l’avenir de nos enfants. Ce que le pape a nommé « le péché contre la création ». Faisons ce qui est à notre portée, chers amis, en choisissant ce que nous mangeons, ce que nous consommons, les vêtements et les comportements de déplacement qui ont le moins de coût en termes d’empreinte carbone. Chaque petit geste compte pour éteindre l’incendie, en petits colibris porteurs d’eau que nous avons le bonheur d’être tous ensemble si nous le voulons !   

En cette fête de saint François d’Assise, ne pourrions-nous pas nous rappeler qu’il y a de la joie, une ‘’sainte joie’’ à pratiquer la sobriété, en usant avec respect et modération des biens que nous offre la création ? – et en esprit de partage, car la Terre ne nous appartient pas en propre, elle est à tous et surtout aux générations à venir.

Bonne fête à tous les François et à ceux-celles que son esprit anime !

Bernard

Précédent article : « Tueurs à gage ? » : https://paysdesaintremacle.wordpress.com/actualite/

Quelques citations encore de Greta Thunberg :

«On n’est jamais trop petit pour faire une différence.»

«Nous ne pouvons pas sauver le monde en respectant les règles. Car les règles ont besoin d’être changées. Tout doit changer et cela doit démarrer aujourd’hui.»

«Plus grande est votre empreinte carbone, plus grand est votre devoir.»

«Vous ne parlez que d’aller de l’avant avec les mêmes mauvaises idées qui nous ont mis dans ce pétrin, même si la seule chose raisonnable à faire est de tirer le frein à main.»

«Nous devons coopérer et partager les ressources de la planète de façon équitable. Nous devons commencer à vivre dans les limites de ce que la planète propose, à nous concentrer sur les questions d’équité, et prendre quelques pas de recul au nom de la vie des différentes espèces. Il faut que nous protégions la biosphère. L’air. Les forêts. La terre.»

«Quand on commence à agir, l’espoir est partout. Alors, au lieu d’attendre l’espoir, cherchez l’action.»

«Nous savons que les hommes et femmes politiques ne veulent pas nous parler. Très bien, nous ne voulons pas leur parler non plus. À la place, nous voulons qu’ils parlent aux scientifiques, qu’ils les écoutent enfin.»

«Résoudre la crise climatique est le défi le plus important et le plus ambitieux que l’Homo sapiens ait eu à affronter. La solution est pourtant si simple que même un enfant pourrait la comprendre.»

«Notre maison brûle. […] Je veux que chaque jour vous ayez peur comme moi. Et je veux que vous agissiez. Je veux que vous agissiez comme si vous étiez en crise. Je veux que vous agissiez comme si notre maison était en feu. Parce qu’elle l’est.»

«Et pourquoi au juste est-ce que je devrais étudier pour un avenir qui pourrait bientôt ne plus exister parce que personne ne fait rien pour le sauver? Quel est l’intérêt de suivre les enseignements du système scolaire quand les plus grands scientifiques issus du même système ne sont pas écoutés par nos politiques et nos sociétés?»

«Tant que vous ne commencez pas à vous concentrer sur ce qui doit être fait plutôt que sur ce qui est politiquement possible, il n’y a aucun espoir.»

«En arrivant dans le port [de New York], je me suis réveillée et j’ai tout à coup senti quelque chose. C’était l’odeur de la pollution.»

«J’ai le syndrôme d’Asperger et cela signifie que suis parfois différente de la norme. Et dans les bonnes circonstances, le fait d’être différente est un superpouvoir.»

«Vous dites que vous aimez vos enfants. Pourtant, vous volez leur avenir sous leurs yeux.»

«Un murmure peut être plus puissant qu’un cri.»