NEWSLETTER DE L’UP PAYS DE SAINT REMACLE STAVELOT-FRANCORCHAMPS – 4 décembre 2024

Notre-Dame de Paris : un symbole… de quoi ?

La réouverture de la cathédrale Notre Dame de Paris cette semaine suscite des flots de commentaires élogieux et cocoricoesques : On est presque à court de superlatifs sur les savoir-faire artisanaux de la France, l’efficacité des pouvoirs publics de la France, la richesse du patrimoine de la France, la grandeur enfin de la France qui peut se targuer d’avoir restauré et sauvé un tel monument historique, témoin d’un passé qui fait encore partie quelque part de l’identité d’une partie des français, des parisiens en particulier.

Ces éloges sont certainement justifiés et légitimes. On ne peut que s’incliner devant l’exploit, et admirer la générosité extraordinaire de la multitude de donateurs, grands et petits, qui a permis cette reconstruction. Admirer aussi le travail exceptionnel des centaines d’ouvriers et d’artisans à côté des architectes et maîtres d’œuvre. C’est une réussite totale. « Le chantier du siècle » a-t-on pu titrer.

Cela étant, on ne semble guère se poser la question de ces milliers d’églises qui dans le vaste paysage français (ou belge) sont, elles, toujours en souffrance et en grand besoin de restauration… mais qui ne voient arriver aucune manne financière. Soit. Notre-Dame de Paris est un symbole, évidemment, un symbole avant tout de puissance, comme d’ailleurs toute cathédrale : puissance des évêques et des princes jadis ; puissance d’un Etat souverain aujourd’hui qui s’est approprié les ors et les hautes voûtes de ce temple pour magnifier sa grandeur. Le président français l’a bien compris, qui n’a été comme jamais à court d’éloges et de remerciements envers toutes les corporations impliquées dans le projet – sous-entendant indirectement que ces applaudissements devraient lui revenir en score de popularité, à lui qui avait promis ce relèvement en cinq ans. (Jésus, lui, l’a fait en trois jours… mais il parlait du Temple de son corps !)

Bien sûr, on ne peut pas réduire Notre-Dame uniquement à un symbole de gloire d’un Etat qui est toujours resté nostalgique de la monarchie jusque dans l’institution présidentielle. Notre-Dame n’est pas Versailles. *

La sidération silencieuse et les larmes des milliers (millions) de spectateurs incrédules lors de l’incendie le lundi 15 avril 2019, à la veille de la semaine sainte, témoignait et témoigne encore d’un attachement surprenant à un symbole religieux, alors que la pratique chez les catholiques, elle, a chuté vertigineusement en ce début de siècle. Il y aurait donc une fibre qui vibrerait encore chez beaucoup de ces contemporains qui ont délaissé leur baptême – ou parfois renié.

L’émotion m’avait saisi moi aussi devant cet effondrement rougeoyant digne d’une apocalypse. J’avais l’impression qu’un monde s’écroulait ; j’y voyais un autre symbole, celui d’une chrétienté et d’une civilisation imprégnée de cet héritage chrétien qui s’en allait, symbole annonciateur d’autres effondrements… je n’étais pas loin d’avoir raison.

Mais la vraie foi chrétienne est faite de morts et de renaissances. Elle s’adapte aux cultures, aux langages, et retrouve à chaque époque d’autres modes d’expression. En outre, le christianisme n’est pas dépendant des bâtiments qu’il occupe, fussent-ils sacrés ! Si c’était le cas, nous ne serions pas loin d’une sorte d’idolâtrie… Au contraire, pour les croyants, le vrai sanctuaire n’est pas un monument historique, mais le corps du Christ que nous formons ; le vrai Temple de l’Esprit de Dieu n’est pas sous les voûtes gothiques, mais dans le corps personnel de chacun. En ce sens, pour les disciples du Christ, les pierres c’est bien, les humains c’est mieux !

« Frères, ne savez-vous pas que vous êtes un sanctuaire de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous ? […] Le sanctuaire de Dieu est saint, et ce sanctuaire, c’est vous. » (1Co 3,16)

Si on reconstruit une cathédrale, si on remet ce temple debout, c’est pour que Dieu habite en nous, car il n’habite pas les pierres… : « Ils me feront un sanctuaire, et j’habiterai en eux » (Ex 25,8)

Étienne, premier martyr, rappelait à ses juges : « Le Très-Haut n’habite pas dans ce qui est fait de main d’homme, comme le dit le prophète : Le ciel est mon trône, et la terre, l’escabeau de mes pieds. Quelle maison me bâtirez-vous, dit le Seigneur, quel sera le lieu de mon repos ? N’est-ce pas ma main qui a fait tout cela ? » (Ac 7,48-50)

Puisse cette inauguration solennelle hyper-médiatisée raviver en nous et en tous les chrétiens le désir de devenir nous-mêmes le vrai sanctuaire de Dieu parmi les hommes !

Abbé Bernard Pönsgen 

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(*) Note : On ne peut s’empêcher de voir à travers cette médiatisation importante lors de l’inauguration de la cathédrale restaurée, une récupération politique autoglorifiante. Le nombre de chefs d’Etat et de têtes couronnées invitées (même un certain Donald Trump qui a déjà annoncé sa venue !), de hauts fonctionnaires de l’Etat français et de présidents d’assemblée qui seront présents, sans parler des robes rouges et violettes des prélats – qui auraient bien voulu entraîner le pape François dans ce piège (heureusement, ses priorités sont ailleurs) : tout cela sent fort la prise de possession de Notre-Dame, non pas par le peuple, mais par une élite orgueilleuse. Ne devrait-elle pas méditer cette apostrophe de Jésus : « Malheur à vous, pharisiens ! parce que vous aimez les premiers sièges dans les synagogues, et les salutations dans les places publiques. Vous bâtissez les tombeaux des prophètes, que vos pères ont tués. Malheur à vous ! parce que vous êtes comme les sépulcres qui ne se voient pas, et sur lesquels on marche sans le savoir. » (Luc 11, 43-44.47).

Connaissez-vous déjà petite Luce ?

Tous les 25 ans, le Vatican ouvre une « année sainte », durant laquelle les fidèles sont invités à renforcer leur foi. Cette tradition, proclamée par le pape Boniface VIII, remonte à l’an 1300 !

Fin octobre, le Vatican a présenté la mascotte officielle pour l’année jubilaire 2025.  « Luce » (Lumière en italien) est une mignonne petite fille au style pop et manga, qui est évidemment parlante dans la culture des jeunes. Ses bottes et son bâton montrent qu’elle est pèlerine. Ce personnage « kawaii » (« mignon » en japonais) créé par Simone Legno, attendrissant et naïf, tranche avec des siècles d’iconographie religieuse plus sérieuse, voire austère !

Dans ce pari audacieux, on devine pour le Saint-Siège une volonté de rajeunir son image et de combler le fossé entre les générations. Et ça a marché ! La petite Luce a immédiatement conquis les réseaux sociaux, devenant en quelques jours une véritable icône de fan art. La pèlerine a envahi Facebook, YouTube, Instagram et TikTok, séduisant à la fois les milieux catholiques et non religieux, au point de faire d’elle une superstar du web, écrit Clément Laloyaux sur Cathobel ; preuves de cette viralité, certaines vidéos TikTok dédiées à Luce comptabilisent aujourd’hui plusieurs millions de vues ! La mascotte Luce fait parler d’elle à travers le monde et, par ricochet, fait la pub du Jubilé à venir.

« Luce est une pèlerine qui porte les éléments typiques du voyageur » indique l’archevêque Mgr Rino Fisichella en charge de l’organisation du Jubilé 2025. « Un k-way jaune pour se protéger des intempéries, des bottes tachées de boue qui témoignent du chemin déjà parcouru, une croix missionnaire autour du cou et le bâton du pèlerin. Particulièrement évocatrice est la représentation des yeux de Luce, qui brillent d’une lumière intense : ils symbolisent l’espérance qui naît dans le cœur de chaque pèlerin. Nous espérons que cette mascotte pourra nous guider, et qu’elle plaira à tous ».

Son bâton de pèlerin, écrit une internaute, pour moi, évoque par sa forme et sa matière la nature et le lien qui nous y relie. Les bottes également font penser à la terre et à la marche sur celle-ci. Et bien sûr la croix en évidence sur sa poitrine. » Pour elle, ce choix de la modernité est un atout : « Les jeunes générations s’y retrouveront, elles qui sont quand même l’avenir de l’Église. Je pense que l’art chrétien considéré comme traditionnel aujourd’hui fut, en son temps, moderne et en phase avec l’époque. »

C’est donc finalement un pari gagné ! – Même si certaines réactions négatives sont venues de milieux conservateurs, regrettant que le look de Luce ne s’inscrivait pas dans la tradition artistique chrétienne et la qualifiant « d’infantilisante ».

Mais le Seigneur n’a-t-il pas proclamé : « Si vous ne devenez pas comme les petits enfants, vous n’entrerez pas dans le Royaume des cieux » (Mt 18,3-4), et « Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, car ce que tu as caché aux sages et aux intelligents, tu l’as révélé aux tout-petits » (Mt 11,25) ?

Et Charles Péguy, le grand poète chrétien, ajoute, en le mettant dans la bouche même de Dieu : « Ce qui m’étonne, dit Dieu, c’est l’Espérance. Et je n’en reviens pas. L’Espérance est une toute petite fille de rien du tout. Qui est venue au monde le jour de Noël de l’année dernière. C’est cette petite fille de rien du tout. Elle seule, portant les autres [la Foi et la Charité], qui traversa les mondes révolus. Sur la route montante, pendue aux bras de ses grandes sœurs qui la tiennent par la main, la petite espérance s’avance. Comme une enfant qui n’aurait pas la force de marcher. Et qu’on traînerait sur cette route malgré elle. Et en réalité c’est elle qui fait marcher les deux autres… »  Charles Péguy, Le porche du Mystère de la deuxième vertu, Nouvelle Revue française, 1916, p 251.

Alors, la petite Luce, vous l’adoptez ? – C’est elle qui nous fera marcher !

BP

N’hésitez pas à donner votre avis par mail en nous envoyant vos commentaires. info@paysdesaintremacle.be

(sources des informations : vatican.va – cathobel.be)

NEWSLETTER DE L’U.P. « PAYS DE SAINT REMACLE » DE STAVELOT-FRANCORCHAMPS – 16.11.2024 https://paysdesaintremacle.wordpress.com/

Le pape François a annoncé un jubilé à Rome en 2025. Cette tradition proclamée par le pape Boniface VIII remonte à 1300. Elle a lieu tous les 25 ans. Le Dicastère pour l’Évangélisation est chargé de l’évènement. 32 à 40 millions de pèlerins sont attendus dans la capitale romaine au cours de cette Année Sainte. (voir proposition de pèlerinage plus bas). Le Jubilé 2025 s’ouvrira officiellement le mardi 24 décembre 2024 à 19 heures, avec la Célébration Eucharistique présidée par le Pape François sur la Place Saint-Pierre. Après la Messe aura lieu le rite d’Ouverture de la Porte Sainte. Elle se clôturera le mardi 6 janvier 2026.

Mais le Jubilé ne se vit pas qu’à Rome, loin de là ! Tous les diocèses et donc tous les catholiques du monde sont invités à le célébrer, et surtout, à vivre un renouvellement spirituel. En effet, pour l’Église catholique, le Jubilé est une période spéciale de grâce, de miséricorde et de renouveau où les croyants sont invités à se tourner vers Dieu pour obtenir le pardon de leurs péchés (notemment en accueillant l’indulgence plénière) et renouveler leur engagement de foi.

Le dernier jubilé en date est celui de l’an 2000. Décrété par le pape Jean-Paul II, il s’est tenu du 24 décembre 1999 au 6 janvier 2001, afin de marquer le passage au nouveau millénaire ainsi que la célébration de l’Incarnation du Fils de Dieu, Jésus-Christ, deux mille ans auparavant. Ce fut un très fort moment de communion mondiale pour les chrétiens autour du renouveau de la foi et de l’appel à une humanité unie, plus que jamais nécessaire.

En plus des jubilés « ordinaires », célébrés tous les 25 ans, peuvent se tenir des jubilés « extraordinaires », en fonction de circonstances exceptionnelles. C’est le cas par exemple de l’année 2015-2016 (« Jubilé de la Miséricorde »), proclamée sainte par le pape François, et célébrant le cinquantenaire de la clôture du concile Vatican II.

Le thème pour ce Jubilé 2025 est « Pèlerins d’Espérance ». Il rejoint celui qui avait été mis en avant lors de la visite du pape François en Belgique en septembre dernier. Le Vicariat du Brabant Wallon s’est déjà mis en route pour approfondir ce thème au cours d’une journée de formation (voir article Cathobel) ; je retiens quelques lignes de l’intervention du théologien Rick Van Lier, coordinateur scientifique à l’Ecclésia Lab. « Ce dernier a éveillé notre regard, écrit Cathobel, sur ce qui germe dans l’Eglise de Belgique : les baptêmes d’adultes par exemple. Il a relevé les postures qui favorisent l’espérance :

  • Tournez votre regard vers ce qui pousse. Cessez de contempler avec nostalgie ce qui disparait;
  • Considérez ce qui est humble. Dieu en fera ce qu’il entend;
  • Réjouissez vous de la diversité. Découragez l’uniformité;
  • Espérez avec lucidité. Cultivez le regard large, long et patient;
  • Osez des choses nouvelles. »

Ne pourrions-nous pas déjà nous en inspirer ? « Laissons-nous inspirer par la comparaison du figuier : dès que ses branches deviennent tendres et que sortent les feuilles, vous savez que l’été est proche. » (Mc 13,28)

Lisez ici la synthèse de son intervention

Voici un bon plan pour visiter Rome et célébrer le jubilé 2025 ⤵️

… Et si vous partiez à Rome pour le grand jubilé 2025 ?Le jubilé a toujours représenté dans la vie de l’Église un évènement d’une grande importance spirituelle, ecclésiale et sociale… (Jubilé 2025 – Iubilaeum 2025: pèlerins de l’espérance Source: www.iubilaeum2025.va)

Une proposition est de le vivre avec un groupe belge en lien avec la radio 1RCF Belgique, guidée par Jean-Luc Moens, logement dans le lieu emblématique de la Trinité des Monts. Pour plus d’informations, programme et inscription, nous vous invitons à consulter le lien suivant : https://trinitadeimonti.net/…/pelerinage-sur-les-pas…/ Informations : 019/51.38.04, marc.fichers@gmail.com

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(lectio divina: mot latin signifiant à peu près « lecture spirituelle ou divine »)

Bientôt, l’Avent… Comme le suggère l’article du Bulletin paroissial de ce mois « Vivre l’Avent comme une attente vivifiante » dans ses pistes pour vivre ce temps spécial dans un climat d’attente, de prière et de joie, ne pourrions-nous pas remettre au coeur de nos journées la méditation de la Parole de Dieu ?

Un moyen simple et facilement accessible est la « lectio divina » qui propose une méditation biblique priante, laquelle peut être vécue seul-e ou en groupe, et constitue une sorte d’itinéraire spirituel pour s’approcher du texte et surtout de Dieu à travers quelques étapes précises. Il ne faut aucune compétence particulière pour vivre cette méditation, simplement être dans une disposition d’accueil de ce que le Seigneur veut nous dire personnellement dans sa Parole.

Vivre cette expérience en petit groupe de 2 à 6 personnes permet, par l’écho que chacun reçoit des autres sur la façon dont résonne en eux la parole choisie, de s’enrichir mutuellement au travers de cette écoute sans jugement ni comparaison : on reste dans l’accueil, pas dans le débat. Chacun.e s’exprime librement, sans obligation. La prière clôture cette rencontre qui ne dure pas plus d’une heure. Un modérateur aide au déroulement des différentes étapes dans un climat fraternel où chacun devient de plus en plus disciple de Celui « qui a les paroles de la vie éternelle » (Jean 6,68).

Quelques personnes m’ont déjà manifesté leur intérêt pour cette démarche ; si vous êtes également curieux-se de vivre au moins une fois cette expérience, contactez-moi. (Aucune date n’a encore été fixée pour une première rencontre ni le lieu, cela dépendra des désirs et possibilités des candidat.e.s.)

Abbé Bernard Pönsgen, bernard.ponsgen@gmail.com – 0493/50.53.18

Je déclare la paix

DECLARATION DE PAIX

Convaincu que tous les humains sont appelés à devenir un jour frères, et que la paix ne peut se construire que dans la justice et l’amour de ceux qui sont différents de moi, je déclare la paix en refusant tout esprit de guerre et de suprémacisme pour moi-même et pour le monde où je vis.

Dans ce but, je m’engage solennellement à respecter les principes suivants : 

Je m’engage à respecter la liberté personnelle de chacun et son intégrité, la liberté d’expression et de conscience, en refusant toute violence verbale ou physique, contrainte, menace ou pression et en privilégiant le dialogue franc et ouvert.

Je m’engage à tout mettre en œuvre pour que chacun ait le droit d’avoir ses propres convictions religieuses ou philosophiques et de les exercer, sans lui imposer mes opinions ou mes croyances mais en cherchant à le connaître pour mieux comprendre son point de vue, même si je ne le partage pas.

Je m’engage à promouvoir l’égalité entre les femmes et les hommes, à respecter la dignité de la personne humaine ; je m’engage à n’adopter aucune attitude sexiste ou raciste et donc, à ne pas faire subir à une personne ou à un groupe des discriminations qui seraient fondées sur le genre, l’orientation sexuelle, le handicap, l’âge, l’origine ethnique ou tout autre préjugé dévalorisant.

Je m’engage à refuser le mensonge, les fausses informations (fake news) destinées à nuire ou à salir la réputation d’autres personnes, et à ne pas les répandre.

Je m’engage à me battre pour que dans le cadre où je vis, familial, sociétal, les droits des plus faibles soient respectés et que la sensibilisation au respect, à la responsabilité, à l’entraide et à la solidarité, soient au cœur de l’éducation.

Je m’engage à ce que dans mes choix de vie et de consommation, il y ait le moins possible de conséquences négatives en termes de justice sociale et économique, en termes de respect de l’environnement et de la biosphère ; je m’engage à être attentif aux conditions de vie des habitants des pays qui font l’objet d’une exploitation au bénéfice direct ou indirect des collectivités dans lesquelles j’évolue.

Je m’engage enfin à promouvoir et défendre en les faisant miennes, les valeurs sur lesquelles s’est construite et continue à se construire l’Europe, en particulier l’élimination de la pauvreté et le respect des Droits de l’Homme, dans un espace de liberté et de démocratie qui unit les peuples et les nations.

Je m’oppose à tout extrémisme démagogique, et je milite pour que ces Droits et ces Valeurs puissent être appliqués dans le monde entier, y compris vis-à-vis des personnes de toute origine qui fuient leur pays à cause des menaces sur leur vie résultant des guerres, des dictatures, des catastrophes climatiques ou de la misère.

Fait à…, le …                                      

NOM, PRÉNOM et SIGNATURE :

« Des décennies durant, le monde a semblé avoir tiré leçon de tant de guerres et d’échecs et s’orienter lentement vers de nouvelles formes d’intégration. […] Mais l’histoire est en train de donner des signes de recul. Des conflits anachroniques considérés comme dépassés s’enflamment, des nationalismes étriqués, exacerbés, pleins de ressentiments et agressifs réapparaissent. Dans plus d’un pays, une idée d’unité du peuple et de la nation, imprégnée de diverses idéologies, crée de nouvelles formes d’égoïsme et de perte du sens social sous le prétexte d’une prétendue défense des intérêts nationaux. Ceci nous rappelle que chaque génération doit faire siens les luttes et les acquis des générations passées et les conduire à des sommets plus hauts encore. C’est là le chemin. Le bien, comme l’amour également, la justice et la solidarité ne s’obtiennent pas une fois pour toutes ; il faut les conquérir chaque jour. Il n’est pas possible de se contenter de ce qui a été réalisé dans le passé et de s’installer pour en jouir comme si cette condition nous conduisait à ignorer que beaucoup de nos frères subissent des situations d’injustice qui nous interpellent tous ».

Pape François, Fratelli tutti, n°10-11 *

« Le monde n’a pas besoin de paroles creuses, mais de témoins convaincus, d’artisans de paix ouverts au dialogue sans exclusions ni manipulations. En effet, on ne peut parvenir vraiment à la paix que lorsqu’il y a un dialogue convaincu d’hommes et de femmes qui cherchent la vérité au-delà des idéologies et des opinions diverses. La paix est un édifice « sans cesse à construire » *, un chemin que nous faisons ensemble, en cherchant toujours le bien commun et en nous engageant à maintenir la parole donnée et à respecter le droit. Dans l’écoute réciproque, la connaissance et l’estime de l’autre peuvent se développer jusqu’à reconnaître, dans l’ennemi, le visage d’un frère. Le processus de paix est donc un engagement qui dure dans le temps. C’est un travail patient de recherche de la vérité et de la justice qui honore la mémoire des victimes et qui ouvre, pas à pas, à une espérance commune plus forte que la vengeance. »

(*) (Lumen Gentium, concile Vatican II)

Pape François, Message pour la journée mondiale de la paix, 1er janvier 2020.

LE RETOUR DE LA FORCE

Ce matin 7 novembre, les premières pages et les titres de la presse traduisaient unanimement un fort sentiment d’inquiétude, voire de désarroi. J’ai relevé quelques-uns de ces titres les plus marquants (in RTBF Actus 7.11.2024) :

« Le revoilà » (De Morgen)

« Le choc Trump, Acte II. » (La Libre)

« Trump prend sa revanche, plus dangereux, plus en colère et plus puissant que jamais. » (De Standaard)

« Plus personne maintenant n’arrêtera Trump. » (Het Laatste Nieuws)

« Et maintenant ? » demandent Le Soir et L’Avenir.

Oui, et maintenant ? Quel avenir pour les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient ? Quel futur pour l’Otan et l’Europe ? Quel lendemain pour la démocratie ? Quel espoir encore pour les femmes, les minorités, les migrants, l’environnement et le climat ?  Le monde entier se pose ces questions après cette victoire. Et bien d’autres tout aussi dérangeantes. Car le phénomène Trump ou ‘’Maga’’ pourrait bien faire tache d’huile chez nous et ailleurs dans le monde.

Car comme l’écrit le commentateur dans Le Monde, « ils [les Américains] ont choisi en toute connaissance de cause. En 2016, les électeurs américains ignoraient à quoi ressemblerait une présidence Trump. Cette fois, non seulement les électeurs américains connaissaient parfaitement le candidat Trump – jusque dans ses comportements les moins glorieux, mais surtout, le candidat est encore plus radical qu’il y a 8 ans. Son électorat SAIT où ce président va les emmener, et il en redemande« .

Kamala Harris dans un discours, déclarait en parlant de toutes ces dérives outrancières, intolérantes, vulgaires, racistes et misogynes : »ce n’est pas ce que nous sommes. Ce n’est pas l’Amérique« . Il s’avère pourtant que malheureusement, c’est exactement ce qu’est aujourd’hui l’Amérique,ou en tout cas une partie majoritaire de ce continent, et celane va probablement pas se limiter aux Etats-Unis. « L’ère Trump ne s’ouvre pas que pour les Etats-Unis, écrit Le Soir. C’est une nouvelle ère politique conquérante qui va s’ouvrir pour le Monde. » « Donald Trump n’est plus l’anomalie, il est désormais la norme. » (De Standaart)

Comme l’écrit l’Avenir – en donnant froid dans le dos, « Aux 4 coins du Vieux Continent, d’autres petits Trump attendent désormais leur heure de gloire« . La montée des extrêmes-droites un peu partout dans le monde semble donner raison à ce sombre pronostic.

Qu’est-ce qui a fait pencher la balance en faveur du populiste Trump et pousser les indécis, les latinos et même les femmes à l’élire ? On pointe les promesses économiques du candidat, sur fond d’inflation qui frappe davantage les revenus les plus bas. Sans doute que ce thème, davantage exploité par Trump que par Harris, a joué dans la compétition. Mais ce qui ressort peut-être davantage, c’est semble-t-il sa façon de paraître et de s’exprimer. Brutale. Viriliste. Sans nuances. Méprisante pour les adversaires (qu’il traite d’ennemis). Il a su chauffer les esprits avec un charisme certain en permettant à des foules entières d’Américains tant de condition modeste qu’issus de la ‘’middle class’’ de se projeter dans ce personnage qui catalyse à la fois leurs aspirations et leurs frustrations. Grâce à lui, ils peuvent proclamer tout haut les pensées auparavant inavouables, en quelque sorte il a libéré la parole en donnant une sorte de ‘caution morale’ à ce qui n’était pas politiquement ni chrétiennement correct. Ainsi que l’écrit le journaliste de l’Echo, c’est le « triomphe des pulsions ». Le discours rationnel est balayé au profit des affects par la démagogie de Donald Trump, orfèvre en la matière.

Hélas pour Kamala Harris, l’Amérique a manqué une deuxième fois son rendez-vous avec l’Histoire en refusant d’élire une femme à sa présidence.

Le plus étonnant peut-être est le soutien très marqué des chrétiens, y compris les catholiques, dévolu au candidat Trump. Les évangélistes l’ont sacré défenseur de la loi anti-avortement (malgré quelques ambigüités de Trump qui n’a voulu s’aliéner aucun camp) ; mieux, ils en ont fait un ‘’messie’’ envoyé de Dieu qui doit rétablir l’ordre conservateur et la morale (sic). Les catholiques voient aussi un lui un défenseur des valeurs dites chrétiennes – le sont-elles vraiment ?

Comme au temps de Jésus, on confond le Royaume de Dieu avec un ordre social et politique, une puissance qui impose une façon de concevoir le monde et une morale à tous les citoyens d’un pays. Derrière cette conception religieuse où la société est soumise aux lois divines (qui est aussi la vision de l’Islam, nota bene), il y a un piège énorme que le Christ a dénoncé maintes fois en rappelant que « son royaume n’est pas de ce monde » : ce piège, ainsi que le souligne Aymeric Christensen, directeur de la rédaction de l’hebdomadaire La Vie, c’est de préférer une loi d’apparence chrétienne à la liberté évangélique ; prétendre instaurer par le haut un ordre social fondé sur des « valeurs » chrétiennes.

Nous savons à quelles dérives cela a conduit dans l’Histoire…

Mais derrière tout cela, derrière ce pari risqué de voter pour une sorte de messie à qui on remet sa conscience personnelle en plus de tous les pouvoirs, est-ce qu’il n’y aurait pas, se demande Christensen, – y compris chez les chrétiens – une fascination malsaine pour la force et le pouvoir ? (…Il n’y a pas que dans les stades!)

« Richer, safer, stronger » (plus riches, plus sécurisés, plus forts) : ce sont les trois mots-clés de la campagne de Donald Trump pour électriser les foules et se les rallier à lui. De la sorte, en délaissant tout ce qui unit et rassemble au-delà des différences, en rejetant la solidarité, il est clair que le débat politique ne peut que jouer toujours davantage sur les instincts, instillant la haine et la polarisation. Comment construire sur ces bases une société où toutes les composantes cohabitent harmonieusement ?

=>Est-ce qu’il ne serait pas temps pour tous les chrétiens (chez nous et partout dans le monde) de choisir non pas le chemin de la force, que le Christ a refusé, mais celui de la solidarité et de la fraternité qui abat les murs et les frontières ?

La seule puissance légitime aux yeux de Dieu, c’est celle de l’amour. Ne l’oublions jamais.

Bernard

NEWSLETTER DE L’U.P. « PAYS DE SAINT REMACLE » STAVELOT-FRANCORCHAMPS DU MOIS DE NOVEMBRE 2024

« Après la pluie » : le film sur les inondations

Rejoignez-nous le jeudi 7 novembre à 20h au Moviemills de Malmedy pour la projection de « Après la pluie », un documentaire poignant sur les inondations survenues dans la vallée de la Vesdre et de l’Ourthe en 2021. Elle sera suivie d’un débat en présence des réalisateurs et de Marc Elsen, psychologue de première ligne.

Invitation : le 11 novembre de 9h à 17h30 : journée annuelle pour les personnes séparées-divorcées : « Séparation, divorce… Et les enfants? » Avec Jean-Michel Longneaux, philosophe à l’UNamur. Inscription auprès de Danielle Schyns – 0472/62.01.84. ou par email : wavreumont11.11@gmail.com

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Du 7 au 17 novembre 2024, les Belges ont rendez-vous avec la solidarité internationale. Comme chaque année, durant ces 11 jours, des milliers de volontaires se mobilisent pour collecter des fonds visant à financer des projets concrets de développement portés par des ONG belges et leurs partenaires du Sud : entre autres dans l’est du Congo et à Haïti, ainsi qu’en Afrique centrale.

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(mot latin signifiant à peu près « lecture spirituelle ou divine »

Bientôt, l’Avent… Comme le suggère l’article du Bulletin paroissial de ce mois « Vivre l’Avent comme une attente vivifiante » dans ses pistes pour vivre ce temps spécial dans un climat d’attente, de prière et de joie, ne pourrions-nous pas remettre au coeur de nos journées la méditation de la Parole de Dieu ?

Un moyen simple et facilement accessible est la « lectio divina » qui propose une méditation biblique priante, laquelle peut être vécue seul-e ou en groupe, et constitue une sorte d’itinéraire spirituel pour s’approcher du texte et surtout de Dieu à travers quelques étapes précises. Il ne faut aucune compétence particulière pour vivre cette méditation, simplement être dans une disposition d’accueil de ce que le Seigneur veut nous dire personnellement dans sa Parole.

Vivre cette expérience en petit groupe de 2 à 6 personnes permet, par l’écho que chacun reçoit des autres sur la façon dont résonne en eux la parole choisie, de s’enrichir mutuellement au travers de cette écoute sans jugement ni comparaison : on reste dans l’accueil, pas dans le débat. Chacun.e s’exprime librement, sans obligation. La prière clôture cette rencontre qui ne dure pas plus d’une heure. Un modérateur aide au déroulement des différentes étapes dans un climat fraternel où chacun devient de plus en plus disciple de Celui « qui a les paroles de la vie éternelle » (Jean 6,68).

Quelques personnes m’ont déjà manifesté leur intérêt pour cette démarche ; si vous êtes également curieux-se de vivre au moins une fois cette expérience, contactez-moi. (Aucune date n’a encore été fixée pour une première rencontre ni le lieu, cela dépendra des désirs et possibilités des candidat.e.s.)

Abbé Bernard Pönsgen, bernard.ponsgen@gmail.com – 0493/50.53.18