L’ingénieur et la brosse à dents (ou: pourquoi parler du climat?) – Le Ploumtion n°14

Connaissez-vous Jean-Marc Jancovici ? C’est un ingénieur, enseignant et conférencier français, spécialisé dans les questions d’énergie et de climat. Créateur du bilan carbone, qu’il a développé pour l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, et cofondateur de « The Shift Project », un laboratoire d’idées qui s’est donné pour objectif l’atténuation du changement climatique et la réduction de la dépendance de l’économie aux énergies fossiles. Je suis tombé un jour sur une de ses conférences donnée à un auditoire de futurs consultants d’entreprises de high tech et d’énergie (KEDJE) qui m’a absolument convaincu du point de vue scientifique en démontrant par A + B que le système économique actuel de croissance continue, lequel est de plus en plus gourmand en énergies de tous types, va droit dans le mur et la société avec, si on ne le freine pas résolument. Je tâcherai d’en faire un jour le résumé.

Jean-Marc Jancovici est passé récemment (le 10 juillet) sur le plateau de « C dans l’air » sur France 5, un peu après le début d’été caniculaire que nous avons connu. Juin 2025 restera comme un mois de tous les extrêmes : températures records, Méditerranée en surchauffe, incendies énormes au Portugal, en Espagne, en Grèce, au Canada, USA, et même en France (Marseille) et en Allemagne… Parallèlement, d’autres régions étaient touchées au même moment par des inondations meurtrières.

Alors que durant cet épisode calamiteux la plupart des médias s’étendaient complaisamment sur les conséquences de la canicule et les désagréments qu’elle entraînait pour les citoyens-consommateurs, quelques voix (quand même) s’élevaient pour dénoncer les causes du réchauffement climatique et de son accélération irrépressible. On n’a dû guère les écouter, car rien n’a changé dans la pratique et on cherche toujours à augmenter la capacité de production de nos industries européennes en saturant le marché de produits énergivores dans leur conception comme dans leur utilisation. Et maintenant que les températures sont revenues à des niveaux plus normaux, le silence s’est à nouveau installé sur cette problématique du climat, remplacée par la question cruciale des droits de douane imposés par Trump à l’exportation vers les USA (si au moins cela pouvait réduire la pollution et la consommation d’énergie liée au transport intercontinental…) et par divers thèmes comme la nécessité du réarmement, les débats sur la réduction de la dette publique et bien d’autres dossiers « chauds ».

Bref, comme d’habitude, la question du climat est reléguée au second plan, quand elle n’est pas purement ignorée comme le fait la Commission Européenne qui, à l’instar de plusieurs gouvernements, a renvoyé dans un futur incertain les projets de lois visant à réduire la production de CO² pour atteindre les normes fixées par la COP de Paris – on sait d’ores et déjà que le plafond du 1,5° d’augmentation de la température globale est maintenant dépassé et qu’on ne pourra plus revenir en arrière. En France, la récente loi Duplomb, qui réintroduit un insecticide pourtant interdit depuis 2018, soulève des questions sur la cohérence des choix écologiques des gouvernements successifs. Les investissement liés au climat sont en diminution. On a l’impression d’un véritable retour en arrière sur toutes les questions écologiques un peu partout dans le monde, appuyé par un discours qui table sur la perpétuation d’un mode de vie et de consommation qui ne tienne aucun compte des limites que sont celle de la nature, et visant l’accroissement indéfini des richesses liées à son exploitation. Face à la concurrence commerciale de plus en plus tendue, le discours scientifique qui appelle à la modération et au ralentissement est ignoré, et l’on argue généralement chez les responsables politiques que « ce n’est pas le moment ».     

Interrogé sur ces questions, Jean-Marc Jancovici a des réponses claires. Pour lui, on dira toujours que « ce n’est pas le moment ». En fait, ce n’est et ne sera jamais le bon moment, parce que tout le système économique est construit sur la croissance continue. Mais pourra-t-il durer longtemps ?

Comme dit Jancovici, avec l’évolution en cours, il faut bien se rendre compte que le record des températures de juin 2025 (qui est le plus élevé jamais enregistré dans l’Europe de l’ouest) ne va pas durer longtemps, il sera battu par un autre record qui lui-même sera battu par un autre et ainsi de suite. Parce que le réchauffement climatique, comme son nom l’indique, est un réchauffement, un processus, et donc cela veut dire que les températures vont continuer de monter. En fait, il faut bien comprendre que le CO² qui est le principal gaz à effet de serre qu’on émet dans l’atmosphère est une espèce qui est chimiquement stable une fois dans l’air. Il ne se dissout pas. Un jour, dit-il, on se prendra 50° en France, comme ça a été le cas à Hilton au Canada (Colombie britannique) qui est à la même latitude que Lille. Malheureusement, les records de cette année sont faits pour être battus. Les scientifiques décrivent comment les choses vont se passer : il y aura moins d’eau disponible, les forêts vont souffrir – c’est déjà le cas, l’agriculture va souffrir et on le voit déjà. C’est l’évolution en cours ; ce qui reste juste possible aujourd’hui, c’est de la tempérer cette évolution c’est-à-dire de faire en sorte qu’elle soit le moins rapide possible et la plus limitée possible, mais il n’y aura pas de retour en arrière ! La Méditerranée qui est passée elle aussi en mode de surchauffe avec 26° température de l’eau le 29 juin, cela a des conséquences pour les espèces qui y vivent et d’autre part cela renforce le potentiel de phénomènes extrêmes parce que quand la mer est très chaude elle peut envoyer beaucoup de vapeur dans l’air et quand cette vapeur d’eau en grande quantité arrive sur les côtes cela peut faire des épisodes pluvieux très intenses et des « Médi-canes » (hurricanes ou ouragans méditerranéens). Tout cela est en train de se dérouler sous nos yeux.

Le discours qui prône une « croissance verte » supportable pour le climat est, selon Jancovici, une chimère. Il explique : « La croissance, c’est l’augmentation de la production de tout ce qu’on a – les biens, les services, les vêtements, les tables, les chaises, les voitures, les autoroutes et les brosses à dents. Pour faire tout cela à partir des ressources naturelles, il faut transformer, et la transformation dans le monde physique elle a une unité de compte, c’est l’énergie. L’énergie, en physique, c’est ce qui compte la transformation. Donc plus vous avez une production économique importante, plus vous allez transformer, plus vous avez utilisé de l’énergie. Plus vous avez utilisé de l’énergie, plus vous avez les inconvénients de cette utilisation de l’énergie. Vous en avez les avantages : vous avez beaucoup de brosses à dents, beaucoup de voitures et beaucoup de machines à laver ; mais vous avez aussi les inconvénients qui s’appellent la pollution, le réchauffement climatique, etc. Et imaginer qu’on va pouvoir produire de plus en plus – c’est-à-dire la croissance, en ayant en même temps de moins en moins d’inconvénients liés à cette production, c’est juste physiquement impossible. Donc il faut ralentir le rythme ! »

« Et la mauvaise nouvelle, continue-t-il, c’est que le rythme, soit on le ralentit nous-mêmes, soit il se ralentira tout seul ; c’est-à-dire qu’à un certain moment, les facteurs limitants de l’environnement vont devenir tellement importants qu’ils vont impacter la production. De ces facteurs limitants de l’environnement, il y a deux grandes catégories : il y a les placards qui se vident et il y a les poubelles qui débordent. Le réchauffement climatique et la pollution, c’est la poubelle qui déborde, il y a trop de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, mais on a aussi des problèmes de placards qui se vident : plus assez de poissons dans la mer, plus assez de forêts parce qu’elles meurent ou sont surexploitées, ce sont des placards qui se vident ; plus assez de ressources métalliques parce que les mines s’épuisent, ça aussi c’est un problème de placards qui se vident… [En fait, on fait toujours comme si les ressources naturelles étaient illimitées, ce n’est pas le cas, on arrive à une limite de tension.] D’une manière générale, l’activité économique vide les placards et remplit les poubelles. Aujourd’hui c’est comme cela que ça se passe. On comprend bien dès lors qu’une activité économique indéfiniment croissante, ça ne passera pas, c’est physiquement impossible. Donc, soit on le modère nous-mêmes, soit à un moment il y aura quelque chose qui s’en chargera pour nous, et à ce moment ce sera beaucoup plus désagréable et en fait, ce « quelque chose qui s’en chargera pour nous » chez nous en Europe, ça a déjà partiellement commencé… »

Jancovici semble faire allusion ici aux catastrophes naturelles, aux pénuries (d’eau, d’énergie et de certaines ressources) mais cela pourrait aussi évoquer les troubles sociaux qui en découleront, avec un chaos économique et financier qui entraînerait de larges pans de population dans une crise inédite et des secousses politiques et sociales mettant à bas tout le système… Le phénomène des « gilets jaunes » pourrait n’être qu’un avertissement. Et le choc migratoire que s’apprête à vivre l’ensemble du continent européen, conséquence lui aussi du réchauffement climatique, ne pourra pas être arrêté par de simples fermetures de frontières. De fait, on a trop considéré les pays du sud comme des placards à piller et des poubelles à remplir de nos déchets : ça aussi ce sera bientôt fini. Selon notre conférencier, la transition va se faire malheureusement dans un contexte chaotique. On agira trop tard, quand les problèmes auront déjà commencé, et à ce moment-là, certains risquent de prendre la plus mauvaise décision en disant: puisqu’on a de toute façon déjà des problèmes, on n’agit plus. Et les problèmes vont encore s’amplifier.

La réflexion de Jancovici est intéressante, parce qu’elle va à l’encontre de tous ceux qui disent : « Non, ne vous inquiétez pas, on va pouvoir continuer de vivre comme avant grâce au progrès, grâce à une nouvelle manière de produire qui serait compatible avec la contrainte climatique… »  « En fait, tout ça ce sont des slogans, poursuit l’ingénieur, parce que si vous demandez à ces gens de compter – car tout ça, ça se compte : les nuisances ça se compte, les émissions de gaz à effet de serre ça se compte, la pollution ça se compte en tonnes de substances toxiques qu’on répand dans l’environnement, etc., leurs prétentions ne servent à rien. Produire, transformer avec zéro énergie ça n’existe pas. La preuve qu’on est capable de produire plus avec moins de nuisances qui se comptent, personne ne l’a fait ! Mais, ajoute-t-il, il faut donner de l’espoir, montrer comment conjuguer l’espoir d’un lendemain vivable et la décarbonation. »

Une bonne partie de la contestation aujourd’hui contre les mesures qui sont favorables au climat, en fait, elles proviennent de gens qui disent : « moi, je ne vois pas quelle est ma place dans cette histoire : je ne vois pas quel métier propre je peux faire, je ne vois pas comment je vais pouvoir m’acheter une voiture électrique ou une isolation de logement, comment je vais manger bio parce que je n’ai pas les moyens… bref, je ne vois pas ma place dans ce combat-là. » En fait, à partir du moment où on ne voit pas sa place on ne va pas s’occuper du problème : pourquoi moi je devrais faire des efforts et pas les autres ? C’est très humain comme réaction.

Donc, il faut conscientiser, et inviter le plus de monde possible au débat public. Plus on en parlera, plus on trouvera des solutions ensemble. Si on est tout seul c’est déjà fichu, le système vous a englouti. Cela ne sert à rien d’attendre que les politiques se mouillent (ils ont trop à perdre en mécontentant les électeurs), il faut que cela parte de la base. Et aussi, de l’enseignement, du journalisme… Avec mes petits moyens, j’essaie moi aussi de sensibiliser aux enjeux que j’estime vitaux pour l’humanité.Je partage largement les convictions et le combat de Jean-Marc Jancovici et je vous invite à les approfondir sur son site : https://jancovici.com/

Je n’aime pas traiter quelqu’un de « prophète » car ce vocable traîne une connotation d’ « illuminé » qui n’est certes pas attribuable à Jancovici ; il serait pour moi davantage un guetteur, une sentinelle pour un monde hélas de plus en plus en roue libre… pourvu que son cri ne tombe pas dans le désert !

Et, au fond, pourquoi aurais-je besoin de cinq brosses à dents ?

Le Ploumtion

Les lunettes de l’espérance face au désordre du monde (Le Ploumtion n°13)

Je lis dans « La Croix » cette chronique de Frédéric Boyer (in: « l’Hebdo » du jeudi 3 juillet) :

« Jamais peut-être, dans ma vie, je n’ai eu autant de difficultés à discerner la voie juste ou les choix raisonnables à opposer au désordre du monde. Des foules innombrables désorientées, en fuite, tracent des chemins désespérés vers un ailleurs que nous refusons d’ouvrir ou d’envisager. Les mafias se démultiplient. L’ultra violence quotidienne nous stupéfie et nous désarme littéralement. Les guerres obscurcissent notre vision commune, nous plongent dans une confusion éthique bouleversant nos valeurs. Les empires contemporains font ressurgir les deux Bêtes de l’Apocalypse, hybrides, violentes, livrées à la pornographie, au sang versé et au profit immonde (Apocalypse 13). Les catastrophes, qui s’abattent sur notre terre et nous menacent, nous éloignent de toute mesure humaine. Or s’il y a bien une leçon à tirer d’une relecture aujourd’hui de ce livre biblique mystérieux, l’Apocalypse, c’est que nous devons faire l’effort d’affronter les yeux ouverts le désastre qui nous désoriente. »

La description faite par Frédéric Boyer de l’état désordonné du monde me paraît assez lucide même si le ton employé et l’accumulation de ces constatations peuvent nous effrayer, voire nous tétaniser. On pourrait en effet qualifier ce désordre d’ « apocalyptique » – ce que certains ne manquent pas de faire, sur les réseaux sociaux par exemple.

Je ne suis pas étonné d’entendre autour de moi des personnes (chrétiennes et pas du tout superficielles) m’avouer qu’elles n’écoutent plus les informations à la télévision ni dans les journaux ou les autres médias. Reconnaissons que depuis quelques temps, elles n’ont rien de très folichon ! Et plus ça va, plus ça semble empirer… D’autre part, une étude de l’Institut Reuters évoquée sur « Matin Première » à la RTBF montre un net ralentissement de l’intérêt du public pour l’information : 40% des personnes interrogées disent ne pas s’intéresser aux informations. C’est énorme ! Cela peut s’expliquer en partie par le contexte inflatoire que nous connaissons de bombardement continu d’infos en tout genre, où l’on se sent assailli et noyé de flashes qui se succèdent à une vitesse incroyable. On n’a pas le temps de trier, de digérer, et rarement on nous donne les outils pour analyser l’info afin qu’elle soit constructive de sens et mise en relativité par rapport au contexte général – bref, trop d’infos tue l’info.

Un autre phénomène joue sans doute pour expliquer ce désintérêt : Les gens sont aujourd’hui en majorité de plus en plus occupés, overbookés, surchargés d’activités. Ils n’ont plus ou ne prennent plus le temps de s’informer. Si à cela on rajoute les réseaux sociaux où on est de plus en plus sollicité (le nombre d’heures passées à répondre à ses correspondants a explosé ces dernières années), on comprend que le temps n’est pas étirable à l’infini. L’information chrétienne essaye elle aussi de se frayer un chemin comme elle peut dans ce fouillis communicationnel… pas évident !

N’empêche que cette désaffection pour l’information en général est interpellante. Quelque part cela pourrait relever du syndrome de l’autruche : « Qu’est-ce qu’on peut y faire ? Ça va mal, je le sais bien, mais je préfère ne pas le voir. » Le sentiment d’impuissance voire de frustration devant la complexité du monde et son désordre sur lequel les autorités elles-mêmes n’ont apparemment pas de prise, cela inciterait potentiellement certains à laisser tomber les bras et à se détourner de l’information.

À terme, cette attitude risque de miner ce trésor précieux qui est pour nous un moteur de vie : l’espérance.

Il nous faut donc réagir. Non pas en détournant les yeux et en fermant ses oreilles sur ce spectacle affligeant du désordre mondial, mais en regardant « bien en face » ce monde tel qu’il est, comme dit Frédéric Boyer. Et pour cela il faut continuer de s’informer. Mais en pratiquant le discernement : bien choisir ses sources d’information, les varier, les confronter, et analyser les infos en les passant au tamis que Dieu nous a donné : la raison éclairée par la Révélation chrétienne. Le plan d’amour de Dieu sur l’humanité, dans lequel Dieu est impliqué totalement et définitivement ce dont témoigne l’Incarnation de son Fils Jésus Christ. Le monde n’est PAS abandonné à lui-même, comme une boule en folie. Mais, ainsi que l’écrit l’apôtre Paul dans ce passage magnifique de la lettre aux Romains, il est dans les douleurs d’un enfantement qui dure encore.

Rm 8,18-23 : « J’estime, en effet, qu’il n’y a pas de commune mesure entre les souffrances du temps présent et la gloire qui va être révélée pour nous. En effet, la création attend avec impatience la révélation des fils de Dieu. Car la création a été soumise au pouvoir du néant, non pas de son plein gré, mais à cause de celui (le Mal, satan) qui l’a livrée à ce pouvoir. Pourtant, elle a gardé l’espérance d’être, elle aussi, libérée de l’esclavage de la dégradation, pour connaître la liberté de la gloire donnée aux enfants de Dieu. Nous le savons bien, la création tout entière gémit, elle passe par les douleurs d’un enfantement qui dure encore. Et elle n’est pas seule : Nous aussi, en nous-mêmes, nous gémissons ; nous avons commencé à recevoir l’Esprit Saint, mais nous attendons notre adoption et la rédemption de notre corps. »

Le renouveau est en route, le monde nouveau est déjà là : le Royaume d’amour et de justice est dans le cœur de tous ceux qui ont reçu la Parole de salut, l’évangile de Jésus Christ et qui y ont cru. À travers eux, l’Esprit Saint a commencé de transformer le monde, mais c’est une œuvre qui dure tant que le combat contre le Mal ne sera pas terminé. Chacun doit y contribuer, avec l’aide du Seigneur. Et pour ce faire, nous avons reçu ce don infiniment précieux qui ne nous fera jamais défaut et qui ne déçoit pas si nous la gardons jusqu’à la fin : l’ESPERANCE !

Rm 8,24-26a « Car nous avons été sauvés, mais c’est en espérance ; voir ce qu’on espère, ce n’est plus espérer : ce que l’on voit, comment peut-on l’espérer encore ? Mais nous, qui espérons ce que nous ne voyons pas, nous l’attendons avec persévérance. Bien plus, l’Esprit Saint vient au secours de notre faiblesse… »

Un peu avant dans sa lettre, Paul expliquait : Rm 5,5 : « …et l’espérance ne déçoit pas, puisque l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné. »

Il est donc urgent, face au désordre de ce monde, d’aller chercher les lunettes de l’espérance et de se les mettre devant les yeux chaque fois que nous consultons les infos. Il faut chercher les signes d’espérance au travers de l’info, et s’entraîner à les voir car ils existent ! Ils se manifestent chez les chrétiens mais aussi chez les non-chrétiens qui ont le sens de l’humain et de la fraternité. Il est clair que les événements mondiaux actuels tels que les conflits, les changements climatiques et les inégalités témoignent d’un désordre inquiétant. Cependant, n’oublions pas que le désordre peut aussi être une source de créativité et de changement, de transformation vers un état meilleur. C’est le sens même du mot « crise » en grec (κρίση).

Et aussi, n’oublions pas encore que la « petite fille espérance » ne marchera pas sans nous, sans notre agir de disciple de Celui qui a dit : « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. » (Mt 28,20)

Le Ploumtion

Puis-je vous recommander chaleureusement ce livre extrêmement intéressant et nourrissant de Sœur Marie-Emmanuel van den Broek, des Sœurs apostoliques de Saint-Jean : « Osons l’Espérance » (Salvator, 2025).

Nos églises sont sauvées ! (une réflexion du Ploumtion – n°12)

« L’été s’ra chaud dans les t-shirts, dans les maillots… » (Stone et Charden)

Avons-nous encore droit à une information responsable et honnête de la part des chaînes télévisées, qu’elles soient publiques ou privées ?

On pourrait en douter, tant les commentaires sur la canicule de juin sont majoritairement restés dans le superficiel voire l’anecdotique. Tout au plus proposait-on des moyens pour se rafraîchir, éviter de se déshydrater et éviter les dangers liés à la baignade… sans doute pas inutiles, mais quels sont ceux qui s’interrogent vraiment sur les causes de ces phénomènes et les moyens de les prévenir ?   

« Il fait beau, c’est l’été, il faut arrêter de se plaindre », lançait un chroniqueur, le 30 juin, sur le plateau climatisé de sa chaîne BFMTV (Emmanuel de Villiers). Ce lundi-là, la France mais aussi une large partie de l’Europe passait sa nuit puis sa journée les plus chaudes jamais enregistrées pour un mois de juin. Et les départs en vacances (bien mérités, souligne-t-on avec jubilation) remplissant les avions et les autoroutes de millions de voyageurs au même moment, sont pour de nombreux présentateurs de journal TV l’occasion de déployer une fois de plus dans ces reportages estivaux les bienfaits d’une civilisation des loisirs qui ne s’encombre pas vraiment de ces « détails ».

Je suis outré par une sorte de négationnisme de fait de la part de ceux qui, plus que d’autres vu leur mission d’informer, devraient au contraire mettre en garde et faire réfléchir la population, négationnisme peut-être inspiré des discours anti-écologistes et lénifiants de la mouvance MAGA trumpiste. Pour un autre présentateur sévissant sur CNews, Pascal Praud,  la canicule n’était pas un fait grave puisqu’elle ne durait que quelques jours (dixit le 1er juillet). La journaliste sur le même plateau a bien tenté de lui expliquer que la fréquence des canicules allait augmenter selon les prévisions des scientifiques : Le présentateur, irrité, s’est contenté de répondre qu’il n’aimait pas prévoir. Sic.

Or les rapports du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (Giec) sont effectivement clairs : l’accroissement des vagues de chaleur est scientifiquement validé dans presque toutes les régions du globe. Certaines régions commencent déjà à devenir – ou sont de plus en plus inhabitables. Mais encouragés par les lobbys pétroliers, et dans la crainte de résultats négatifs dans les urnes par des électeurs frustrés et mécontents, personne dans les sphères politiques ne se décide vraiment à mettre le doigt là où ça fait mal. Et les médias leur emboîtent le pas joyeusement, en présentant désormais incendies et inondations comme de simples faits divers, vite chassés par d’autres.

J’ai été scié par une information qui est passée récemment, selon laquelle des simulations ont été réalisées pour tenter de voir comment on allait s’adapter à des températures dépassant 50° en ville. On rêve ? Hélas non. Je ne nie pas qu’il va certainement falloir inventer des stratégies pour s’adaper à des températures élevées, mais le ton de cette information suggérait qu’en fait, il s’agit d’une défaite acceptée. Plutôt que de lutter contre les causes et de prendre des mesures fortes (impopulaires à court terme), on mise tout sur « l’adaptation », avec une sorte de fuite en avant. Car en effet, n’oublions pas : comment les tranches les plus fragiles de la population, en âge, en santé ou socialement, vont-elles pouvoir s’adapter ? Ou peut-être ne s’intéresse-t-on qu’à ceux qui auront les moyens de s’offrir un logement et des moyens de transport climatisés. J’ai lu dernièrement un témoignage d’un jeune vivant dans un deux pièces de 20 m² qui a dû fuir son cagibi surchauffé à 40° et qui était aussi son lieu de travail pour se réfugier en partie chez ses parents, en partie chez une copine. Aucun travail cognitif n’était possible dans ces conditions, disait-il. De combien de personne cela devra-t-il être le lot à l’avenir, tandis que d’autres se dorent la pilule dans des bars climatisés à Acapulco ou ailleurs ?

Il est certain, rappellent les scientifiques, que tout ce qu’on fera pour empêcher (limiter) la hausse des températures et le dérèglement climatique, coûtera de toute façon moins cher que tous les investissements destinés à s’adapter à des chaleurs extrêmes et des dégâts extrêmes du fait des tempêtes, incendies meurtriers et autres joyeusetés que les assurances commencent déjà à ne plus vouloir couvrir à l’avenir (elles, elles ont déjà compris).

L’écologie est maintenant mise en accusation dans plusieurs courants médiatiques – mais aussi et surtout, singulièrement, dans les milieux d’extrême-droite. On taxe les militants d’escrologistes, d’écolo-terroristes, etc. Le but est clairement de les discréditer-décrédibiliser dans l’opinion publique.  Titre d’un débat sur BFMTV : « Canicule : l’écologie, ça commence à bien faire ? ». Cette phrase, prononcée à l’origine par Sarkozy en 2011 à un Salon de l’Agriculture, est appliquée à toutes les sauces. Elle crée et diffuse l’idée d’une écologie tristoune et castratrice, anti-croissance et moralisatrice. Bref, des empêcheurs de faire du fric et de s’amuser en rond.

Selon une bénévole à l’association française Quota Climat, « l’objectif de ces médias de droite est de rendre ridicule une écologie qui porte une vision de la société incompatible avec leur ligne éditoriale et avec les milliardaires propriétaires de ces médias ». Le public, rassuré et surtout ravi de ne pas être pris à partie et rendu responsable, les suit volontiers.

Sachons choisir nos sources d’information, les diversifier et surtout repérer les manipulations plus ou moins cachées. En tout cas, je me dis de plus en plus qu’on a trouvé un avenir pour nos églises menacées de désaffectation et de fermeture par manque de pratiquants : elles feront bientôt sans doute partie des refuges anti-canicule au même titre que les musées ou les grands magasins… Ouf, les voilà sauvées !

Le Ploumtion

NEWSLETTER DE L’U.P. « PAYS DE SAINT REMACLE » STAVELOT-FRANCORCHAMPS – bulletin et invitations d’été

Pour le découvrir, cliquez sur l’image ci-dessus ou sur : https://paysdesaintremacle.wordpress.com/bulletin-paroissial/

Vous voulez connaître le programme du  »Festival d’Orgue de Stavelot » de cette saison 2025 ?

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PELERINAGE DU DIOCESE DE LIEGE à LOURDES DU 16 AU 22 AOÛT « Avec Marie, pèlerin d’espérance »

Renseignements sur le site www.liegealourdes.org ; consultez la brochure en cliquant sur ce lien : « LOURDES 2025«  (tous les détails)

Bulletin d’inscription à télécharger : clic ICI !

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GAZA : UN SILENCE MORTEL (Le Ploumtion n°11)

Vous le savez, je suis très sensible à ce qui se passe actuellement à Gaza et qui ressemble de plus en plus à un génocide, et à la situation des populations palestiniennes en Cisjordanie occupée qui sont confrontées à une colonisation intense par des israéliens qui les dépossèdent de leurs terres et de leurs biens, le plus souvent avec violence. Cela se passe dans un silence général, complice et criminel, de la plupart des pays occidentaux, en particulier les Etats-Unis d’Amérique.

Je me suis interrogé bien sûr sur la raison de ce silence. N’importe quelle autre nation agissant de la sorte aurait déjà été dénoncée et sanctionnée par les Nations-Unies et le droit international. Or il n’est même pas question d’un boycott ni même simplement de reproches ! Bien sûr, le massacre horrible du 7 octobre 2024 qui a fait plus d’un millier de morts et 200 otages du côté israélien justifiait une riposte défensive. Mais comment peut-on comprendre et surtout accepter les crimes de guerre perpétrés par Tsahal l’armée israélienne et ses chefs à l’encontre de la population civile de Gaza qui a payé 50 fois plus les morts du 7 octobre ? (au moins 55.000 victimes côté palestinien selon les estimations). Il est certain que le Hamas est une organisation criminelle terroriste qui devait être détruite pour la rendre inoffensive, mais cela justifiait-il les bombardements à très haute échelle qui ont écrasé la population civile, même accusée de cacher les terroristes armés ? Et la pratique du blocus pour empêcher toute aide humanitaire afin d’affamer cette même population, une pratique barbare qui ne devrait plus exister à notre époque… Les enfants sont les premières victimes de ces actions indiscriminées et inacceptables.  

Si le premier ministre Netanyahou est effectivement accusé devant la Cour pénale internationale pour crimes de guerre, cela n’empêche pas certains pays occidentaux de lui ouvrir toutes grandes les portes s’il lui prend l’envie de leur rendre visite. D’autres même, comme le président des Etats-Unis Donald Trump, dénoncent cette accusation et martèlent que l’on doit abandonner toutes poursuites à l’encontre de « Bibi » (Benjamin Netanyahou).

Cette indulgence m’interroge elle aussi : De la part de Trump, premier président américain dans l’histoire à avoir reçu une condamnation (dans l’affaire de l’actrice porno), cela ne m’étonne guère ; mais de la part de chefs de gouvernement comme le président français Macron ou d’autres encore, cela me choque profondément.

D’où ma question : pourquoi ce silence ? Est-ce que la Shoah et la culpabilité des nations qui l’ont laissée s’accomplir donnerait un blanc-seing total et absolu à Israël pour appliquer sans scrupules aucun la loi du talion exposant 10 ? Pourquoi Israël bénéficierait-il d’une exemption au droit humanitaire le plus fondamental ?

Ces questions tournent depuis longtemps dans ma tête, suscitant en moi révolte et tristesse, car j’aime autant la nation israélienne que la palestinienne. Ce pays et ces gens, que j’ai eu la chance de visiter il y a bien des années, le pays où Jésus est né, a vécu et souffert, me sont chers. Je partage nombre de valeurs que les religions juives et musulmanes ont en commun avec le christianisme. Je suis effondré par le drame qui s’y joue en ce moment, et l’injustice inacceptable qui crie vers Dieu.

Comment comprendre cette tragédie et le silence qui l’entoure ? Les causes historiques ont certainement leur part. Mais je n’ai vraiment compris leur gravité et l’origine biblique de cette haine fratricide que lorsque je suis tombé par hasard sur cette vidéo du frère dominicain Paul-Adrien d’Hardemare, « Les chariots de Gédéon » (nom de l’opération militaire israélienne à Gaza) qui démonte les croyances responsables du sectarisme sioniste chrétien chez les protestants évangélistes américains, lesquels ont contaminé le monde entier de leurs théories. Je vous invite à visionner également cette courte vidéo très éclairante pour comprendre le silence qui entoure les méfaits commis par le « peuple élu ».

Le Ploumtion

NEWSLETTER DE L’U.P. « PAYS DE SAINT REMACLE » DE STAVELOT-FRANCORCHAMPS : CORRECTIF