« Les Belges n’ont plus la frite », réaction du Ploumtion suite à l’incendie des fagnes

NEWSLETTER DE L’UNITE PASTORALE « PAYS DE SAINT REMACLE » DE STAVELOT-FRANCORCHAMPS – 15 août 2026

Prière à Notre-Dame de l’Assomption

Marie, Notre-Dame de l’Assomption,
Toi qui as été élevée dans la gloire du Ciel,
Regarde avec tendresse notre terre et notre humanité aujourd’hui.

Dans un monde trop souvent assombri par les conflits,
Les crises et les incertitudes du lendemain,
Deviens pour nous le phare qui ranime notre espérance.

Apprends-nous à chanter le Magnificat à notre tour.
Donne-nous le courage de refuser le cynisme et la peur,
Et la force de poser des gestes de justice et de paix.

Toi dont le corps glorieux nous rappelle notre dignité,
Aide-nous à prendre soin des plus fragiles d’entre nous
Et à respecter la Création qui nous est confiée.

Notre-Dame de l’Assomption, marche avec nous.
Garde nos pieds solidement ancrés sur cette terre pour y servir nos frères,
Et nos cœurs grand ouverts vers le Ciel, où tu nous attends.

Amen.

EDITO : LES BELGES N’ONT PLUS LA FRITE !

…Alors c’était vrai !!

C’était finalement vrai, tout ce qu’on nous racontait depuis vingt ans : que le temps, le climat allait changer ; qu’on allait avoir les températures de la Méditerranée en mer du Nord ; que l’on ne saurait plus ou se mettre en été si on n’avait pas une climatisation et que les canicules allaient devenir quelque chose de tout à fait normal ; qu’en hiver on ne pourra plus faire du ski sur nos pentes mais qu’on devra supporter des déluges et des inondations…

On nous avait bien prédit tout ça ! Et bien d’autres choses aussi… comme ce qui est en train d’arriver un peu partout: les incendies de forêt gigantesques, les glaciers et la banquise qui fondent à une telle allure qu’il n’y aura bientôt plus assez de glace pour mettre dans son verre, les espèces animales qui disparaissent et d’autres qui se multiplient (les tiques, les moustiques-tigres et autres charmantes bébêtes)…  Les professionnels du bâtiment sont inquiets car avec les sécheresses intenses qu’on connaît et qu’on connaîtra régulièrement désormais, les constructions sont mises à rude épreuve, les sols bougent et se rétractent et des fissures apparaissent un peu partout. Vérifiez chez vous !

Les agriculteurs, eux, lorgnent sur l’eau qui manque cruellement à leurs cultures. Les vaches mangent déjà les réserves pour le prochain hiver. Des grandes villes s’inquiètent de leur approvisionnement futur en eau potable. Les électriciens s’inquiètent pour leurs centrales nucléaires qui doivent être mises à l’arrêt s’il n’y a pas assez d’eau dans les fleuves pour les refroidir. Et on se prépare à un renchérissement solide du panier de la ménagère. (Déjà qu’il y avait les conséquences de la crise du détroit d’Ormuz, merci Donald !)

Mais ce qu’on n’avait pas prévu, c’est que, peut-être, la Belgique allait être privée de sa frite !

Car en effet, les patates destinées à devenir nos bonnes frites, ces chères bintjes, n’ont pas grandi assez, dans les champs privés de pluie. Or, pour être découpées en bonne frites, celles-ci ont besoin d’atteindre une taille suffisante. Et là, on n’y est pas ! Catastrophe donc pour les producteurs et pour les frituriers, qui doivent chercher d’autres fournisseurs (en Russie peut-être ?) – cela aura une incidence certaine sur les prix.

Bref, les Belges n’ont plus la frite. Profitez bien de votre sachet habituel chez votre friturier favori avant que le réchauffement climatique ne nous laisse que les souvenirs – et des épluchures.

Si cela pouvait encourager nos décideurs à se bouger enfin le c pour renverser la vapeur ? ?? On peut rêver…

Le Ploumtion

« En famille, à la découverte de Stavelot et de saint Remacle » :

UN PARCOURS AGREABLE ET INSTRUCTIF POUR VISITER L’ABBAYE ET SES ENVIRONS DURANT LES VACANCES !

Le Service diocésain de la catéchèse est heureux de vous proposer un nouveau livret de la collection « En famille, à la découverte… » : une promenade à Stavelot, sur les traces de saint Remacle. Cette collection vise à soutenir les familles dans la découverte de la foi à travers des moments simples du quotidien. Chaque livret transforme une balade en une expérience de découverte, de partage et de prière, accessible à tous les âges. Ce livret peut être utilisé de différentes manières : comme proposition à transmettre aux familles, comme support pour une activité de catéchèse ou comme idée de sortie en groupe. Réalisé en collaboration avec l’Unité pastorale « Pays de saint Remacle – Stavelot – Francorchamps », ce parcours s’inscrit dans une série déjà riche. Cinq autres lieux sont proposés : la Collégiale de Huy, le Sanctuaire de Banneux, le Parc du Val-Dieu, le Calvaire de Moresnet-Chapelle et la Cathédrale de Liège.

Le livret est téléchargeable ainsi que les autresde la série sur le site de l’U.P. : (cliquez ICI ou sur la vignette ci-dessous) et est également disponible en format papier sur place à l’accueil de l’abbaye et à l’église paroissiale de Stavelot.

À l’approche des vacances, n’est-ce pas une belle occasion de rafraîchir vos connaissances et de les partager – en famille – avec les plus jeunes ?

Ne manquez pas de consulter :

+ + + + +

« Bleu bleu bleu, le ciel est bleu » (chanson de Marcel Amont,1965) : un été « exceptionnel », vu par le Ploumtion [n°38]

Alors que l’été s’étire langoureusement sous un ciel presque invariablement bleu, je me dis que nous avons bien de la chance de vivre dans notre petit pays du nord de l’Europe. Malgré les canicules que nous avons endurées, nous n’avons pas connu -ou si peu- les excès terrifiants qu’ont vécu les régions situées plus au sud, ravagées par des incendies qu’on n’arrive qu’à grand-peine à maîtriser ou pas du tout. Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont dû déjà être évacuées et ce n’est pas fini.

La superficie des zones détruites par le feu est incroyable : Depuis le début de la saison estivale et l’apparition des vagues de chaleur en mai, les incendies ont ravagé une superficie considérable en Europe, s’élevant à 254 388 hectares brûlés sur l’ensemble du continent. Cela représente un niveau de destruction de 40 % à 60 % supérieur à la moyenne des deux dernières décennies à la même période, selon les données officielles du Système européen d’information sur les feux de forêt (EFFIS).

Le pays le plus durement touché du continent est l’Espagne avec environ 125 000 hectares partis en fumée (actuellement, Madrid est toujours cernée par les flammes). En Italie, les flammes, attisées par des températures extrêmes en Sicile et en Calabre, ont détruit près de 48 000 hectares. La France enregistre un record historique avec environ 44 000 à 46 000 hectares brûlés. Les incendies récents en Gironde et dans les Landes ont entraîné l’évacuation de 40 000 personnes par la route et par bateau… A l’heure où j’écris ceci, la ville d’Arès (Gironde) doit être totalement évacuée par ordre de la préfecture.

Ce sont des scènes d’apocalypse que relaient les chaînes de télévisions et les réseaux sociaux. Des courageux sapeurs-pompiers y ont hélas laissé la vie ; à côté de ces pertes humaines, on ne peut recenser les dizaines de milliers d’animaux qui ont été victimes de ces catastrophes auxquelles ils n’ont aucun moyen d’échapper.

Le reste du monde ne connaît guère un sort plus favorable : En juillet 2026, la saison des incendies a connu une accélération fulgurante à l’échelle mondiale, après un début d’année relativement calme.

Au Canada, environ 3 millions d’hectares sont partis en fumée sur l’ensemble du territoire national. Les fumées massives venues de l’Ontario ont enveloppé d’un brouillard épais toxique des métropoles de l’est des États-Unis comme New York, Chicago et Détroit, provoquant des alertes sanitaires et menaçant même la finale du Mondial 2026 de football ! Aux États-Unis encore, le début d’année a été marqué par de très violents feux précoces dès le mois de mars dans le sud et l’ouest du pays, où plus de 500 000 hectares avaient déjà brûlé avant même le début de l’été. Le continent africain enregistre des records de surfaces brûlées cette année. Une sécheresse extrême en 2026 a transformé l’abondante végétation résiduelle en un immense réservoir de combustible ; la superficie totale touchée par les incendies depuis le début de l’année 2026 s’élève à environ 85 millions d’hectares ( !). Ce bilan, établi principalement sur les quatre premiers mois de l’année, marque un record historique pour le continent.

En Amérique du Sud, le retour d’El Niño assèche sévèrement le nord et le centre du continent. Des feux de forêt de grande ampleur, favorisés par des températures anormalement élevées, détruisent actuellement des pans entiers de forêts tropicales et de zones humides au Brésil et en Bolivie. À l’image du Canada, les régions boréales de Sibérie subissent un réchauffement accéléré. Des incendies géants, déclenchés par la foudre, consument des millions d’hectares de taïga dans des zones reculées et quasi inaccessibles pour les pompiers…

Devant ces chiffres, qui pourrait encore douter de l’impact du réchauffement climatique sur l’état de la planète, et de son principal responsable qui est l’activité humaine ? Et pourtant, il en est toujours qui refusent d’ouvrir les yeux ou se cachent la tête dans le sable. Ainsi un ami pompier rencontré récemment avec qui j’échangeais sur ces problèmes censés concerner toute sa profession, et qui me répondait froidement : « Bof, il y a toujours eu des périodes de réchauffement dans l’histoire, ça passe et puis ça revient à la normale… ». Sauf que, quand le climat s’emballe, ce sera quand « la normale » ? Dans 10.000 ans ? 100.000 ? Dans le sud, en France par exemple, on commence déjà à se battre pour l’eau, devenue ressource précieuse et convoitée…

On a beaucoup entendu dans les médias employer le mot « exceptionnel » à propos de ces événements : records de température exceptionnels, sécheresse exceptionnelle, tempêtes ou orages d’une violence exceptionnelle, risques de coupures de courant suite à des consommations exceptionnelles d’énergie (climatisations…), etc. Et bien sûr, incendies gigantesques provoquant une pénurie exceptionnelle de moyens pour lutter contre le feu…

L’ennui, c’est que l’exceptionnel va devenir la norme, ce l’est déjà ! Chaque année ou presque, on enregistre des chiffres plus élevés, rien n’indique qu’on ralentit ou qu’on revient en arrière. Ces phénomènes sont destinés à durer. Et à s’amplifier encore jusqu’à rendre de nombreuses régions du monde totalement invivables, et d’autres où les conditions de vie seront beaucoup plus difficiles. (On a vu les hospitalisations et la mortalité des personnes fragiles exploser durant et après les canicules).

Les pouvoirs publics le savent – mais feignent souvent de l’ignorer, pour ne pas alarmer une population qui pourrait se retourner contre eux en les rendant responsables de leur inaction. Alors, plutôt que de mettre en place des mesures fortes pour réduire la production de CO² et risquer de mécontenter les gens en les privant d’une infime partie de leur confort, on préfère tergiverser, privilégier « l’adaptation » (laquelle ? Tout climatiser ?) et même comme c’est le cas ces derniers jours en France, carrément tourner le dos à la Transition écologique en annulant par une « Loi d’urgence » tous les efforts consentis depuis dix ans dans ce domaine pour protéger la nature et la santé humaine, sous la pression des lobbys agricoles et industriels. Quelle tristesse !

Je crains le réveil. Il risque d’être très brutal, et les conséquences sociales incalculables pour la démocratie et le vivre-ensemble qui sont déjà fragilisés.

Pourquoi n’écoute-t-on pas les scientifiques ? Est-il déjà trop tard pour essayer de s’obliger à la sobriété, en acceptant enfin de se donner des limites toutes catégories sociales confondues, afin de préserver le Bien commun, cette petite planète qui est notre seul radeau dans l’univers ? – et les générations futures ?

Je voudrais risquer une image. Dimanche dernier, jour de « Grand prix de Formule 1 » à Spa-Francorchamps, je devais rejoindre l’église de Trois-Ponts où j’assurais la messe. En face de moi, sur l’autre côté de la route, s’étirait une colonne sans fin de voitures qui rallaient le circuit en venant en sens contraire pour assister à la compétition. C’était impressionnant, des milliers de voitures l’une derrière l’autre sur une route habituellement peu fréquentée si tôt le matin.

Et il m’est venu soudainement à l’esprit cette pensée : « Bon Dieu, on dirait un exode comme en 1940, alors que plein de gens fuyaient l’arrivée des Allemands ! » – ça devait bouchonner pareillement, même si les véhicules actuels n’ont plus grand-chose à voir avec ceux d’époque à part les 4 roues… 400.000 spectateurs attendus pour cette compétition d’ampleur internationale, un record ! Sans aucun doute la plupart se soucient-ils du réchauffement climatique et de l’avenir de la planète comme de leur première jante en alu ! – Et bien, ma seconde pensée qui m’a traversé alors– et j’espère de tout mon cœur qu’elle ne soit pas prophétique, c’est : « Pourvu Seigneur que, dans peu d’années, ce ne soit un autre exode, comme il y en a déjà tant dans le monde, quand les gens – ces gens que je croise aujourd’hui dans leur voiture – devront peut-être quitter leurs maisons, leurs terres, leur vie… pour fuir et chercher asile en un lieu respirable, à température supportable et sans guerre ! »  

Ne vaut-il pas mieux prévenir que guérir ?

Le Ploumtion  🔥🔥🔥🚒

NEWSLETTER DE L’UNITE PASTORALE « PAYS DE SAINT REMACLE » STAVELOT-FRANCORCHAMPS – JUILLET-AOÛT 2026

Edito : Il fait trop chaud ! Comment lutter contre l’aridité (spirituelle) ?

Nous avons tous été impactés par la canicule précoce (et interminable) de ces dernières semaines. Certains en ont plus souffert que d’autres, davantage exposés ou plus fragiles. Si l’intensité et la fréquence annoncée de ces événements extrêmes a de quoi nous inquiéter (et rien ne se passe aujourd’hui qui n’avait été annoncé depuis des décennies *, hélas!) nous continuons pourtant à vivre et à surconsommer de la même manière sans changer quoi que ce soit – ou si peu – à nos habitudes. Alors que nous préparons pour les générations futures des matins qui déchantent car il apparaît de plus en plus clairement que les conditions de vie seront bien plus éprouvantes qu’aujourd’hui, j’ai envie de me pencher plus fondamentalement sur les causes profondes de cette inertie empêchant une véritable transition écologique comme l’appelait de ses voeux le pape François dans son encyclique « Laudato Si ».

Alors que des raisons de croissance économique et de niveau d’emploi à préserver sont fréquemment invoquées pour justifier la poursuite de l’exploitation effrénée des énergies fossiles, mais aussi la mondialisation de la concurrence, l’interdépendance de tout le système socio-économique et financier actuel, on oublie un peu ce qui sous-tend ce processus délétère où l’humanité toute entière semble s’être enfermée : j’ai nommé la course démente au profit. Aux tenants d’un autre modèle de société qui prendrait véritablement en compte l’écologie, l’environnement et le climat (sans oublier la préservation de la biodiversité des espèces), on oppose alors ce qui est souvent présenté comme un axiome : « on ne peut pas revenir en arrière ! Vous voulez retourner à la préhistoire ? »

J’en déduis que derrière ce blocage – ce déni suicidaire **, il y a autre chose : une crise spirituelle qui affecte toute notre société – et le monde. Spirituelle, car l’Homme ne voit plus quelle est sa place dans l’univers ; il s’est érigé lui-même comme la norme de tout, en se faisant dieu. Au lieu de servir la création qui lui a permis d’être ce qu’il est et qui lui permet d’exister, de respirer, de manger…, il s’est retourné contre elle et l’a mise sous sa coupe en la détruisant un peu plus chaque jour. Il s’est dressé aussi contre ses frères, comme Caïn contre Abel, refusant de voir en eux l’image et la ressemblance de son Créateur – qu’il porte aussi lui-même, même si cette ressemblance est ternie ou abîmée. Finalement, l’Homme est devenu son propre ennemi. Et la terre, son berceau, meurt… Oui, la crise à laquelle nous assistons est bien spirituelle, elle a ses racines dans l’ubris humain qui est dénoncé maintes fois dans la bible et que le pape Léon XIV vient de rappeler en parlant de la tentation actuelle d’édifier de « nouvelles tours de Babel » (cf. « Magnifica Humanitas »). ***

S’il y a de l’espoir, c’est dans un sursaut, un réveil spirituel qui doit impérativement se produire ; et c’est là veux-je dire que les disciples de Jésus Christ ont un rôle essentiel à jouer, car ils sont dépositaires d’un message d’amour et de pardon qui est d’après moi seul capable avec la grâce de Dieu de guérir le coeur malade de l’homme. Je prie donc pour que nous soyions tous désireux de le vivre et de le transmettre. Toutes les Eglises, toutes les communautés et tous les croyants devraient s’y atteler courageusement et avec une intense ferveur. Il y a urgence ! Il faut remettre de l’amour dans toutes les relations interpersonnelles, intercommunautaires, interreligieuses, les rapports économiques et sociaux, les relations politiques internationales, les échanges mondiaux… Avec l’amour vont le respect et la justice. La foi en un Dieu qui s’est vidé de lui-même par amour de l’Homme est le germe par excellence par lequel peut naître une humanité nouvelle et réconciliée.

Alors si comme moi vous avez envie d’un peu de fraîcheur, commençons par nous rapprocher de la Source vivifiante qui est le Seigneur ; mendions-lui de l’eau, l’eau fraîche de son amour d’abord, l’eau pure de la création ensuite (puisse-t-elle le rester et nous, la préserver). Eau à partager et à offrir largement, comme l’indiquait le verset de l’évangile de Matthieu : « Celui qui donnera un verre d’eau ne restera pas sans récompense » (Mt 10,42).

…Pour vous rafraîchir encore, je vous partage ces quelques citations bibliques à méditer sans modération en ces temps de forte chaleur ; ils sont extrait du site : https://www.infochretienne.com/articles/cinq-versets-pour-garder-lesprit-frais/

« Celui qui croit en moi, des fleuves d’eau vive couleront de son sein. » (Jean 7,38)

« Il me fait reposer dans de verts pâturages, il me dirige près des eaux paisibles. » (Psaume 23,2)

« Mais ceux qui se confient en l’Éternel renouvellent leur force. » (Ésaïe 40,31)

« Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. » (Jean 14,27)

« L’Éternel est ton gardien, l’Éternel est ton ombre à ta main droite. » (Psaume 121,5)

…J’ajouterai ce que j’entends souvent ces jours-ci : “Qui de nous résistera ? c’est un feu dévorant ! Qui de nous résistera ? c’est une fournaise sans fin ! » (=la canicule) . Réponse de Dieu en Isaïe 33,14-16 : « Celui qui va selon la justice et parle avec droiture, qui méprise un gain frauduleux, détourne sa main d’un profit malhonnête, qui ferme son oreille aux propos sanguinaires et baisse les yeux pour ne pas voir le mal, celui-là habitera les hauteurs, hors d’atteinte, à l’abri des rochers. Le pain lui sera donné ; les eaux lui seront assurées. »

… et d’autres à trouver vous-mêmes. La meilleure des « clims » !

Bon mois de juillet et d’août, à l’ombre de Ses ailes ! (Ps 57,2)

Le Ploumtion

_________________________________________________

(*) cf Interview de Jean-Marc Jancovici, ingénieur français et initiateur du « Shift Project » : https://www.yout-ube.com/watch?v=MoCpLYi2v60&t=87s

(**) Car, comme l’affirme l’agoclimatologue Serge Zaka, « la question n’est désormais plus de savoir si on aura 50 degrés, mais quand ».

(***) Cette prise de conscience et cette interpellation sont salutaires, car « ce que l’homme ne veut pas apprendre par la sagesse, il l’apprendra par la souffrance » (dixit un internaute).

QUE SE PASSE-T-IL CHEZ NOUS ET AILLEURS ?

Le Service diocésain de la catéchèse est heureux de vous proposer un nouveau livret de la collection « En famille, à la découverte… » : une promenade à Stavelot, sur les traces de saint Remacle. Cette collection vise à soutenir les familles dans la découverte de la foi à travers des moments simples du quotidien. Chaque livret transforme une balade en une expérience de découverte, de partage et de prière, accessible à tous les âges. Ce livret peut être utilisé de différentes manières : comme proposition à transmettre aux familles, comme support pour une activité de catéchèse ou comme idée de sortie en groupe. Réalisé en collaboration avec l’Unité pastorale « Pays de saint Remacle – Stavelot – Francorchamps », ce parcours s’inscrit dans une série déjà riche. Cinq autres lieux sont proposés : la Collégiale de Huy, le Sanctuaire de Banneux, le Parc du Val-Dieu, le Calvaire de Moresnet-Chapelle et la Cathédrale de Liège.

Le livret est téléchargeable ainsi que les autresde la série sur le site de l’U.P. : (cliquez ICI ou sur la vignette ci-dessous) et est également disponible en format papier sur place à l’accueil de l’abbaye et à l’église paroissiale de Stavelot.

À l’approche des vacances, n’est-ce pas une belle occasion de rafraîchir vos connaissances et de les partager – en famille – avec les plus jeunes ?

Triduum des malades à Banneux

Le traditionnel Triduum de l’arrondissement de Verviers aura lieu cette année du 9 au 13 juillet 2026.

Vous êtes jeunes ou moins jeunes, valides, malades ou avec un handicap, seuls, en famille ou en maison de repos, venez vivre cinq jours de ressourcement aux côtés de la Vierge des Pauvres, entourés de bénévoles attentionnés. Nous accueillerons également très volontiers les jeunes à partir de 16 ans, et les adultes désireux de nous seconder durant ces cinq jours (s’inscrire au préalable : 0485/ 996 428).

Infirmières présentes tout le séjour.
Possibilité de chambres équipées d’un lit médical.

Ne manquez pas de consulter :

+ + + + +

« L’ETE S’RA CHAUD » …ET NOTRE COEUR ? Réflexion sur l’empathie par le Ploumtion (n°36)

Cliquez ICI ou sur l’image

échos de la Journée mondiale des réfugiés (20 juin)

La Journée mondiale des réfugiés a eu lieu le samedi 20 juin 2026. Organisée chaque année par L’ONU, c’est une journée pour reconnaître la force et le courage de millions de personnes contraintes de fuir leur foyer à cause de conflits ou de persécutions. Elle a pour but aussi de mettre en lumière les droits, les besoins et les aspirations légitimes de ces personnes. A ce propos, je nous invite à relire la Résolution émise en 2014 déjà par la Plate-forme Oecuménique de l’Euregio Meuse-Rhin : « La fuite n’est pas un crime, la fuite est un droit humain! » (clic sur l’image)

Elle est signée par: les Synodes de différentes églises évangéliques (Aachen, Jülich, Krefeld-Viersen, Moers), le Conseil synodal des églises protestantes de Belgique (VPKB), le Moderamen élargi du Limbourg de l’église protestante des Pays-Bas (PKN), le Conseil diocésain des catholiques du diocèse d’Aix-la-Chapelle, Mgr Jean-Pierre Delville évêque de Liège, Mgr Fr. Wiertz, évêque de Roermond, le Service pour l’Oecuménisme et la Mission de l’église évangélique du Rheinland -région du Bas-Rhin, et par Südwind – Institut pour l’économie et l’oecuménisme de Siegburg.

Cliquez ICI pour la lire ou la télécharger (version française).

__________________________________________________________________________

L’été s’ra chaud…

Alors que les thermomètres s’emballent une nouvelle fois à quelques jours de l’été, je méditais sur la chance que j’avais d’habiter un appartement qui n’est pas encore transformé en bouilloire comme c’est le cas malheureusement dans certains d’endroits où la température intérieure frôlerait les 30 degrés.

Nos voisins d’Outre-Quiévrain qui prennent la canicule de plein fouet multiplient déjà les consignes pour inviter la population à se protéger de la chaleur. Parmi ces mesures, une a retenu mon attention : Tous les préfets de France ont reçu hier l’ordre du ministre de l’intérieur appelant à renforcer la sécurité dans tous les lieux où se déroulent des manifestations : un déploiement des forces de l’ordre, policiers et gendarmes, qui surprend quand même un peu. En fait, le ministre se base sur une donnée scientifique bien établie, qui prend en compte le fait que lorsqu’ils sont soumis à une élévation de la température qui atteint la limite du supportable, et même déjà avant ce seuil, la criminalité augmente, mais aussi l’intolérance et l’agressivité entre individus ou groupes humains.

Par exemple, le comportement lors de la conduite de voiture est modifié : le non-respect des règles augmente chez un certain nombre de conducteurs, l’incivilité et les injures également… Mais il n’y a pas que dans le domaine de la conduite malheureusement. Dans les manifestations qui rassemblent un grand nombre d’individus (comme les matches de football, les fêtes, etc), il peut y avoir un effet de foule qui multiplie les risques de débordements… et produire de la casse (voitures brûlées, affrontements, vitrines pillées), comme il y en a maintenant tous les étés dans les grandes agglomérations. Les esprits, comme les corps, s’échauffent ! Les débats se font plus virulents, et les attaques ad hominem (personnelles) plus habituelles, même chez nos parlementaires et hommes d’Etat. On s’éloigne de la courtoisie pour ne retenir que les rapports de force qui s’expriment avec brutalité et de façon décomplexée… Les injures sexistes et autres dont Salomé Saqué, journaliste antifa bien connue, a été la cible sur les réseaux sociaux en dit long sur cette tendance qui a l’air de déborder partout (cf la conférence qu’elle a donnée à Spa il y a quelques jours « Comment l’extrême droite menace les droits humains »).

Du coup, je pose une question toute bête : Est-ce que le dérèglement climatique et la montée inexorable de la température mondiale qui passera le seuil des +1,5° c en 2027, +2° en 2050 et potentiellement +5° en 2100 selon le GIEC, avec des pics de chaleurs qui dépasseront systématiquement la barre des 40°, et pourront même atteindre 50° dans certains pays, est-ce que cette cocotte-minute sur le feu n’enclenchera pas en parallèle une montée de l’agressivité chez les bipèdes à gros cerveaux que nous sommes, quand ces derniers se mettront à bouillir ? On dirait que le processus est déjà en marche quand on regarde l’état du monde…

Sûr en tout cas que cela ne facilitera pas la détente, le respect et surtout l’empathie telle qu’elle devrait gouverner tous les rapports humains !

Justement, l’empathie, parlons-en ! Qu’est-ce que l’empathie ? L’empathie est la capacité chez un être humain de percevoir et de comprendre les émotions et les pensées d’une autre personne – tout en gardant une distance émotionnelle. C’est, comme on le dit d’une façon plus simple, la faculté de se mettre à la place d’autrui. Du coup, saisissant son ressenti (sans pour autant s’y identifier), on arrive par l’écoute respectueuse à adapter son propre comportement en manifestant de la compréhension et même de la compassion. Cela mène souvent à l’envie d’aider, de soulager, de se montrer solidaire…

Cela vous semble normal cette façon d’être – une attitude qu’on enseignait jadis au catéchisme et dans la plupart des familles chrétienne : Il faut être gentil, faire attention aux autres, essayer de les comprendre, s’excuser si on leur a fait du mal…  Cela vous semble certainement normal !

Eh bien, cela ne l’est plus. En tout cas, plus dans l’Amérique de Trump (et peut-être aussi parfois chez nous).

Dans le monde de Trump – la sphère MAGA, on ne voit dans l’empathie qu’un aveu de faiblesse. La droite y est fermement opposée. Même la gauche s’interroge : dans un monde où prévaut la brutalité, peut-on continuer à faire preuve de compréhension – si on ne veut pas se faire écraser ?

Nous avons gardé de l’Amérique et des américains l’image des braves ‘boys’ qui sont venus à notre secours quand nous étions écrasés sous la botte des allemands. Qui donnaient aux enfants du chocolat et des chewing-gums du haut de leurs half-tracks. Ceux-là pouvaient manifester de la compassion, user d’empathie… Deux générations après, et un certain Trump devenu président pour la deuxième fois, qu’en est-il ? L’Amérique de papa a bien changé. Et l’empathie n’a plus la cote.

Pourtant, elle (l’Amérique) en aurait bien besoin à l’heure où le pays est en proie à de nombreux clivages (politiques, ethniques, religieux, sociaux…) et où la polarisation joue son plein entre factions désormais ennemies et non plus seulement adversaires. La violence prend le dessus dans les rapports sociaux, déjà tendus auparavant. La haine est entretenue, valorisée. Les dérapages musclés et meurtriers, de plus en plus nombreux chez ceux qui sont censés protéger la population. Et à l’international, il n’est évidemment plus question de multilatéralisme, de collaboration, de solidarité, mais uniquement de domination, de sujétion, de menace et d’agression (même à titre « préventif »).

L’Europe – qui de son côté se réarme aussi à marche forcée et cherche encore les chemins de l’unité dans ses propres divisions et la « préférence nationale » valorisée par ses lobbys d’extrême-droite, l’Europe n’échappe pas totalement à ce mouvement de fond qui prône le repli identitaire, le rejet des étrangers, la haine des différences (de genre, de culture, de religion…), etc. Nos démocraties en sont gangrenées, et les extrêmes, quand elles ne gouvernent pas (encore), ont pignon sur rue.

D’où cela vient-il ? Et pourquoi ? Est-ce une tendance lourde inscrite dans l’humain ? Est-ce cyclique ? Est-ce la hausse des températures et les menaces qui pèsent sur l’humanité ? Est-ce la peur de perdre son confort ou ses moyens d’existence, la frustration de devoir changer de mode de vie « à cause des autres »… ? Oui, la tentation est facile de croire qu’il est plus simple de s’en sortir « contre les autres » (en les tenant à distance) « qu’avec eux » et en se donnant la main… L’empathie, dans un pays où l’individualisme prévaut, est ressentie comme un piège, une faute, un péché même comme le proclament des mouvements évangélistes réactionnaires qui n’hésitent pas à tordre les écritures pour étayer, citations à l’appui, leur doctrine identitaire d’exclusion et de rejet (cf. Joe Rigney, « The sin of empathy, Compassion and Its Counterfeits » – Canon Press 2025  ou Allie Beth Stuckey, « Toxic Empathy. How Progressives Exploit Christian Compassion » – Sentinel 2024).

Il s’agit, dans ces milieux traditionnalistes radicaux, de s’engager non plus seulement dans une guerre culturelle, mais dans une véritable croisade ou combat spirituel contre ce que représente l’empathie qui est assimilée dans cette forme de christianisme viril à une féminité coupable (donc un péché) : selon le pasteur Rigney, c’est d’ailleurs justement parce qu’elles afficheraient une trop grande compassion pour la souffrance d’autrui que les femmes ne peuvent pas être ordonnées prêtres – cela les empêcherait de prendre les décisions dures mais ‘justes’ qui s’imposent ! Ainsi le ‘care’ (le soin) qui nécessite de la compassion et qui est naturellement porté par les femmes devient suspect, « anti-viril ».

Les choses peuvent aller jusqu’à défendre ouvertement la haine : ainsi, d’autres nationalistes chrétiens citent les versets 21 et 22 du psaume 139 (ou d’autres semblables) : « Eternel, comment n’aurais-je pas de la haine pour ceux qui te haïssent, du dégoût pour ceux qui s’élèvent contre Toi ? ». Ainsi, la haine devient vertu et les adversaires (comme les démocrates) sont appelés suppôts de Satan !

Que constatons-nous aujourd’hui ? En percolant doucement dans toutes les couches de la société, ce dénigrement ou rejet de l’empathie finit par contaminer en le détruisant le vivre-ensemble et l’esprit d’ouverture et d’accueil, de générosité et de solidarité sur lequel s’était construit (non sans larmes ni combats) ce grand pays démocratique que sont les Etats-Unis d’Amérique, lequel faisait encore l’admiration du monde et forçaient le respect même chez ses concurrents il y a à peine quelques décennies.

« Make America Great Again » : ce slogan trumpiste a hélas révélé son exact contraire. En s’élevant contre « l’empathie suicidaire civilisationnelle » (dixit Elon Musk) qui se serait emparée de l’Occident « trop bon avec les migrants, les musulmans », c’est l’Amérique elle-même et ses valeurs originelles qui se suicide.

Se réveillera-t-elle ?  – et nous qui suivons parfois la même voie ? Notre coeur sera-t-il plus chaud que l’été qui s’annonce ?

Le Ploumtion

Planète foot : éthique ? (Le Ploumtion, n°35)

À la veille de l’ouverture de l’édition 2026 de la Coupe du monde de football qui promet d’être la plus hypermédiatisée de tous les temps – et la plus controversée vu l’état de la planète, on est sans doute en droit de s’interroger sur sa légitimité – son bien-fondé d’un point de vue purement éthique.

Cette Coupe accumule en effet tous les superlatifs : 500 millions de billets demandés – sur 7 millions disponibles ; 104 matches réunissant 48 équipes ; ces matches étant répartis sur trois pays dont les USA qui se taillent la part du lion – on verra pourquoi ;  le prix des sièges pour la finale coûtant 40 fois plus que lors de la finale de l’Euro 2024 en Allemagne ; quasiment 9 milliards de dollars attendus de l’ensemble de la compétition par la FIFA (avec les droits TV et le sponsoring)… (1)

Il semblerait aussi selon certaines sources comme le New Weather Institute (UK) que la Coupe du monde 2026 sera la plus émettrice de gaz à effet de serre de l’histoire : 9,02 millions de tonnes équivalent CO2 soit pratiquement le double de la moyenne des émissions des quatre dernières Coupes du monde ! Les voyages en avion en sont évidemment la première cause. A l’heure où se font sentir de plus en plus les conséquences dramatiques du réchauffement climatique, ces chiffres interpellent et laissent pantois. « Ces compétitions sont une gabegie dans un monde au bord du gouffre », écrit l’ONG Reporterre, en soulignant que le Mondial 2026 devrait donc s’inscrire dans la lignée des précédents : toujours plus climaticides. Cynisme ou inconscience coupable ?

On sait que la Fifa qui rassemble toutes les fédérations de football et qui a aujourd’hui à sa tête Gianni Infantino est déjà depuis longtemps une « machine à milliards ». Les revenus de cette organisation pour l’année 2025-2026 (qui inclut donc la Coupe du monde) se monteraient à 13 milliards de dollars selon les prévisions, montant colossal pour une association officiellement à but non lucratif (ASBL), mais dont le fonctionnement se rapproche parfois davantage de celui d’une multinationale. Bien des pays rêveraient de pareilles rentrées qui dépassent de loin leur budget national !

Au-delà de la Fifa, il y a les grands clubs : la plupart d’entre eux ont été rachetés par des grands chefs d’entreprises ou potentats de pays pétroliers ultramillionnaires ou milliardaires. Ceux-ci y injectent énormément d’argent et en attendent évidemment un bénéfice en termes d’image, d’influence et de soft power. Là aussi, les sommes échangées dans le cadre d’achats de grands joueurs (mercato) font rêver : Dans le top 20 des transferts les plus chers de l’histoire figurent des joueurs comme Neymar (222 millions €), Mbappé (180 millions), et toute une série de joueurs qui « valent » entre 90 et 175 millions (Cristiano Ronaldo n’a plus pu être revendu lui ‘que’ contre 117 millions). Machines à succès ? Oui, mais surtout machines à sous… Les salaires de ces joueurs suivent d’ailleurs les mêmes courbes (en moyenne 800.000 €/mois pour les 30 meilleurs joueurs mondiaux en 2026 – le joueur le plus cher au monde, Ousmane Dembélé (PSG), touche 1.500.000 €/mois).

On me rétorquera que la critique est facile ; l’industrie et le commerce ont besoin de cette vitrine qui est le foot : n’est ce pas générateur de centaines de milliers d’emplois, en cascade ? Certes. Mais ce système semble construit sur des valeurs qui n’ont plus grand-chose à voir avec le sport lui-même. Quand tout s’achète et se vend, où est la beauté -la pureté- de la compétition sportive ? Sans compter, comme il y en a eu, les dérapages de corruption provoqués entre autres par le bizness des paris et le lobbying de certaines industries. Le foot n’est évidemment pas le seul sport à susciter ces critiques…

Bon, je ne vais pas me faire des amis dans le monde du sport (de haut niveau). En tout cas, un personnage dont je ne risque pas de me faire un ami est un certain Donald Trump ! Ce dernier qui pourtant n’apprécie pas spécialement le football qui est un sport essentiellement féminin dans son pays (le Soccer), a tout fait lors de son premier mandat pour « appuyer » la candidature des USA à l’organisation de la Coupe du monde 2026 (en team avec le Canada et le Mexique).

Ce renard de la communication politique a compris l’intérêt de cette compétition pour l’image de marque de son pays – et surtout la sienne où il bénéficiera d’une scène à sa mesure un peu avant les élections de mi-mandat : « Ça va être de la grande télévision » jauge-t-il devant la presse qu’il a toujours essayé de contrôler ou de manipuler. Il fait déjà de cette occasion un instrument pour faire valoir sa toute-puissance : que ce soit dans la décision d’accorder ou non des visas pour des supporters de pays « qui ne l’aiment pas » (il a déjà menacé d’augmenter le prix de certains visas afin de les rendre trop onéreux),  en influençant l’attribution des droits de retransmission en priorité aux médias qui lui sont acquis ou, cerise sur le gâteau, en remettant en cause l’accueil de matches de la compétition par certaines villes démocrates en désaccord avec sa politique. Finalement, Trump espère que la Coupe du monde de football deviendra un atout pour remporter les futures élections (qui auront lieu dans quelques mois).

Cela n’est pas très nouveau, Poutine en 2018 voulait déjà faire de la Coupe du monde en Russie une vitrine pour affirmer son pays comme une grande puissance. Et le Qatar en 2022 qui avait usé de tous les moyens même illicites pour obtenir l’organisation de cette compétition, voulait également se hisser au rang des grandes nations et se donner une aura.

L’instrumentalisation politique du sport officiellement « neutre » ou les tentatives de récupération par des politiques ne sont donc pas quelque chose d’entièrement nouveau (on en a eu aussi quelques relents lors des précédentes éditions des JO…). Mais ce qui pose véritablement question ici, c’est l’attitude de la Fifa vis-à-vis de ces manœuvres qu’elle ne pouvait ignorer mais auxquelles elle a consenti en fermant ostensiblement les yeux. En particulier, cet élément qui vient d’être rapporté (2) – sans pour autant que cela fasse scandale outre-Atlantique ni chez les pontes de la Fifa :

Lors de l’attribution de la Coupe, en 2018, Donald Trump a menacé de sanctions économiques les pays qui ne soutiendraient pas la candidature des Etats-Unis (alors que les statuts de la fédération interdisent strictement tout ingérence politique) ; ces menaces ainsi que l’appui de l’Arabie Saoudite qui a mené auprès des fédérations arabes une campagne agressive contre le Maroc en échange d’un soutien de poids -celui des USA- pour sa candidature à l’obtention de la Coupe du monde 2034, ont permis  d’évincer le Maroc, meilleur candidat pressenti alors.

On est confondu devant le laxisme, la complaisance pour ne pas dire plus !!!, de la Fédération Internationale de Football – qui aurait pu se souvenir de ses déboires lors du Fifagate en 2015…

De la part de cet autocrate exalté par sa toute-puissance qu’est Donald Trump et qui qualifie volontiers son « ami Gianni Infantino » (qui lui avait remis son ridicule « Prix de la Paix de la FIFA ») de « grand gentleman » ou de « grand leader » , rien d’étonnant finalement. Par contre, triste constat : celui de l’état de ce grand pays démocratique que sont les Etats-Unis ; constat navrant également de la servilité humiliante du reste du monde et particulièrement de l’Europe qui voit sans grande réaction être constamment bafoués les grands principes de respect et d’équité, la justice et les droits des personnes et des peuples ; et constat enfin que l’argent (et la puissance) continue à mener le monde – et le monde du foot en particulier. (3)

Jusques à quand serons-nous résignés ? Amateurs de foot ou seulement citoyens de la Terre… la balle est dans notre camp.

Le Ploumtion

(1) Données citées par le journal Le Soir du 5/06/2026

(2) Révélé par Alexandre Braeckman dans RTL-info du 23 mai

(3) Voir aussi l’excellent article de Romain Houeix dans France 24 sports du 25/05/26: « Mondial 2026 : pour Trump, « c’est au monde de s’adapter aux États-Unis et pas l’inverse » »